Jean-Baptiste Nothomb

homme d'État belge

Jean-Baptiste Nothomb (Messancy, Berlin, ) est un homme politique belge d'origine luxembourgeoise et de tendance libérale. Fervent partisan de l'unionisme, il a été chef de gouvernement de 1841 à 1845.

Jean-Baptiste Nothomb
Illustration.
Jean-Baptiste Nothomb vers 1832.
Fonctions
Chef de cabinet belge

(4 ans, 3 mois et 17 jours)
Monarque Léopold Ier
Gouvernement Nothomb
Coalition Parti catholique - Parti libéral
Prédécesseur Joseph Lebeau
Successeur Sylvain Van de Weyer
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Messancy (Empire français)
Date de décès (à 76 ans)
Lieu de décès Berlin (Empire allemand)
Nationalité Belge
Parti politique Parti libéral
Père Jean-Baptiste Nothomb
Mère Hélène Sch(o)uweiler
Fratrie Marie-Rosalie Nothomb
Jean-Pierre Nothomb
Conjoint Wilhelmine Boch
Enfants Hélène Nothomb
Marie Nothomb
Eugène Nothomb
Godefroy Nothomb
Conrad Nothomb
Isabelle Nothomb
Diplômé de Université de Liège
Profession Avocat
Journaliste
Religion Catholicisme

Image illustrative de l’article Jean-Baptiste Nothomb

Biographie

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Origines et vie privée

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Jean-Baptiste Nothomb nait dans ce qui est alors le département des Forêts, du Premier Empire français et qui regroupe une bonne partie de l'ancien duché de Luxembourg. Il est l'ainé des quatre enfants du couple formé par son père, également prénommé Jean-Baptiste et sa mère, Hélène Schouweiler. Il a une sœur, Cécile (1780-1869) et deux frères Jean Pierre (1785) et Dominique Antoine (1789-1844). La famille Nothomb est originaire de la région : son grand-père, Jean-Pierre Nothomb, est né à Differdange et était échevin de la ville de Luxembourg durant la période des Pays-Bas autrichiens[1]. Après avoir racheté une ferme à Niederkorn, fait bâtir le château familial à Pétange.

Jean-Baptiste fait ses études secondaires à l'Athénée de Luxembourg, récemment fondée après que le grand-duché de Luxembourg ait été créé par le Congrès de Vienne en 1815. Ce territoire privé est octroyé à titre héréditaire à la maison d'Orange-Nassau et forme ainsi une union personnelle avec le royaume uni des Pays-Bas : Guillaume Ier étant à la fois roi des Pays-Bas et grand-duc de Luxembourg. Jean-Baptiste Nothomb poursuit ses études de 1822 à 1826 à l'université de Liège, où il décroche son doctorat en droit. Il retourne ensuite à Luxembourg où il s'inscrit au barreau. Parallèlement, il commence une carrière dans la presse (il écrit dans le Courrier des Pays-Bas) et rejoint bientôt Bruxelles pour devenir directeur de la Gazette des tribunaux.

Il se marie le avec l'une de ses cousines, Wilhelmine Boch (1811-1887), fille de Jean-François Boch, industriel de Septfontaine[2], avec laquelle il a trois enfants : Hélène (1837-1919), Eugène (1840-1930) et Isabelle (1846-1925).

Rôle dans la révolution belge

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Quand la révolution belge éclate, il se trouve en vacances à Pétange et rejoint Bruxelles lors des Journées de Septembre, où il arrive le dans le contexte de la participation luxembourgeoise à la révolution belge de 1830[3], et devient directeur du Courrier des Pays-Bas, organe de presse du gouvernement provisoire de Belgique, créé quelques jours plus tôt. En octobre, il devient secrétaire de la commission chargée de préparer la Constitution belge. Il prône la monarchie constitutionnelle et le bicaméralisme tout en se battant pour les intérêts des Luxembourgeois. Il fait ainsi autoriser la formation du corps franc luxembourgeois depuis Bruxelles le , afin d'intégrer l'ensemble des combattants volontaires originaires de sa région sous une même bannière dans la guerre belgo-néerlandaise. Il milite également activement pour l'annexion du Grand-Duché de Luxembourg par la Belgique, qui est proclamée dès le , créant ainsi la neuvième province, la province de Luxembourg.

Dans cette commission, il participe également à la définition des modalités de l'élection du Congrès national. Il propose notamment que l'âge requis pour être éligible soit de vingt-cinq ans, afin que lui-même puisse être élu.

Il est élu au Congrès pour l'arrondissement d'Arlon. Il y devient membre d'une commission chargée de régler la question du Luxembourg, que la Conférence de Londres voulait laisser à Guillaume Ier.

Carrière politique

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Rapidement nommé membre du Comité diplomatique sous le gouvernement provisoire de Belgique, il devient de 1831 à 1837 secrétaire général du ministère des Affaires étrangères.

Plus tard, il est secrétaire général du ministère des Affaires étrangères du premier cabinet du régent Surlet de Chokier. Il soutient également la candidature de Léopold de Saxe-Cobourg et Gotha au Congrès national et fait partie de la délégation envoyée à Londres pour lui proposer la couronne. Il y met au point une interprétation du traité des XVIII articles qui permettrait à la Belgique d'échanger certains territoires enclavés dans les Provinces-Unies dans leurs frontières de 1790 contre une partie du Limbourg. Il rencontre Charles Grey qui accepte le principe de cet échange de territoires. Néanmoins, il se montre réservé quant aux chances de réalisation de ce plan au moment de défendre le Traité des XVIII articles devant le Congrès.

Il est renvoyé à Londres après la campagne des Dix-Jours, mais la défaite des troupes belges a largement réduit sa marge de manœuvre ; aussi le traité des XXVII articles est-il bien moins avantageux pour la Belgique. La Conférence accepte néanmoins, grâce aux pressions du roi Louis-Philippe, de laisser à la Belgique le Pays d'Arlon, pourtant situé dans le quartier allemand du Luxembourg et où Nothomb a été élu. Il défend la ratification du nouveau traité devant le parlement belge.

Il reste ensuite secrétaire général du ministère des Affaires étrangères et devient, en 1837 ministre des Travaux publics dans le gouvernement de Barthélémy de Theux de Meylandt. Il participe alors au développement du chemin de fer. En 1838, il soutient la ratification définitive du traité des XXIV articles aux côtés notamment de Barthélémy de Theux et de Jean-Pierre Willmar et qui conduit à la scission du Grand-Duché de Luxembourg dès l'année suivante. Son vote en faveur du traité et donc de la scission est pris comme une trahison par de nombreux Luxembourgeois[4].

Après la chute du cabinet de Theux, le libéral Joseph Lebeau, nouveau chef du gouvernement depuis le , fait appel à lui pour faire partie du premier gouvernement libéral homogène, mais Nothomb refuse, car il reste partisan de l'unionisme. Il devient alors ambassadeur auprès de la Diète de Francfort, assemblée de la Confédération germanique, où il succède à Lebeau dans cette fonction tout en restant député.

Il est ensuite appelé par Léopold Ier pour succéder le à Lebeau (qui a démissionné à la suite des querelles généralisées entre son gouvernement libéral et le Sénat aux mains des catholiques), au poste de chef du gouvernement. Ce nouveau gouvernement unioniste est composé de Félix de Muelenaere (catholique), Camille de Briey (catholique), Guillaume van Volxem (libéral), Léandre Desmaisières (libéral) et du général Gérard Buzen (libéral). Il doit faire face à l'opposition des libéraux radicaux qui lui reprochent son alliance avec les catholiques.

On doit à ce gouvernement la loi sur l'enseignement primaire de 1842. Cette loi institue l'enseignement gratuit (non obligatoire) et oblige chaque commune à posséder au moins une école dispensant l'enseignement confessionnel sous surveillance du clergé (sauf dérogation). D'autre part, l'État et les provinces allaient créer des écoles dans les communes trop pauvres. Il est envoyé à Francfort entre 1840 et 1841.

Le gouvernement échoue par contre dans son projet de donner la personnalité juridique à l'Université de Louvain. Le , Nothomb, en plus de son poste de Premier ministre, reprend à van Volxem celui de ministre de la Justice, charge qui échoira peu après à Jules d'Anethan lors du remaniement consécutif aux élections du printemps 1843.

Il fait également voter une loi permettant au roi de choisir le bourgmestre en dehors du conseil communal.

Après les élections de 1843, qui marquent une avance des libéraux, Nothomb modifie la composition de son cabinet et fait appel à Albert Goblet d'Alviella, Édouard Mercier, Pierre Dupont (libéraux), Jules d'Anethan, Adolphe Dechamps (catholiques). Il fait ensuite voter une loi permettant au gouvernement et non plus au Parlement de nommer les membres des jurys d'examen universitaire, ce qui satisfait les libéraux, mais mécontente les catholiques. Le nonce apostolique Pecci y est en particulier hostile.

Sur le plan international, le gouvernement décline les offres d'union douanière faites par la France et la Confédération germanique[réf. nécessaire].

Les progrès des libéraux lors des élections de 1845 provoquent la démission de Nothomb.

Il devient ensuite ambassadeur à Berlin (royaume de Prusse) tout en restant député jusqu'en 1848, où une loi lui interdit ce cumul de fonctions. Le , il meurt d'une attaque d'apoplexie alors qu'il est ministre plénipotentiaire à Berlin. Il est inhumé dans le caveau de famille de son épouse à Luxembourg-Rollingergrund, non loin de la faïencerie Boch.

Comme beaucoup d'autres acteurs politique libéraux de la révolution, il fait partie de la franc-maçonnerie[5], dont il s'écarta cependant après qu'elle eut été condamnée par les évêques de Belgique ; en 1845, il eut d'ailleurs un célèbre débat[6] avec Defacqz, Grand Maître du Grand Orient de Belgique. Il avait déjà été introduit en loge à Luxembourg, peu après ses études de droit à Liège. Il était également membre de la classe de lettres de l'Académie royale de Belgique depuis le .

Publications

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  • Essai historique et politique sur la révolution belge, Bruxelles (J.P. Meline), 1833; 3e éd.: 1834; 4e éd.: 1876.
  • Première continuation de ce livre. La seconde continuation a été écrite par Théodore Juste en 1876.

Distinctions

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Notes et références

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  1. Gilbert Trausch, Jean-Baptiste Nothomb et la question du Luxembourg, Archives générales du Royaume - Bruxelles, R. Petit, coll. « Jean-Baptiste Nothomb et les débuts de la Belgique indépendante. / Actes du Colloque international de Habay-la-Neuve », , p. 35
  2. Il convaincra sa belle-famille de créer une faïencerie en Belgique : Kéramis alias Royal Boch à La Louvière, un hameau de Saint-Vaast. Une rue de La Louvière porte son nom.
  3. Louis Lefèvre, Octobre 1830 dans le Grand-Duché de Luxembourg. Les évènements révolutionnaires à Arlon et Bastogne., Archives générales du Royaume - Bruxelles, R. Petit, coll. « Jean-Baptiste Nothomb et les débuts de la Belgique indépendante. / Actes du Colloque international de Habay-la-Neuve », , p. 25
  4. « Biographie de Jean-Baptiste NOTHOMB. », sur unionisme.be
  5. Stichting Trigonum Coronatum, De kinderen van de weduwe, Roularta Books, Roulers, 2008 et Piet van Brabant, Vrijmetselarij in Nederland en Vlaanderen, Houtekiet, Anvers-Amsterdam, 2003.
  6. « Defacqz », sur le site mvmm.org du Musée virtuel de la musique maçonnique (consulté le )

Voir aussi

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Bibliographie

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  • Jean Bartelous, Nos Premiers Ministres, de Léopold Ier à Albert Ier, 1983, Bruxelles, éd. J.M. Collet.
  • Théodore Juste, Le baron Nothomb, Ministre d'État, C.Muquardt (Bruxelles), 1874 (2 vol.).
  • Pierre Nothomb, Les hommes de 1830. Jean-Baptiste Nothomb et ses frères, Librairie Nationale d'Art et d'Histoire (Bruxelles et Paris), 1931.
  • Jacques Ruzette, Jean-Baptiste Nothomb, La Renaissance du Livre (Bruxelles), 1946.
  • Roger Petit (éd.), Jean-Baptiste Nothomb et les débuts de la Belgique indépendante. Actes du Colloque international de Habay-la-Neuve, ; Bruxelles (Archives générales du Royaume), 1982; 183 pages, 15 contributions, 7 illustrations (portraits & cartes).
  • François Roelants du Vivier, Un pays convoité - Jean-Baptiste Nothomb (1805-1881) et la construction de la Belgique; B-Wavre, éditions Mols, 2022.

Liens externes

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Liens internes

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