Le Rocher (Fragonard)
Le Rocher est un tableau de Jean-Honoré Fragonard, réalisé vers 1780, acquis en 2013 par le musée des Beaux-Arts de Lyon.
| Artiste | |
|---|---|
| Date |
Vers |
| Type | |
| Matériau | |
| Dimensions (H × L) |
53 × 62,5 cm |
| Pendant |
L'Abreuvoir (d) |
| No d’inventaire |
2013.3.1 |
| Localisation |
Contexte et création
modifierLe Rocher est réalisé dans les années 1780. Pendant longtemps, il a été présenté comme pendant d'un autre tableau de paysage, L'Abreuvoir. Un examen réalisé en 2012 par le Centre de recherches et de restauration des musées de France a révélé que les préparations des deux tableaux sont différentes, et que celle du Rocher date d'environ 1780, tandis que celle de l'Abreuvoir date des années 1765[1].
Description
modifierLe tableau est une huile sur toile présentant la signature de l'artiste en bas à gauche.[2]
Le peintre donne à sentir l'imperceptible déplacement des nuages à renfort de coups de brosse larges et rapides qui animent une matière extrêmement fluide. Le frémissement des feuillages est rythmé de petites touches compactes de peinture. De la même manière il réalise une matière mousseuse et translucide pour les prés, des touches grasses et appuyées pour les roches.[3]
Les figures introduisent une tonalité galante typique de Fragonard. Le tableau donne à imaginer les rapports entre les jeunes femmes sur leurs montures et les hommes proches.[3]
Le tableau a été classé trésor national en même temps que L'Abreuvoir[4]
Analyse
modifier
Le Rocher a longtemps été associé à L'Abreuvoir par les spécialistes. Ils ont été réunis ensemble comme des pendants dans la collection de François Hyppolyte Walferdin puis celle de Gaston de Lauverjat et enfin celle de Arthur Veil-Picard.[5]
Acquisition par le musée des Beaux-Arts de Lyon
modifierLe Rocher, ainsi que L'Abreuvoir, ont été acquis par le musée des beaux-arts de Lyon en 2013, soutenu par le club du musée Saint-Pierre, un groupe de mécènes, pour une somme totale de 1.550.000 euros. Cette somme répond également au fait que deux autres musées européens étaient intéressés par cette acquisition. Sans le soutien des mécènes, le musée et la ville n'auraient pas pu acheter les deux toiles, Lyon ayant la chance d'être la seule institution régionale de France à disposer d'un club de mécènes[6].
Cette acquisition répond à un manque de tableaux du XVIIIe siècle français dans les collections du musée, tout autant d'un manque de toiles de paysages de cette époque. Sylvie Ramond, la directrice note d'ailleurs pour l'avenir qu'il manque au musée quelques autres maîtres tels Watteau, Chardin ou David[7].
Accrochage en exposition
modifierLe tableau a été présenté lors de plusieurs expositions[2] :
- Catalogue de tableaux et dessins de l'École française , principalement du XVIIIe siècle, tirées de collections d'amateurs, galerie Martinet, Paris, 1860, n°135.
- European masters of the XVIIIth century, Royal Academy, Londres, 1954-1955, N°204.
- Schönheit des XVIII. Jahrhunderts, Kunsthaus, Zurich, 1955, n°93.
- Fragonard, Musée national d'art occidental, Tokyo, 1980, n°30.
- Fragonard, Galeries nationales du Grand Palais, Paris, 1987-1988, n°94.
Bibliographie
modifierOuvrages
modifier- Louis Réau, Fragonard, Bruxelles,
- Gerges Wildenstein, The paintings of Fragonard, Aylesbury,
- Daniel Wildenstein et Gabriele Mandel, L'opera completa di Fragonard, Milan,
- Pierre Rosenberg, Tout L'œuvre peint de Fragonard, Paris,
Revues
modifier- « Le Rocher et l'Abreuvoir de Jean-Honoré Fragonard », Revue des musées de France,
- « Donnant-donnant », Le Journal des arts, no 384,
- « Deux paysages de Fragonard entrent au musée des beaux-arts de Lyon », Objet d'art, no 494,
- « Questions à Sylvie Ramond », Le Progrès,
- « Fragonard fait son entrée au musée des beaux-arts », Le Progrès,
Autres sources
modifier- Jean-François Heim, Dossier de vente de la Galerie Jean-François Heim,
Références
modifierArticles connexes
modifierLiens externes
modifier- Ressource relative aux beaux-arts :