Le Sacrifice d'Iphigénie

peinture murale

Le Sacrifice d'Iphigénie est une fresque antique découverte dans la Maison du Poète tragique à Pompéi et conservée au musée archéologique national de Naples.

Le Sacrifice d'Iphigénie
Date
Ie siècleVoir et modifier les données sur Wikidata
Type
Matériau
Dimensions (H × L)
140 × 138 cmVoir et modifier les données sur Wikidata
Lieu de découverte
Maison du poète tragique (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
No d’inventaire
Inv.9112Voir et modifier les données sur Wikidata
Localisation

Le tableau représente l'épisode du sacrifice d'Iphigénie : son immolation doit rendre propice le départ des héros grecs pour la Guerre de Troie.

Après une première tentative infructueuse de localiser Troie, les troupes grecques se rassemblent à Aulis pour repartir mais, Agamemnon ayant offensé Artémis, cette dernière lui envoie des vents contraires. Le devin Calchas annonce qu'ils ne pourront partir sans sacrifier la fille d'Agamemnon, Iphigénie. Ils la convoquent sous le prétexte de lui offrir Achille en mariage. Selon certaines versions, Artémis la remplace par une biche au moment du sacrifice et l'emmène comme prêtresse dans son sanctuaire[1].

Description

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Au centre de la scène est représentée Iphigénie, les cheveux déjà coupés[2], à moitié nue et les bras ouverts, portée par un Ulysse barbu à gauche et Diomède ou Achille à droite. L'autel du sacrifice manque dans la représentation[3]. Sur les côtés de la scène principale, deux personnages plus grands que les autres : à droite, Calchas, sa main droite sur le visage en signe d'hésitation et les outils du sacrifice dans la main gauche ; tout à gauche Agamemnon, entièrement enveloppé dans un manteau, se détourne et se voile la face avec sa main, comme s'il était impossible de peindre la douleur[4] causée par le désespoir de la mort de sa fille[3]. A côté d'Agamemnon sur une colonne se trouve une statuette d'Artémis et deux chiens ou cerfs[3]. En haut de la fresque, deux bustes féminins sortent des nuages : à droite apparaît Artémis et à gauche, une muse tenant la biche qui sera sacrifiée au dernier moment à la place de la jeune fille[2].

Histoire

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La fresque est peinte entre 45 et 79 dans le péristyle de la Maison du Poète Tragique[3], située sur une artère principale reliant le forum et la rue des Tombeaux à Pompéi[5].

Elle est semblable au tableau du même nom du peintre grec Timanthe, notamment dans la composition et dans la figure d'Agamemnon, mais présente cependant des différences notables par rapport à l'original[2]. Cette idée d’une copie pompéienne naît du rapprochement de textes d’auteurs antique louant l'œuvre, tout en donnant une description du tableau. Néanmoins, les descriptions étant différentes, il est difficile de comparer la fresque de la Maison du Poète tragique avec le tableau de Timanthe.

Le premier à l'évoquer est Pline dans son Histoire Naturelle XXXV, publiée vers 77 :

« Timanthe avait beaucoup d'ingéniosité : en effet, on a de lui une Iphigénie célébrée par les louanges des orateurs, qu'il peignit debout devant l'autel, prête à mourir ; après avoir représenté toute l'assistance affligée (particulièrement son oncle), et épuisé toute image de la tristesse, il voila le visage du père lui-même, qu'il ne pouvait montrer dignement. Dans les œuvres de ce seul peintre, on comprenait toujours plus que ce qui était peint, et, si son art était très grand, son esprit était encore au-delà[6].»[7].

On peut également citer Valère Maxime, dans Faits et dits mémorables, livre VII, du Ier siècle :

« Pourquoi cet autre peintre tout aussi noble, représentant le sacrifice lugubre d'Iphigénie immolée, quand il avait placé autour de l'autel un Calchas triste, un Ajax pleurant et un Ménélas lamenté, n'a-t-il pas avoué qu'en enveloppant la tête d'Agamemnon, l'amertume de la plus grande douleur ne pouvait être exprimée par l'art ? Ainsi, son tableau est imprégné des larmes de l'astrologue, ami et frère, et les larmes de son père ont laissé le spectateur ému.[8] »[7].

Notes et références

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  1. ↑ Thomas H. Carpenter (trad. de l'anglais par Christian-Martin Diebold), Les Mythes dans l’art grec, Paris, Thames and Hudson, , 256 p., p. 200
  2. 1 2 3 Bragantini 2009, p. 332.
  3. 1 2 3 4 Antonio Coppa, « Il sacrificio di Ifigenia »
  4. ↑ Barbera 2023, p. 106.
  5. ↑ (en) Bettina Bergmann, « The Roman House as Memory Theater: The House of the Tragic Poet in Pompeii  », The Art Bulletin, vol. 76, no 2,‎ , p. 226
  6. ↑ “Nam Timanthi vel plurimum adfuit ingenii. Eius enim est Iphigenia oratorum laudibus celebrata, qua stante ad aras peritura cum maestos pinxisset omnes praecipueque patruum, et tristitiæ omnem imaginem consumpsisset, patris ipsius voltum velavit quem digne non poterat ostendere (...). Atque in unius huius operibus intellegitur plus tamen quam pingitur, et, cum sit ars summa, ingenium tamen ultra est” Pline, Histoire Naturelle XXXV, v. 73-74.
  7. 1 2 Emmanuelle Hénin, « Iphigénie ou la représentation voilée », Studiolo : revue d'histoire de l'art de l'Académie de France à Rome,‎ , p. 96 (lire en ligne Accès libre)
  8. ↑ “Quid ille alter aeque nobilis pictor luctuosum immolatæ Iphigeniae sacrificium referens, cum Calchantem tristem, clamantem Aiacem lamentantem Menelaum circa aram statuisset, caput Agamemmnonis involvendo nonne summi mæroris acerbitatem arte non posse exprimi confessus est ? Itaque pictura ejus aruspicis et amici et fratris lacrimis madet, patris fletum spectantis affectu æstumandum reliquit.” Valère Maxime, Faits et dits mémorables, livre VII, v. 11, 6.

Annexes

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Bibliographie

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  • Irene Bragantini, La pittura pompeiana, Electa, (ISBN 978-88-928-2357-0). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Dario Barbera, Museo archeologico nazionale di Napoli - La Guida, Electa, (ISBN 978-88-928-2407-2). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Louis Séchan, « Le sacrifice d'Iphigénie », Revue des Études Grecques, vol. Vol. 44, no No. 208,‎ octobre - décembre 1931, pp. 368-426 (lire en ligne Accès limité)
  • (en) Bettina Bergmann, « The Roman House as Memory Theater: The House of the Tragic Poet in Pompeii », The Art Bulletin, vol. Vol. 76, no No. 2,‎ , pp. 225-256 (lire en ligne Accès limité)

Liens externes

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