Leny Escudero

chanteur, auteur-compositeur-interprète et acteur français

Leny Escudero, né Joaquin Leni Escudero le à Espinal (Espagne) et mort le à Giverny (Eure), est un auteur-compositeur-interprète et acteur français d'origine espagnole.

Leny Escudero
Description de cette image, également commentée ci-après
Leny Escudero par Michel Bourdais.
Informations générales
Nom de naissance Joaquin Leni Escudero
Naissance
Espinal (Haute-Navarre),
Espagne
Décès (à 82 ans)
Giverny (Eure),
France
Activité principale Chanteur, auteur-compositeur-interprète, acteur
Genre musical Variété française, chanson à texte
Années actives de 1957 à 2015
Labels Bel Air
Polydor
Riviera L.M.
Musidisc
Magic Records
Site officiel www.lenyescudero.fr

Biographie

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Jeunesse

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Son père (d'origine gitane) et sa mère (d'origine marrane), sont des républicains espagnols[1] qui, en 1939, quittent leur pays ravagé par la guerre d'Espagne et se réfugient en France, à Mayenne[1], sans rechercher la nationalité française, car ils pensent que leur exil est temporaire[2]. Pendant ce passage de la frontière, Leny quitte malencontreusement ses parents et se retrouve dans un des camions de la Croix-Rouge, qui emmène les enfants perdus dans des camps de regroupement afin de reconstituer les familles et d'octroyer à chacun un certificat de nationalité. Leny saute du camion en marche et reste caché dans la nature pendant plusieurs jours, ignorant qu'il est déjà en France[2].

Retrouvant sa famille, il fréquente l'école communale Jules Ferry de Mayenne et obtient son certificat d'études primaires avec mention. Il passe sa jeunesse à Mayenne, où il lit beaucoup et commence à écrire des poèmes qui formeront la source de ses premières chansons, puis part pour Paris[1] en 1951, à 19 ans, où Il gagne modestement sa vie : il commence par être terrassier[1] et installe des canalisations, la pioche à la main. Il devient ensuite carreleur-mosaïste, profession dans laquelle il va exceller jusqu'à devenir un artisan demandé. Il va même travailler pour Jean Ginsberg dans les appartements de luxe de l'avenue Paul Doumer dans le XVIème arrondissement de Paris. Un fragment de son travail a été conservé dans l’hôpital de Navarre à Evreux. Il participe également à la reconstruction de Saint-Lô dont il deviendra citoyen d'honneur en 1994.

À cette époque, il est encore espagnol, sans papiers officiels ni carte de travail. Il dépose une demande de naturalisation qui peinera à être examinée, faute de dessous de table.

Devenu français, il doit faire son service militaire. Il est affecté, en 1957, avec d'autres sursitaires, à Satory où il fait ses classes, puis à l'école Polytechnique, en plein quartier latin, Là, dans un café proche, il fait la connaissance de Christian Sarrel qui l'accompagne à la guitare quand il n'est pas de service, transcrit ses mélodies sur papier et l'encourage à chanter. Au bout de 18 mois grâce à l'intervention d'un appelé qui prépare la paperasse pour les officiers à Satory, il est libéré. Il se rend introuvable pendant quelques temps avant de se présenter de nouveau à Satory où il obtient de finir son service militaire en permission(s)[3].

Carrière

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Dédicace de Leny Escudéro

En 1957, contre l'avis de sa femme qui est aussi la mère de ses deux enfants, il décide de se mettre à la chanson. Il rencontre Jacques Canetti qui le fait chanter aux trois baudets et le fait participer à une de ses tournées, pendant laquelle il fait la connaissance d'autres artistes comme Juliette Gréco, Jacques Brel, Raymond Devos...

Jacques Canetti, qui est directeur artistique chez Philips et a fait signer un contrat à Leny est licencié. Son remplaçant veut que Leny chante des adaptations de chansons anglo-saxonnes alors à la mode. Leny refuse et insiste pour enregistrer ses propres chansons mais il devra attendre la fin de son contrat. Il continue a chanter où et quand il peut, rencontre Fernand Raynaud qui deviendra son ami et Édith Piaf dont il refusera de devenir le poulain mais qu'il continuera de visiter jusqu'à sa mort.

Cherchant à faire chanter ses chansons par d'autres interprètes, Leny fait la connaissance de Jacqueline Nero qui le fait travailler puis le présente à son mari, Léo Missir, qui travaille chez Barclays. Sans en parler à Eddie Barclays, qui est absent, Léo Missir demande à Paul Mauriat de composer l'orchestration de quelques chansons de Leny et fait réaliser un premier enregistrement qui est gravé sur disques souples envoyés aux radios. Quand Barclays revient, il signe un contrat avec Leny qui précise que Léo est son directeur artistique et que les chansons seront choisies exclusivement parmi ses propres chansons.

Son premier disque (Ballade à Sylvie, Pour une amourette…), connaît un succès fulgurant. Pour Leny Escudero, c'est la célébrité.: Celle-ci ne l'intéresse pas, il sort en 1964 le single Stéphanie et, en 1965, il met de côté sa carrière de « vedette » pour parcourir le monde : Amérique du Sud, Moyen-Orient, États-Unis, URSS, Afrique, il voyage beaucoup. Au Dahomey (devenu depuis le Bénin), il construit une école « en dur » en pleine brousse. Il revient en France en 1969 et compose à nouveau. L'Académie Charles-Cros récompense son album Escudero 71 par le Grand Prix du disque de la chanson française[4].

Auteur-compositeur-interprète, ses textes traitent de sujets souvent graves, tels que la guerre civile (album Vivre pour des idées, 1973), les dictatures, et la maltraitance des habitants de notre planète (album La Planète des fous, 1977) ou encore la fuite du temps. Communiste dans l’âme[5],[1], il compose tout au long de sa carrière plusieurs chansons engagées comme Vivre pour des idées ou Je t’attends à Charonne[1]. À partir des années 1970, il tourne sur scène. Poète-troubadour, son répertoire engagé[6], teinté de nostalgie et de tendresse, représente une certaine chanson française à thèmes.

Quand le Parti socialiste songe à faire de l’un de ses textes, Le Poing et la rose, l’hymne du parti, il accepte. Mais lorsqu’on lui souffle que le Président Mitterrand voudrait changer certaines paroles, c’est non. Et bientôt, il refuse la médaille des Arts et des Lettres que Jack Lang souhaitait lui décerner[7].

L'école primaire Leny-Escudero à La Baconnière.

Il s'installe à Giverny, près de Vernon (Eure). Il est le père de trois enfants, Christine, Julian et Stefany. Julian participe à tous les concerts de son père et compose la musique d'une partie de ses chansons. Deux des petits-enfants (sur huit) de Leny Escudero, Kévin et Marvin (à la guitare basse et à la guitare), accompagnent par la suite leur grand-père sur scène. Il fait quelques apparitions dans des films et des séries télévisées, et participe à quelques bandes originales de films. En 2006, Il participe à la première saison de la tournée Âge tendre… et donne un récital au nouvel Olympia[1]. L'année suivante, il repart sur les routes pour la deuxième saison de la tournée.[réf. nécessaire] Lors de la campagne pour l'élection présidentielle de 2007, il soutient Ségolène Royal, pour qui il chante lors de son meeting du au stade Charléty[8].

Autobiographie et mort

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En , il publie le premier tome de son autobiographie, Ma vie n'a pas commencé, aux éditions Le Cherche midi, suivi en 2015 par Le début… La suite… La fin, ouvrage édité à compte d’auteur. En , il se marie avec Céleste Bettencourt, dont il partage la vie depuis vingt-cinq ans[6].

Il meurt le à son domicile de Giverny des suites d'une insuffisance pulmonaire aiguë[1],[9]. Ses obsèques et son incinération ont lieu le au crématorium d'Évreux[10].

Dans le département de la Mayenne, son nom est donné, de son vivant, à deux écoles publiques de La Baconnière.

Une voie de Giverny porte son nom: Le chemin Leny Escudero[11].

Une rue de Saint-Lô porte également son nom. En février 2020, Michel Angot, Maire de Mayenne, a dévoilé une plaque sur la maison ou il a vécu. La municipalité a également réalisé un projet immobilier portant son nom.

Discographie de

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Albums 33 tours

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  • 1962 : Pour une amourette
  • 1963 : À Malypense
  • 1965 : Rachel
  • 1966 : Petite mère
  • 1967 : Je t'attends à Charonne
  • 1971 : Escudero 71
  • 1973 : Vivre pour des idées
  • 1974 : Le Voyage
  • 1977 : La Planète des fous
  • 1978 : La Grande Farce
  • 1979 : Escudero sur scène
  • 1980 : Grand-père
  • 1982 : Je veux toujours rester petite
  • 1984 : Dérives
  • 1994 : Comme un voyageur secret
  • 1996 : Une vie (réenregistrements)
  • 1997 : Leny Escudero chante la liberté
  • 1999 : Le Tiers Amour

DVD

Filmographie

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Télévision

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Cinéma

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Bande son

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Compositeur

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Émissions de télévision

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Publications

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Distinction

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Notes et références

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  1. 1 2 3 4 5 6 7 8 « Mort de Leny Escudero, l’homme qui chantait Pour une amourette », Le Monde, (consulté le ).
  2. 1 2 [vidéo] « Leny Escudero « Tendre rebelle » (54 minutes) », sur YouTube, documentaire de Mariette Monpierre et Éric Basset (2004).
  3. Leny Escudero, Ma vie n'a pas commencé, CHERCHE MIDI, (ISBN 978-2-7491-1569-6)
  4. « Leny Escudero - Universal Music France », sur www.universalmusic.fr (consulté le )
  5. « Le chanteur Leny Escudero est mort à l'âge de 82 ans », France Info, (consulté le ).
  6. 1 2 « Le chanteur Leny Escudero est décédé », sur ledemocratevernonnais.fr, (consulté le ).
  7. « Voilà dix ans, le chanteur Leny Escudero nous quittait à Giverny : personne ne l'a oublié », sur actu.fr, (consulté le )
  8. Valérie Gas, « Royal à Charléty : liberté, égalité… amour », rfi.fr, 1er mai 2007.
  9. « Le chanteur et compositeur français Leny Escudero est décédé à 82 ans », RTL, (consulté le ).
  10. « Cérémonie ce jeudi dans l'Eure » Accès libre, sur Ouest France,
  11. « Ce dimanche 15 octobre, hommage à Lény Escudero à Giverny », sur actu.fr, (consulté le )
  12. « Lény Escudero "Pour une amourette" » [vidéo], sur ina.fr
  13. Jenny Alpha et Philippe Villemus * Des mots de minuit #228.
  14. « Avec Leny Escudero », sur chronique-hebdo.blogspot.fr, Radio libertaire, (consulté le ).
  15. Leny Escudero - Entretien 2013 - Avec: Jean-Claude Carton et Franck Dumouilla, sur la chaîne Youtube de Celeste Bettencourt Escudero.

Annexes

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Bibliographie

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  • Cécile Barthélémy, Lény Escudéro : poésies et chansons, Éditions Seghers, 1973, coll. « Chansons d'aujourd'hui », no 20, 190 p., 13,5 x 16 cm.

Liens externes

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