Leokadia Kashperova

compositrice russe

Leokadiya Aleksandrovna Kashperova (en russe : Леокадия Александровна Кашперова), née le à Lioubim et morte le [1], est une pianiste et compositrice romantique russe. Elle a été la professeure de piano du compositeur Igor Stravinsky[1].

Leokadia Kashperova
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 68 ans)
MoscouVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activités
Conjoint
Sergueï Vasilievich Andropov (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Instrument

Biographie

modifier

Jeunesse et éducation

modifier

Leokadiya Kashperova est née à Lyubim le [2]. Elle obtient son diplôme une première fois en 1893 du Conservatoire de Saint-Pétersbourg au terme de ses études dans la classe de piano d'Anton Rubinstein[2]. Elle obtient un second prix en 1895, après avoir étudié la composition avec Nicolai Soloviev[2] qui a dirigé sa cantate Orvasi[3].

Vie active

modifier

Au cours des années suivantes, elle compose des œuvres comprenant une symphonie, un concerto pour piano, des œuvres chorales, de la musique de chambre, des pièces pour piano seul et des mélodies[3]. Ses œuvres sont saluées par le public ; par exemple, la Gazette musicale russe note en 1912 : « Son talent de compositrice est un phénomène des plus bienvenus dans la vie musicale de Saint-Pétersbourg »[3]. Pendant un certain temps, elle organise des soirées musicales régulières le mardi dans son appartement de Saint-Pétersbourg[4].

En 1907, elle entreprend des tournées de concerts, à Berlin et à Londres à deux reprises[4]. The Times écrit en 1907 que « la musique de Mlle Kashperova témoigne d'un talent certain, très séduisant par sa mélodie, sa grâce et ses sautes d'humeur typiquement russes »[3].

Révolution bolchevique et vie d'après la révolution

modifier

En 1916, Leokadiya Kashperova devient enseignante à l'Institut Smolny et y rencontre Sergueï Andropov, qui est son élève et un dirigeant bolchevique, et ils se marièrent la même année[5],[6],[3].

Cependant, au début de la Révolution de février, l'Institut Smolny sert de quartier général à la révolution. Afin d'éviter l'arrestation, le couple quitte Saint-Pétersbourg pour Rostov-sur-le-Don[3]. De 1918 à 1920, elle s'installe à Moscou en raison du succès des bolcheviks, mais se produit rarement jusqu'à son dernier récital solo, un programme entièrement consacré à Ludwig van Beethoven, donné le [5],[6].

Dès lors et jusqu'à sa mort, elle compose en secret et tombe dans l'oubli auprès du public soviétique. À sa mort, elle n'est plus connue que de Stravinsky, qui la qualifiait de « démodée et d'idiote »[5],[6].

Œuvres

modifier
  • Deux Sonates pour piano et violoncelle op. 1 (no 1 en sol majeur, no 2 en mi mineur)[7]
  • Chœur du soir et de la nuit a cappella[7],[8],[9]
  • Au milieu de la nature suite pour piano seul[7],[9]
  • Trio pour piano en la mineur[9]
  • Concerto pour piano en la mineur op. 2[8]
  • Chants d'amour, douze romances pour soprano et piano [8]
  • Symphonie en si mineur op. 4[8]
  • L'Aigle et le Serpent, pour voix basse et piano[8]

Héritage

modifier

En , Kashperova a enregistré sept rouleaux de piano pour le piano reproducteur Welte-Mignon, six pièces de Mily Balakirev et un avec ses propres pièces pour piano[10].

En 2002, alors qu'il préparait son doctorat à Oxford, Graham Griffiths découvre le nom de Leokadiya Kaspherova en effectuant des recherches sur Igor Stravinsky. Elle devient rapidement son principal sujet d'étude[3]. Il accorde une interview à la BBC à propos de Leokadiya Kaspherova et, après une longue période d'oubli de sa musique, BBC Radio 3 diffuse, à l'occasion de la Journée internationale des femmes en 2018, le dernier mouvement de sa Symphonie en si mineur[1]. Leokadiya Kaspherova fut mise à l'honneur sur BBC Radio 3 en tant que compositrice de la semaine du [11].

La symphonie de Kashperova a ensuite été publiée par Boosey & Hawkes. De plus, pour commémorer le 150e anniversaire de sa naissance, Boosey & Hawkes a produit cinq courts documentaires vidéo sur les recherches de Graham Griffith et la redécouverte de sa musique[12]. Grâce au regain d'intérêt pour les œuvres de Leokadiya Kashperova, de plus en plus d'orchestres ont interprété sa Symphonie en si mineur[13].

Références

modifier
(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Leokadiya Kashperova » (voir la liste des auteurs).
  1. 1 2 3 (en-GB) « Breakfast - The women erased from musical history - BBC Radio 3 », BBC (consulté le )
  2. 1 2 3 « Leokadiya Kashperova », www.boosey.com (consulté le )
  3. 1 2 3 4 5 6 7 « Forgotten Women: International Women's Day in Russia, 1917 » [archive du ], Arts and Humanities Research Council, (consulté le )
  4. 1 2 « KASHPEROVA, Leokadiya », donne-uk.org (consulté le )
  5. 1 2 3 « The women erased from musical history », bbc.co.uk, BBC Radio 3, (consulté le )
  6. 1 2 3 Jo Bell, Tania Hershman et Alisa Holland, On This Day She, Rowman & Littlefield, (ISBN 9781538164570, lire en ligne), p. 368
  7. 1 2 3 « The Library of Congress > Linked Data Service Kashperova, Leokadii︠a︡ Aleksandrovna, 1872-1940 », id.loc.gov (consulté le )
  8. 1 2 3 4 5 « Your search for 'Composer: Leokadiya Kashperova' », www.boosey.com (consulté le )
  9. 1 2 3 « VIAF Virtual International Authority File Kashperova, Leokadii︠a︡ Aleksandrovna, 1872-1940 », viaf.org (consulté le )
  10. ↑ Gerhard Dangel and Hans-W. Schmitz: Welte-Mignon Reproductions. Complete Library Of European Recordings For The Welte-Mignon Reproducing Piano 1905-1932. Stuttgart 2006. (ISBN 3-00-017110-X). p. 462
  11. ↑ « Tutored by Rubinstein - Composer of the Week - Leokadiya Kashperova (1872-1940) Episode 1 of 5 », www.bbc.co.uk (consulté le )
  12. ↑ « In Search of Kashperova: five video shorts rediscovering the lost Romantic composer », Boosey & Hawkes (consulté le )
  13. ↑ « Performances », Boosey & Hawkes (consulté le )

Liens externes

modifier