Les Deux Chasseurs et la Laitière

opéra d'Egidio Duni

Les Deux Chasseurs et la Laitière est un opéra-comique en un acte mêlé d'ariettes de Louis Anseaume, sur une musique d'Egidio Duni, créé au Théâtre-Italien, à l'Hôtel de Bourgogne, le .

Les Deux Chasseurs et la Laitière
Édition princeps chez Duchesne.
Langue
Genre
Date de parution
Pays
Éditeur
Nicolas-Bonaventure Duchesne (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Inspiration

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Le livret de Louis Anseaume combine deux célèbres fables de La Fontaine, l'Ours et les deux Compagnons et la Laitière et le Pot au lait,

L'intrigue tourne autour de la vanité humaine, des rêves de richesse rapide et de la futilité de l'optimisme aveugle consistant à escompter des gains incertains.

Personnages

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La scène est dans une forêt.

Deux paysans pauvres, Guillot et Colas, décident de partir à la chasse pour s'enrichir. Très optimistes, ils dépensent à l'avance l'argent qu'ils espèrent tirer d'une peau d'ours. Lorsqu'un ours surgit réellement, la réalité les rattrape. Guillot grimpe à un arbre tandis que le poltron Colas fait le mort. L'ours s'en va après avoir mis les chiens en pièces, et les deux compères se retrouvent bredouilles et ridicules. Sur ces entrefaites, ils croisent la jeune laitière Perrette. Guillot tente de lui faire une cour un peu maladroite, mais elle le rejette poliment, totalement absorbée par ses propres ambitions d'enrichissement. En chemin pour le marché le marché, elle calcule déjà les poulets qu'elle va acheter avec l'argent de son lait, puis des cochons, une vache, et devenir une riche fermière. Emportée par son élan dramatique et ses rêves de fortune, Perrette fait un faux pas et renverse tout son lait. Tout comme les chasseurs qui n'ont pas eu leur ours, Perrette a perdu son pot au lait. Désormais aussi pauvres l'un que l'autre, Guillot et Perrette se consolent mutuellement. Perrette accepte finalement d'épouser Guillot.

Réception

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Partition.

La Correspondance littéraire commente : « Ce poème est rempli de naturel et de vérité […] Il est difficile de sentir à la lecture le plaisir qu’il fait à la représentation[1] ». Caractéristique de l'opéra-comique de l'époque alternant dialogues parlés divertissants et ariettes musicales faciles à retenir, cette œuvre a connu un immense succès populaire. Même si l'on a parfois reproché à ce dernier d'entendre mieux la mélodie que l'harmonie, de n'être pas assez varié, assez abondant, de n'avoir point la tête remplie d'idées fortes et hardies, de ne se livrer à aucun de ces écarts qui décident le génie et conduisent quelquefois au sublime[2], ses airs légers et spirituels, fusionnant la fluidité de la mélodie italienne et la clarté du théâtre parlé français, associés à la vivacité des dialogues du livret d'Anseaume, en ont fait l'un des plus grands triomphes de la scène française du XVIIIe siècle[3]. Cet opéra-comique, est resté au répertoire de la Comédie-Italienne de sa création initiale en 1763, jusqu'en 1792.

Reprise

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Repris lors de la Révolution, le , cet opéra-comique a connu un succès phénoménal, au point de devenir « la pièce la plus populaire de la décennie révolutionnaire[4]. » Cet engouement massif durant cette décennie de bouleversements s'explique par la parfaite adéquation du sujet de la pièce avec le climat politique, social et culturel de la Révolution française[5]. Le public révolutionnaire est sensible au courage et au bon sens des classes populaires rurales et approuve le retour à la nature et la simplicité républicaine. La présence de figures champêtres correspondait parfaitement à l'idéal de « régénération » de l'époque, qui revalorisait les vertus du travail de la terre mises en avant par la philosophie de Jean-Jacques Rousseau. Le côté divertissant et léger de la pièce a également pu procurer, à une période très agitée, un exutoire au public des théâtres parisiens, qui ont vu leur fréquentation monter en flèche[6]. Le langage musical cosmopolite de la pièce, la simplicité de sa scénographie et sa grande notoriété auprès des amateurs de partitions imprimées ne sont donc pas non plus à négliger[7].

Influence

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Cette pièce a inspiré La Laitière et les deux chasseurs, ou l'ours, le ballon, la grenouille et le pot au lait, chose fort ancienne, imitée de défunt Duni et de ci-devant Anseaume, par Xavier, Duvert et Lauzanne, créé au théâtre du Palais-Royal, à Paris, le .

Notes et références

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  1. Maurice Tourneux (éd.), Correspondance littéraire, philosophique et critique, t. 5, Paris, Garnier frères, , 520 p., 16 vol. : portr., fac-sim. ; in-8º (OCLC 310030767, lire en ligne sur Gallica), p. 350.
  2. Édouard Gregoir, Des gloires de l’opéra et la musique à Paris : documents recueillis sur l’Opéra et autres théâtres à Paris et sur tout ce qui a rapport à l’art musical en cette ville jusqu’à l’année 1880, t. 3, Bruxelles, Schott, , 3 vol. portr., in-8º (OCLC 45491826, lire en ligne), p. 111.
  3. (de) Paul Wechsler, Louis Anseaume und das französische Singspiel, Leipzig, Seele, , 99 p., in-8º (OCLC 1012294820, lire en ligne), p. 79.
  4. Colin Jones, La Chute de Robespierre : 24 h dans le Paris révolutionnaire, Paris, Fayard, , 624 p., illustr. ; 24 cm (ISBN 978-2-21372-243-6, OCLC 1428035129, lire en ligne).
  5. Paul d'Estrée, Le Théâtre sous la terreur : (théâtre de la peur) 1793-1794, d’après des publications récentes et d'après les documents révolutionnaires du temps, imprimés ou inédits, Paris, Émile-Paul frères, Émile-paul frères, 1913, ix, 523 p., in-8º (lire en ligne), p. 376.
  6. Giuseppe Radicchio, Michèle Sajous D’Oria et Laura Casati, Les Théâtres de Paris pendant la Révolution, Milan, Elemond Periodici, , 127 p. (OCLC 1070518350, lire en ligne), p. 28.
  7. (en) Julia Doe, « Two hunters, a milkmaid and the French ’revolutionary’ canon », Eighteenth Century Music, Paris, vol. 15, no 2, , p. 177–205 (ISSN 1478-5706, lire en ligne).

Liens externes

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