Louis Anseaume (dramaturge)
Louis Anseaume né en 1721 à Paris où il est mort le , est un dramaturge et librettiste français.
| Naissance | Paris |
|---|---|
| Décès | Paris |
| Activités |
Acteur, dramaturge, écrivain, librettiste, general music director |
Il est considéré comme l’un des pères de l’opéra-comique français[1].
Biographie
modifierAyant fréquenté, dans sa jeunesse, les Prêtres de la doctrine chrétienne, Anseaume est entré dans leur compagnie, avant de la quitter rapidement. De 1753 à 1757, il est successivement maitre de pension et garçon tapissier et de 1758 à 1761, sous-directeur à l’Opéra-Comique, souffleur dans ce même théâtre, et après la fusion de la Comédie-Italienne avec l’Opéra-Comique, en 1762, secrétaire-répétiteur et souffleur, il cumule les emplois de souffleur-répétiteur et de secrétaire à la Comédie-Italienne[1].
Sa fonction, dans le rôle de secrétaire-répétiteur, ne se limitait pas à la gestion de la correspondance et des tâches administratives du théâtre, mais impliquait l’évaluation, la révision, voire la réécriture des pièces et leur mise en scène[2].
Grétry ayant décidé d’écrire une pièce franchement comique, mais n’osant pas demander une parade à Marmontel, s’est adressé à Anseaume, plus facile et plus accommodant, qui la lui a livrée en peu de jours. Laborieux et modeste, rempli d’esprit et de sel, Anseaume a laissé plus de vingt-cinq livrets d’opéras-comiques, dont il revendiquait rarement la paternité, pour les avoir écrits en se jouant. On pouvait estropier ses pièces, retrancher des scènes entières, changer le dénouement, l’allonger ou le raccourcir à volonté, Anseaume ne songeait pas à s’en plaindre[1][a].
Comptant parmi les plus anciens librettistes de la nouvelle Comédie-Italienne, longtemps membre du personnel du théâtre, Anseaume a écrit bon nombre d’opéras-comiques, pour Egidio Duni en particulier. Possédant du gout, de l’instruction, et de la finesse, il a puissamment contribué à relever et ennoblir le genre de l’ancien théâtre de la Foire, dont les obscénités et les traits heurtaient les spectateurs les moins exigeants[1].
Il avait épousé Marie Chéret, actrice de l'Opéra-Comique[3].
Jugements
modifierŒuvre
modifier- Le Monde renversé (1753), comédie en un acte mêlée d'ariettes, Foire Saint-Laurent
- La Vengeance de Melpomène (1753), prologue, Foire Saint-Laurent
- Le Boulevard (1753), comédie en un acte mêlée d'ariettes en collaboration avec Farin de Hautemer, musique de Laruette, Foire Saint-Laurent
- Bertholde à la ville (1754), opéra-comique en un acte en collaboration avec Gabriel-Charles de Lattaignant et Marcouville, musique d'Adrien-Nicolas La Salle d'Offrémont, Foire Saint-Germain. — Parodie de Bertholde à la ville de Vincenzo Ciampi, 1753.
- Le Chinois poli en France (1754), intermède en un acte, Foire Saint-Laurent. — Parodie de Il cinese rimpatriato (« Le Chinois de retour ») de Giuseppe Sellitto (it), 1753.
- La Nouvelle Bastienne (1755), comédie en un acte mêlée d'ariettes en collaboration avec Jean-Joseph Vadé, Foire Saint-Laurent
- Les Amants trompés (1756), opéra-comique en un acte mêlée d'ariettes italiennes en collaboration avec Marcouville, musique de Laruette, Foire Saint-Laurent ; reprise en 1762 à l'hôtel de Bourgogne
- La Fausse Aventurière (1757), comédie en deux actes mêlée d'ariettes en collaboration avec Marcouville, musique de Laruette, Foire Saint-Germain
- Le Peintre amoureux de son modèle (1757), comédie en deux actes et en vers mêlée d'ariettes, musique de Duni, Opéra-Comique. — Parodie de Il pittore innamorato de Duni.
- Le Docteur Sangrado (1758), opéra-comique en un acte en collaboration avec Jean-Baptiste Lourdet de Santerre, musique de Laruette et Duni, Foire Saint-Germain
- La Fausse Esclave (1758), comédie en un acte mêlée d'ariettes, musique de Gluck, château de Laxenbourg (Vienne). — Adaptation de La Fausse Aventurière sur une nouvelle musique.
- Le Médecin de l'amour (1759), opéra-comique en un acte en collaboration avec Marcouville, musique de Laruette, Foire Saint-Laurent
- Cendrillon (1759), opéra-comique en un acte, musique de Laruette, Foire Saint-Germain ; repris en 1762 à la Comédie-Italienne. — Adaptation de Cendrillon ou la Petite Pantoufle de verre de Charles Perrault, 1697.
- L'Ivrogne corrigé ou le Mariage du diable (1759), comédie en deux actes mêlée d'ariettes en collaboration avec Jean-Baptiste Lourdet de Santerre, musique de Laruette, Foire Saint-Laurent — Adapté de L'Ivrogne et sa femme de La Fontaine.
- La Veuve indécise (1759), comédie en un acte mêlée d'ariettes, musique de Duni, Foire Saint-Laurent
- Les Épreuves de l'amour (1759), opéra-comique en un acte, Foire Saint-Laurent
- Le Procès des ariettes et des vaudevilles (1760), comédie en un acte mêlée d'ariettes en collaboration avec Charles-Simon Favart, hôtel de Bourgogne
- Le Maître d'école (1760), comédie en un acte mêlée d'ariettes en collaboration avec Pierre-René Lemonnier et Marcouville, musique de Lismore, Foire Saint-Germain
- Les Précautions inutiles (1760), comédie en un acte mêlée d'ariettes en collaboration avec Achard, Foire Saint-Laurent
- La Nouvelle Troupe (1760), comédie en un acte et en vers mêlée d'ariettes en collaboration avec Charles-Simon Favart et Claude-Henri de Fusée de Voisenon, hôtel de Bourgogne
- Le Soldat magicien (1760), comédie en un acte mêlée d'ariettes, musique de Philidor, Foire Saint-Laurent
- L'Écosseuse (1760), opéra-comique en un acte en collaboration avec François-Charles Panard, Foire Saint-Laurent. — Parodie de Le Café ou l'Écossaise de Voltaire, 1760.
- L'Île des fous (1760), comédie en deux actes mêlée d'ariettes en collaboration avec Marcouville, musique de Duni, hôtel de Bourgogne. — Parodie de l'opéra bouffe Arcifanfano re de' matti de Carlo Goldoni et Baldassare Galuppi, 1750.
- Le Dépit généreux (1761), comédie en deux actes mêlée d'ariettes en collaboration avec François-Antoine Quétant, musique de Laruette, hôtel de Bourgogne
- Le Maréchal-ferrant (1761), comédie en deux actes mêlée d'ariettes en collaboration avec François-Antoine Quétant, musique de Philidor, Foire Saint-Laurent ; repris en 1762 à l'hôtel de Bourgogne
- Mazet (1761), comédie en deux actes mêlée d'ariettes, musique de Duni, hôtel de Bourgogne. — Adaptation de Mazet de Lamporechio de La Fontaine d'après Boccace, 1668.
- Les Filles pourvues (1761), « compliment », musique de Grétry, hôtel de Bourgogne
- L'Amant corsaire (1762), comédie en deux actes mêlée d'ariettes en collaboration avec Salvert, musique de La Salle d'Offrémont, hôtel de Bourgogne
- Le Milicien (1762), comédie en un acte mêlée d'ariettes, musique de Duni, château de Versailles
- Les Deux Chasseurs et la Laitière (1763), comédie en un acte mêlée d'ariettes, musique de Duni, hôtel de Bourgogne
- Le Dormeur éveillé (1764), comédie en deux actes mêlée d'ariettes en collaboration avec Ménilglaise, musique de Jean-Benjamin de La Borde, château de Fontainebleau
- L'École de la jeunesse ou le Barnevelt français (1765), comédie en trois actes mêlée d'ariettes, musique de Duni, hôtel de Bourgogne. — Adaptation de Barnevelt ou le Marchand de Londres de Pierre Clément d'après George Lillo, 1748.
- La Clochette (1766), comédie en un acte mêlée d’ariettes, musique de Duni, hôtel de Bourgogne
- La Meunière enrichie ou le Gascon puni (1767), comédie en deux actes mêlée d'ariettes en collaboration avec Pierre-Louis Moline, musique de Nicolas-Jean Lefroid de Méreaux
- Le Tableau parlant (1769), comédie-parade en un acte et en vers mêlée d'ariettes, musique d'André Grétry, hôtel de Bourgogne
- Arlequin marchand de proverbes (1771), « compliment », hôtel de Bourgogne
- La Coquette de village ou le Baiser pris et rendu (1771), comédie en deux actes mêlée d'ariettes, musique de Louis Joseph Saint-Amans, hôtel de Bourgogne
- La Harangue interrompue, « compliment », hôtel de Bourgogne
- Le Poirier (1772), comédie en un acte mêlée d’ariettes, musique de Louis Joseph Saint-Amans (lire en ligne sur Gallica)
- La Ressource comique (1772), comédie en un acte mêlée d'ariettes, hôtel de Bourgogne
- Mélide ou le Navigateur ou Sémire et Mélide (1773), comédie en deux actes mêlée d'ariettes, musique de Philidor, château de Fontainebleau
- Le Rendez-vous bien employé (1774), comédie-parade en un acte et en vers mêlée d'ariettes, musique de Jean-Paul-Égide Martini et Pierre-Alexandre Monsigny, hôtel de Bourgogne
- La Rencontre imprévue (1774), « compliment », musique de Nicolas-Jean Lefroid de Méreaux, hôtel de Bourgogne
- Le Retour de tendresse (1774), comédie en un acte mêlée d’ariettes, musique de Nicolas-Jean Lefroid de Méreaux, hôtel de Bourgogne. — Adaptation de La Réconciliation villageoise de Poinsinet, 1765.
- Achmet et Almanzine (1776), opéra-comique en trois actes, château de Fontainebleau
- Le Jugement de Midas (1778), comédie en deux actes mêlée d'ariettes en collaboration Thomas d'Hèle, musique de Grétry, hôtel de Bourgogne
Sitographie
modifier- « Louis Anseaume », sur le site de la compagnie lyrique Les Monts du Reuil
Éditions
modifierNotes et références
modifierNotes
modifier- ↑ Le Tableau parlant a ainsi été remanié et corrigé par le duc de Nivernais, sans qu’Anseaume ne dise mot. Après la représentation, on a fait honneur au duc du succès qui revenait au souffleur. Anseaume n’est pas sorti point de son trou pour réclamer sa part d’applaudissements[1].
Références
modifier- 1 2 3 4 5 6 Pier-Angelo Fiorentino, « Histoire musicale : Le Tableau parlant », Le Nouvelliste, Paris, (lire en ligne sur Gallica).
- ↑ (de) Paul Wechsler, Louis Anseaume und das französische Singspiel, Leipzig, Seele, , 99 p. (OCLC 1012294820, lire en ligne), p. 19.
- ↑ Émile Campardon, Les Spectacles de la foire : théâtres, acteurs, sauteurs et danseurs de corde, monstres, géants, nains, animaux curieux ou savants, marionnettes, automates, figures de cire et jeux mécaniques des foires Saint-Germain et Saint-Laurent, des boulevards et du Palais-Royal, depuis 1595 jusqu'à 1791, t. 1, Paris, Berger-Levrault, , xlviii-406, 2 vol. ; in-8º (lire en ligne sur Gallica), p. 200.
Liens externes
modifier- Ressources relatives à la musique :
- Ressources relatives au spectacle :
- Ressource relative à la recherche :