Les Funérailles de Van Gogh

Tableau d'Émile Bernard

Les Funérailles de Van Gogh, œuvre également connue sous le nom de L'Enterrement de Vincent van Gogh est une peinture à l'huile sur toile réalisée par le peintre postimpressionniste français Émile Bernard en 1893[1].

Les Funérailles de Van Gogh
Artiste
Date
Matériau
Dimensions (H × L)
93 × 73 cmVoir et modifier les données sur Wikidata
Mouvement
Localisation

Un hommage tardif 

modifier

Vincent van Gogh s’éteint le 29 juillet 1890 à Auvers-sur-Oise. Émile Bernard fut profondément affecté par la disparition de son ami. Il assista aux obsèques le 30 juillet 1890, mais réalisa cette œuvre commémorative trois ans plus tard, en 1893. L’œuvre présente les caractéristiques distinctives du synthétisme et du cloisonnisme, styles dont Bernard a été l’un des pionniers[2]. Elle utilise des formes audacieuses et simplifiées, cernées de contours sombres, créant une perspective graphique très structurée, sombre et plane qui souligne la gravité psychologique de l’événement[3].

Bernard, premier prosélyte de Van Gogh

modifier

Outre cette toile, Bernard écrivit une lettre très détaillée au critique d’art Albert Aurier immédiatement après l’inhumation de 1890. Il y décrivait la scène : le cercueil recouvert de ses tournesols bien-aimés, la pièce auréolée des dernières toiles éclatantes de Vincent, et le cortège funèbre d’amis tels que Théo van Gogh, le docteur Gachet, le père Tanguy, Charles Laval et Lucien Pissarro gravissant la colline baignée de soleil. Le tableau de 1893 synthétise ces souvenirs précis. Émile Bernard ne s'est pas contenté de peindre ses funérailles ; il est devenu l'un des plus fervents et précoces défenseurs de son œuvre, jetant les bases de sa reconnaissance mondiale[4].

Après la mort de Vincent en 1890, puis celle de Théo en janvier 1891, les œuvres du peintre sont dispersées ou stockées. En avril 1892 , Émile Bernard prend l'initiative d'organiser la toute première exposition solo consacrée à Van Gogh à Paris[5]. Elle se tient à la Galerie Le Barc de Boutteville et regroupe une sélection resserrée de toiles et de dessins[6], permettant au public parisien d'avant-garde et aux critiques de mesurer l'impact et la modernité du travail de Vincent[7].

Parallèlement, Bernard comprend immédiatement la valeur littéraire et théorique des lettres que Vincent lui a envoyées entre 1887 et 1889. Dès 1891, il commence à publier de nombreux articles consacrés à l'œuvre de son ami disparu ainsi que des extraits de leurs lettres dans des revues d'avant-garde comme Les Hommes d'aujourd'hui puis Le Mercure de France. Cette diffusion progressive a grandement contribué à associer le mythe de la vie de Van Gogh à son processus artistique. Plus tard, en 1911, l'intégralité de ces précieuses Lettres de Vincent van Gogh à Émile Bernard sera éditée en volume par le célèbre marchand d'art Ambroise Vollard. Par ces deux actions majeures, menées au début des années 1890, Émile Bernard s'est affirmé comme le premier grand passeur de la mémoire de Van Gogh[8].

Références

modifier
  1. ↑ Jean-Jacques Luthi et Armand Israël, Émile Bernard : instigateur de l'école de Pont-Aven, précurseur de l'art moderne : sa vie, son œuvre : catalogue raisonné, Editions des Catalogues raisonnés, (ISBN 978-2-909225-35-7, lire en ligne).
  2. ↑ « Émile Bernard - L'Enterrement de Van Gogh », sur fresnault-images.fr (consulté le ).
  3. ↑ Fred Leeman, Émile Bernard, (lire en ligne).
  4. ↑ « Lettre de Bernard à Aurier transcription intégrale ».
  5. ↑ Bogomila Welsh-Ovcharov, « Émile Bernard, un extraordinaire collectionneur de Vincent van Gogh », dans Émile Bernard. Au-delà de Pont-Aven, Publications de l’Institut national d’histoire de l’art, coll. « Panoramas », (ISBN 978-2-917902-75-2, DOI 10.4000/books.inha.4770, lire en ligne).
  6. ↑ « exposition Van Gogh », sur MOMA
  7. ↑ (en-US) « Van Gogh en Bernard: een kunstenaarsvriendschap », sur CODART (consulté le ).
  8. ↑ « Lettres de Van Gogh à Émile Bernard »