Les Little
Les Little, ou Little MC, est un groupe de rap français formé à Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne), composé de Sulee B Wax et Ronald. Le beatboxeur UZB puis les DJ Guts et DJ Sek font également partie du groupe à divers moments de son existence. Membres du Mouvement Authentique, ils se font connaître par leurs prestations scéniques avant de signer chez Phonogram. En 1992, ils publient leur unique album, Les Vrais. Le groupe se sépare peu après sa sortie ; Ronald et Sulee B fondent alors le groupe Da Lausz.
| Surnom |
Little MC |
|---|---|
| Origine | |
| Pays |
France |
| Genre | |
| Instrument |
Voix, sampler, platines, boîte à rythmes |
| Date d'activité |
Fin des années 1980 |
| Date de création | |
| Date de fin |
1992 |
| Date de fin |
1992 |
| Fondé par |
Sulee B Wax, Ronald, UZB |
| Langue |
Français |
| Label | |
| Influences |
| Ex membres |
|---|
| Discographie |
Les Vrais (1992) |
|---|
Historique
modifierEn 1986, Sulee B Wax fonde le crew de breakdance des Atomic Breakers avec plusieurs amis, dont Ronald. Sulee B découvre ensuite le rap sur la scène des New Generation MC, à la salle Le Chat de Châtillon (Hauts-de-Seine), où se produit notamment EJM. Avec Ronald, il y écrit et teste ses textes chaque semaine. Sulee B, Ronald et le beatboxeur UZB, tous trois originaires de Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne) fondent alors le groupe Les Little. Le surnom « Little B », donné à Sulee B par sa sœur, et le surnom « tiheup » (verlan de « petits »), donné au duo par les New Generation MC, donnent leur nom au groupe[1]. Ils font partie du Mouvement Authentique, un collectif de groupes originaires de la banlieue sud parisienne[2]. Sulee B compose les premières instrumentales du groupe à l'aide d'un sampler EPS emprunté au Mouvement Authentique, dont le titre Le Rap est ma vie. Il devient alors le producteur attitré du groupe[1].
Leur première scène a lieu à la Grande Rap Party organisée par le Black Panther « Papy » Chignol à la mairie du 14e arrondissement de Paris, en remplacement des New Generation MC. Cette prestation leur vaut une invitation de Dee Nasty sur son émission Le Deenastyle. En décembre 1989, Les Little assurent la première partie de Big Daddy Kane à l'Élysée-Montmartre. Le manager Djida, présent à ce concert, les fait ensuite jouer à Bobino puis les fait tourner dans toute la France. Pour ce concert, ils imitent le style vestimentaire de Big Daddy Kane et se présentent en costume. Le groupe adopte par la suite le costume comme signature scénique et se produit désormais uniquement en costume prince-de-galles noir, gris ou bleu[1].
UZB quitte ensuite le groupe. Le DJ Guts, qui les accompagne, est remplacé en 1989 par DJ Sek. Les Little assurent ensuite les premières parties de Niagara, Mano Negra et Bérurier Noir. Ils se produisent également à la Nuit du rap, en octobre 1990 au palais des sports de Saint-Denis, aux côtés de Suprême NTM et IAM[1].

Ils font ensuite partie de la première génération de groupes du mouvement rap français signés par une major, chez Phonogram[2]. En février 1992, le groupe sort son premier single, Ressens le son, avec la participation du saxophoniste Manu Dibango. Cette participation naît d'une initiative de Jacques Sanjuan, alors patron de Phonogram, qui lui fait découvrir le groupe. Dibango raconte avoir été séduit par les harmonies et les cuivres du disque, ainsi que par l'enthousiasme de ses propres enfants à son écoute. Une rencontre est ensuite organisée en studio, où Dibango et le groupe s'entendent rapidement[3]. Cette même année, Les Little publient leur unique album, Les Vrais[2]. King Daddy Yod apparaît sur le titre Je ne vois que moi. Le disque aborde le rap comme sujet central, notamment sur Le Rap vaut le prix de ma vie et Le Rap est ma vie. Les femms sont traitées sur l'interlude Bitch, puis les titres Plus féroces pour faire mal et Laisse faire le tempo. D'autres titres abordent des thèmes sociaux, comme Journée de fou, consacré aux relations conflictuelles entre police et jeunes de cité, ou La Drogue est un poison[4].
Le groupe se sépare peu après, à la suite d'un désaccord avec sa maison de disques[5]. Ronald et Sulee B fondent le groupe Da Lausz, intégré au collectif Mafia Underground[5],[3], ainsi que le label Pay Back, sur lequel ils produisent notamment Sté Strausz et la Mafia Underground. Sulee B devient en outre concepteur musical et producteur pour plusieurs rappeurs français[6]. DJ Sek, lui, fonde le label Time Bomb[5].
Style
modifierRonald et Sulee B sont fortement influencés par EPMD, Eric B. and Rakim, Big Daddy Kane et Prince Paul[1],[2] et pratiquent l'egotrip[2],[4]. Le style du groupe repose aussi sur l'usage du veul, un argot propre à Vitry[3], dont ils publient un bref dictionnaire dans le livret de leur album[4]. Le groupe revendique une démarche consistant à façonner le rap en français en s'inspirant de la production américaine pour la surclasser[4]. Thomas Blondeau présente Les Little comme des précurseurs d'une école marquée par un sampling épuré. DJ Sek explique avoir, à l'époque du groupe, recherché une sonorité soul et jazz, en travaillant à partir d'échantillons, et en complétant parfois ses productions d'une boîte à rythmes ou avec l'aide d'un bassiste[7].
Discographie
modifierClip
modifierNotes et références
modifier- 1 2 3 4 5 Vincent Piolet, Regarde ta jeunesse dans les yeux : Naissance du hip-hop français 1980-1990, Marseille, Le Mot et le Reste, (ISBN 978-2-36054-360-1), « Vitry, terreau du hip-hop français »
- 1 2 3 4 5 6 Puma 1997, p. 15.
- 1 2 3 Olivier Cachin, Rap in France : L'Émergence du rap dans les années 1990, Bègles, Le Castor astral, (ISBN 979-1027806133), « 1992 »
- 1 2 3 4 Abcdr du son 2023, p. 37.
- 1 2 3 Puma 1997, p. 15-16.
- ↑ Puma 1997, p. 16.
- ↑ Blondeau 2016, p. 183.
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier
: document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.
- Abcdr du son, 1990-1999 : Une décennie de rap français, Vanves, Marabout, , 256 p. (ISBN 978-2-501-17904-1).

- Thomas Blondeau, Hip-hop : Une histoire française, Paris, Tana, , 191 p. (ISBN 979-10-30101-39-3).

- Olivier Cachin, Rap in France : L'Émergence du rap dans les années 1990, Bègles, Le Castor astral, (ISBN 979-1027806133).

- Vincent Piolet, Regarde ta jeunesse dans les yeux : Naissance du hip-hop français 1980-1990, Marseille, Le Mot et le Reste, (ISBN 978-2-36054-360-1).

- Clyde Puma, Le Rap français, Paris, Presses de la Cité, , 78 p. (ISBN 978-2-258-04720-4).

Vidéographie
modifier- [vidéo][Production de télévision] « Rencontre avec les Little MCs à Vitry en 1992 », dans Salut Manu sur France 3 Toulouse, , INA (consulté le )
Liens externes
modifier- Ressources relatives à la musique :