Ligne de Valmondois à Marines

ligne de chemin de fer française
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La ligne de Valmondois à Marines est une ancienne ligne de chemin de fer secondaire à voie métrique d'une longueur de 22 km. Elle reliait les communes de Valmondois et de Marines, dans le département du Val-d'Oise en traversant la plaine du Vexin.

Ligne de
Valmondois à Marines
Image illustrative de l’article Ligne de Valmondois à Marines
La gare de Nesles-la-Vallée vers 1900
Pays Drapeau de la France France
Villes desservies Valmondois, Nesles-la-Vallée, Marines
Historique
Mise en service  
Fermeture
Concessionnaire SE (à partir de )
Caractéristiques techniques
Longueur 22 km
Écartement métrique (1,000 m)
Électrification Non électrifiée
Nombre de voies Anciennement à voie unique

Créée dans le cadre du plan Freycinet de 1880, la ligne fut tracée avec pour objectif de désenclaver l'arrière pays agricole vexinois, en le reliant aux principaux axes ferroviaires de communications.

Histoire

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C'est en 1875 qu'est élaboré le premier projet d’une ligne au départ de la gare de Valmondois, à proximité de la gare de la Compagnie du Nord, destinée à relier cette dernière à Méru, en longeant la vallée du Sausseron. Bien qu'accepté par le département de l'Oise le [1], le projet est finalement refusé en 1879 par le préfet de Seine-et-Oise.

Cette année-là, Léon Say, maire de L'Isle-Adam et conseiller général propose alors la mise à l'étude d'un projet alternatif qui sera adopté à la suite de la récente promulgation de la loi Freycinet en 1880, facilitant la création de lignes de chemins de fer secondaires.

La concession est accordée en 1883[2] à la Société générale des chemins de fer économiques et les travaux démarrent un an et demi plus tard[1]. Le tronçon de la ligne à voie métrique d'intérêt local reliant la gare de Valmondois au village d'Épiais-Rhus est inauguré le dimanche [1] et mis en service le lendemain, le . Il est très rapidement étudié un prolongement de la ligne à la demande de Monsieur Alexandre Peyron, maire de Marines et conseiller général ; ce prolongement jusqu'à cette localité est accordé par la concession du et est mis en service le .

Puis finalement, ce même Monsieur Peyron fait une nouvelle demande de prolongement jusqu'à la gare de Chars, desservie par la Compagnie de l'Ouest, mais ce prolongement sera largement retardé, puis sera pris en main par cette dernière compagnie, soucieuse d'éviter la concurrence. Puis une jonction de six kilomètres, à voie normale (1 435 mm), verra finalement le jour entre Chars et Marines le , la ligne de Chars à Marines. Il sera longtemps question de mettre à voie normale la ligne de Valmondois à Marines afin d'assurer une continuité sans rupture de charge ; mais les pouvoirs publics ne donneront jamais suite au vu des travaux à exécuter et de la faible rentabilité attendue de l'opération[3].

La ligne rencontrera un certain succès de fréquentation à ses débuts mais, dès les années 1930, la concurrence routière automobile et surtout la desserte par autocar devenant sérieuse, certaines circulations seront transférées sur route. Au second semestre 1947, une baisse importante de fréquentation sera enregistrée et la multiplication des transports par camions réduira le trafic de marchandises à néant.

Le déficit, accumulé depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale[4], amènera le conseil général de Seine-et-Oise à étudier le transfert de la desserte sur route par autocar pour le service des voyageurs. À la majorité, les conseillers généraux voteront finalement l'arrêt du trafic le . L'interruption définitive des circulations aura lieu le . La ligne sera abandonnée et déclassée le . L'ensemble du matériel et des installations restera en place jusqu'en 1953, année durant laquelle l'infrastructure - voie et signaux - sera déposée et le matériel roulant mis à la ferraille ou revendu[5]. La ligne Marines – Chars , quant à elle, sera supprimée le avec l'arrêt définitif du trafic le [6].

Renouveau

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L'ancienne ligne à Butry-sur-Oise, qui fut utilisée par le Musée des tramways à vapeur et des chemins de fer secondaires français.

Durant les années 1970, un petit groupe d'une dizaine de passionnés, désireux de faire revivre la grande époque de la ligne et de faire connaitre l'histoire de la vallée du Sausseron, vont créer une association, le Musée des Transports de la Vallée du Sausseron (MTVS), en vue de réhabiliter une partie des installations autour du dépôt, de réhabiliter sur un kilomètre l'ancienne ligne oubliée et de créer un musée vivant en récupérant du vieux matériel de trains à vapeur.

Créé en 1976, les installations deviendront le musée des tramways à vapeur et des chemins de fer secondaires français. C'est tout naturellement que celui-ci sera installé dans les anciens bâtiments abandonnés du réseau secondaire de la gare de Valmondois, où furent installés les ateliers de restauration du matériel roulant, puis un hangar sera construit pour loger le musée abritant des anciennes locomotives, voitures et wagons restaurés et dorénavant en état de marche.

Aujourd'hui

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Ancienne gare de Bréançon - Grisy reconvertie en habitation.

La voie ferrée d'origine a totalement disparue et l'ancienne plateforme du tracé de la ligne comprend maintenant des tronçons de chemins de randonnée : de Butry à Nesles-la-Vallée (6,7 km), de Labbeville à Vallangoujard (2 km) intégrés dans une boucle cycliste du Vexin - praticable à VTT ou VTC, mais difficilement utilisée pour les vélos à pneus fins, de Bréançon à Marines (3 km), un sentier de 700 mètres au Nord-Est de l'ancienne gare de Vallangoujard et un chemin équestre de 1,5 km du lieu-dit Rhus, commune d'Épiais-Rhus, jusqu'au gîte équestre de Berval à Grisy. Le reste de la plateforme de la ligne est constitué, maintenant dans sa plus grande partie, dans des parcelles de propriétés privées. La gare de Bréançon - Grisy, la seule restée en l'état, a d'ailleurs été reconvertie en gîte d'étape. Celle de Nesles-la-Vallée est devenue un foyer rural et celle de Vallangoujard transformée en habitation. La gare de Marines est maintenant occupée par la direction départementale de l'Équipement (DDE). Vers l'Est, seule une toute petite portion de voie métrique d'un kilomètre, avait pu être reconstituée entre le dépôt de la gare de Valmondois et le bois Thibault par les bénévoles du musée des tramways à vapeur. Les anciens terrains occupés par le départ du tracé de la ligne, ont été vendus après la fermeture définitive. Le projet de la reconstitution des chemins fut déposé en 2017-2018 lors de la fermeture définitive de la ligne, pour être transformée en voie verte, dans le cadre d'un programme des boucles du Vexin[7],[8]. Le musée sera alors transferé à Crèvecœur-le-Grand.

La ligne

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La gare de Marines avant la Première Guerre mondiale.
Un train à la halte de Grisy-les Plâtres.
Tracé schématique de la ligne de Valmondois à Marines et des lignes environnantes.

La ligne fut construite sur une plateforme nivelée de 5,50 à 6 mètres de large, prévue pour la circulation de matériels d'un gabarit de 2,50 m de large.

Le rayon de courbure de la voie était au minimum de 200 mètres, à l'exception à la sortie de la gare de Valmondois où le rayon descendait à 182 mètres. La rampe maximale du profil de la voie était prévue de 15 mm/m jusqu'à la gare d'Épiais-Rhus, et de 20 mm/m sur une section de 1 300 mètres, afin d'atteindre le plateau du Vexin.

La ligne comportait peu d'ouvrages d'art ; un seul pont-rail enjambait la route de Marines à Bréançon et plusieurs petits ponts permettentaient de franchir à différents endroits le cours du Sausseron.

A sa construction la voie fut équipée de rails vignole de 20 kg par mètre, en longueur de neuf mètres, reposant sur onze traverses en chêne. Celles-ci reposait sur un ballast de 30 à 40 cm d'épaisseur, constitué simplement de gros graviers provenant du dragage de l'Oise[9].

La ligne était constituée de deux sections :

Les gares

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Les horaires de la ligne en mai 1914.
Un train en gare de Vallangoujard.
Une locomotive de type 031 T en gare de Nesles-la-Vallée dans les années 1920.
Voiture ex-SE Allier.

La ligne desservait treize gares ou simples arrêts le long de ses 21 kilomètres :

Exploitation

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Exploitée par la Société générale des chemins de fer économiques (SE), le trafic de la ligne se maintiendra à un relativement bon niveau jusqu'à la Première Guerre mondiale, avec pas moins de quatre, voire cinq aller-retour quotidiens.

Matériel roulant

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À l'ouverture de la ligne, en 1886, le matériel roulant était constitué d'une locomotive-tender de type 031 T (trois essieux accouplés et un essieu porteur AR) d'un poids à vide de 18 tonnes, construite par la Société alsacienne de constructions mécaniques (SACM)[11], et de trois voitures voyageurs d'un gabarit de 2,50 mètres de large à plates-formes d'extrémité, constituée de deux voitures mixtes 1re et 2e classe et une voiture de 2e classe.

L'ouverture de la section entre Épiais-Rhus et Marines et l'augmentation du trafic liée, fera commander une quatrième voiture mixte fourgon, livrée en 1893[12]. Deux autres locomotives de type 031 T de la SACM, construites par les dépôt de La Chapelle de la Compagnie des chemins de fer du Nord, seront mises en service en 1887[11].

En 1923, une locomotive Mallet SACM de type 020-020 T sera introduite sur la ligne en renfort des 031 T qui nécessitaient d'être remises en état.

Locomotives SACM de la ligne de Valmondois à Marines
NuméroNomTypeNuméro SEDate de
mise en service
1Valmondois031 T35011886
2Épiais-Rhus031 T35411887
3Nesles031 T35421887
4Saint-Jeanvrin020-020 T35431923
Années Voyageurs GV PV
1913 223 508 1 057 t 13 054 t
1927 141 094 234 t 20 552 t
1928 146 935 218 t 16 328 t
1929 159 323 195 t 16 709 t
1930 163 608 185 t 18 375 t
1931 140 849 180 t 25 315 t
1932 127 809 160 t 15 617 t
1933 114 809 109 t 13 140 t
1934 80 704 122 t 10 146 t

Source : Claude Wagner, Les petits trains et les tramways du Val-d'Oise[13].

La gare de Nucourt (Seine-et-Oise, actuel Val-d'Oise).

La ligne Chars - Magny-en-Vexin

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La gare de Magny-en-Vexin en 2007, terminus de la ligne de Chars à Magny-en-Vexin.

Cette ligne, embranchement à voie normale de la ligne de Saint-Denis à Dieppe et pendant occidental de l'embranchement de Chars à Marines, est concédée en 1865 et ouverte en août 1871.

D'une longueur de 12,1 km et desservant deux gares intermédiaires (Nucourt et Bouconvillers), elle est reprise par la Compagnie des chemins de fer de l'Ouest le . En 1909, la ligne passe sous le contrôle du réseau de l'État, comme toutes les lignes de la compagnie de l'Ouest.

Le trafic voyageurs est transféré sur route par autocar en 1952 et seul un trafic marchandise résiduel lui survit jusqu'en 1987. Le bâtiment de la gare de Magny-en-Vexin abandonné et muré est resté depuis en l'état, seule la marquise ayant disparu[14].

Notes et références

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  1. 1 2 3 Clive Lamming, Les réseaux secondaires autour de Paris, 1830-1950, Évreux, Éditions Atlas, coll. « La grande Histoire des transports urbains », 2e semestre 2012, 55 p. (ISBN 978-2-7312-4867-8), p. 116.
  2. Bulletin des lois de la république française, deuxième semestre de 1883, voir p. 813 et suivantes, sur gallica.bnf.fr. Consulté le 27 mai 2013.
  3. Claude Wagner, Les petits trains et les tramways du Val-d'Oise, p. 131.
  4. Clive Lamming, op. cit., p. 123.
  5. Claude Wagner, op. cit., p. 132-133.
  6. Claude Wagner, op. cit., p. 181.
  7. Présentation de la boucle autour d'Auvers-sur-Oise.
  8. Présentation du programme complet des boucles du Vexin.
  9. Claude Wagner, op. cit., p. 144
  10. Claude Wagner, op. cit., p. 142.
  11. 1 2 Clive Lamming, op. cit., p. 120.
  12. Claude Wagner, op. cit., p. 155-171.
  13. Claude Wagner, op. cit., p. 154
  14. Claude Wagner, op. cit., p. 179-181.

Voir aussi

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Bibliographie

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  • A. Sampité, Les chemins de fer à faible trafic en France : Lignes secondaires des grands réseaux, chemins de fer d'intérêt local et tramways à vapeur - établissement et exploitation, Baudry et cie, (réimpr. 2010 par BiblioLife), 467 p. (ISBN 978-1-145-90434-7, lire en ligne), « Chemin de fer à voie métrique : Valmondois à Épiais-Rhus », p. 290-300
  • Claude Wagner, les petits trains et les tramways du Val-d'Oise, éditions du Valhermeil, 1994, 250 pages. (ISBN 2-905684-57-7)
  • Henri Domengie et José Banaudo, les petits trains de jadis, tome 4 : Nord de la France, éditions du Cabri, 1982, 223 pages. (ISBN 2-908816-29-6)
  • Jean-Claude Riffaud & Jacques Renaud, Le chemin de fer de Valmondois à Marines, dossier publiée dans le no 31 (1984-3) de la revue Magazine des tramways à vapeur et des secondaires (MTVS) (ISSN 0150-116X)

Articles connexes

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