Ligue Sénégalaise des Droits Humains

Organisation non gouvernementale de défense des droits de l'homme au Sénégal.

La Ligue sénégalaise des Droits Humains, communément désignée par son sigle LSDH, est une organisation non gouvernementale sénégalaise spécialisée dans la promotion, la protection et la défense des droits humains. Elle est fondée le à Dakar et occupe une place centrale dans le paysage de la société civile sénégalaise. La LSDH s'affirme comme l'une des voix les plus actives du pays en matière de respect des libertés fondamentales.

Ligue Sénégalaise des Droits Humains
Histoire
Fondation
Cadre
Type
Domaine d'activité
Siège
Pays

Naissance de la LSDH

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La Ligue Sénégalaise des Droits Humains est fondée le à Dakar[1], à l'initiative de Me Assane Dioma Ndiaye, avocat et défenseur des droits de l'homme de renom, né le à Kaolack[2]. Dès ses origines, l'organisation rassemble des avocats, des universitaires, des enseignants, des étudiants et des médecins animés d'un idéal commun : contribuer à l'édification d'un Sénégal respectueux des droits fondamentaux de chaque citoyen.

L'organisation se distingue des autres structures existantes par son caractère strictement indépendant de l'État et des partis politiques, par sa vocation généraliste couvrant l'ensemble du spectre des droits civils, politiques, économiques, sociaux et culturels, et par sa démarche d'action à la fois nationale et internationale.

Structure et organisation

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La LSDH est dirigée par un bureau exécutif élu lors d'un congrès ordinaire de renouvellement des instances, qui se tient régulièrement pour garantir une saine alternance démocratique au sein même de l'organisation. Ce principe de démocratie interne est revendiqué comme un engagement fondamental de la LSDH, qui entend donner l'exemple des valeurs qu'elle promeut pour les institutions politiques et civiles du pays[3].

Le Bureau exécutif comprend un président, des vice-présidents, un secrétaire général, des secrétaires chargés de domaines thématiques variés (droits des femmes, droits des enfants, droits sociaux et économiques, formation, organisation, communication, questions juridiques), ainsi que des responsables régionaux. La LSDH affiche également une ambition de décentralisation territoriale à travers un réseau de points focaux régionaux, dans l'objectif d'atteindre les populations au-delà de Dakar[4].

L'organisation est aussi composée de bénévoles issus des milieux juridiques, académiques, médicaux et associatifs. Elle revendique une approche pluridisciplinaire, croisant l'expertise juridique avec une compréhension des sciences sociales, de la santé et de l'éducation[1].

Histoire et présidences successives

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Me Assane Dioma Ndiaye (2010-2022)

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Me Assane Dioma Ndiaye est le cofondateur et premier président de la LSDH, poste qu'il occupe depuis la création de l'organisation jusqu'en . Titulaire d'une maîtrise en Droit Privé obtenue à l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar en 1985, puis d'un DEA de droit privé, il est lauréat du concours d'aptitude à la profession d'avocat (CAPA) en 1988[5]. Il complète sa formation par plusieurs certificats spécialisés en droits de l'homme et en justice pénale internationale, notamment auprès de l'Institut René Cassin à Strasbourg et de la Cour Pénale Internationale[6].

Sous sa direction, la LSDH interpelle publiquement les autorités, les incitant à conclure des partenariats avec des organisations internationales telles qu'Amnesty International et l'OMCT (Organisation Mondiale Contre la Torture). La Ligue Sénégalaise des Droits Humains participe aussi activement aux mécanismes onusiens de protection des droits humains[4].

En 2016, Me Ndiaye cosigne avec Amnesty International une analyse critique de deux lois adoptées par l'Assemblée nationale sénégalaise modifiant le code pénal et le code de procédure pénale au nom de la lutte contre le terrorisme et la cybercriminalité. Les deux organisations dénoncent les risques que ces textes font peser sur les libertés fondamentales, notamment la liberté d'expression, le droit de manifestation pacifique et les garanties d'un procès équitable[7].

En , lors d'une grave crise préélectorale, la LSDH signe un communiqué commun avec la FIDH, l'OMCT et d'autres organisations régionales pour condamner les arrestations d'opposants et de défenseurs des droits de l'homme, appelant les autorités sénégalaises à la retenue et au respect strict des libertés fondamentales[8].

Lors du Congrès du , Me Assane Dioma Ndiaye choisit délibérément de ne pas se représenter malgré des invitations pressantes de ses pairs. Il précise qu'il est primordial que la société civile applique elle-même les principes qu'elle prêche, notamment celui de l'alternance, pour ne pas reproduire les travers des partis politiques et des syndicats[9]. Il est alors nommé président d'honneur et coordinateur du groupe d'action juridique et judiciaire de la LSDH[10].

Alassane Seck (2022-2026)

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Alassane Seck est porté à la tête de la LSDH lors du Congrès de , avec pour mission de « continuer le travail de promotion et de protection des droits humains »[11]. Sous sa présidence, l'organisation poursuit et approfondit ses engagements traditionnels.

Entre 2022 et 2026, la LSDH travaille particulièrement sur les arrestations arbitraires, les détenus politiques, les délits d'opinion, les violations de la liberté d'expression et de manifestation, les conditions carcérales et la réinsertion des détenus. L'organisation s'implique également dans la surveillance des processus électoraux à travers sa participation au COSCE (Cadre de Concertation de la Société Civile sur les Élections), et rédige des rapports alternatifs soumis à la Commission Africaine des Droits de l'Homme et à l'Examen Périodique Universel (EPU) de l'ONU[4].

Durant cette période, la LSDH s'exprime à de nombreuses reprises sur la situation politique sénégalaise marquée par les crises de 2021, 2023 et 2024. En , le président Alassane Seck interpelle publiquement le nouveau gouvernement sur des questions d'urgence sociale, notamment la situation des enfants de la rue et les inondations et déclare que l'État n'a pas accompli les efforts nécessaires pour protéger les droits de ces populations vulnérables[12].

Denis Ndour (2026-présent)

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Le 3ème congrès de la LSDH se tient en dans la salle de conférence du centre médico-social de la Direction de l'Administration Pénitentiaire (DAP), au Camp Pénal de Dakar[4].

Denis Ndour, consultant en droits humains et professeur de sciences sociales, est élu à l'unanimité à la tête de la LSDH pour un mandat de quatre ans, de à [13]. Il avait déjà exercé la fonction de 2ème Vice-président chargé de la communication et des enquêtes lors du mandat précédent[14].

Le nouveau Bureau Exécutif est composé notamment de Pape Sall (vice-président), Joseph Bagné Faye (secrétaire général), Daouda Diagne (formation et promotion des droits humains), Matar Diouf (finances), Amath Thiam (questions juridiques et protection des droits), Awa Mbengue (commission scientifique et stratégique), et un binôme Coumba Ndao / Ibrahima Coly pour la communication et les partenariats. Les points focaux régionaux sont confiés à Sidy Mbaye et Paul Léon Ndiaye[15],[4].

Denis Ndour annonce son intention de maintenir le cap sur les libertés fondamentales tout en accordant une place accrue aux droits économiques, sociaux et culturels, avec une ouverture vers les populations de base, les jeunes, les femmes et les institutions académiques. Il ambitionne de faire de la LSDH une organisation plus décentralisée et ancrée sur l'ensemble du territoire national[15].

Activités et interventions

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La LSDH intervient régulièrement pour dénoncer les arrestations arbitraires, les détentions abusives et les atteintes à la liberté d'expression. Elle surveille les conditions de détention dans les maisons d'arrêt et établissements pénitentiaires sénégalais, et publie des communiqués et des rapports pour alerter l'opinion publique nationale et internationale[4].

En 2020, la LSDH se prononce aussi sur l'introduction du bracelet électronique et de l'assignation à résidence pour les condamnés, jugés « prématurés » et « irréalistes » par Me Assane Dioma Ndiaye dans un entretien publié par Dakaractu[16].

En 2021, la LSDH signe avec la FIDH, l'OMCT et d'autres organisations un communiqué qui dénonce les arrestations arbitraires d'opposants et de défenseurs des droits de l'homme dans un contexte de tensions politiques graves. Elle réclame la libération immédiate des personnes détenues, notamment le coordinateur de la RADDHO Alioune Tine, arrêté dans des conditions jugées illégales[17].

La LSDH intervient également dans des affaires de décès en détention et exige des enquêtes judiciaires transparentes. À titre d'exemple, l'organisation demande l'ouverture d'une information judiciaire suite à la mort de Cheikh Niasse[18] en détention[19].

Le , à l'occasion de la Journée internationale des droits des femmes, la LSDH publie un communiqué dans lequel elle appelle solennellement les autorités à abroger les textes qui continuent de discriminer les femmes et les filles au Sénégal. L'organisation dénonce la persistance de dispositions légales inégalitaires dans le code de la famille, malgré la ratification par le Sénégal de la quasi-totalité des instruments internationaux et régionaux de protection des droits féminins. Elle appelle à une « révision urgente » des dispositions législatives défavorables aux femmes et à un renforcement des mécanismes de recours[20].

Références

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  1. 1 2 « RAPPORT ALTERNATIF 2018 DE LA LSDH SUR L’EVALUATION DE LA MISE EN OEUVRE DE CERTAINES RECOMMANDATIONS ACCEPTEES ISSUES DE LA PRECEDENTE SESSION DE L’EPU SUR LE SENEGAL » [PDF]
  2. « Me Assane Dioma Ndiaye: l'Excellence au Service du droit! », Son parcours, (lire en ligne [archive du ], consulté le )
  3. « LSDH : Me Assane Dioma Ndiaye cède son fauteuil à Alassane Seck », sur Dakarposte.com - Le site des scoops (consulté le )
  4. 1 2 3 4 5 6 SenePlus, « La LSDH renouvelle ses instances », SenePlus, (lire en ligne)
  5. Fara Sambe, « Sénégal: Nouveau president de l'Ondh - Me Assane Dioma Ndiaye en terrain connu », allAfrica, (lire en ligne)
  6. « CPI : Me Assane Dioma Ndiaye nommé commissaire adjoint », sur PRESSAFRIK.COM, Premier média certifié JTI au Sénégal (consulté le )
  7. « Sénégal : La lutte contre le terrorisme ne doit pas aboutir à un affaiblissement des libertés », sur Amnesty International, (consulté le )
  8. « Les autorités doivent libérer les militants politiques et défenseurs… », sur OMCT (consulté le )
  9. Seneweb News, « LSDH : Me Assane Dioma Ndiaye cède son fauteuil à Alassane Seck », seneweb, (lire en ligne)
  10. « Refondation de la magistrature, la situation des enfants errants : Les défis de la nouvelle équipe de la LSDH. », sur DAKARACTU.COM (consulté le )
  11. « ALASSANE SECK PORTÉ À LA TÊTE DE LA LSDH (COMMUNIQUÉ) », FAAPA, (lire en ligne)
  12. Ndeye Maty Diagne, « Nouveau Gouvernement : la Ligue sénégalaise des droits humains (LSDH) liste ses attentes », seneweb, (lire en ligne)
  13. Lequotidien, « Droits de l’Homme au Sénégal : Denis Ndour prend les rênes de la Lsdh », Lequotidien, (lire en ligne)
  14. jotalixibar, « Droits humains : La nouvelle équipe de la Ligue sénégalaise des droits humains », sur Jotali Xibar, (consulté le )
  15. 1 2 « LSDH : Denis Ndour élu Nouveau Président | Rewmi.com », (consulté le )
  16. « ENTRETIEN avec Me Assane Dioma Ndiaye, président de la LSDH : « C’est prématuré, c’est irréaliste et ça ne résulte pas d’un débat exclusif, inclusif et participatif » », DAKARACTU.COM, (lire en ligne, consulté le )
  17. « Les autorités doivent libérer les militants politiques et défenseurs… », sur OMCT (consulté le )
  18. Actusen, « Mort de Cheikh Niasse : ce que révèlent les résultats de l’autopsie », sur ACTUSEN, (consulté le )
  19. « Mort de Cheikh Niass : La LSDH invite le parquet de Pikine à l’ouverture d’une information judiciaire. », sur DAKARACTU.COM (consulté le )
  20. (fr) « Le Sénégal pressé d'expurger ses lois discriminatoires envers les femmes », SenePlus, (lire en ligne, consulté le )