Colobus congoensis

espèce de mammifère
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Likweli

Colobus congoensis
Description de cette image, également commentée ci-après
Colobus congoensis dans le parc National de Lomami.
Classification
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Classe Mammalia
Ordre Primates
Famille Cercopithecidae
Sous-famille Colobinae
Genre Colobus

Espèce

Colobus congoensis
J. Hart et al., 2026

Colobus congoensis, connu sous le nom de Likweli, ou localement sous celui de Kasaba nkoni, est une espèce de mammifère primate catarinien de la famille des Cercopithecidés. Ce colobe (de la sous-famille des Colobinae du genre Colobus[1]), est endémique d'une petite zone de forêt tropicale de plaine située entre la rivière Lomami et la rivière Lilo, dans le centre-est de la République démocratique du Congo, dont la majeure partie se trouve dans le parc national de la Lomami[2]. Formellement décrit en 2026, il s'agit de la septième espèce reconnue de ce genre et de la cinquième nouvelle espèce de primate africain décrite au cours des 75 dernières années[2],[3].

Ce singe est d’une taille relativement petite pour un colobe et présente un pelage majoritairement noir. Il se distingue par une tache de peau nue autour de la bouche et des narines, dont la couleur allant d’un teinte rosâtre à une teinte crème orangé, tranche avec le reste de sa face sombre. Il possède également une zone blanche très visible autour de l'anus[2]. Les preuves génétiques, anatomiques et acoustiques indiquent que son plus proche parent est le Colobe satan (Colobus satanas), présent en Afrique centrale-occidentale à plus de 1 200 km[2],[4]. La divergence entre ces deux espèces est estimée à environ 5 millions d'années, ce qui représente la séparation la plus ancienne connue au sein de ce genre. Ses découvreurs ont recommandé qu'il soit classé comme espèce en danger sur la Liste rouge de l'UICN[2].

Dénominations

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Étymologie

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L'épithète spécifique congoensis fait référence à la restriction de l'espèce à la République démocratique du Congo ; les auteurs ont souligné qu'à leur connaissance, il s'agit du premier primate nommé d'après le pays lui-même[2],[4].

Le nom vernaculaire Likweli, est utilisé par le peuple Balanga vivant à l'ouest de la rivière Lomami. Les communautés Mituku, situées à la limite orientale de son aire de répartition, l'appellent quant à elles kasaba nkoni, ce qui signifie « le secoueur de branches »[2],[4].

Taxonomie

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Colobus congoensis a été décrit en juillet 2026 dans la revue PLOS One par une équipe dirigée par John A. Hart, Junior D. Amboko et Kate M. Detwiler, en collaboration avec des chercheurs d'institutions telles que la Lukuru Wildlife Research Foundation, la Société zoologique de Francfort, l'université Florida Atlantic et l'université Yale[2],[6]. Il est classé dans la famille des Cercopithecidae, la sous-famille des Colobinae et le genre Colobus, qui était auparavant considéré comme comprenant six espèces[2].

L'holotype est constitué de la peau et du squelette d'un mâle adulte conservé au Muséum d'histoire naturelle Peabody de Yale sous le matricule YPM MAM 17307, avec deux femelles adultes désignées comme paratypes ; ces spécimens proviennent d'individus confisqués à des chasseurs lors de patrouilles dans le parc. La localité type se situe sur la rive est de la rivière Lomami, dans le secteur de Biondo du parc national de la Lomami, dans la province de la Tshopo[2].

Phylogénie

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L'analyse de l'ADN mitochondrial a révélé que C. congoensis est l'espèce sœur du colobe satan (C. satanas), ces deux taxons formant ensemble la lignée sœur de toutes les autres espèces de Colobus[2]. Les comparaisons de l'anatomie du crâne et des dents, ainsi que des vocalisations, ont également confirmé cette étroite parenté avec C. satanas[2]. En utilisant des estimations calibrées par des fossiles (Horloge moléculaire), la divergence entre les deux espèces a été datée à environ 5,0 millions d'années (avec un intervalle de plus haute densité postérieure à 95 % allant de 4,3 à 5,8 millions d'années), ce qui représente la divergence la plus profonde identifiée à ce jour parmi les colobes du genre Colobus[2],[3].

Description

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Le Likweli.

C’est un petit colobe à longue queue, présentant un faible dimorphisme sexuel au niveau de la coloration du pelage. Le poils recouvrant le corps, les membres et la queue sont noirs. Les plus longs se trouvant sur le haut des épaules et le dos, ce qui peut créer un reflet et un aspect de cape chez certains individus[2],[7].

La caractéristique la plus distinctive est une zone proéminente de peau nue, d’une teinte allant du rosâtre au crème orangé, entourant la bouche et le philtrum, et s'étendant jusqu'à la partie inférieure des narines, ce qui contraste fortement avec le reste de la face noire. La peau de couler gris foncé sur les pommettes et les tempes donne au visage un sorte de masque[2]. Les oreilles sont grandes, noires et repliées sur les bords. Les deux sexes possèdent une zone de peau blanche bien définie autour de l'anus, plus grande et glabre chez les femelles, et parsemée de fins poils blancs chez les mâles[2],[8].

Le poids et les dimensions du crâne sont plus petite que celles de tous les autres membres du genre[2],[9]. Elle se distingue du colobe satan, dont la face est entièrement noire, par sa tache faciale claire, sa grande zone périannale blanche, sa taille plus réduite, ses poils dorsaux plus courts et l'absence de touffe de poils longs à la base de la queue[2],[10].

Distribution et habitat

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Répartition de Colobus congoensis dans le parc national de la Lomami et sa zone tampon, en République démocratique du Congo.

L'aire de répartition connue couvre environ 1 700 km2 dans les provinces de la Tshopo et du Maniema, dans le centre-est de la RDC, au sein de l'interfluve Tshuapa–Lomami–Lualaba (TL2)[2]. Il est présent de la rive est de la rivière Lomami jusqu'à la rivière Lilo, un affluent du Congo (Lualaba). Malgré la présence d'une forêt apparemment propice, il n'a pas été trouvé à l'ouest de la Lomami[2]. Les altitudes enregistrées s'étendent d'environ 390 à 500m à au-dessus du niveau de la mer[2].

Ce singe est largement inféodé aux forêts de haute futaie à canopée fermée poussant sur des sols argileux profonds, ainsi qu'aux îlots de forêt de terre ferme. Il y cohabite avec deux autres singes colobines : le Colobe rouge de Parmentier (Piliocolobus parmentieri) et le Colobe d'Angola (Colobus angolensis)[2]. La majeure partie de son habitat se situe à l'intérieur du parc national de la Lomami[2],[11].

Comportement et écologie

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Vocalisations de Colobus congoensis.
Colobus congoensis filmé en train de vocaliser.

C’est un animal arboricole qui vit dans la canopée. Il a été observé le plus souvent en petits groupes d'environ six individus en moyenne, fréquemment associés à d'autres espèces de singes[2]. Les chercheurs le décrivent comme discret et difficile à observer : plutôt que de fuir lors d'une rencontre, les groupes ont tendance à grimper plus haut dans les arbres et à observer à distance[2],[8]. Huit autres espèces de primates partagent son aire de répartition, parmi lesquelles le bonobo (Pan paniscus)[2].

Comme les autres colobes, l'espèce émet de puissants cris s'apparentant à des hurlement graves, entendus le plus souvent à l'aube. Ses cris sont assez proches de ceux du colobe satan, partageant un rythme de pulsation rapide, une fréquence élevée et une modulation de fréquence. Ils se distinguent de ceux du colobe d'Angola, avec lequel il est sympatrique, par leur rythme de pulsation et par un grognement caractéristique entre les séquences de hurlement[2]. Ces vocalisations ont été enregistrées dans divers contextes, notamment lors d'un épisode intense survenu pendant l'attaque d'un singe par un Aigle couronné[2].

Conservation

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Les auteurs de la description ont proposé un statut préliminaire d'espèce en danger sur l'échelle de la Liste rouge de l'UICN, en invoquant la taille très réduite de son aire de répartition et de sa population, combinée aux effets attendus de l'augmentation de la chasse et de la perte d'habitat[2],[3]. Ils estiment que le maintien de la protection du parc national de la Lomami et la coopération avec les communautés locales pour décourager la chasse de ce singe sont les mesures les plus cruciales pour sa survie[2].

Notes et références

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  1. (en) Yejin Lhee, « Mysterious orange-lipped monkey discovered deep in the Congo rainforest is a new species », sur Science,
  2. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 (en) John A. Hart, Junior D. Amboko, Julia L. Arenson, Emma R. Horton, Kathryn F. Coates, Jean-Pierre I. Kapale, Mardoché B. Koko, Terese B. Hart, Christopher C. Gilbert, Eric J. Sargis et Kate M. Detwiler, « Likweli: A remarkable new species of Colobus monkey from the Lomami National Park, Democratic Republic of Congo », PLOS ONE, vol. 21, no 7, , e0349857 (ISSN 1932-6203, PMID 42455812, PMCID 13372154, DOI 10.1371/journal.pone.0349857)
  3. 1 2 3 (en) « Meet 'Likweli': A new monkey species discovered in the Congo Basin », sur Yale News,
  4. 1 2 3 4 (en) « An Entirely New Monkey Species Has Been Hiding in The Congo Rainforest », sur ScienceAlert,
  5. « En RDC, des scientifiques découvrent le Likweli, une nouvelle espèce de singe aux lèvres orange », sur Libération, (consulté le )
  6. (en) « Striking new species of African monkey discovered deep in the Congo rainforest », sur EurekAlert!, Florida Atlantic University,
  7. (en) James Woodford, « Congolese monkey with mask-like face and strong BO is new to science », New Scientist, (lire en ligne)
  8. 1 2 (en) « Mysterious new monkey species with orange lips discovered in the Congo rainforest », sur Discover Wildlife,
  9. (en) « New Species of Monkey Discovered in the Congo », sur Yahoo News,
  10. (en) Stephanie Edwards, « A New Orange-Faced Monkey Was Discovered Deep in the Congo — and It May Already Be Endangered », sur Discover Magazine,
  11. (en) « A new monkey species, 'Likweli,' is found in the Congolese rainforest », The Washington Post, (lire en ligne)

Voir aussi

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Article connexe

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Liens externes

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