Lisa Fittko

écrivaine hongroise

Lisa Fittko, née Elizabeth Eckstein est une résistante, écrivain, militante socialiste, née le à Oujhorod (Autriche-Hongrie) et morte le à Chicago (États-Unis).

Lisa Fittko
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 95 ans)
ChicagoVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Eckstein ErzsébetVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Domiciles
Berlin (-), Prague (à partir de ), Paris (à partir de ), VienneVoir et modifier les données sur Wikidata
Activités
Père
Isak Eckstein (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Mère
Julie Eckstein (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint
Hans Fittko (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Membre de
Lieu de détention
Distinction

Elle est l'auteur de deux mémoires sur la guerre en Europe et est également connue pour sa brève rencontre avec le philosophe et critique allemand Walter Benjamin, peu avant sa mort en 1940.

Jeunesse

modifier

Lisa Fittko est originaire d'une famille juive germanophone de Ruthénie. Elle passe son enfance à Vienne (Autriche), puis à Berlin (Allemagne). Devenue une militante anti-nazie très engagée, elle dut fuir pour Prague en 1933[1], où elle rencontre Hans Fittko, journaliste allemand de gauche, qu'elle épouse.

Seconde Guerre mondiale

modifier
Camp de Gurs, panneau mémoriel, 1980.

Fuyant successivement la Tchécoslovaquie, la Suisse, les Pays-Bas, le couple arrive à Paris en . Lisa Fittko est victime de la rafle des femmes indésirables le . Elle est envoyée au camp de Gurs, et a l'occasion d'y aider son amie Hannah Arendt. Elle s'en échappe en juin pour se réfugier à Marseille et y retrouver son mari.
Cherchant à fuir pour l'Espagne, elle se rendit à Banyuls-sur-Mer et contribua à créer, à la demande de Varian Fry, la filière « F » (pour Fittko), réseau de passage vers l'Espagne qui fonctionna avec succès jusqu'au printemps 1941, permettant de sauver plusieurs centaines de personnes. Le premier bénéficiaire fut le philosophe Walter Benjamin qui arriva ainsi sans encombre jusqu'à Portbou, où malheureusement il se suicida. Elle s'installe aux États-Unis en 1948[1].

Ses mémoires, rédigées en allemand, sont traduites en français, en anglais, en espagnol, en portugais, en italien et en japonais. En 1998, un film documentaire Lisa Fittko: But We Said We Will Not Surrender lui a été consacré, et elle a inspiré plusieurs personnages de pièces de théâtre, ainsi que l'héroïne du roman Benjamin's Crossing, en référence à Walter Benjamin[2].

Elle demeure l'un des grands témoins de la Seconde Guerre mondiale en Europe[3].

Annexes

modifier

Œuvres de Lisa Fittko

modifier
  • (de) Lisa Fittko (trad. Léa Marcou), Le Chemin des Pyrénées : souvenirs 1940-41, M. Sell,
  • (de) Lisa Fittko, Solidarität unerwünscht : meine Flucht durch Europa, C. Hanser,
  • Le chemin Walter Benjamin. souvenirs 1940-1941 (Mein Weg über die Pyrenäen), traduit de l’allemand par Léa Marcou, préface d’Edwy Plenel, Paris, 2020, Seuil, « La librairie du XXIe siècle », 384 p.
  • Ma Fuite : à travers l'Europe (1933-1940), traduit de l'allemand par Christian Lutz, SAMSA éditions, 2022, 220 p.

Bibliographie

modifier
  • André Balent, « Fittko (Lisa) », dans Nouveau Dictionnaire de biographies roussillonnaises 1789-2011, vol. 1 Pouvoirs et société, t. 1 (A-L), Perpignan, Publications de l'olivier, , 699 p. (ISBN 9782908866414).
  • (en) Douglas Martin, « Lisa Fittko, Who Helped Rescue Many Who Fled the Nazis, Dies at 95 », New York Times, (lire en ligne) sur le site de l'Institut Varian Fry

Références et notes

modifier
  1. 1 2 Autorité BNF
  2. « Lisa Fittko, 95 », sur Chicago Tribune, (consulté le )
  3. « Lisa Fittko ou comment lutter contre la peste brune : épisode du podcast La Voix des invisibles », sur France Culture, (consulté le )


Liens externes

modifier