Liste des Stolpersteine en Suisse

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La liste des Stolpersteine en Suisse contient toutes les Stolpersteine posées en Suisse dans le cadre du projet artistique du même nom de Gunter Demnig. Elles sont destinées à commémorer le sort des personnes persécutées, assassinées, déportées, expulsées ou poussées au suicide sous le Troisième Reich.

Stolperstein pour le couple Beer à Zurich.

Le , les deux premières Stolpersteine sont posées à Kreuzlingen, et le , une Stolpersteine est posée à Tägermoos (de), un quartier de Constance sur le territoire suisse. À partir de 2020, des Stolpersteine ont également été posées dans d'autres villes de Suisse. En , 59 Stolpersteine, un Stolperschwelle et une pierre tombale ont été posés dans six cantons suisses, à Bâle, Berne, Bienne, Brissago, Kreuzlingen, Riehen, Spruga (it), Tägermoos, Saint-Gall, Winterthour et Zurich.

Canton de Bâle-Ville

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À Bâle, neuf Stolperschwelle sont posées à sept adresses : quatre le (Erlenstrasse, Mostackerstrasse, Rappoltshof et Schnabelgasse)[1] et cinq le (trois sur la Hegenheimerstrasse et une sur le Spalenring et la Utengasse)[2].

Image Inscription Emplacement Personnalité
Stolperstein pour Anna Maria Böhringer HIER WOHNTE
ANNA MARIA
BÖHRINGER
JG. 1885
NACH DEUTSCHLAND
ABGESCHOBEN 22.9.1939
ERMORDET 20.2.1945
RAVENSBRÜCK
Erlenstrasse 14 Anna Maria Böhringer née Bürgi (1885-1945) épouse en 1905 l'Allemand Arnold Böhringer et perd ainsi sa nationalité suisse. En 1920, elle est expulsée de Suisse en raison de son « mode de vie immoral ». Divorcée en 1931, les nazis l'emprisonnent pour des délits mineurs. Lorsqu'elle rend visite à son père malade à Bâle, elle est arrêtée à plusieurs reprises. Le , elle est déportée à Lörrach. Elle est arrêtée par la Gestapo et déportée au camp de concentration de Ravensbrück le . Après cinq ans, elle est transférée au camp de concentration d'Uckermark et assassinée le [3].
Stolperstein pour Rebekka Braunschweig HIER WOHNTE
REBEKKA
BRAUNSCHWEIG
JG. 1894
FLUCHT 1938 BASEL
EXIL FRANKREICH
RÜCKKEHR VERWEIGERT
FLUCHT JULI 1942
SCHWEIZ
Hegenheimerstrasse 96 Rebekka Braunschweig née Olesheimer (1894-1965) effectue une partie de sa scolarité à Bâle. En 1933, mariée à Léopold Braunschweig, elle s'installe à Saint-Louis. Environ un an plus tard, ils obtiennent un permis de séjour temporaire en Suisse. En 1938, Rebekka s'installe à Besançon avec ses deux filles ; son mari est toléré à Bâle. Le , elle s'enfuit en Suisse, traversant illégalement la frontière après que sa fille Johanna ait été déportée. Le , les autorités fédérales ordonnent son expulsion. Après les protestations d'un avocat, Heinrich Rothmund (de) déclare le que la déportation serait annulée[4].
Stolperstein pour Johanna Braunschweig HIER WOHNTE
JOHANNA
BRAUNSCHWEIG
JG. 1924
FLUCHT 1938 BASEL
EXIL FRANKREICH
RÜCKKEHR VERWEIGERT
FLUCHT JULI 1942
SCHWEIZ
Johanna Braunschweig (1924-2018) effectue une partie de sa scolarité à Bâle. En 1937, elle s'installe à Bâle où elle vit pendant un an avec sa sœur aînée Denise, qui a épousé un Suisse. En 1938, sa mère Rebekka s'enfuit avec elle et sa sœur aînée à Besançon. Le , elle s'enfuit en Suisse, traversant illégalement la frontière après que la gendarmerie française ait commencé à emprisonner des Juifs. Après deux jours de détention, elle peut retourner auprès de sa sœur. Peu de temps après, sa mère la suit. Le , les autorités fédérales ordonnent l'expulsion des deux femmes. Après la protestation d'un avocat, Heinrich Rothmund (de) déclare le que la déportation serait annulée[4].
Stolperstein pour Margot Braunschweig HIER WOHNTE
MARGOT
BRAUNSCHWEIG
JG. 1920
FLUCHT 1938 BASEL
EXIL FRANKREICH
RÜCKKEHR VERWEIGERT
DEPORTIERT
ERMORDET 19.8.1942
AUSCHWITZ
Margot Braunschweig (1920-1942) s'enfuit en 1938 avec sa mère Rebekka et sa sœur aînée à Besançon. Elle y est arrêtée le . Deux jours plus tard, elle est déportée au camp de concentration d'Auschwitz-Birkenau, où elle est assassinée le [4].
Stolperstein pour Gaston Dreher HIER WOHNTE
GASTON DREHER
JG. 1907
NACH FRANKREICH
ABGESCHOBEN 2.12.1943
ERMORDET 21.4.1944
AUSCHWITZ-BIRKENAU
Mostackerstrasse 15 Gaston Dreher (1907-1944) s'installe avec sa famille à Bâle en 1912. Après la mort de son père, la famille rencontre des difficultés financières et il entre en conflit avec la justice. En 1927, il est condamné à la prison. S'ensuivent d'autres séjours dans des prisons et des cliniques psychiatriques en Suisse et en France. Il viole à plusieurs reprises l'interdiction de séjour dans le pays. Après l'occupation de la France, il séjourne d'abord en zone libre et s'enfuit en Suisse à l'automne 1943. Après son arrestation, il est expulsé de Genève le , sur décision des autorités fédérales. Arrêté par les Allemands, il est conduit au camp de Drancy. Le , il est déporté au camp de concentration d'Auschwitz-Birkenau. Il y fut vraisemblablement assassiné le [5].
Stolperstein pour Edmee Hirsch-Ditisheim HIER WOHNTE
EDMÉE
HIRSCH-DITISHEIM
JG. 1907
DAS BÜRGERRECHT ABERKANNT
WEGEN HEIRAT
VERHAFTET 1944
ERMORDET AUG. 1944
AUSCHWITZ
Spalenring 140 Edmée Hirsch née Ditisheim (1907-1944) épouse le Français Armand Hirsch en 1929 et perd sa nationalité suisse. La famille Hirsch vit à Colmar, à Quarré-les-Tombes à partir de 1939, à Saint-Geniès-de-Malgoirès après l'invasion de la France et à Noirétable à partir de . La demande de la famille d'entrer en Suisse « pour préparer leur voyage » est approuvée le . Cependant, ils sont arrêtés la veille. Le , ils sont transférés du camp de Drancy au camp de concentration d'Auschwitz-Birkenau. Edmée meurt d'une pneumonie en , seul son fils Claude survivant à l'emprisonnement dans le camp de concentration[6].
Stolperstein pour Robert Kehrli HIER WOHNTE
ROBERT KEHRLI
JG. 1897
IM WIDERSTAND
VERHAFTET
DEUTSCHLAND
VERURTEILT 1934
'VORBEREITUNG HOCHVERRAT'
ZUCHTHAUS HOHENASPERG
ENTLASSEN 1939
Utengasse 43 Friedrich Robert Kehrli (1897-1968) revient blessé après la Première Guerre mondiale et s'installe en Suisse. Il rejoint le Parti communiste. En 1926, il quitte le parti, mais soutient les communistes au-delà des frontières en leur fournissant des services de messagerie et une aide à l'évasion. Après avoir été arrêté en pour avoir fait passer des tracts en contrebande à travers la frontière, il est condamné à cinq ans de prison. Le , il est libéré et transféré en Suisse. En raison de sa longue détention, il souffre de problèmes de santé. Il meurt le à Bâle[7].
Stolperstein pour Erwin Lüscher HIER WOHNTE
ERWIN LÜSCHER
JG. 1905
IM WIDERSTAND
VERHAFTET
DEUTSCHLAND
VERURTEILT 1940
'VORBEREITUNG HOCHVERRAT'
ZUCHTHAUS LUDWIGSBURG
ENTLASSEN NOVEMBER 1944
Bäumlihofstrasse 39 Erwin Lüscher (1905-1990).
Stolperstein pour Alice Martha Marx-Stein HIER WOHNTE
ALICE MARTHA
MARX-STEIN
JG. 1879
BÜRGERRECHT ABERKANNT
WEGEN HEIRAT
DEPORTIERT 1940
GURS
BEFREIT
LUBERSAC
Auberg 11 Alice Martha Marx-Stein (1879-1956).
Stolperstein pour Kurt Preuss HIER WOHNTE
KURT PREUSS
JG. 1910
NACH DEUTSCHLAND
ABGESCHOBEN 5.3.1939
ERMORDET 3.12.1941
GROSS-ROSEN
Rappoltshof 7 Kurt Preuss (1910-1941) franchit la frontière suisse près de Lörrach avec son amante Gertrud Lüttich le en provenance de Berlin car ils sont recherchés en Allemagne en raison de leur relation entre un Juif et une femme non juive. Quelques semaines plus tard, ils reçoivent la date limite pour quitter la Suisse : le . Le délai est prolongé jusqu'au . Le , ils partent pour la France, mais reviennent en Suisse car ils n'ont ni argent ni papiers. Ils sont arrêtés à Bâle le . Kurt Preuss est expulsé après une courte peine de prison, mais est immédiatement retourné en Suisse. Le , il est remis aux autorités allemandes à Lörrach, emmené au camp de concentration de Gross-Rosen le et y est assassiné le [8].
Stolperstein pour Martha Schwartz HIER WOHNTE
MARTHA SCHWARTZ
JG. 1892
IM WIDERSTAND
VERHAFTET 6. 4. 1938
VERURTEILT 1938
STRAFANSTALT GOTTESZELl
PSYCHIATRIE MÜNCHEN
TOT 30. 10. 1939
Fröschgasse 15 Martha Schwartz
Stolperstein pour Armin Weiss HIER WOHNTE
ARMIN WEISS
JG. 1895
NACH DEUTSCHLAND
ABGESCHOBEN 12.12.1939
ERMORDET 16.3.1940
SACHSENHAUSEN
Schnabelgasse 3 Armin Weiss (1895-1940) franchit la frontière suisse près de Weil am Rhein le . Il lui est d'abord accordé un permis de séjour temporaire. Pour avoir violé l'interdiction de travailler, Weiss est déporté à Lörrach le . Il est assassiné dans le camp de concentration de Sachsenhausen le [9].

Le , un Stolperschwelle est installé à Riehen[1] :

Inscription Emplacement Personnalité
Stolperschwelle à Riehen
VON HIER AUS
WURDEN 13 JÜDINNEN UND JUDEN AM 23.11.1938 VON SCHWEIZER POLIZISTEN UND GRENZWÄCHTERN DER GESTAPO AUSGELIEFERT.
IM GEDENKEN AN ÜBER 30.000 MENSCHEN,
DIE IN IHRER NOT IN DER SCHWEIZ RETTUNG SUCHTEN UND UM ASYL GEBETEN HATTEN-
VERGEBLICH.
DIE SCHWEIZ TRÄGT EINE MITSCHULD AN IHREM SCHICKSAL.
Lörracherstrasse, Zoll Le Stolperschwelle pour les Juifs refoulés à la frontière de Bâle, au poste frontière de Lörrach/Riehen, commémore les plus de 30 000 personnes qui, fuyant la terreur nationale-socialiste, ont cherché en vain refuge en Suisse[10].

Canton de Berne

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Le , cinq Stolpersteine sont posées à Berne[11].

Image Inscription Emplacement Personnalité
Stolperstein pour Arthur Bloch HIER WOHNTE
ARTHUR BLOCH
JG. 1882
ERMORDET VON
SCHWEIZER ANTISEMITEN
16.4.1942
PAYERNE
Monbijoustrasse 51 Arthur Bloch (1882-1942) naît à Aarburg en 1882, la même ville où son père est né en 1854. Sa mère, Henriette Weil, est née à Langenthal en 1859. Arthur est marchand de bétail[12]. Son assassinat est l'intrigue d'un roman de Jacques Chessex, Un Juif pour l'exemple, et du film du même nom.
Stolperstein pour Lucien Leweil-Woog HIER WOHNTE
LUCIEN
LEWEIL-WOOG

JG. 1896
UMZUG NACH FRANKREICH
VERHAFTET 20.11.1943
INTERNIERT DRANCY
DEPORTIERT
AUSCHWITZ
ERMORDET 25.11.1943
Spitalgasse (de) 14 Lucien Leweil-Woog (1896-1943).
Stolperstein pour Guido Zembsch-Schreve HIER WOHNTE
GUIDO
ZEMBSCH-SCHREVE

JG. 1916
IM WIDERSTAND/FRANKREICH
VERHAFTET 20.3.1944
DEPORTIERT KZ BUCHENWALD
KZ MITTELBAU-DORA
KZ RAVENSBRÜCK
FLUCHT AUF TODESMARSCH
Distelweg 1 Guido Zembsch-Schreve (1916-1942).
Stolperstein pour Celine Zagiel IN BERN SUCHTE SCHUTZ
CELINE ZAGIEL
JG. 1925
AUSGESCHAFFT 19.8.1942
FRANKREICH
INTERNIERT DRANCY
DEPORTIERT 24.8.1942
AUSCHWITZ
ERMORDET
Genfergasse (de) 22 Celine Zagiel (1925-1942).
Stolperstein pour Simon Zagiel IN BERN SUCHTE SCHUTZ
SIMON ZAGIEL
JG. 1921
AUSGESCHAFFT 19.8.1942
FRANKREICH
INTERNIERT DRANCY
DEPORTIERT 24.8.1942
AUSCHWITZ
BEFREIT
Simon Zagiel (1921-1942).

Le , cinq Stolpersteine sont posées à Bienne[13].

Image Inscription Emplacement Personnalité
Stolperstein pour Clara Winograd-Pintschuk HIER WOHNTE
CLARA WINOGRAD-PINTSCHUK
JG. 1903
BÜRGERRECHT ABERKANNT
WEGEN HEIRAT
AUSGEWANDERT POLEN
GHETTO BIALYSTOK
RÜCKKEHR IN DIE
SCHWEIZ VERHINDERT
ERMORDET 1943
Karl-Neuhaus-Strasse 40 Clara Winograd-Pintschuk (1903-1943)
Stolperstein pour Laja Lili Sonabend SE REFUGIAIT A BIENNE
LAJA "LILI"
SONABEND

NEE 1904
EXPULSEE 17.8.1942
EN FRANCE OCCUPEE
INTERNEE DRANCY
DEPORTEE 24.8.1942
AUSCHWITZ
ASSASSINEE
Sonabend-Platz Laja "Lili" Sonabend (1904-1942)
Stolperstein pour Simon Sonabend SE REFUGIAIT A BIENNE
SIMON SONABEND
NE 1899
EXPULSE 17.8.1942
EN FRANCE OCCUPEE
INTERNE DRANCY
DEPORTE 24.8.1942
AUSCHWITZ
ASSASSINE
Simon Sonabend (1899-1942)
Stolperstein pour Sabine Sonabend SE REFUGIAIT A BIENNE
SABINE "SARAH" SONABEND
NEE 1927
EXPULSEE 17.8.1942
EN FRANCE OCCUPEE
SURVIT
Sabine "Sarah" Sonabend (1927- )
Stolperstein pour Charles Sonabend SE REFUGIAIT A BIENNE
CHARLES SONABEND
NEE 1931
EXPULSEE 17.8.1942
EN FRANCE OCCUPEE
SURVIT
Charles Sonabend (1931-2019)

Canton de Saint-Gall

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À Saint-Gall, capitale du canton de Saint-Gall, la première Stolpersteine est posée le [14]. Le , deux autres Stolpersteine sont posées[15]. Le , six autres Stolpersteine sont posées[16].

Image Inscription Emplacement Personnalité
Stolperstein pour Arthur B. Vogt HIER WOHNTE
ARTHUR B. VOGT
JG. 1912
AUSGESCHAFFT 1937
VERHAFTET 1943 LUSTENAU
VERURTEILT
‚FEINDBEGÜNSTIGUNG‘
HINGERICHTET 19.9.1944
MÜNCHEN-STADELHEIM
Kolosseumstrasse 21 Arthur Bernhard Vogt (1912-1944)[17].
Stolperstein pour Szloma Sochaczewski HIER WOHNTE
SZLOMA
SOCHACZEWSKI
JG. 1904
AUSGEWIESEN 1937
VERHAFTET 1944
LYON
DEPORTIERT
ERMORDET
Rosenbergstrasse 44 Szloma Sochaczewski naît le à Uniejów. Son père Riven (né le ) arrive d'abord seul à Saint-Gall-Tablat en novembre 1904. Sa mère, Liba Jedwab (née le ) le suit de Kalisz en 1906 avec leurs deux enfants, Baila (née en 1902) et Szloma. La famille vit initialement au numéro 3 de la Bogenstrasse à Saint-Gall, où leurs deux plus jeunes fils, Jsidor et Mejer (Max), naissent respectivement en 1907 et 1909[18].
Stolperstein pour Martha Wodiunig HIER WOHNTE
MARTHA WODIUNIG
JG. 1906
EINGEWIESEN 1934
HEIL- UND PFLEGEANSTALT
KLAGENFURT
‘VERLEGT’ 24.3.1941
NIEDERNHARDT
ERMORDET MÄRZ 1941
HARTHEIM
‘AKTION T4’
Wassergasse 16 Martha Wodiunig (1906-1941).

Canton du Tessin

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Brissago

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Les quatre premières Stolpersteine dans le canton du Tessin sont posées au port de Brissago le [19] pour commémorer le sort de quatre membres de la famille Gruenberger. Brissago a été un refuge pour des milliers de réfugiés qui y ont traversé la frontière italo-suisse[20].

Image Inscription Emplacement Personnalité
Stolperstein pour Egone Gruenberger CERCAVA RIFUGIO
IN SVIZZERA
EGONE GRUENBERGER
NATO 1920
FUGGITO DA FIUME
RESPINTO 18.12.1943

A BRISSAGO
DEPORTATA 30.1.1944
DA MILANO

RIUSCITO A FUGGIRE
Viale Lungolago Adèle Horitzki Gruenberger (1890-1944), ses enfants Errico (1924-1944) et Egone (1920-1998) accompagné de sa femme Edith Szimkovits Gruenberger, et sa sœur Regina Horitzki (1888-1944) fuient Rijeka pour la Suisse en 1943. Après une marche pénible à travers les montagnes, ils demandent l'asile au Tessin. Cependant, après une nuit à Brissago, ils sont ramenés en Italie, seule Edith enceinte est autorisée à rester en Suisse. En Italie, ils sont arrêtés par des soldats allemands. Après un peu plus d'un mois de prison, ils sont transférés de Milan à Auschwitz. Egone réussit à s'échapper du wagon de marchandises et à se rendre en Suisse, où il est autorisé cette fois-ci à rester. Aucune autre information n'est connue sur la mort d'Adèle, Regina et Errico à Auschwitz[21].
Stolperstein pour Errico Gruenberger CERCAVA RIFUGIO
IN SVIZZERA
ERRICO GRUENBERGER
NATO 1924
FUGGITO DA FIUME
RESPINTO 18.12.1943

A BRISSAGO
DEPORTATA 30.1.1944
DA MILANO

AUSCHWITZ
ASSASSINATA
Stolperstein pour Regina Horitzki CERCAVA RIFUGIO
IN SVIZZERA
REGINA HORITZKI
NATA 1888
FUGGITA DA FIUME
RESPINTA 18.12.1943

A BRISSAGO
DEPORTATA 30.1.1944
DA MILANO

AUSCHWITZ
ASSASSINATA
Stolperstein pour Adèle Horitzki Gruenberger CERCAVA RIFUGIO
IN SVIZZERA
ADELE HORITZKI GRUENBERGER
NATA 1890
FUGGITA DA FIUME
RESPINTA 18.12.1943

A BRISSAGO
DEPORTATA 30.1.1944
DA MILANO

AUSCHWITZ
ASSASSINATA

Le , une deuxième cérémonie de pose de Stolperstein a lieu au Tessin. Dans le val d'Onsernone (it), trois Stolpersteine, couronnées d'une pierre tombale commémorent trois résistants italiens réfugiés en Suisse[22].

Les Stolpersteine se trouvent sur la route d'accès reliant le village suisse de Spruga (it) aux Bagni di Craveggia (it), situés en territoire italien. Ils se trouvent au bout de la route goudronnée de trois mètres de large qui relie Spruga, parallèlement à l'Isorno, en pente douce, jusqu'à la frontière italo-suisse. Entre les obstacles et le ruisseau, la route traverse le torrent Riale Camana, qui se jette dans l'Isorno, côté suisse, et passe devant la station de deux téléphériques. Au-dessus de la rive opposée de l'Isorno, en territoire italien, se trouvent les ruines des Bagni di Craveggia.

Image Inscription Emplacement Personnalité
Pierre tombale pour les trois résistants italiens CERCAVANO RIFUGIO IN SVIZZERA NELL'OTTOBRE 1944
RIFUGIATI DALL'ITALIA, PARTIGIANI
PERSEGUITI, PRESI DI MIRA E COLPITI DAI FASCITI
IN QUESTO LUOGO
Route entre Spruga et les Bagni di Craveggia Partisans réfugiés d'Italie
Stolperstein pour Federico Marescotti FEDERICO MARESCOTTI
NATO 1920 A MILANO
UCCISO QUI
18.10.1944
Federico Marescotti (1920-1944) commence ses études d'ingénieur à l'École polytechnique de Milan en 1940. Peu avant la fin de ses études, il est incorporé dans l'armée italienne et suit une formation de lieutenant d'artillerie. Après la fondation de la République sociale italienne (RSI) par les fascistes italiens et la Wehrmacht allemande, l'unité dans laquelle Marescotti sert résiste à son intégration dans l'armée de la RSI. De ce fait, ils sont internés dans un camp de concentration allemand près de Modène. Marescotti réussit à s'échapper et rejoint le Corpo Volontari della Libertà (Corps des volontaires de la liberté). Il réussit à obtenir les plans de la Ligne gothique allemande et à les transmettre aux Alliés via la Suisse. Parallèlement, Marescotti termine ses études. En , les fascistes découvrent les activités du Corps des volontaires de la liberté. Marescotti quitte Milan pour s'installer chez des proches dans le val Vigezzo. Là, il rejoint les partisans de la brigade Cesare-Perotti. Sous le règne de la République partisane de l'Ossola, ses compétences lui permettent de convertir une usine du val d'Ossola en usine de production d'armes. Le , les fascistes italiens, soutenus par des unités allemandes, lancent une offensive majeure pour reconquérir la vallée. Des milliers de civils, d'hommes politiques de la République d'Ossola et de partisans sont contraints de fuir vers le Valais, le val Bedretto, le Vallemaggia ou le val d'Onsernone (it) jusqu'au Locarnese. À la mi-, Marescotti se trouve avec 250 partisans dans la vallée près des Bagni di Craveggia, juste à l'extérieur de la frontière suisse. Le , les fascistes mitraillent ceux qui fuient. Face au danger de mort imminent, les officiers suisses ouvrent la frontière aux réfugiés. Un coup de fusil atteint Marescotti, déjà sur le sol suisse, le tuant sur le coup. Deux jours plus tard, il est enterré au cimetière de Comologno, escorté par des soldats suisses[23].
Stolperstein pour Adriano Bianchi ADRIANO BIANCHI
NATO 1922 A TORTONA
FERITO GRAVEMENTE QUI
SOPRAVVISSUTO
Adriano Bianchi (1922-2012)
Stolperstein pour Renzo Coen RENZO COEN
NATO 1924 A GENOVA
FERITO MORTALMENTE QUI
DECEDUTO A LOCARNO
20.10.1944
Renzo Coen (1924-1944)

Canton de Thurgovie

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Trois Stolpersteine sont posés à trois adresses dans le canton de Thurgovie, deux à Kreuzlingen le et une à Tägerwilen le . L'initiative Stolpersteine für Konstanz - Gegen Vergessen und Intoleranz initie la pose de ces trois Stolpersteine sur le territoire suisse. Les transferts à Kreuzlingen ont lieu pour le 75e anniversaire de l'arrestation des deux évadés[24],[25].

Kreuzlingen

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Image Inscription Emplacement Personnalité
Stolperstein pour Ernst Bärtschi HIER WOHNTE
ERNST BÄRTSCHI
JG. 1903
VERHAFTET 1938
'VORBEREITUNG ZUM
HOCHVERRAT'
ZUCHTHAUS LUDWIGSBURG
BEFREIT/ÜBERLEBT
Schäflerstrasse 11 Ernst Bärtschi (de) (1903-1983) est un citoyen suisse comme son père, cordonnier de Dulliken dans le canton de Soleure, qui a travaillé en Allemagne à la construction du chemin de fer de la Forêt-Noire et épousé une femme de Tuttlingen. À partir de 1933, Ernst Bärtschi et ses amis allemands Karl Durst et Andreas Fleig introduisent clandestinement des brochures et des pamphlets politiques. Plus tard, il aide d'innombrables émigrants à fuir vers la Suisse. En 1938, lui et ses camarades tombent dans un piège de la Gestapo et sont condamnés à treize ans de prison. Peu avant la fin de la guerre, il est libéré par les Américains. Bärtschi meurt le à Scherzingen (de) dans le canton de Thurgovie[26].
Stolperstein pour Andreas Fleig HIER WOHNTE
ANDREAS FLEIG
JG. 1884
VERZOGEN 1912
DEUTSCHER STAATSBÜRGER
VERHAFTET 1938
'VORBEREITUNG ZUM
HOCHVERRAT'
ZUCHTHAUS LUDWIGSBURG
BEFREIT/ÜBERLEBT
Schäflerstrasse 7 Andreas Fleig (1884-1971)[27],[28].

Tägerwilen

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Image Inscription Emplacement Personnalité
Stolperstein pour Otto Vogler HIER WOHNTE
OTTO VOGLER
JG. 1876
IM WIDERSTAND
VERHAFTET 1938
ZUCHTHAUS LUDWIGSBURG
NEUENGAMME
ERMORDET 14.12.1941
DACHAU
Konstanzerstrasse 123, Tägermoos (de) Otto Vogler (1876-1941)[29].

Canton de Zurich

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Winterthour

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Le , trois Stolpersteine sont posées à l'ancienne adresse résidentielle de la Marktgasse à Winterthour[30].

Image Inscription Emplacement Personnalité
Stolperstein pour Lina Levitus HIER WOHNTE
LINA LEVITUS
JG. 1895
AUSGEWANDERT
DEPORTIERT
OHNE BÜRGERRECHT
AUSCHWITZ
ERMORDET 11.10.1942
Marktgasse 45 Lina Levitus (1895-1942) vit à partir de 1908 à Zurich dans des conditions précaires après le départ de son père. En 1913, elle et sa sœur Martha sont arrêtées pour prostitution. Elle quitte la Suisse quelques années plus tard et vit avec sa mère Therese à Prague. Elle est probablement déportée au camp de concentration d'Auschwitz-Birkenau à l'été 1942, où elle meurt le [31].
Stolperstein pour Therese Levitus HIER WOHNTE
THERESE LEVITUS
née DREIFUSS
JG. 1864
AUSGEBÜRGERT
INFOLGE HEIRAT
AUSGEWIESEN 1923
DEPORTIERT
THERESIENSTADT
ERMORDET 28.8.1942
Therese Levitus née Dreifuss (1864-1942) épouse un marchand bohème et perd sa nationalité suisse. En 1893, la famille déménage de Zurich à Winterthour. La fille aînée y est rejointe par quatre autres enfants, dont Lina et Bertha. La famille a des problèmes financiers. En 1902, son mari Karl Levitus quitte la ville et s'installe plus tard aux États-Unis. Thérèse s'installe à Zurich en 1908 et tente de subvenir aux besoins de sa famille grâce à divers emplois. Après avoir purgé une peine de prison pour proxénétisme, Thérèse et son plus jeune enfant sont déportés en 1923. À partir de ce moment-là, elle vit à Prague. Plus tard, ses filles Bertha et Lina vivent également à nouveau avec elle. À l'été 1942, elle est déportée au camp de concentration de Theresienstadt, où elle est assassinée le [31],[32].
Stolperstein pour Bertha Weidler HIER WOHNTE
BERTHA WEIDLER
née LEVITUS
JG. 1893
AUSGEWIESEN 1922
DEPORTIERT 1943
ERMORDET IN
AUSCHWITZ
Bertha Weidler née Levitus (1893-?) vit à partir de 1908 à Zurich dans des conditions précaires après le départ de son père. Elle est déportée en Bohême, patrie inconnue de son père, en 1915. En 1922, elle est à nouveau expulsée de Suisse pour prostitution. À partir de ce moment-là, elle vit à Prague. Une tentative de quitter la Bohême, annexée par l'Allemagne, pour Shanghai échoue. Elle est probablement déportée au camp de concentration d'Auschwitz-Birkenau à l'été 1943 et y meurt la même année ou plus tard[31].

Dans la ville de Zurich, 22 Stolpersteine sont posées à douze adresses : sept le (deux sur la Clausiusstrasse, une sur la Gamperstrasse, trois sur la Stampfenbachstrasse et une sur la Schöntalstrasse), quatre le (une sur la Langstrasse, la Plattenstrasse, la Rotwandstrasse et la Stapferstrasse)[33] et cinq le (une sur la St. Jakobsstrasse, la Jungstrasse et la Stockerstrasse, et deux sur la Zwinglistrasse)[34].

Image Inscription Emplacement Personnalité
Stolperstein pour Alain Beer ALAIN BERR[35]
JG. 1942
GEBOREN IN NANCY
VERHAFTET 28.2.1944
MIT SEINER MUTTER
DEPORTIERT
ERMORDET 1.2.1945
AUSCHWITZ
Clausiusstrasse 39 Alain Berr (1942-1945)[36],[37],[38].
Stolperstein pour Lea Berr HIER WOHNTE
LEA BERR
née BERNHEIM
JG. 1915
1937 HEIRAT MIT FRANZOSEN
AUSGEBÜRGERT
UMZUG NACH FRANKREICH
VERHAFTET 28.2.1944
ERMORDET 1.2.1945
AUSCHWITZ
Léa Josefina Berr née Bernheim (1915-1945)[39].
Stolperstein pour Margot Sara Correns HIER WOHNTE
MARGOT SARA
CORRENS
née SUSMAN
JG. 1898
1922 HEIRAT IN THÜRINGEN
VERHAFTET 24. MAI 1944
ZITADELLE PETERSBERG

ERFURT
ERMORDET 25. MAI 1944
Stockerstrasse 25 Margot Correns née Susman (1898-1944) vit en Thuringe après son mariage en 1922. Elle est arrêtée le et meurt le dans la citadelle de Petersberg à Erfurt.
Stolperstein pour Mina Koplewits-Epstein HIER WOHNTE
MINA EPSTEIN
JG. 1912
1937 HEIRAT IN ANTWERPEN
1942 FLUCHTVERSUCH SCHWEIZ
ZURÜCKGEWIESEN
DEPORTIERT AUSCHWITZ
TODESMARSCH JAN. 1945
ERMORDET
Zwinglistrasse 32 Mina Koplewits née Epstein (1912-1945) vit à Anvers à partir de 1937. En 1942, elle et sa fille de cinq ans sont refoulées à la frontière suisse à Bâle, remises aux Allemands et emmenées à Auschwitz le . Elle meurt en lors des marches de la mort..
Stolperstein pour Fanny Koplewits FANNY
KOPLEWITS-EPSTEIN
JG. 1937
1942 DEPORTIERT
AUSCHWITZ
ERMORDET 1942
Fanny Koplewits-Epstein (1937-1942), fille de Mina Koplewits-Epstein, est assassinée après sa déportation à Auschwitz le .
Stolperstein pour Julie Emma Flöscher HIER WOHNTE
JULIE EMMA
FLÖSCHER
JG. 1913

AB 1934 IN DEUTSCHLAND
IN EINER HEILANSTALT
ERMORDET 17.6.1940
GRAFENECK

'AKTION T4'
Stapferstrasse 21 Julie Emma Flöscher (1913-1940) est une handicapée mentale depuis sa naissance. En 1934, en tant que citoyenne allemande, elle est transférée au sanatorium de Reichenau. Le , elle est gazée au centre de mise à mort de Grafeneck dans le cadre de l'opération T4[33].
Stolperstein pour Margareta Gümpel HIER WOHNTE
MARGARETA GÜMPEL
JG. 1925
AUSGESCHAFFT 1935
ST. JOSEFSHAUS HERTEN
'VERLEGT' 26.7.1940
HEILANSTALT EMMENDINGEN
21.8.1940 GRAFENECK
ERMORDET 1940
'AKTION T4'
Hammerstrasse 41 Margareta (dite Margrit) Gümpel naît à Bucarest en 1925. Sa mère, une Allemande née et élevée en Suisse, a travaillé comme domestique dans le canton de Zurich. Son père, Adolf Meier, est Suisse, marié et employeur de sa mère. L'épouse de Meier est internée dans un hôpital psychiatrique. Fin 1924, Meier s'installe avec la mère de Margrit à Bucarest, où il trouve un emploi. En , la famille retourne en Suisse. Durant cette période, ses parents se séparent. Sa mère reprend son travail de domestique. Margrit est placée dans un foyer pour enfants. En tant qu'enfant illégitime, elle est placée sous tutelle. Suite à un diagnostic, son placement dans un établissement pour enfants « inaptes à l'éducation » et « déficients mentaux » est recommandé. Margrit est envoyée au Luisenstift de Zurich. Une institutrice de maternelle conteste le diagnostic d'« inaptitude à l'éducation ». Cependant, les fonds nécessaires manquent pour assurer le développement de l'enfant. Les parents ne peuvent pas non plus assumer l'intégralité des frais liés à son entretien. Par conséquent, Margrit, qui, en tant qu'enfant illégitime, possède la nationalité allemande de sa mère, est déportée en au foyer Saint-Joseph de Herten (de) (actuellement Rheinfelden en Allemagne). Dans le cadre de l'Aktion T4, Margrit est d'abord transférée en au sanatorium et maison de repos d'Emmendingen, puis, en , à Centre d'extermination nazi de Grafeneck, où l'adolescente de quinze ans est assassinée[40]
Stolperstein pour Walter Kölliker HIER WOHNTE
WALTER KÖLLIKER
JG. 1898

UMZUG 1923 DEUTSCHLAND
IM WIDERSTAND
VERHAFTET Nov. 1933
SCHUTZHAFT 11. 6. 1937
KZ SACHSENHAUSEN

TOT 6.6.1938
Plattenstrasse 68 Walter Kölliker (de) (1898-1938) vit à Jessen (Saxe-Anhalt) à partir de 1923 et y dirige une pépinière, qui fait faillite en 1930. Il travaille ensuite à Halle-sur-Saale comme journaliste pour des journaux communistes. Après la prise du pouvoir par les nationaux-socialistes en , il est arrêté et condamné à trois ans de prison. Le Département fédéral de justice et police refuse de renaturaliser Kölliker, devenu entre-temps apatride. De prison, Walter Kölliker est emmené directement au camp de concentration de Sachsenhausen, où il meurt le [41].
Stolperstein pour Madeleine Lüthi HIER WOHNTE
MADELEINE LÜTHI
JG. 1919
AUSGEREIST 1944
FRANKREICH / MAQUIS
VERHAFTET
ZWANGSSTERILISIERT
ZWANGSARBEIT
KZ BUCHENWALD
BEFREIT
Kurvenstrasse 31 Madeleine Lüthi naît le à Delémont. Adolescente, elle passe un an dans un centre de redressement pour jeunes filles à Loveresse, dans le canton de Berne. En 1939, elle épouse Robert Lattmann, originaire de Bäretswil, près de Zurich. En 1941, elle donne naissance à leur fils, Marcel Jacques. Elle a plusieurs démêlés avec la police et tente de divorcer à plusieurs reprises. En , elle est accusée d'ivresse publique et de prostitution et expulsée du canton du Valais. Le , elle et quatre autres Suissesses franchissent illégalement la frontière française près du col de Balme. La Gestapo les arrête. Pour éviter la déportation, elle signe un contrat de travail d'un an, ce qui entraîne son transfert à Leipzig. Madeleine Lüthi tente, sans succès, d'obtenir un passeport suisse auprès du consulat suisse, qui lui aurait permis de rentrer en Suisse. Au lieu de cela, elle et ses compagnons sont accusés de franchissement illégal de la frontière. Son nom figure également sur une liste noire de citoyens suisses à l'étranger, interdits de recevoir des denrées alimentaires de Suisse. Elle est condamnée à quinze jours de prison et à payer trente francs de frais de justice. Parallèlement, elle est contrainte aux travaux forcés dans une usine automobile. Son salaire suffit à peine à payer le gîte et le couvert. En raison de ses sentiments anti-allemands, elle est déportée au camp de concentration de Buchenwald en . Le , Lüthi s'évada lors d'un corvée dans les ruines de Dresde. Quelques jours plus tard, elle est arrêtée à Salzbourg et ramenée à Buchenwald. Le , elle est libérée par les troupes américaines. Durant sa détention, Lüthi a perdu des dents et a été stérilisée de force. Elle retourne en Suisse en 1945 sans papiers et sans ressources. Son mariage avec Robert Lattmann se solde par un divorce en 1946. En 1955, Madeleine Lüthi demande une avance sur indemnisation pour les injustices subies. Après sa libération, elle bénéficie de soins médicaux constants, comme en témoignent divers certificats médicaux. En 1960, la Suisse statue sur le versement des indemnités. L'existence d'un préjudice permanent suite à une stérilisation forcée est contestée. La commission compétente décide de ne pas prendre en compte l'atteinte à sa santé. De plus, la réputation de la requérante est jugée mauvaise. Après déduction des dommages liés au travail forcé et à son incarcération dans un camp de concentration par négligence grave de sa part, elle reçoit une indemnité provisoire de 5 000 francs. En 1963, cette somme est augmentée de 2 500 francs. Madeleine Lüthi vivait alors à New York, où elle meurt le [42]
Stolperstein pour Albert Mülli HIER WOHNTE
ALBERT MÜLLI
JG. 1916
SP-MITGLIED
VERHAFTET 1938 IN WIEN
BESITZ VON
KOMMUNIST. FLUGSCHRIFTEN
ZUCHTHAUS STEIN A. D. DONAU
DEPORTIERT 1942 DACHAU
BEFREIT 29.4.1945
Gamperstrasse 7 Albert Mülli (de) (1916-1997)[43],[44].
Stolperstein pour Gino Pezzani HIER WOHNTE
GINO PEZZANI
JG. 1911
UMZUG SÜDFRANKREICH
VERHAFTET 3. MAI 1943
GESTAPO-GEFÄNGNIS FRESNE
DEPORTIERT SACHSENHAUSEN
VON EINEM TODESMARSCH
GEFLOHEN
Jungstrasse 9 Gino Pezzani (1911-2005) est arrêté en 1943 dans le sud de la France, où il vit comme artiste. À partir du , il est interné au camp de concentration de Sachsenhausen. Le , il parvient à s'échapper lors de la marche de la mort. Il vit ensuite à Zurich à partir de 1945 et à Schlieren à partir de 1976. Il meurt en 2005.
Stolperstein pour Sara Sabine Pommer HIER WOHNTE
SARA SABINE
POMMER
née POMERANZ
JG. 1900
EINREISE ABGELEHNT 1941
VERHAFTET 29. 8. 1942
IN FRANKREICH
DEPORTIERT/ERMORDET 1942
AUSCHWITZ
Rotwandstrasse 53 Sara Sabine Pommer (1900-1942) s'installe avec sa famille à Zurich en 1903. En 1919, elle épouse le marchand de fourrures viennois Siegmund Pommer. Après l'Anschluss de l'Autriche, elle reçoit un visa en pour préparer son émigration vers la Suisse. La famille s'installe ensuite à Limoges, en France. Un nouveau voyage à Zurich après l'occupation de la France en 1940 est refusé par les autorités suisses. Le , ils sont déportés au camp de Nexon. Trois jours plus tard, ils sont transportés du camp de Drancy au camp de concentration d'Auschwitz et y sont immédiatement assassinés. Le visa délivré par les autorités suisses le , sous la pression de la famille, arrive trop tard[45].
Stolperstein pour Frédéric Rothschild HIER WOHNTE
ARMAND FRÉDÉRIC
ROTHSCHILD
JG. 1924
UMZUG 1934 NACH FRANKREICH
VERHAFTET 15./16. JULI 1942
DEPORTIERT 20.7.1942
AUSCHWITZ
ERMORDET 1942
Stampfenbachstrasse 75 Frédéric Rothschild (1924-1942)[43],[46].
Stolperstein pour Jula Rothschild HIER WOHNTE
JULA ROTHSCHILD
JG. 1922
UMZUG 1934 NACH FRANKREICH
VERHAFTET 15./16. JULI 1942
DEPORTIERT 20.7.1942
AUSCHWITZ
ERMORDET 1942
Jula Rothschild (1922-1942)[43],[47].
Stolperstein pour Sara Rothschild HIER WOHNTE
SARA 'SELMA'
ROTHSCHILD
née ABRAHAM
JG. 1895
UMZUG 1934 NACH FRANKREICH
VERHAFTET 15./16. JULI 1942
DEPORTIERT 20.7.1942
AUSCHWITZ
ERMORDET 1942
Selma Rothschild née Abraham (1895-1942)[43],[48].
Stolperstein pour Luise Salomons-Rom HIER WOHNTE
LUISE 'LULU'
SALOMONS-ROM
JG. 1907
LEBTE IN AMSTERDAM
INTERNIERT 1943 WESTERBORG
DEPORTIERT 1944
BERGEN-BELSEN
BEFREIT
St. Jakobsstrasse 53 Luise Salomons-Rom née Rom (1907-1987) épouse Abraham Salomons en 1929. En conséquence, elle perd sa nationalité suisse. Elle vit avec son mari à Amsterdam. Elle est internée à Westerbork et déportée à Bergen-Belsen. Fin , elle est libérée du camp d'internement de Lindele près de Biberach an der Riß.
Stolperstein pour Henrika Sigmann HIER WOHNTE
HENRIKA 'YETTLI'
SIGMANN
née WEINBERGER
JG. 1899
VERHAFTET 1942 IN HOLLAND
INTERNIERT 12. 1. 1943
WESTERBORK
ERMORDET 21.1.1943
AUSCHWITZ
Langstrasse (de) 6 Henrika Sigmann (1899-1943)[49].
Stolperstein pour Rosa Sticki HIER WOHNTE
ROSA STICKI
GEB. MAKOW
JG. 1908
STAATSBÜRGERSCHAFT
ABERKANNT WEGEN HEIRAT
FRANKREICH
DEPORTIERT 13. 4. 1944
AUSCHWITZ
ERMORDET 18.4.1944
Dufourstrasse 70 Rosa Sticki-Makow naît le en Suisse. En 1912, sa famille, alors installée à Wülflingen, obtient la nationalité suisse. Rosa grandit au numéro 70 de la rue Dufour à Zurich. Suite à son mariage avec le Français Bernhard Sticki, elle perd sa nationalité suisse et s'installe avec son époux à Lunéville, en France. Le couple a trois filles : Florentine, Marie et Mauricette. Jusqu'en 1941, la Suisse autorise les enfants d'anciens citoyens suisses à entrer sur son territoire depuis la France pour être placés chez des proches. Après la fermeture des frontières en , toute demande d'entrée en Suisse devint pratiquement impossible. La Croix-Rouge suisse exclue également les enfants juifs de ses actions humanitaires, bien que certains de ses membres aient spécifiquement secouru des enfants juifs. Ce n'est qu'à la mi-1944 que la Suisse modifie sa politique et commence à accueillir toutes les personnes, y compris les Juifs, dont la vie est en danger. Selon ses proches, Rosa Sticki a tenté, en vain, d'envoyer ses enfants en Suisse pour un séjour de convalescence par l'intermédiaire de la Croix-Rouge suisse. Victimes de la politique suisse en matière de réfugiés, elle et ses enfants sont déportés de Drancy à Auschwitz le , à bord du convoi n°71. Ils y sont assassinés le [50]
Stolperstein pour Florentine Sticki FLORENTINE STICKI
JG. 1929
FRANKREICH
DEPORTIERT 13. 4. 1944
AUSCHWITZ
ERMORDET 18.4.1944
Florentine Sticki naît le en France. Sa mère, Rosa Sticki, avait perdu sa nationalité suisse en épousant le Français Bernhard Sticki. Des tentatives sont faites pour sauver ses enfants et les amener en Suisse, mais cela devint impossible. Ils sont victimes de la politique suisse d'accueil des réfugiés. Le , Florentine, avec sa mère et ses deux sœurs, est déportée de Drancy à Auschwitz par le convoi n°71 et assassinée dans le camp le , à l'âge de presque 15 ans[50].
Stolperstein pour Marie Sticki MARIE STICKI
JG. 1934
FRANKREICH
DEPORTIERT 13.4.1944
AUSCHWITZ
ERMORDET 18.4.1944
Marie Sticki naît le en France. Sa mère, Rosa Sticki, avait perdu sa nationalité suisse en épousant le Français Bernhard Sticki. La mère tente de trouver refuge pour ses filles en Suisse, en vain. Marie, sa mère et ses deux sœurs sont victimes de la politique suisse en matière de réfugiés. Le , Marie, avec sa mère et ses deux sœurs, est déportée de Drancy à Auschwitz par le convoi n°71 et assassinée dans le camp le , à l'âge de dix ans[50].
Stolperstein pour Mauricette Sticki MAURICETTE STICKI
JG. 1936
FRANKREICH
DEPORTIERT 13. 4. 1944
AUSCHWITZ
ERMORDET 18.4.1944
Mauricette Sticki naît le . Comme sa mère et ses deux sœurs, elle est victime de la politique suisse d'accueil des réfugiés. Le , elle arriva à Auschwitz avec sa mère (d'origine suisse) et ses deux sœurs, à bord du convoi n°71 en provenance de Drancy. Le , elle est assassinée dans le camp de concentration, à l'âge de sept ans à peine[50].
Stolperstein pour Josef Traxl HIER WOHNTE
JOSEF TRAXL
JG. 1900
1937 INTERNIERT UND
'AUSSCHAFFUNG' NACH
ÖSTERREICH
WEGEN HOMOSEXUALITÄT
DEPORTIERT BUCHENWALD
TOT 24.8.1941
Schöntalstrasse 22 Josef Alfons Traxl (de) (1900-1941)[43].

Références

modifier
(de) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en allemand intitulé « Liste der Stolpersteine in der Schweiz » (voir la liste des auteurs).
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Bibliographie

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Liens internes

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Liens externes

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Sur les autres projets Wikimedia :

  • « Stolpersteine Suisse », sur stolpersteine.ch, Stolpersteine Schweiz (consulté le ).
  • (de) « Stolpersteine Konstanz », sur stolpersteine-konstanz.de, Stolpersteine für Konstanz - Gegen Vergessen und Intoleranz (consulté le ).