Littérature de Bosnie-Herzégovine

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La littérature de Bosnie-Herzégovine désigne l’ensemble des œuvres littéraires développées sur le territoire de l’actuelle Bosnie-Herzégovine, des premiers monuments écrits médiévaux à la création contemporaine. Elle se distingue par la diversité de ses traditions linguistiques, culturelles et religieuses, issue d’une histoire marquée par la rencontre des mondes slave, ottoman et centre-européen.

S’exprimant au fil des siècles dans plusieurs langues et systèmes d’écriture, elle comprend des œuvres juridiques, religieuses et poétiques, ainsi qu’une riche tradition orale. Son évolution est étroitement liée aux transformations politiques, sociales et culturelles qu’a connues la Bosnie-Herzégovine, depuis l’État médiéval bosnien jusqu’à la période yougoslave et à l’époque contemporaine.

Contexte historique et culturel

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bosančica.

La littérature de Bosnie-Herzégovine s’inscrit dans un contexte historique façonné par la coexistence de traditions religieuses, linguistiques et culturelles diverses. Située au carrefour de l’Europe centrale et des Balkans, la région a constitué un espace de contacts et d’échanges entre différentes sphères civilisationnelles, ce qui a profondément influencé ses formes d’expression littéraire.

Cette diversité s’est notamment exprimée à travers la coexistence des traditions catholique, orthodoxe et islamique, ainsi que, à partir du XVIe siècle, de la culture juive séfarade, contribuant à la formation d’un espace intellectuel et culturel pluriel.

La littérature de Bosnie-Herzégovine s’est développée dans plusieurs langues et traditions scripturaires. La langue bosnienne, issue du continuum slave méridional et attestée dans des sources médiévales, s’est développée parallèlement aux autres idiomes de la région, partageant de nombreux traits avec le croate et le serbe en raison d’une histoire linguistique commune. Utilisée au fil des siècles sous diverses dénominations historiques, elle a connu une standardisation moderne après la dislocation de la Yougoslavie, tout en conservant des particularités phonétiques, lexicales et culturelles propres. Son vocabulaire a également été marqué par des influences orientales, notamment du turc ottoman, particulièrement dans les domaines de la vie urbaine, de l’administration et de la culture.

Aux textes rédigés dans la langue vernaculaire slave se sont ajoutées, selon les périodes, des œuvres en arabe, en turc ottoman et en persan. Cette pluralité s’accompagne de l’usage de plusieurs systèmes d’écriture, dont l’alphabet latin, l’alphabet glagolitique, le cyrillique bosnien[1] et l’arebica, adaptation de l’écriture arabe au bosnien[2].

À l’époque contemporaine, les usages scripturaires reflètent également les évolutions politiques de la région. Dans le royaume puis la Yougoslavie socialiste, les alphabets latin et cyrillique furent employés parallèlement pour écrire le serbo-croate, constituant deux systèmes d’écriture officiels. Après la dislocation de la Yougoslavie dans les années 1990, leur usage s’est différencié selon les États : le cyrillique est devenu prédominant en Serbie, tandis que l’alphabet latin s’est imposé en Croatie. En Bosnie-Herzégovine, les alphabets latin et cyrillique demeurent en usage, en lien avec la coexistence des langues bosnien, serbe et croate, toutes trois officielles dans le pays[3].

Les évolutions politiques ont également joué un rôle déterminant dans le développement de cette littérature. La période médiévale a laissé un important héritage diplomatique, juridique et religieux. La période ottomane introduit de nouvelles formes culturelles et littéraires, tandis que l’époque austro-hongroise favorise la modernisation des institutions culturelles et l’ouverture aux courants européens.

Au XXe siècle, l’intégration dans les formations étatiques yougoslaves contribue à structurer une vie littéraire moderne et institutionnalisée. À la fin du siècle, les bouleversements politiques et les guerres des années 1990 marquent profondément la littérature contemporaine, où occupent une place importante les thèmes de la mémoire, de l’identité et de l’expérience du conflit.

Moyen Âge

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charte de Ban Kulin.

Les premières manifestations de la littérature en Bosnie remontent au Moyen Âge et se présentent principalement sous la forme de documents juridiques, religieux et épigraphiques. Ces textes témoignent de l’existence d’une culture écrite développée, étroitement liée aux structures politiques et religieuses de l’État bosnien médiéval.

Parmi les documents les plus importants figurent les chartes, dont la plus célèbre est la Charte de Ban Kulin (1189), l’un des plus anciens textes diplomatiques rédigés en langue vernaculaire slave du Sud (bosnien ancien)[4]. Ce type de document atteste à la fois de l’organisation administrative de la Bosnie médiévale et de l’usage d’une langue locale dans les échanges officiels.

L’écriture utilisée dans ces textes est principalement une forme particulière de cyrillique, connue sous le nom de bosančica[5]. Cette variante, employée dans des contextes administratifs, religieux et privés, constitue un élément distinctif de la tradition écrite médiévale en Bosnie[6],[7].

Hvalov zbornik.

Sont également conservés quatre chartes du ban Matej Ninoslav destinées à Dubrovnik, écrites entre 1212 et 1249, les traités de Hum de 1190 à 1254[8], la charte du ban bosnien Tvrtko Ier de 1366[9], et la charte commerciale de 1378 accordée par le roi de Bosnie Tvrtko Ier à la république de Raguse[10].

La tradition écrite médiévale est aussi marquée par une forte dimension religieuse. Les manuscrits conservés comprennent des évangéliaires, des psautiers et divers recueils liturgiques, copiés dans des centres monastiques et rédigés dans des variantes du vieux-slave adaptées aux usages locaux.

Le paysage religieux de la Bosnie médiévale, caractérisé par sa diversité, a fortement influencé cette culture écrite. Après la christianisation des Slaves du Sud, les Balkans connaissent également l’essor de courants religieux dissidents. Dans l’historiographie classique, notamment chez Franjo Rački et Alexandre Soloviev (historien), les hérétiques de Bosnie sont souvent désignés comme des Patarins et rapprochés de mouvements dualistes tels que les Bogomiles en Bulgarie ou les Cathares en Europe occidentale[11]. Ces groupes furent condamnés par la papauté et associés aux campagnes et croisades dirigées contre la Bosnie au XIIIe siècle[12],[13]. À partir du Moyen Âge central, la région est également marquée par la présence de l’Église bosnienne. Souvent mentionnée dans les sources médiévales et au centre de nombreux débats historiographiques, elle est considérée comme une institution religieuse propre au contexte bosnien. Aux côtés des Églises catholique et orthodoxe, elle a contribué à façonner le paysage spirituel et culturel du pays et constitue un élément essentiel pour la compréhension de la Bosnie médiévale.

Le Hvalov zbornik, rédigé au début du XVe siècle, constitue l’un des exemples les plus significatifs de cette tradition manuscrite. Ce manuscrit richement enluminé témoigne du développement d’une activité scripturaire et artistique de haut niveau, ainsi que du rôle des élites dans la commande et la diffusion des textes[11],[14].

plaque de Humac.

Outre les manuscrits, plusieurs monuments épigraphiques illustrent cette tradition écrite. La plaque de Humac, inscription en pierre datant probablement du XIIe siècle, représente l’un des plus anciens témoignages écrits de la région[15].

Inscription sur stećak près de Trebinje.

Les stećci, pierres tombales médiévales ornées d’inscriptions et de motifs symboliques, constituent également une source importante pour l’étude de la culture écrite, des croyances et des représentations sociales de la Bosnie médiévale[16],[17]. Bien que leurs inscriptions soient souvent brèves, elles offrent un témoignage précieux sur les formules commémoratives, les conceptions religieuses et l’usage de la langue vernaculaire écrite en cyrillique bosnien[18].

Dans l’ensemble, les textes médiévaux de Bosnie relèvent principalement de genres fonctionnels — juridiques, diplomatiques et religieux — mais ils constituent les fondements d’une tradition littéraire qui se développera au cours des périodes ultérieures.

Période ottomane

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La conquête de la Bosnie par l’Empire ottoman au XVe siècle marque une transformation profonde du paysage culturel et littéraire. L’intégration de la région dans l’espace ottoman favorise l’introduction de nouvelles traditions intellectuelles et linguistiques, tout en permettant la continuité de pratiques locales héritées de la période médiévale.

Nauk krstjanski de Matija Divković
dictionnaire turc-bosnien de Muhamed Hevai Uskufi

La littérature de cette époque se caractérise par une grande diversité linguistique. La langue vernaculaire slave (bosnien) y occupe une place centrale, en particulier dans les pratiques locales et la tradition orale. Parallèlement, une partie de la littérature savante et administrative est rédigée en arabe, en turc ottoman et, plus marginalement, en persan, langues de culture de l’Empire ottoman.

Un phénomène particulier de cette période est le développement de la littérature aljamiado, composée en langue bosnienne mais transcrite en arebica[19]. Ces textes, souvent religieux, moraux ou didactiques, témoignent d’une adaptation des formes culturelles ottomanes au contexte local[20].

La littérature ottomane en Bosnie comprend également des œuvres mystiques et philosophiques influencées par le soufisme, ainsi que des écrits historiques, juridiques et chroniques[21]. Certains auteurs bosniens acquièrent une reconnaissance au sein de l’Empire ottoman, contribuant à la circulation des idées entre différentes régions.

Parmi les principales figures de cette période figurent Matija Divković, pionnier de la littérature franciscaine en langue bosnienne[22], Hasan Kafi Pruščak, auteur de traités théologiques et philosophiques, Muhamed Hevai Uskufi, auteur du premier dictionnaire turco-bosnien connu, ainsi que les poètes Abdulvehab Ilhamija et Fevzi Mostarac. Cette tradition se prolonge aux XVIIIe et XIXe siècles avec Filip Lastrić[23] et Mula Mustafa Bašeskija, chroniqueur et mémorialiste de Sarajevo[13],[20].

À la charnière de la période ottomane et de la modernité apparaissent également Ivan Franjo Jukić et Antun Knežević, souvent considérés comme des figures de transition vers la littérature moderne en Bosnie-Herzégovine, annonçant les transformations culturelles et intellectuelles du XIXe siècle.

À partir du milieu du XIXe siècle apparaissent également les premiers périodiques bosniens, tels que Bosanski prijatelj, Bosanski vjestnik et Sarajevski cvjetnik, qui participent à l’émergence d’une sphère publique et littéraire moderne[13].

Dans son ensemble, cette période se distingue par la coexistence de traditions savantes et populaires, orientales et locales, qui participent à la formation d’un héritage culturel riche et complexe. Elle constitue une étape essentielle dans le développement de la littérature de Bosnie-Herzégovine.

Tradition orale et poésie populaire

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Filip Višnjić avec la gusle
Bosniaque avec un šargija

La tradition orale occupe une place centrale dans la littérature bosnienne, particulièrement durant l’époque ottomane. Elle constitue un mode essentiel de transmission culturelle dans une société où l’écrit demeure longtemps limité aux milieux religieux et administratifs.

Elle se manifeste notamment à travers deux formes majeures : les chants épiques et la poésie lyrique populaire. Les chants épiques, souvent interprétés avec la gusle ou la šargija, relatent des événements historiques ou semi-historiques, mettant en scène des héros, des conflits et des valeurs telles que l’honneur, la loyauté et le courage. Ces récits ont contribué à la préservation d’une mémoire collective régionale.

La poésie lyrique populaire est particulièrement liée à la tradition de la sevdalinka, forme poétique et musicale caractérisée par des thèmes tels que l’amour, la nostalgie, la séparation et la mélancolie[24],[25]. Cette tradition trouve également une expression marquante dans l’œuvre d’Umihana Čuvidina, poétesse de l’époque ottomane souvent considérée comme la première auteure bosnienne connue, dont les poèmes chantés occupent une place importante dans l’histoire du sevdalinka.

L’un des exemples les plus célèbres de cette tradition est la ballade Hasanaginica, considérée comme une œuvre majeure de la littérature orale des Balkans. Transmise oralement avant d’être mise par écrit au XVIIIe siècle, elle illustre les tensions entre honneur familial, statut social et tragédie personnelle[26].

La tradition orale bosnienne a joué un rôle fondamental dans la préservation de la langue vernaculaire et dans la formation de l’identité culturelle régionale. Elle a également influencé la littérature écrite moderne, notamment à travers la collecte et l’adaptation des chants populaires aux XIXe et XXe siècles.

Période austro-hongroise

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La période austro-hongroise en Bosnie-Herzégovine marque une transition décisive vers la modernité littéraire. L’occupation de 1878, puis l’annexion en 1908, entraînent de profondes transformations administratives, éducatives et culturelles qui favorisent l’émergence d’une littérature moderne, d’institutions culturelles durables et d’une vie intellectuelle plus structurée.

L’administration austro-hongroise développe l’enseignement, l’imprimerie, les bibliothèques et les sociétés culturelles, contribuant à la diffusion de nouvelles formes de sociabilité intellectuelle. Sarajevo s’affirme comme un important centre culturel régional, où se développent la presse, la critique littéraire et les premiers réseaux littéraires modernes.

Cette période prolonge également le renouveau culturel amorcé à la fin de l’époque ottomane par des figures comme Ivan Franjo Jukić et Antun Knežević.

La littérature de cette époque s’oriente vers des formes modernes — poésie lyrique, prose réaliste, nouvelle et roman — et explore les transformations sociales, la vie urbaine, les rapports entre tradition et modernité, ainsi que les questions sociales et nationales.

Parmi les écrivains majeurs de cette période figurent Aleksa Šantić, poète marqué par le lyrisme social et patriotique ; Petar Kočić, auteur de récits satiriques et engagés ; Svetozar Ćorović, chroniqueur de la vie quotidienne en Herzégovine ; Safvet-beg Bašagić, figure importante du renouveau culturel bosnien ; Musa Ćazim Ćatić, poète moderniste ; Osman Đikić, poète et dramaturge ; Mehmed-beg Kapetanović Ljubušak, écrivain et folkloriste ; Jovan Dučić, dont les débuts sont liés à la Bosnie-Herzégovine ; ainsi qu’Edhem Mulabdić, auteur du roman Zeleno busenje, souvent considéré comme l’un des premiers romans modernes de Bosnie-Herzégovine[13].

Première grammaire du bosnien (1890).

L’activité littéraire de la période est également marquée par l’influence de Silvije Strahimir Kranjčević, qui dirige à Sarajevo la revue Nada, importante publication culturelle de l’époque.

Bošnjak
Behar
Glasnik_Zemaljskog_Muzeja

Presse et vie intellectuelle

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La presse joue un rôle essentiel dans la diffusion des idées littéraires et culturelles. Parmi les revues et journaux majeurs figurent Bošnjak, Biser, Behar, Nada ainsi que le Glasnik Zemaljskog muzeja. Ces publications contribuent à la diffusion d’œuvres littéraires, d’études historiques et ethnographiques, et au développement du débat culturel.

Behar et Biser occupent une place importante dans la formation de la littérature bosnienne moderne, tandis que le Glasnik Zemaljskog muzeja constitue une source majeure pour les études historiques, archéologiques et ethnologiques.

Diversité linguistique et identitaire

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En 1890 paraît la première grammaire du bosnien destinée à l’enseignement secondaire, jalon important dans l’institutionnalisation et la codification moderne de la langue[27].

Les œuvres de cette période sont principalement rédigées dans la langue bosnien et utilisent les alphabets latin et cyrillique. Cette diversité reflète la complexité culturelle de la Bosnie-Herzégovine ainsi que les évolutions identitaires et intellectuelles propres à la fin du XIXe et au début du XXe siècle.

Héritage

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La période austro-hongroise constitue une étape fondatrice de la littérature moderne en Bosnie-Herzégovine. Elle prépare l’émergence des grands auteurs du XXe siècle, introduit de nouveaux genres littéraires et établit les bases institutionnelles de la vie littéraire contemporaine.

XXe siècle

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Le XXe siècle marque l’affirmation et l’internationalisation de la littérature de Bosnie-Herzégovine. Dans le contexte des différentes formations étatiques yougoslaves, la vie littéraire se structure autour de maisons d’édition, de revues, d’institutions culturelles et d’une production diversifiée où coexistent modernisme, réalisme, poésie, roman psychologique et littérature engagée.

Parmi les figures majeures du siècle figure Ivo Andrić, lauréat du prix Nobel de littérature en 1961, dont les romans, notamment Le Pont sur la Drina, occupent une place centrale dans la littérature sud-slave[28]. Son œuvre explore l’histoire, la mémoire et les rapports entre cultures dans les Balkans[29].

Meša Selimović apparaît comme l’une des grandes voix du roman du XXe siècle avec Le Derviche et la Mort et La Forteresse, œuvres marquées par la réflexion philosophique, l’intériorité et les questions du pouvoir[30].

La poésie du siècle est profondément renouvelée par Mak Dizdar, dont Kameni spavač puise dans l’héritage médiéval bosnien, notamment celui des stećci, pour élaborer une expression poétique originale[31].

Parmi les autres auteurs importants figurent Hamza Humo[32] , figure marquante de l’entre-deux-guerres, Skender Kulenović[33], Branko Ćopić, Ćamil Sijarić[34] , Mesa Selimovic[35],[36], Mak Dizdar[37], Zuko Džumhur[38], connu pour ses récits de voyage et sa prose satirique, ainsi que Nedžad Ibrišimović[39].

Modernisme et avant-gardes

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Le XXe siècle voit également le développement des avant-gardes, du modernisme et d’expérimentations formelles, notamment dans la poésie et la prose d’après-guerre.

Les thèmes de l’histoire, de l’identité, de la coexistence culturelle, mais aussi de la mémoire des conflits, occupent une place centrale.

Institutions et vie littéraire

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La période yougoslave favorise l’essor d’institutions littéraires, de maisons d’édition et de revues, contribuant à inscrire la littérature bosnienne dans un espace culturel plus large.

Sarajevo s’impose comme l’un des centres intellectuels majeurs de la Yougoslavie.

Période contemporaine (après 1992)

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La guerre de Bosnie (1992–1995) marque profondément la littérature contemporaine. Le conflit, le siège de Sarajevo, l’exil, la mémoire et les questions identitaires deviennent des thèmes majeurs de nombreuses œuvres.

Une part importante de la littérature contemporaine s’articule autour du témoignage, de la mémoire du conflit, mais aussi d’une réflexion sur l’après-guerre et la fragmentation des identités.

Parmi les auteurs importants de la période contemporaine figurent Dževad Karahasan[40], dont l’œuvre mêle réflexion historique et philosophie ; Miljenko Jergović, auteur d’une œuvre marquée par la mémoire et l’expérience urbaine[41] ; Aleksandar Hemon, écrivain de la diaspora ; Abdulah Sidran, poète et scénariste ; Semezdin Mehmedinović, figure importante de la littérature contemporaine bosnienne ; ainsi que Muhamed Filipović, philosophe, essayiste et intellectuel majeur dont les travaux ont contribué à la pensée culturelle et littéraire bosnienne contemporaine.

Littérature de guerre et mémoire

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La guerre suscite l’émergence d’une abondante littérature de témoignage, de journaux, de poésie et de romans consacrés à l’expérience du conflit.

Les thèmes de la mémoire, du trauma, de l’exil et de la reconstruction occupent une place centrale dans cette production.

Tendances contemporaines

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La littérature bosnienne contemporaine se caractérise par une grande diversité de formes et d’approches : prose postmoderne, autofiction, littérature diasporique, poésie expérimentale et nouvelles écritures.

Elle continue d’explorer les questions de coexistence, d’identité et d’histoire qui traversent la tradition littéraire du pays.

Principaux auteurs du XXe siècle

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Auteurs

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Institutions

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Liste restreinte de prix littéraires internationaux :

Annexes

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Sources

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Bibliographie

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  • (en) Keith Doubt, Bosnian Authors in a European Window: A Comparative Study, Taylor & Francis, (ISBN 978-1003851752, lire en ligne).
  • (bs) Enes Duraković, Bošnjačka književnost u književnoj kritici: Novija književnost - proza. Knj. 4, Alef, (ISBN 978-9958699047, lire en ligne)
  • (en) Noel Malcolm, Bosnia A Short History, New York University Press, (ISBN 978-0814755204)
  • Claude Bouheret, Atlas littéraire des pays d'Europe centrale et orientale, 2009, éditions Noir sur Blanc, (ISBN 978-2-88250-225-4)
  • Maria Delapierre (dir.), Histoire littéraire de l'Europe médiane (des origines à nos jours), Paris, L'Harmattan, 1998, pages 39–44
  • Midaht Begic, L'écrivain musulman dans la littérature yougoslave[43] (1984)

Articles connexes

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Liens externes

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Notes et références

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  1. ↑ Malcolm 1994, p. 101.
  2. ↑ (bs) Dževad Jahić, Senahid Halilović, Ismail Palić, Gramatika bosanskog jezika, Zenica : Dorr. štampe, (lire en ligne), p. 43-49
  3. ↑ Paul Garde, « Les langues dans l'espace ex-yougoslave », Mèditerranée, no 103,‎ , p. 21-29 (lire en ligne)
  4. ↑ (en) Michael F. Suarez, H. R. Woudhuysen, The Book : A Global History, Oxford University Press., (ISBN 978-0199679416, lire en ligne), p. 506–507
  5. ↑ (bs) Ćiro Truhelka, « Bosančica », Glasnik Zemaljskog Muzeja, Sarajevo, vol. 4, no I,‎ , p. 65-83 (lire en ligne)
  6. ↑ (en) Ivan G. Ilijev, « Short history of the Cyrillic Alphabet », sur International Journal of Russian Studies,
  7. ↑ (en) John V.A.Fine, When Ethnicity Did Not Matter in the Balkans: A Study of Identity in Pre-Nationalist Croatia, Dalmatia, and Slavonia in the Medieval and Early-Modern Periods, University of Michigan Press, (ISBN 978-0472025602, lire en ligne), p. 302-305, 409
  8. ↑ (bs) Gregor Čermošnik, « Bosanske i humske povelej srednjeg vijeka », Glasnik Zemaljskog Muzeja, Sarajevo, no III,‎ , p. 103-143
  9. ↑ (sh) Franjo Rački, « Povelja bosanaskog bana Tvrtka od 1366 god. », Starine, Jugoslovenska akademija znanosti i umjetnosti, no XXI,‎ , p. 81-83 (lire en ligne)
  10. ↑ (bs) Dženan Dautović, Enes Dedić, « Povelja kralja Tvrtka I Kotromanića Dubrovniku, Godisnjak ANUBiH 2016 no.45 », sur anubih.ba
  11. 1 2 (sh) Franjo Rački, « Prilozi za povjest bosanskih Patarena », Starine, Jugoslovenska akademija znanosti i umjetnosti, no I,‎ , p. 93-140 (lire en ligne)
  12. ↑ Franjo Šanjek, « Les « chrétiens bosniaques » et le mouvement cathare au Moyen Age », Revue de l'histoire des religions Année 1972, 182-2, pp. 131-181,‎ (lire en ligne)
  13. 1 2 3 4 Encyclopédie Larousse, « Bosnie-Herzégovine ».
  14. ↑ (sh) Herta Kuna, Srednjovjekovna bosanska književnost, Svjetlost Sarajevo, (ISBN 978-8601031111, lire en ligne), p. 156-164
  15. ↑ (bs) Marko Vego, « Humačka ploča », Glasnik Zemaljskog Muzeja, Sarajevo, no XI,‎ , p. 41-62 (lire en ligne)
  16. ↑ (en) « Bosnia and Herzegovina's mysterious 'stećci' stones », sur bbc.com,
  17. ↑ (en) « Joint Nomination for Inclusion of Stećci - Medieval Tombstones in the World Heritage List », sur unesco.org,
  18. ↑ (en) « The natural and architectural ensemble of Blidinje », sur unesco.org,
  19. ↑ (en) Adnan Tufekčić, « Arebica in Bosnia – Short Notes and One Review: From the Treasury of Bosnian Authentic Syncretism », Spirit of Bosnia, vol. 15, no 4,‎ (lire en ligne)
  20. 1 2 (hr) « Bosansko-hercegovačka književnost », sur Proleksis enciklopedia
  21. ↑ Malcolm 1994, p. 103.
  22. ↑ (hr) « Nauk karstjanski za narod slovinski », sur enciklopedia.hr
  23. ↑ Malcolm 1994, p. 99.
  24. ↑ (en) Rašid Durić, « The Traditional Bosnian Song Sevdalinka as an Aesthetical, Musical and Philological Phenomenon », Spirit of Bosnia, vol. 13, no 1,‎ (lire en ligne)
  25. ↑ (en) Avdo Huseinović, « About Sevdalinka »
  26. ↑ (en) Thomas J. Butler, « On “Hasanaginica” », Spirit of Bosnia, vol. 2, no 3,‎ (lire en ligne)
  27. ↑ (bs) Gramatika bosanskog jezika za srednje škole, Nauka o glasovima i oblicima. Dio 1. i 2, Naklada Zemaljske vlade za Bosnu i Hercegovinu, (lire en ligne)
  28. ↑ Branka Šarančić, « L’Empire Ottoman d’Ivo Andrić  », Cahiers balkaniques, nos 36-37,‎ , p. 27-40 (lire en ligne)
  29. ↑ Doubt 2023, p. 51-90.
  30. ↑ Branka Šarančić, « Écriture, histoire et action: Comment lire Le Derviche et la mort de Meša Selimović ?  », Cahiers balkaniques, nos 36-37,‎ , p. 61-78 (lire en ligne)
  31. ↑ (en) Rusmir Mahmutćehajić, « Mak Dizdar: The Poet », Spirit of Bosnia, vol. 3, no 3,‎ (lire en ligne)
  32. ↑ Duraković 1998, p. 213-248.
  33. ↑ Duraković 1998, p. 337-366.
  34. ↑ Duraković 1998, p. 430-478.
  35. ↑ Duraković 1998, p. 367-418.
  36. ↑ Doubt 2023, p. 29-50.
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  38. ↑ Duraković 1998, p. 499-508.
  39. ↑ Duraković 1998, p. 710-752.
  40. ↑ Duraković 1998, p. 836-885.
  41. ↑ (hr) « Jergovic Miljenko », sur Proleksis enciklopedia
  42. ↑ (en) « Marsela Šunjić (1963-2009) - Author », sur BnF (consulté le ).
  43. ↑ Begić, Midhat, « L'écrivain musulman dans la littérature yougoslave », Revue des Études Slaves, Persée, vol. 56, no 3,‎ , p. 413–419 (DOI 10.3406/slave.1984.5424, lire en ligne, consulté le ).