Loch Ard (clipper)

navire anglais

Le Loch Ard est un clipper à coque en fer construit en Écosse en 1873 et qui a fait naufrage en 1878 sur la Shipwreck Coast (en) de l'État de Victoria, en Australie[1],[2].

Loch Ard
Présentation
Type
Démolition
Propriétaire
Loch Line (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Localisation
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Coordonnées
Carte

Bâtiment

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Le Loch Ard est construit en 1873 par le chantier Charles Connell and Company, à Scotstoun, près de Glasgow, pour la General Shipping Company, compagnie appartenant à la Loch Line qui assurait la liaison entre la Grande-Bretagne et l’Australie.

Son numéro de chantier est 57 et le navire est lancé le . Sa longueur enregistrée est de 262.7 pi (80,1 m), sa largeur de 38.3 pi (11,7 m) et son creux de 23.0 pi (7,0 m). Son tonnage est de 1 693 tjb (GRT) et 1 624 tjn (NRT). Le navire possède trois mâts et est gréé en navire à voiles carrées (full-rigged ship / trois-mâts carré)[3].

Le Loch Ard est immatriculé à Glasgow par ses armateurs. Son numéro officiel (official number (en)) est 68 061 et ses lettres de code sont WSGD[4],[5].

Le navire st baptisé du nom du Loch Ard, un loch écossais situé à l'ouest d'Aberfoyle et à l'est du Loch Lomond. Ce nom signifie « haut lac » en gaélique écossais. Il a donné son nom aux gorges du Loch Ard, sur la Côte des Épaves.

Voyage inaugural

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Le Loch Ard est démâté à deux reprises lors de son voyage inaugural de Glasgow à Melbourne. Le premier démâtage a lieu en , quelques jours seulement après son départ de Glasgow. Le clipper put faire demi-tour et être réparé. Le , il quitte Glasgow pour la seconde fois. Le , une tempête dans l'océan Austral brise ses trois mâts. Le quatrième jour après l'accident, son équipage parvint à écoper et à installer des mâts de fortune. Il atteint Melbourne le [1],[6].

Dernier voyage

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Loch Ard avec le remorqueur de la Tamise Robert Bruce

Le Loch Ard quitte Gravesend, dans le Kent, le , à destination de Melbourne, sous le commandement du capitaine George Gibb. Son équipage se composait de 36 hommes et 18 passagers, soit un total de 54 personnes. Le navire transportait une cargaison mixte de 2 275 tonnes. Le , alors qu'il approchait de Melbourne, l'équipage s'attendait à apercevoir la terre, mais est confronté à un épais brouillard. L'enquête conclut que, ne pouvant distinguer le phare du cap Otway, en raison de chronomètres défectueux à bord et de l'impossibilité, ces derniers jours, de prendre une mesure pour déterminer sa position exacte, le capitaine Gibb ignorait à quel point il s'approchait de la côte. Le brouillard se dissipa vers 4 heures du matin, révélant des brisants et des falaises. Le guetteur cria : « Brisants en vue ! ». Le capitaine Gibb ordonna aussitôt de hisser les voiles pour s'éloigner de la côte, mais il lui fut impossible de manœuvrer à temps, et le navire s'échoua sur un récif. Les mâts et le gréement s'effondrèrent, tuant des personnes sur le pont et empêchant la mise à l'eau efficace des canots de sauvetage. Le navire coula 10 à 15 minutes après avoir heurté le récif.

Tombes de certains passagers et membres d'équipage du Loch Ard, près des gorges du Loch Ard

La croyance populaire répandue selon laquelle Gibb aurait confondu l'entrée des gorges de Loch Ard avec Port Phillip Heads est totalement infondée. Il n'existe aucune ressemblance, ni géographique ni cartographique, les navires sont tenus de s'arrêter à l'extérieur de Port Phillip Heads pour embarquer un pilote, et le Loch Ard n'a jamais pénétré dans les gorges.

Les deux seuls survivants du naufrage furent Eva Carmichael, qui survécut en s'accrochant à un espar pendant cinq heures, et Thomas Pearce, un apprenti qui s'accrocha à la coque retournée d'un canot de sauvetage. Pearce gagna la terre le premier, puis entendit les cris d'Eva Carmichael et retourna en mer pour la secourir. Ils atteignirent la terre ferme à l'endroit aujourd'hui connu sous le nom de gorges de Loch Ard et s'y abritèrent avant de chercher de l'aide. Pearce était le beau-fils du capitaine RGA Pearce, commandant du SS Gothenburg, qui avait fait naufrage au large du Queensland en 1875.

Artefacts subsistants

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Le paon du Loch Ard, désormais exposé au musée maritime de Flagstaff Hill

La cargaison du Loch Ard comprenait divers objets de luxe, dont un piano à queue qui s'est échoué plus tard dans les gorges, et un grand paon décoratif en porcelaine, fabriqué par Mintons en Angleterre, destiné à être exposé à l'Exposition internationale de Melbourne en 1880. Le paon a été récupéré intact et a finalement pu être exposé un siècle plus tard au pavillon Victoria de l'Exposition universelle de Brisbane en 1988. Il est aujourd'hui visible au musée maritime de Flagstaff Hill à Warrnambool, dans l'État de Victoria, avec d'autres vestiges de l'épave.

On a également retrouvé une montre de poche géorgienne unique, fabriquée en 1814 par l'horloger belfastois James McCabe, vraisemblablement pour la municipalité de Dublin afin de l'offrir au roi George IV en 1814. Elle a été découverte dans la ceinture de Rebecca, la sœur aînée d'Eva Carmichael, dont le corps figurait parmi ceux repêchés et inhumés après le naufrage. Eva retourna en Irlande et, en 1884, épousa Thomas Townsend, à qui elle offrit la montre[7]. La montre resta dans la famille jusqu'en , date à laquelle leur petit-fils la vendit aux enchères en Australie. Le musée maritime de Flagstaff Hill obtint la désignation de la montre comme « objet d'importance nationale », ce qui lui permit d'obtenir un financement du gouvernement fédéral pour son acquisition[8],[9]

L'épave du Loch Ard repose à une profondeur de 25 m. Il s'agit d'un site de plongée récréative sur épave, classé « Advanced Open Water and beyond »[10].

Pièce de théâtre

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Eva and the Cabin Boy de Sheila Dewey, produit au Warehouse Theatre de Croydon en 1994, évoque le naufrage du Loch Ard.

Notes et références

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(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Loch Ard (ship) » (voir la liste des auteurs).

Références

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  1. 1 2 « The Loch Ard Lost », The Argus, Melbourne, , p. 5 (lire en ligne, consulté le )
  2. « The loss of the Loch Ard. », Cairns Post, Cairns, , p. 3 (lire en ligne, consulté le )
  3. « Loch Ard », Scottish Built Ships, Caledonian Maritime Research Trust (consulté le )
  4. Mercantile Navy List, London, (lire en ligne [= Loch%20Ard&steamsail=Sail&submit=Enter&year=1875 archive du ]), p. 330
  5. Lloyd's Register of British and Foreign Shipping, London, Lloyd's Register, (lire en ligne)
  6. « The dismasted ship Loch Ard. », The Argus, Melbourne, , p. 5 (lire en ligne [archive du ], consulté le )
  7. J Patrick Greene, « 'I have seldom seen a more fearful section of coastline': How an Irish family was shipwrecked », The Irish Times, (lire en ligne [archive du ], consulté le )
  8. Jeremy Lee, « The Carmichael Watch », Australian Broadcasting Corporation, (lire en ligne [archive du ], consulté le )
  9. « Instrument – Fob watch, 1814 » [archive du ], Victorian Collections, Museums Victoria and Australian Museums and Galleries Association Victoria (consulté le ) – includes four photographs of the watch
  10. « Loch Ard » [archive du ], Scuba Doctor (consulté le )

Voir aussi

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Bibliographie

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  • D.E. Charlwood, The wreck of the Loch Ard: End of a Ship, End of an Era, London & Sydney, Angus & Robertson, (ISBN 0-207-12316-0, lire en ligne)
  • Don Charlwood, Wrecks & reputations: the loss of the Schomberg and Loch Ard, Burgewood Books, (ISBN 0-646-28006-6, lire en ligne)
  • Jack K. Loney, The Loch Ard Disaster, Geelong, Marine History Publications, (ISBN 0-9599853-1-X, lire en ligne)
  • Peter Christopher, Australian Shipwrecks. A Pictorial History, Stepney, SA, Axiom Publishing, , 39–45 p. (ISBN 978-1-8647658-8-5)
  • Coleman Jacobs, The Young Hero, Melbourne, Messieurs Roberts (lire en ligne) – score of a schottische dance composed to raise money for the Loch Ard fund, with a photograph of Tom Pearce on the cover
  • Basil Lubbock, The Colonial Clippers, Glasgow, James Brown & Son, , 290 p. (OCLC 1750412), p. 247-250

Liens externes

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