Lorenz Heister

botaniste allemand

Lorenz Heister (né le à Francfort-sur-le-Main et mort le à Bornum am Elm, dans la principauté de Brunswick-Wolfenbüttel) est un anatomiste, botaniste et chirurgien allemand.

Lorenz Heister
Fonction
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Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 74 ans)
Bornum am Elm (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Formation
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Conjoint
Eva Maria Heister (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfant
Elias Friedrich Heister (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
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Abréviation en botanique
Heist.Voir et modifier les données sur Wikidata

Il est considéré comme le plus grand chirurgien allemand du XVIIIe siècle et l'un des pères de la chirurgie scientifique. Son traité Chirurgie (1718) est resté un ouvrage de référence, constamment réédité et traduit durant près d'un siècle.

Biographie

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Origine et formation

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Lorenz Heister nait en 1683 d'un père aubergiste à Francfort-sur-le-Main. Dès son plus jeune âge au collège de Francfort, il montre son goût pour la lecture, les humanités et les sciences[1].

De 1702 à 1706, il étudie aux universités de Giessen et Wetzlar, puis il va étudier l'anatomie à Amsterdam auprès de Frederik Ruysch. Pendant l'été 1707, il est médecin assistant dans les hôpitaux de campagne de Bruxelles et de Gand durant la Guerre de Succession d'Espagne (1701-1714) où il observe la pratique des chirurgiens anglais, hollandais et allemands[1].

Il part ensuite pour Leyde afin d'étudier l'anatomie auprès de Bernhard Siegfried Albinus et Govert Bidloo. Il y suit également les conférences de Herman Boerhaave sur la chimie et les maladies oculaires[1].

Carrière

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En 1708, il obtient son doctorat à l'université de Harderwijk avec une thèse sur la choroïde où il réfute la croyance d'une continuité de celle-ci avec les méninges[1].

Il rejoint l'armée hollandaise en tant que chirurgien de campagne de l'armée de Malborough. En 1708 et 1709, il se distingue dans le soin aux blessés durant la bataille d'Oudenarde, le siège de Tournai (en) et la bataille de Malplaquet[2].

En 1710, il passe plusieurs mois en voyage d'études en Angleterre où il rencontre les plus grands chirurgiens[1],[3].

En 1711, à l'âge de 27 ans, il est nommé professeur d'anatomie et de chirurgie à l'université d'Altdorf où il épouse la fille du professeur principal. Il en aura douze enfants dont deux seulement lui survécurent[4].

En 1720, il devient professeur d'anatomie et de chirurgie à Helmstedt, où il enseigne également la botanique et la médecine appliquée. Sa réputation dépasse les frontières : il est membre honoraire de plusieurs académies et sociétés savantes, et le premier médecin du Duc de Brunswick[5]. Le tsar Pierre le Grand cherche à l'attirer en Russie, mais il préfère rester en Allemagne jusqu'à sa mort en 1758[1].

En 38 ans, il a fait de l'école de chirurgie d'Helmstedt l'une des premières d'Europe attirant des étudiants de tous pays. Après son départ à la retraite, l'université d'Helmstedt décline jusqu'à sa fermeture en 1809[1].

À sa mort, il laisse une bibliothèque personnelle de 12 000 volumes, un herbier de 90 volumes et une collection de 470 instruments chirurgicaux la plupart en argent[6].

Travaux

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La réputation d'Heister ne tient pas seulement à ses travaux, mais aussi à ses qualités personnelles : c'est un chirurgien érudit et consciencieux, énergique et habile, entièrement dévoué à son travail. De caractère modeste, dénué d'ambition et de vanité, il reconnait ce qu'il doit aux autres en se référant à ses contemporains (tels que les anglais William Cowper et William Cheselden et le français Jacques-Bénigne Winslow) et il est indifférent aux honneurs[3].

Importance

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Lorenz Heister incarne une réforme profonde de la chirurgie au XVIIIe siècle : celle d'une chirurgie qui passe de l'art empirique (centré sur l'acte opératoire) à une technique fondée sur des connaissances médicales précises (anatomie pathologique, observation clinique…)[7]. Heister condamne une chirurgie désormais dépassée : celle des textes compilés par des médecins sans véritable expérience chirurgicale, comme celle des chirurgiens empiriques ne connaissant pas ou peu l'anatomie (plus exactement l'anatomie chirurgicale dite aussi anatomie topographique, c'est-à-dire l'anatomie appliquée à la pratique chirurgicale, en rapport avec le déroulement d'une opération). Il est considéré comme l'un des pères de la chirurgie scientifique[1].

Selon Grmek, il est l'un de ceux qui, au XVIIIe siècle, « poussent parfois très loin l'étude de problèmes dont la solution sera portée, non sans une certaine injustice, au crédit du siècle suivant »[7].

Trachéotomie et ses instruments, une planche de la Chirurgie de Lorenz Heister, édition anglaise de 1748.

Chirurgie (1718)

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Illustration de la méthode proposée par Lorenz Heister, pour le retrait du placenta - Terre cuite, milieu du XVIIIe siècle.

Parmi ses nombreux écrits, le plus connu est Chirurgie (première édition en haut-allemand, Nuremberg, 1718), rédigé lorsqu'il était à Altdorf. L'ouvrage a été traduit en plusieurs langues : français, anglais, italien, espagnol, hollandais, latin (Institutiones Chirurgiæ, 1739) et même en japonais[2],[6].

Richement illustré par des gravures sur cuivre, son texte est clair et concis, facile à lire[3]. Révisé, complété et mis à jour, il a servi de manuel universitaire et d'ouvrage de référence jusqu'au début du XIXe siècle (dernière édition en 1814). Il se compose de trois parties : 1) Blessures, fractures et luxations, tumeurs et ulcères 2) opérations chirurgicales proprement dites 3) bandages[1],[6].

Dans les plaies et blessures, Heister considère que le contrôle hémorragique est prioritaire, suivi par le nettoyage des plaies et l'ablation des corps étrangers[1].

Ses principales contributions concernent :

Il met au point plusieurs appareils ou instruments comme le corset médical, l'ouvre-bouche de Heister (écarteur à deux branches commandées par une vis[8]), un dispositif de transfusion sanguine (dont il n'existe pas d'indice qu'il ait été tenté chez l'homme)[1].

Dans son Compendium anatomicum (1717) Heister décrit le bulbe supérieur de la veine jugulaire interne (diverticulum de Heister) et le pli spiral du conduit cystique (en) (valvule spirale de Heister)[1],[9].

Dans Medicinische, chirurgische und anatomische Wahrnehmungen (1753), il est le premier à identifier l'appendicite par examen anatomopathologique à l'autopsie[6].

Outre une vaste correspondance avec les plus grands auteurs de son temps, Heister est l'auteur de plusieurs ouvrages sur l'ophtalmologie et la botanique. Il développe le jardin médicinal de l'université de Helmstedt[1],[6]. En son honneur, son nom a été donné au genre Heisteria[2].

Notes et références

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  1. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 « Lorenz Heister (1683-1758). Eighteenth century surgeon », JAMA, vol. 202, no 11,‎ , p. 1048–1049 (ISSN 0098-7484, PMID 4864598, lire en ligne Accès limité, consulté le )
  2. 1 2 3 4 Mohammad Javed Ali, « Lacrimal History - Part VIII: Doyens of Dacryology Series - Lorenz Heister (1683-1758) and His Surgical Treatise », Seminars in Ophthalmology, vol. 40, no 2,‎ , p. 77–81 (ISSN 1744-5205, PMID 39305075, DOI 10.1080/08820538.2024.2400842, lire en ligne, consulté le )
  3. 1 2 3 J. Stewart, « Lorenz Heister: Surgeon (1683-1758) », Canadian Medical Association Journal, vol. 20, no 4,‎ , p. 418–419 (ISSN 0008-4409, PMID 20317310, PMCID 1710654, lire en ligne, consulté le )
  4. ↑ « Heister (Laurent) dans le dictionnaire d'Éloy (1778) », sur numerabilis.u-paris.fr (consulté le )
  5. ↑ « Heister (Laurent) dans le dictionnaire de Panckoucke (1790) », sur numerabilis.u-paris.fr (consulté le )
  6. 1 2 3 4 5 6 « Lorenz Heister - Museum of Medicine », sur medicine.museum (consulté le )
  7. 1 2 3 Mirko D. Grmek (dir.) (trad. de l'italien), Histoire de la pensée médicale en Occident, vol. 2 : De la Renaissance aux Lumières, Paris, Éditions du Seuil, , 376 p. (ISBN 978-2-02-115707-9), « La main, instrument de la connaissance et du traitement », p. 229-230 et 242.
  8. ↑ A. Manuila, Dictionnaire français de médecine et de biologie, t. 3, Masson, , p. 186.
  9. ↑ Lucas N. Pina, Franca Samoilovich, Sebastián Urrutia et Agustín Rodríguez, « Surgical Considerations of the Cystic Duct and Heister Valves », Surgery Journal (New York, N.Y.), vol. 1, no 1,‎ , e23–e27 (ISSN 2378-5128, PMID 28824966, PMCID 5530626, DOI 10.1055/s-0035-1567879, lire en ligne, consulté le )

Liens externes

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