Louis Cousin (peintre)
Louis Cousin, en Italie principalement connu sous les noms de Luigi Primo ou Luigi Gentile[1] (vers 1605-1667), est un peintre flamand de la période baroque, actif pour l'essentiel de sa carrière en Italie. Son style associe ses origines flamandes à une profonde influence de l'art italien ; il est surtout connu pour ses portraits et ses retables[2].
| Naissance | |
|---|---|
| Décès | Bruxelles |
| Nom de naissance |
Louis Cousin |
| Surnom |
Luigi Primo, Luigi Gentile |
| Nationalité |
flamande |
| Activité |
Peintre |
| Membre de | |
|---|---|
| Genre artistique |
Il ne doit pas être confondu avec son homonyme et contemporain, l'historien et traducteur français Louis Cousin (1627-1707), président de la Cour des monnaies, qui est une personne entièrement distincte.
Biographie
modifierSon lieu de naissance est probablement le village de Breivelde, près de Ninove, dans l'actuelle Belgique, mais il est également possible qu'il soit né à Bruxelles[3]. Une naissance avant 1606 est également jugée possible. Il est mis en apprentissage chez Gillis Claeissins le Jeune à Bruxelles en 1617[4]. Il quitte les Pays-Bas espagnols encore jeune[5]. Selon le biographe du XVIIe siècle Joachim von Sandrart, Cousin poursuit ses études à Paris[6].
Il est à Rome dès 1626[4], où il reste trente ans. Il rejoint les Bentvueghels, l'association informelle réunissant principalement des peintres néerlandais et flamands installés à Rome. Au sein des Bentvueghels, il reçoit le surnom de « Gentile » ou « Gentiel » en raison de ses manières douces, et devient à Rome couramment désigné par ce surnom. Il utilise également en Italie le nom de « Primo », traduction italienne de son patronyme français signifiant « cousin ».
À Rome, il étudie les œuvres des grands maîtres[7]. Sa première œuvre romaine qui lui vaut quelque notoriété est une fresque de l'autel latéral de l'église Santi Domenico e Sisto à Rome, représentant un miracle attribué à saint Dominique. Il peint ensuite l'un des quatre tableaux de la chapelle Sainte-Catherine de la basilique Santa Maria Maggiore, ce qui accroît sa réputation et lui vaut de nouvelles commandes bien rémunérées[7].
En 1635, il rejoint la confrérie de l'église Saint-Julien-des-Flamands à Rome, en signant « Ludovicus Cousin, alias Primo, alias Gentile ». Il est ensuite admis à l'Accademia di San Luca en 1650 et en devient même le directeur de 1651 à 1652[5]. Les critères d'admission de l'Accademia étaient très stricts et prenaient en compte à la fois la qualité artistique et les qualités personnelles du candidat[8].
Le biographe italien du XVIIe siècle Giovanni Battista Passeri écrit que le goût de Cousin pour les femmes le pousse à négliger son travail et à dilapider son argent[7]. Cousin décide alors de quitter Rome. Il se rend à Lorette, où il peint pour le maître-autel de l'église Santa Margherita, puis à Pesaro, où il travaille à la cathédrale. Il s'installe enfin à Venise, où il peint plusieurs portraits.
Il retourne à Rome quelques années avant la mort du pape Innocent X en 1655. Il est le premier artiste à peindre un portrait de son successeur, Alexandre VII, après son élection[7].
Après plus de trente ans passés à Rome, il retourne à Bruxelles et devient membre de la guilde locale de Saint-Luc en 1661[5]. Il continue à peindre des portraits et des sujets historiques, et réalise également des cartons de tapisserie, tissés ensuite par des lissiers locaux. Son activité dans la production de tapisseries lui vaut une exemption fiscale[7].
Son œuvre est appréciée des princes de la maison de Habsbourg, qui lui passent de nombreuses commandes. Pour le roi d'Espagne, il réalise plusieurs cartons de tapisserie ainsi que le grand tableau Vénus pleurant la mort d'Adonis (vers 1656-1657)[9]. Il peint aussi plusieurs œuvres pour l'archiduc Léopold-Guillaume de Habsbourg et exécute des portraits de l'empereur d'Autriche[7].
Selon Passeri, il laisse peu d'argent à sa mort, car il aimait les divertissements et dépensait volontiers ce qu'il gagnait[7]. Il a plusieurs élèves, dont Jan van Cleef[5].
Œuvre
modifierLouis Cousin peint des sujets mythologiques et des œuvres religieuses[5], et il est également très apprécié comme portraitiste[10]. Son style se situe à mi-chemin entre les traditions italienne et flamande, et constitue un exemple typique du style décoratif du haut baroque[2],[5].
Certains des retables qu'il peint entre 1633 et 1657 pour des églises romaines se trouvent encore in situ (par exemple La Vierge présentant l'Enfant à saint Antoine de Padoue, 1655, église San Marco à Rome)[5]. Selon certaines sources, Cousin aurait peint entre 1646 et 1652 vingt-sept petits tableaux de dévotion sur cuivre pour le pape Innocent X ; ces panneaux, très admirés en leur temps, sont aujourd'hui perdus[3],[10]. Il collabore à une série de vingt panneaux de cuivre narrant les exploits de deux nobles siciliens d'origine espagnole, Guillermo Ramón Moncada et Antonio Moncada. Sur les douze scènes consacrées au premier, Luigi Primo en peint cinq, Willem van Herp six et Adam Frans van der Meulen une. Jan van Kessel l'Ancien, spécialiste des natures mortes de fleurs, d'insectes et d'animaux, réalise les bordures décoratives encadrant les différentes scènes[11].
Voir aussi
modifier- Louis Cousin (1627-1707), l'homonyme historien et traducteur français
- Bentvueghels
Notes et références
modifier- ↑ Autres variantes de son nom : Louis Primo, Lodewijk Cousin, Luigi Cousin, Lodovico Primo, Ludovicus Cousin, alias Primo, alias Gentile, Louis Cousin genaamd Primo.
- 1 2 John Gash, Jennifer Montagu, « Algardi, Gentile and Innocent X: A Rediscovered Painting and Its Frame », dans The Burlington Magazine, 1980, p. 55-56.
- 1 2 « Louis Cousin », sur hadrianus.it, ).
- 1 2 Données biographiques au RKD, Institut néerlandais d'histoire de l'art en néerlandais : {{{2}}}.
- 1 2 3 4 5 6 7 Carl Van de Velde, « Primo, Luigi », Grove Art Online, Oxford Art Online, Oxford University Press, 18 janvier 2017.
- ↑ « Ludovicus Primo » dans Joachim von Sandrart, Teutsche Academie der Bau-, Bild- und Mahlerey-Künste, Nuremberg, 1675/1679/1680.
- 1 2 3 4 5 6 7 « Luigi Gentile » dans Giovanni Battista Passeri, Vite de pittori, scultori ed architetti che anno lavorato in Roma, Rome, 1772, p. 249-253.
- ↑ Memorie per servire alla storia della Romana Accademia di S. Luca.
- ↑ Venus Lamenting the Death of Adonis au Kunsthistorisches Museum de Vienne.
- 1 2 Notice biographique, Enciclopedia Treccani (en ligne).
- ↑ David Teniers II et Jan van Kessel I, The Submission of the Sicilian Rebels to Antonio de Moncada in 1411, collection Thyssen-Bornemisza.
Liens externes
modifier- Ressources relatives aux beaux-arts :
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :