Louis Grilly
Louis Grilly, né le [1] à Fressenneville, département de la Somme et décédé le [2] à Cayenne (Guyane Française), est un artiste peintre, ancien bagnard des bagnes de Guyane, rendu célèbre par son œuvre picturale[3]. C'est cette production prolifique lui ayant permis de survivre alimentairement, psychologiquement et culturellement et dont un grand nombres de toiles subsistent aujourd'hui, que Louis Grilly s'est inscrit dans l'histoire. Ses représentations, véritables traces du passé représentent la Guyane dans toute sa beauté et sa diversité, ce sont les paysages, les populations ou encore l'architecture guyanaise que Louis Grilly fixe de ses pinceaux sur des supports aussi variés que différents.
| Nom de naissance | Louis, Joseph, Ulysse Grilly |
|---|---|
| Naissance |
Fressenneville, Somme, (France) |
| Décès |
(à 62 ans) Cayenne (France) |
| Nationalité | Française |
| Activité principale |
Artiste peintre |
Compléments
Lieux de détention:
Centre pénitentiaire de Caen Beaulieu,Citadelle de Saint-Martin-de-Ré,bagne de la Guyane française
signature:Biographie
modifierLouis, Joseph, Ulysse Grilly est né dans une famille de serruriers, ses parents Joseph et Marie, originaires de Fressenneville et de Saint Valery sur Somme, installés dès leur mariage à Fressenneville[4], ils y résideront une grande partie de leur vie. Louis est l’aîné des 11 enfants du couple, il aura 4 sœurs et 6 frères.
À l’âge de 13 ans Louis quitte le foyer familial de Fressenneville dans l’espoir de trouver quelques patrons à qui louer ses services mais la guerre survient. Alors qu’il est employé dans une fromagerie du Calvados, un vol d’effet est commis au détriment d’un employé, Louis se retrouve mis en cause pour complicité et s’enfuit. Il vient d’atteindre ses 17 ans quand il est arrêté mais il est acquitté «du fait de son jeune âge et en raison des circonstances de la cause», comme ayant agi sans discernement en vertu de l’article 66 de la loi du [5].
Le juge décide de confier Louis au patronage des libérés et du sauvetage de l’enfance et de l’adolescence d’Évreux d’où il s’échappe au bout de quelques jours seulement pour rejoindre sa famille. Au mois de , alors qu’il vient d’avoir 18 ans, Louis préfère s’éloigner à nouveau de la maison familiale et se dirige vers la Normandie. D’abord condamné le par la cour d’Assises du Calvados à 5 ans de réclusion[6], Louis s’échappe et commets des vols pour pouvoir manger. De nouveau arrêté en 1919 dans l’Eure[7], le tribunal d’Evreux le condamne à 12 ans de travaux forcés et à la relégation.
Il est incarcéré à la prison de Caen Beaulieu avant de rejoindre la citadelle de Saint-Martin-de-Ré puis la Guyane. Embarqué le à bord du bateau La Martinière, Louis Grilly débarque à Saint Laurent du Maroni le 11 janvier 1922 et devient le matricule n°43933[8].
Il s’évadera plusieurs fois, notamment du camp forestier de Charvein pourtant réputé pour sa sévérité extrême. Toujours repris, il sera réintégré à chaque fois. Le reporter Marius Larique rencontre Louis dans le cadre de son enquête pour le magazine «Détective», tome 159 paru le , aux pages n°12 et 13[9]. L’article indique que: «Tous les notables de Cayenne ont chez eux de ses tableaux, de ses vases, de ses assiettes peintes, de ses éventails, de ses coussins.» pour reprendre les termes exacts de Marius Larique.
En 1936, sa peine de travaux forcés terminée, Louis Grilly est classé à la relégation collective au camp de Saint-Jean-du-Maroni et devient le matricule no 16505. En 1943, il formule une demande pour être relevé de la relégation. Le tribunal de Saint-Laurent du Maroni statue favorablement à sa demande le 8 janvier 1946[8].
Enfin libre après 27 ans de détention dont 24 en Guyane, Louis Grilly choisit de rester y vivre et d’y finir sa vie, il continuera à peindre après sa libération. Il meurt à l’Hôpital Jean-Martial de Cayenne le [2].
L'historien André Bendjebbar décrit dans un article de la Revue «Les cahiers de la justice» publié en 2020 et intitulé: Les Peintres du bagne de Cayenne[10] , la façon dont l'artiste peintre Louis Grilly a su faire œuvre d'anthropologue sans pourtant en avoir le titre.
Louis Grilly, arrivé dans sa 23e année en Guyane, y a donc passé l'essentiel de sa vie, 39 ans au total, dont 24 ans de bagne et seulement 15 ans de liberté.
Bien que Louis Grilly ait décidé de rester en Guyane pour y finir sa vie, il était resté en contact avec sa famille. L'homme et son histoire ont traversé les générations et ses descendants continuent d'honorer sa mémoire[11].
Notes et références
modifier- ↑ Acte de naissance n°5 de l’année 1899, commune de Fressenneville, Archives de la Somme (2E360/13)
- 1 2 Acte de décès n° 196 de l’année 1961, commune de Cayenne.
- ↑ ENAP, "Histoire et patrimoine pénitentiaire": L'art en prison - Les arts plastiques - La peinture, consultable en ligne:https://www.enap.justice.fr/histoire/lart-en-prison-les-arts-plastiques-la-peinture
- ↑ Acte de mariage n°3 de l’année 1899, commune de Fressenneville, Archives de la Somme (2E360/17)
- ↑ Archives départementales de l'Eure: jugement du tribunal pour enfants d’Evreux du 18 mai 1916, acquittement de Louis Grilly, conservé sous la cote 23 YP24.
- ↑ L'Ouest-Éclair, Numéro 6552 du 16/10/1917. Bibliothèque nationale de France, Collection numérique consultable en ligne: Gallica: https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k493755k/f3. Date de mise en ligne: 28/01/2008
- ↑ L'Ouest-Éclair, Numéro 7189 du 1919-04-10. Bibliothèque nationale de France, Collection numérique consultable en ligne: Gallica: https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k494334j/f4. Date de mise en ligne: 28/01/2008
- 1 2 Archives nationales d’Outre-Mer, Base bagne, registres des matricules, dossiers individuels de condamnés au bagne - COL H 1691 à 1797. Dossier de Louis Grilly: Identifiant ark:/61561/5462394
- ↑ Ashton Wolfe (H.), Danjou (Henri), Dornain (Luc), Larique (Marius), Montarron (Marcel), Morières (Jean), Nag (Hal). Détective (tome 159; 1931), Musée Criminocorpus consulté le 30 septembre 2026.Permalien :https://criminocorpus.org/fr/ref/113/1174/
- ↑
- ↑ « Sur les traces de son arrière-grand-oncle, bagnard en Guyane, Laetitia Riotte alerte sur le pillage du patrimoine - Outre-mer La 1ère », sur Guyane La 1ère (consulté le )