Louis Gérin
Louis Gérin (1914-1980) est un écrivain, journaliste et éditeur belge.
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Ludovic Lecharolais |
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Biographie
modifierLouis Gérin est, très jeune, mineur dans le bassin houiller du Borinage. En 1932, âgé de 18 ans, il publie Une femme dans la mine, aux Éditions de la Revue mondiale (Bruxelles). Durant l'été 1933, il entre en correspondance avec André Gide, qu'il rencontre dans la foulée à Bruxelles, puis, à Paris, rue Vaneau, en mai 1934[1]. Peu après, Gérin commence à écrire pour différents journaux syndicalistes. L'amitié entre Gide et lui s'estompe en 1937[2].
Durant l'occupation de la Belgique par les Allemands, Gérin se lance dans différentes entreprises éditoriales. Il gère les éditions de La Nouvelle Revue Belgique (NRB), fondée en janvier 1940, mais réactivée en 1941. Pour pallier les importations de littérature française contingentées, la NRB s’associe aux Éditions du Mercure de France pour des coéditions ; Gérin entre alors en correspondance avec Paul Léautaud. Pour contourner les restrictions de papier, Gérin fonde Les Libertés belges, une société écran, afin de pouvoir exporter des ouvrages vers la France. Gérin rachète également une maison parisienne, les Éditions La Centaine, fondée en 1925 par Jacques Bernard, qu’il installe à Bruxelles. Au total ces entreprises publient plus de 250 titres entre 1940 et 1945. C'est à la NRB que le jeune Claude Tchou rencontre Gérin, qu'il va retrouver plus tard. Gérin publie Profondeur 1400, sous le pseudonyme de « Ludovic Lecharolais » à La Renaissance du Livre en 1943 qui reçoit le prix de l'Académie française (1944) ; il édite également un pastiche de Baudelaire signé Pascal Pia, ou encore Aytré qui perd l'habitude de Jean Paulhan et le Oscar Wilde. In Memoriam (souvenirs). Le « De Profundis » de Gide (janvier 1944)[3],[4],[5].
Vers 1946 [?], Gérin se retrouve gérant de L'Ambassade du livre à Bruxelles, une entreprise de vente d'ouvrages par souscription. Fin 1949, début 1950, lui et Tchou fondent Le Club du livre du mois à Paris[6], en lien avec L'Ambassade, avec deux antennes, une à Bruxelles, et une en Suisse. Il a été entre autres le premier éditeur de Jacques Sternberg.
Sa fin de vie demeure mystérieuse : il aurait continué à éditer en son nom propre des œuvres à faible tirage, illustrées et sur beau papier. Il meurt à l'âge de 66 ans, en 1980[4].
Notes et références
modifier- ↑ Maria Van Rysselberghe / André Gide, Cahiers de la Petite Dame, Paris, Gallimard, 2001, tome II, p. 382.
- ↑ Correspondance : 1933-1937 / André Gide, Louis Gérin, édition établie, présentée et annotée par Pierre Masson, Nantes, Centre d'Études Gidiennes de l'Université de Nantes, 1996.
- ↑ Michel Fincœur, Aperçu du champ éditorial bruxellois durant la seconde occupation allemande (1940-1944), Histoire et civilisation du livre, vol. 14, Genève, Librairie Droz, 2018.
- 1 2 « Sur les traces de Louis Gérin » sur e-gide.blogspot.fr, 24 avril 2012.
- ↑ Éric Loret, « Claude Tchou rejoint ses Introuvables » , Libération, 5 avril 2010.
- ↑ Voir sur liberation.fr.