Borinage
Le Borinage est une région belge de la Région wallonne située dans la province de Hainaut, à l'ouest et au sud-ouest de la ville de Mons. Elle s’étend jusqu’à la frontière franco-belge, à l'extrémité ouest du sillon Sambre-et-Meuse.
| Borinage | ||
| Administration | ||
|---|---|---|
| Pays | ||
| Région | ||
| Province | ||
| Géographie | ||
| Coordonnées | 50° 26′ nord, 3° 50′ est | |
| Divers | ||
| Langues | Français, Borain | |
| Localisation | ||
| Géolocalisation sur la carte : Belgique
| ||
| modifier |
||
La région est un ancien site minier qui donnait jadis du charbon à l'affleurement, notamment dans la forêt Charbonnière. Les veines se prolongeaient au-delà de la frontière franco-belge, et du côté français, le charbon était situé plus en profondeur, la surface étant recouverte de sédiments tertiaires. La technique évolua si bien que l'exploitation de charbonnages de taille considérable fit de cette région un des berceaux de la révolution industrielle après l'Angleterre.
Depuis la fusion des communes de 1977, la région historique a donné son nom à un arrondissement administratif incluant Mons et dénommé Mons-Borinage. Cet arrondissement est constitué de 13 communes : Boussu, Colfontaine, Dour, Frameries, Hensies, Honnelles, Jurbise, Lens, Mons, Quaregnon, Quévy, Quiévrain et Saint-Ghislain[1],[2].
Toponymie
modifierLe mot borain est attesté au moins à partir XVIIe siècle : on trouve vers 1645, à Mons, une maison à l'enseigne « Aux trois borennes », et en 1655, un procès-verbal de justice mentionne un « kar de borain »[3]. Borain est également mentionné en 1673 et en 1680 dans des requêtes concernant le commerce de la houille et la navigation sur la Haine. Des actes de concession du charbonnage de Bois-du-Luc, datés des et , traitent des usages en place au Borinage[4].


En 1789, ce sont des borennes qui sont embauchées par le chapitre de Sainte-Waudru pour porter les briques qui doivent servir aux travaux de l'église de Nimy[3]. Sur une carte de la première moitié du XVIIIe siècle, la région au sud de Mons correspondant au Borinage actuel est décrite comme le « Bourinnage d'où l'on tire le charbon de terre [sic] »[5].
Antoine Gosse (1744-1794), historien originaire de Saint-Amand ayant vécu au XVIIIe siècle rapporte en son temps que Borinage est un terme dont « depuis peu on se sert [...] pour désigner le pays habité par eux [les Borains] », soutenant toutefois que le mot borain avait des origines plus anciennes[3].
Borain existe également comme nom de famille.
L'étymologie de Borinage est obscure et objet de multiples hypothèses.
- La ressemblance phonétique de la forme Bourinnage avec le verbe « bourrer » pourrait indiquer une étymologie commune. Ce mot s'apparente d'ailleurs au vocabulaire de la mine. On lui donnait en 1926 pour signification : « Exécuter le bourrage d'un trou de mine »[6]
- En 1805, borin est défini dans le Nouveau Dictionnaire François-Anglois comme « celui qui sort de la mine le charbon de la terre »[7].
- En 1850, Arthur Dinaux apparente borain aux Bures de la région de Liège, puits servant à l'extraction de la houille. Le Borain devenant alors « l'homme qui travaille au bure »[8]. Gonzalès Decamps réfute cette étymologie, soutenant que les bures étaient employées dans d'autres bassins miniers sans que les mots borains ou borinage n'y soient apparus, pointant également que les mineurs du Borinage n'auraient commencé à employer le mot bure qu'à partir de la fin du XVIIIe siècle[4].
- Cité par Arthur Dinaux, Louis L'Évêque de la Basse-Moûturie rapproche, au XIXe siècle, Borain du néerlandais boer (fermier)[8].
- En 1880, Eman Martin fait dériver Borinage d'une racine germanique, en le rapprochant morphologiquement et lexicalement de l'allemand bohren, de l'anglais to bore et du néerlandais boren, signifiant creuser[9].
- Vers 1990, Pierre Ruelle a proposé de lier Borin au mot Bourain, attesté en 1680 à Floreffe, qui serait alors un emprunt au flamand boer, comme suggéré par Louis L'Évêque de la Basse-Moûturie[10].
- En 1989, Maurice-Aurélien Arnould renforce l'hypothèse de Pierre Ruelle suggérant que le Borin ou la Borenne correspondent à des appellatifs liés à un personnage populaire transportant le charbon dans une hotte et le vendant au détail. Arnould se réfère notamment au Dictionnaire rouchi-français de Gabriel Antoine Joseph Hécart paru en 1834[11], lequel définit boreine comme « femme qui habite le borinache. Les borènes vont dans les villes environnantes chargées de hottes remplies d'allumettes, de terre houille, de terre bolaire rougeâtre, etc. [...] ». Arnould insiste sur le fait que « boreine » n'est pas un terme inexorablement lié au charbon. Il se fonde également sur les événements de 1789, lors desquels le chapitre de Sainte Waudru engagea des « borennes » afin de transporter divers matériaux afin d'étayer son hypothèse[3].
Géographie
modifierDélimitation géographique
modifierLe Borinage est une région dont les confins varient selon le point de vue envisagé[12]. Arthur Dinaux écrivait ainsi, en 1850 : « Borinage est le nom d'un canton de convention, situé entre Quiévrain et Mons, qu'on ne trouve mentionné dans aucune géographie, ni délimité sur aucune carte »[8]. Une affirmation à tempérer, du fait de l'existence d'une carte au XVIIIe siècle reprenant bien le nom « Bourinnage », au sud de Mons[13].
Plusieurs auteurs ont proposé différentes localisations pour ce Borinage. Pierre Ruelle en offrait une basée sur une continuité culturelle, et une autre, linguistique, celle du borain. Il ne considère ainsi que les communes de Hornu, Wasmes, Warquignies, Quaregnon, Pâturages, Wasmuël, Jemappes, Flénu et Cuesmes comme étant boraines ; en excluant Frameries et La Bouverie[14]. Pierre Ruelle précisait aussi que « Ni les Borains ni les Montois ne considèrent Mons [...] comme faisant partie du Borinage ». Gonzalès Decamps note que les habitants de Boussu, Dour, Wihéries et Élouges refusaient, au moins à son époque, d'être considérés comme Borains[4]. Jacques Bourdon, contrastant avec Pierre Ruelle, proposait l'idée d'un « Borinage économique », assimilant Borinage et bassin houiller, dont la Haine marquerait la frontière Nord, et la région Hauts-Pays le Sud et le Sud-Ouest[15]. Le Borinage a également été assimilé à l'ensemble administratif minier du Couchant de Mons. Suivant ce point de vue, le Borinage couvrirait l'ensemble des concessions houillères à l'Ouest de Mons, ajoutant aux communes citées précédemment Baisieux, Hensies, Montroeul, Thulin, Bernissart, Pommeroeul, Hautrage, Villerot, Tertre, Baudour et Ghlin. Jean Puissant décrit cette dernière possibilité comme une « extrapolation, étrangère à la réalité économique et sociale du XIXe siècle et du début du XXe siècle ». Cette définition répondrait à un besoin de l'Office de redressement économique de susciter la relance économique dans le bassin houiller où, dès 1935, sévissaient les abandons des infrastructures minières. Suivant cette définition, Jean Puissant considère même qu' « il n'est plus possible d'appeler cet ensemble Borinage »[16]. René Marlière opte pour une analyse sous les prismes social et culturel, voire ethnique. Il écrit : « La définition du Borinage doit […] se faire par l'observation de la société boraine. […] [Il] ne forme pas une entité géographique ou politique ou administrative ou économique. Il est une entité ethnique, un fait sociologique : c'est le pays des Borains. [Ils] possèdent leurs industries, leur folklore, leur patois, leurs mœurs, leurs sectes religieuses, leurs poètes, leurs artistes (peintres et lyriques), leurs problèmes sociaux, leurs réactions politiques propres, leurs joies bruyantes et leurs peines quotidiennes »[17]. Cette approche de René Marlière est partagée par Maurice-Aurélien Arnould, qui insiste sur le fait que « Le Borinage est avant tout un groupe social »[18]. Marlière et Arnould assimilent cette zone culturelle et sociale à un « Vieux Borinage », qu'ils font correspondre à la zone où apparut l'exploitation du charbon, situé au sud et sud ouest de l'axe Mons-Saint-Ghislain[3]. Cette zone fait également écho à la zone linguistique et culturelle décrite par Pierre Ruelle.
La zone délimitée par l'agglomération industrielle boraine recoupe presque à l'identique les limites proposées par Marlière et Arnould, s'étendant au sud de la plaine de la Haine[19]. Cette zone couvre précisément les communes de Frameries, Colfontaine, Quaregnon, Boussu et Dour, ainsi que strictement les localités de Jemappes et de Cuesmes sans s'étendre aux territoires de leurs communes respectives[20].
Hydrographie
modifierLe principal cours d’eau du Borinage est la Haine. Cette rivière parcourt la région d’est en ouest et récolte notamment les eaux de la Trouille à la limite actuelle de Jemappes et de Mons.
En effet, historiquement, avant la fusion des communes opérée en 1977, le territoire de Jemappes s'étendait jusqu'au quartier du Pont-Canal, juste avant l'avenue de Jemappes (en ce compris la rue Grand'-Route). Mais par la suite cette partie de Jemappes avait alors fait l'objet d'une urbanisation, et constituait un des faubourgs de Mons-Centre.
La limite entre Jemappes et Mons avait entre-temps disparu à la suite de la fusion de ces deux sections, afin de former l'actuelle ville de Mons. Jusqu’à la fin des années 1960, le Borinage était également traversé par le canal Mons-Condé. Ce dernier a été rebouché au début des années 1970 et l’autoroute E19 a été construite sur son emplacement.
Histoire
modifier

Chronologie
modifier- Vers 650 : fondation de l'Abbaye de Saint-Ghislain.
- En 1539 : début de la construction du château de Boussu, sous la direction de l'architecte Jacques Du Brœucq.
- En 1542 : naissance de Maximilien de Hénin-Liétard, comte de Boussu.
- En 1544 : le réformateur Pierre Brully prêche dans le Borinage.
- Le : les réformés montois organisent un prêche à Ghlin.
- Le : Bataille d'Hautrage entre protestants Français et Espagnols.
- En 1685 : des centaines de protestants borains s'expatrient vers le Brandebourg-Prusse et le Danemark à la suite de l'Édit de Potsdam.
- Vers 1700, François de Salignac de La Mothe-Fénelon, est à Eugies.
- Le : Bataille de Jemappes entre l'Autriche et la France.
- En 1810 : fondation des câbleries et corderies de Dour.
- En 1816 : début de la construction du complexe industriel du Grand-Hornu.
- En 1827 : édification de l'église protestante de Dour.
- Entre 1878 et 1880, Vincent van Gogh séjourne au Borinage comme évangéliste.
- En : la charte fondatrice du socialisme belge est adoptée à Quaregnon.
- En 1914 : la Bataille de Mons et du Borinage[21].
- En 1918 : arrêt des hostilités à la lisière nord de Mons[22].
- En 2007 : installation d'un des principaux data center européen[23] de Google à Saint-Ghislain.
Industrie minière
modifierDu XVIIIe siècle à 1850, l'économie du Borinage est fondée sur l'exploitation du charbon. Entre 1822 et 1829, la production va plus que doubler dans la région, passant de 602 000 à 1,26 million de tonnes, ce qui représente plus que la production totale de la France et l'Allemagne à l'époque. Le Borinage exportait son charbon en France et en Flandre[24].
Mouvement ouvrier
modifierL'activité charbonnière a profondément modelé la réalité sociale du Borinage : la population entière de la région dépend directement ou indirectement de cette industrie. Ouvriers et paysans borains étaient largement confrontés aux mêmes conditions sociales, l'activité minière ayant été le complément nécessaire à l'activité agricole. On trouve d'ailleurs aux XVIIe et XVIIIe siècles des dénominations telles que « paysans aux houilles », « pauvres paysans des houillères », ou encore « agriculteurs et tireurs de charbon »[25]. La région n'a tiré de l'activité charbonnière aucun profit immédiat pour son développement industriel et est restée sous-développée aux XIXe et XXe siècles. En 1993, Jean Puissant décrivait la population boraine comme un prolétariat « misérable, mal payé, en butte aux accidents du travail et aux abus du libéralisme économique intégral »[25].
Le Borinage, tout au long du XIXe siècle forme un foyer d'agitation sociale permanent, où les fréquentes grèves surviennent comme des « mouvements de désespoir spontanés »[25]. La population ouvrière était entièrement livrée à elle-même, sans bourgeoisie autochtone ou intelligentsia à-même de former des cadres ou de promouvoir des transformations économiques et sociales. Au mieux existait-il un semblant de classe moyenne composée de petits commerçants et de cabaretiers, dont la survie dépendait ultimement de l'industrie charbonnière[25].
Avant 1830
modifierGonzalès Decamps décrit également les grèves d'Ancien Régime comme « assez fréquentes, mais peu longues et tout à fait partielles. Les mutinés se bornaient à lâcher le câble d'extraction dans le puits et à cesser l'ouvrage »[16]. Il place en 1830 la première grève « moderne », s'étendant à plusieurs charbonnages ou même l'ensemble du bassin charbonnier[25]. Avant cette date charnière, il est à noter l'existence en 1795 d'un épisode de grève s'étalant sur deux semaines, organisé à l'encontre des fonctionnaires français plutôt que les exploitants des infrastructures charbonnières[25]. Ainsi, il semblerait que les mouvements étaient circonscrits à quelques individus isolés, sans grand débordements et s'estompant rapidement. Ce type de protestation persiste au cours des XIXe et XXe siècles, où s'observent des refus de travail de quelques heures à l'initiative d'un ouvrier insatisfait de sa paie ou des remarques d'un porion, parvenant à entraîner ses collègues. Selon le poste occupé, ils sont parfois capables de paralyser entièrement un chantier, « abatteurs » et « scloneurs » bénéficiant de la plus grande marge de manœuvre[25].
Achille Delattre rapporte également des cas de grèves au XIXe siècle, à la suite d'accidents (comme les coups de grisou) ou en opposition à l'introduction de nouvelles techniques, comme la lampe Davy, le développement de rails ou du chemin de fer[25].
Socialisme
modifier
Le Borinage est l'un des berceaux du Parti socialiste belge fondé en 1885 et dont le texte fondateur est la Charte de Quaregnon adoptée en 1894. Le fait qu'elle ait été approuvée à Quaregnon et non à Mons s'explique par les événements de 1893. Début avril, la Chambre belge rejette une proposition de loi tendant à instaurer le suffrage universel. La Commission syndicale du POB décide alors qu'il y a lieu de décréter la grève générale. Dès le , les troubles atteignent une telle violence qu'Henri Pirenne écrit : Les chefs du parti ouvrier s'épouvantent de la tournure des événements. Au Palais de la Nation, l'épouvante est plus grande encore.[26] Le une colonne de manifestants progresse depuis Jemappes vers Mons. À la hauteur du lieu-dit Pont-Canal (où s'éleva longtemps la maternité du même nom), quelques compagnies de la Garde civique barrent le passage. Celle-ci tire alors sur la foule des manifestants. On relève sept morts et de nombreux blessés. Le lendemain, la Chambre vote le principe du suffrage universel qui devint effectif l'année suivante, principe tempéré cependant par le vote plural (plus d'une voix pour les capacitaires, les pères de famille, etc.).
Le grave incident à la frontière de Mons et Jemappes provoqua une telle colère dans le monde ouvrier que celui-ci refusa que le Congrès du POB prévu pour 1894 se tienne à Mons. C'est ainsi que le texte fondateur du POB porte le titre de Charte de Quaregnon où s’est finalement tenu le congrès.
Imprimerie
modifierLe Hainaut est de toutes les provinces celle où l'imprimerie s'est le plus développée vers 1850. C'est particulièrement dans les localités où l'industrie charbonnière était en pleine activité, et où la population s'était accrue dans une si grande proportion, que le besoin d'avoir une presse s'est fait sentir. La première imprimerie du Borinage fut établie à Pâturages par Pierre-Philippe Caufriez. Il y publia en 1844 un journal hebdomadaire sous le titre de L'Écho du Borinage. Caufriez a fait paraître un Almanach borain[27].
Politique et administration
modifier

La fusion des communes de 1977 créa un arrondissement administratif incluant Mons dénommé Mons-Borinage, qui ne correspond pas au Borinage historique. Il est constitué de 13 communes[1],[2] :
- Boussu regroupant les localités de Boussu, Boussu-Bois et Hornu ;
- Colfontaine regroupant les localités de Wasmes, Pâturages et Warquignies ;
- Dour regroupant les localités de Dour, Blaugies et Élouges ;
- Frameries regroupant les localités de Frameries, La Bouverie, Sars-la-Bruyère, Noirchain et Eugies ;
- Hensies regroupant les localités d’Hainin et Thulin ;
- Honnelles
- Jurbise
- Lens
- Mons regroupant les localités de Jemappes, Cuesmes, Flénu et Ghlin ;
- Quaregnon regroupant les localités de Quaregnon et Wasmuël
- Quévy
- Quiévrain
- Saint-Ghislain regroupant les localités de Saint-Ghislain, Tertre et Hautrage.
Culture
modifierLe Borinage compte une langue régionale, le borain, une variété de picard.
Protestantisme
modifier
Le Borinage abrite une importante communauté protestante depuis la Réforme. Des procès pour hérésies attestent de la présence de luthériens dès la première moitié du XVIe siècle dans le Borinage, et plus spécifiquement à Dour[28]. C'est dans ce contexte que Vincent van Gogh séjourne dans le Borinage comme évangéliste, entre 1878 et 1880[29].
La séparation en 1579 des Provinces-Unies, protestantes, du reste des provinces méridionales des Pays-Bas espagnols, catholiques, restaure le primat catholique officiel dans les possessions de la couronne d'Espagne, entraînant le retour à la clandestinité des réformés du Borinage, voire leur émigration dans les États allemands du Saint-Empire, dans les Provinces-Unies, vers la principauté de Sedan[30], voire encore à Canterbury[31]. La répression se poursuivit à l'heure de la domination autrichienne. Un habitant de Dour, un certain Gilles Laurent, en sera d'ailleurs le dernier frappé, condamné au bannissement perpétuel par le Conseil souverain de Hainaut le . En réaction, les Protestants de Dour pratiquaient leur foi dans le secret, en privé, de nuit ou dans les bois[32].
Sous Joseph II fut publié un édit de Tolérance, le , qui vit l'amorce d'une plus grande tolérance religieuse. Cet édit autorisait la liberté de culte privé là où les populations « acatholiques » (principalement Protestants) étaient présentes en nombre suffisant pour supporter le financement des pratiques religieuses, et permettait également la construction de lieu de cultes dans des emplacements approuvés par les autorités civiles, à condition que ces dernières n'aient ni l'apparence d'une église, ni clocher. Un décret complémentaire du ajoutait comme condition supplémentaire la présence de cent familles de fidèles pour permettre de tels édifices[33].
Forts de ces nouvelles possibilités, les Protestants de Dour adressent en 1788 une pétition à l'empereur pour permettre l'édification d'un lieu de culte protestant ainsi qu'un ministre officiant pour le culte de leur religion. Ils se rendront la même année à Quiévy, dans le Cambrésis, afin d'y solliciter le pasteur Jean de Visme (1760, Vraignies - 1819, Valenciennes) pour officier à Dour[30]. En 1794, la construction du premier temple protestant de Dour est autorisée au lieu-dit de « La Croisette ». Ce temple sera inauguré par Jean de Visme en 1795[34]. Au cours du pastorat de Jean de Visme, la communauté de Dour devint une Église à proprement parler, autorisée à célébrer les sacrements, à s'organiser en un consistoire. Le premier registre protestant de baptêmes s'ouvrit en 1799, et les premiers procès-verbaux de réunions du consistoire datent de novembre 1804[35]. L'annexion des Pays-Bas autrichiens par la France en 1795 entraîne progressivement l'application des lois républicaines, y compris concernant les régimes de culte, étendant les droits des minorités religieuses, instaurant également une politique de déchristianisation de l'état. En 1802 furent promulgués les Articles organiques des Cultes protestants, réglementant le fonctionnement interne des Églises. À la suite de cette promulgation, l'Église de Dour devint, en 1804, avec l'Église de Rongy, le premier oratoire créé sur le territoire de l'actuelle Belgique. Le nombre de fidèles n'était en effet pas suffisamment important que pour l'Église de Dour soit élevée au rang d'église consistoriale. À cette époque, environ 295 protestants vivent dans le Borinage et le Tournaisis, dont 153 à Dour répartis entre 47 familles[36]. L'Église protestante de Dour eut un rayonnement important dans le reste du Borinage, notamment à Pâturages, où des réunions protestantes étaient tenues au domicile d'un mineur avant la fondation d'une église locale en 1828, en tant que section de l'Église de Dour. Jonathan de Visme (1792, Quiévy - 1866, Dour) succéda à son père Jean de Visme à la tête de l'Église de Dour. Son œuvre missionnaire s'étendit à La Bouverie, Wasmes, Frameries, Mons, Eugies, Blaugies, Hornu et Baudour, où la présence protestante croissait, valant à Jonathan de Vismes le surnom d'« apôtre du Borinage »[35]. Il fut également nommé en 1826, pasteur de la paroisse de Mons, annexée à celle de Dour[28]. Le temple de 1795 fut désaffecté en 1827 et sera démoli après la Seconde Guerre mondiale. Il fit place à un nouveau temple plus vaste, planifié dès 1818[35]. L'avènement de la Belgique en 1830 désorganisa le culte protestant, entraînant la fermeture de nombreuses églises. Celle de Dour resta en activité, mais ses pasteurs cessèrent d'être payés. La Constitution belge de 1831 légiféra en matière de liberté des cultes, étendu alors au protestantisme[37]. L'Église de Dour fut définitivement sauvegardée par la mise en place de l'Union des Églises protestantes évangéliques du royaume de Belgique le , réinstaurant les acquis obtenus à l'époque du royaume uni des Pays-Bas[38].
Le temple de Pâturages fut inauguré en 1842. La paroisse locale fondée en 1828 prit son indépendance vis-à-vis de celle de Dour en 1858. La Bouverie obtint son temple en 1853, et sa communauté fut annexée à celle de Dour en 1856[35].
Investissement scolaire
modifierL'enseignement était une préoccupation fondamentale des Églises protestantes belges au XIXe siècle, cherchant à promouvoir l'alphabétisation et l'instruction des enfants, tout en veillant à les soustraire à l'influence catholique[35]. En 1838, une école protestante pour garçons fut ouverte à Dour, dans le quartier de Petit-Hainin, comptant au départ entre 16 et 20 élèves. La commune prit en charge une partie du financement de l'école à partir de 1844. Cette école sera victime de la loi organique de l'enseignement primaire de Pierre Van Humbeek, interdisant aux communes de subsidier les écoles libres. L'école ferma ainsi le [35].
Folklore
modifier
Le folklore du Borinage, se caractérise par un ensemble de traditions populaires où se mêlent mémoire ouvrière, récits légendaires et pratiques festives encore vivantes aujourd’hui. Héritier d’une culture profondément ancrée dans la vie des mineurs, ce folklore s’exprime notamment à travers des processions, des cavalcades et des célébrations locales qui perpétuent une identité collective forte. Parmi les manifestations les plus emblématiques figure la Pucelette de Wasmes, célébrée chaque année lors du lundi et du mardi de Pentecôte. Cette fête puise son origine dans une légende médiévale selon laquelle un dragon aurait enlevé une fillette du village, sauvée par le chevalier Gilles de Chin. La procession, longue d’environ 17 kilomètres, met en scène la « Pucelette », incarnée par une enfant du village, qui est bénie puis participe au parcours rituel ponctué de salutations censées porter bonheur aux participants[39].
Les cavalcades pascales constituent un autre élément majeur du folklore borain. À Quaregnon, la cavalcade du dimanche de Pâques dont les premières traces remontent aux années 1920 rassemble des groupes de gilles et de nombreuses sociétés locales dans un cortège qui, historiquement, associait fête populaire et actions de solidarité envers les plus démunis. Le lendemain, la cavalcade de Jemappes, attestée depuis le début du XXe siècle, prolonge ces festivités avec la participation de sociétés de gilles dont certaines existent depuis plus d’un siècle. Ces cortèges, qui évoquent souvent des épisodes de l’histoire locale, témoignent de la persistance d’une culture festive structurée autour de la communauté et de la transmission[39].
À Saint-Ghislain, les festivités de l’Ascension complètent ce paysage folklorique. Elles sont notamment marquées par l’envol traditionnel d’un ballon gonflé à l’hélium lorsque les conditions météorologiques le permettent ainsi que par des concerts, une brocante, une braderie et un défilé où apparaissent gilles et géants. Ces manifestations illustrent la manière dont le folklore borain associe pratiques anciennes, convivialité populaire et ancrage territorial[39].
Arts
modifierCinéma
modifierLes films suivants ont pour cadre le Borinage :
- Funérailles de M. Delporte, à Dour, d'Isidore Moray (1914)
- La procession de la Pucelette, d'Antoine Castille (1926)
- Misère au Borinage, d'Henri Storck et Joris Ivens (1933)
- Autour du Borinage, de Jean Fonteyne (1933-1936)
- La Vie passionnée de Vincent Van Gogh (1956) de Vincente Minnelli avec Kirk Douglas, partiellement tourné dans les villages de Hornu et Wasmes.
- Déjà s'envole la fleur maigre, de Paul Meyer (1960)
- Le circuit de la mort au Borinage, de Paul Meyer (1961 ; réalisé pour la télévision[40])
- La présence désolée (1965) d'André Cavens, court-métrage (15 minutes), d'après une nouvelle de Thomas Owen, tourné au Grand-Hornu[41].
- À chacun son Borinage, Images d'Henri Storck, de Wieslaw Hudon (1978)
- Papotages à Pâturages, de Richard Olivier (1990 ; réalisé pour la télévision)
- La Belgiq'kitsch, de Richard Olivier (1990 ; réalisé pour la télévision), séquence tournée à Petit-Wasmes
- Les Enfants du Borinage, lettre à Henri Storck, de Patric Jean (2000)
- D'arbres et de charbon, de Bénédicte Liénard (2012)
Cinéastes
modifier- Jean-Louis Colmant (1926-2001), né à Dour.
- Jean-Marie Buchet, né en 1938 à Jemappes.
- Bénédicte Liénard, née en 1965 à Frameries.
- Patric Jean, né en 1968 à Mons.
Peinture
modifier- Vincent van Gogh a vécu à Pâturages, Petit-Wasmes et Cuesmes. Voir Aquarelle du fief de Lambrechies, une œuvre méconnue du peintre.
- Constantin Meunier, Cabaret du Borinage (1904), Musée de Tournai

Dessin
modifier- Armand Simon (Pâturages, 1906 - 1981), surréaliste du Hainaut
Littérature
modifierAuteurs
modifier- Joseph Dufrane dit Bosquétia (1833-1906), né à Frameries
- Louis Piérard (1886-1951), né à Frameries
- Henri Tournelle (1893-1961), né à Quaregnon
- Robert Delcourt (1902-1967), né à Quaregnon
- Constant Malva (1903-1969), né à Quaregnon
- André Capron (professeur) (1928-2018), né à Pâturages
- Marcel Moreau (1933-2020), né à Boussu
- Carl Norac, né en 1960 à Mons
Album jeunesse
modifierDans Le Noir Quart d'heure, album illustré par Emmanuelle Eeckhout, publié en 2015, l'écrivain Carl Norac s'intéresse à la mine, et au bassin houiller de ses lieux d'enfance, près de sa ville natale de Mons, dans le Borinage[42], où il a également été guide au musée du Grand-Hornu[42], ancien complexe industriel de charbonnages. Le Noir Quart d'heure du titre reprend une tradition de cette région, celle de lire un texte dans l'obscurité[42].
Bandes-dessinées
modifier- Jacques Stoquart (1931-2018), né à Frameries
- Louis Savary, né en 1938 à Wasmes
- Claude Renard (1946-2019), né à Boussu
- Yves Vasseur, né en 1951 à Quiévrain
- Antonio Cossu a étudié à Saint-Ghislain et enseigné à Jemappes[43].
- René Sterne (1952-2006), né à Jemappes
Photographie
modifier- Norbert Ghisoland (1878-1939), né à La Bouverie et mort à Frameries où il travaillait.
Musique
modifier
Chanteur
modifier- Salvatore Adamo (1943), né en Sicile, il a grandi à Jemappes dès 1947.
Chorale
modifier- Chorale des Mineurs du Borinage, chœur d'hommes, fondé en 1922.
Festival
modifier- Festival de Dour, festival européen de musique alternative.
Chanson
modifier- On est borègne, chanson populaire du Borinage.
Lithographie
modifierThéâtre
modifierLe comédien Jean-Claude Derudder, né à Quiévrain en 1943, participe à des spectacles en patois picard du Borinage.
Gastronomie
modifier- Le pagnon borain est un plat s'apparentant à la tarte au sucre.
- La Bière Darbyste est une boisson fermentée à base de figues, d'orge et de blé non maltés, de sucre et de blanc d'œufs. La recette aurait été popularisée par les frères darbystes, à l'origine d'une communauté anglo-protestante dans le Borinage. Elle a été classée parmi les 5 meilleures bières du monde par le New York Times.
Économie
modifierLe Borinage, ancienne région charbonnière du Hainaut centrée autour de Mons, Boussu, Frameries, Colfontaine et Saint-Ghislain, présente aujourd’hui une économie marquée par une longue transition post‑industrielle. Après la disparition progressive de l’extraction minière et du gros de la sidérurgie au cours de la seconde moitié du XXe siècle[25], le tissu productif s’est recomposé autour d’industries résiduelles, de la logistique, des services publics et de nouveaux pôles technologiques, tout en restant confronté à un chômage structurel supérieur aux moyennes belge et européenne. Les indicateurs régionaux wallons montrent un taux d’emploi relativement faible et un taux de chômage encore élevé, ce qui reflète particulièrement bien la situation des communes du sillon industriel montois[45],[46].
L’industrie traditionnelle demeure présente mais fragilisée. Dans la zone de Saint‑Ghislain–Tertre, qui fait partie du bassin borain, le secteur de la chimie a connu récemment une série de restructurations et de fermetures touchant des entreprises comme Gabriel Technologie, Polyol ou encore Yara, sous l’effet conjugué de la hausse des coûts énergétiques, de la faible rentabilité de sites de taille moyenne et du durcissement des normes environnementales européennes[47]. Cette érosion de la chimie illustre la difficulté de maintenir des activités industrielles intensives en énergie dans un contexte de concurrence internationale et de transition écologique. Parallèlement, la logistique reste un employeur important, notamment via de grands entrepôts et plateformes de distribution implantés dans le Borinage et autour de Mons, même si ces activités sont elles aussi exposées aux aléas des décisions de groupes internationaux, comme l’illustrent les annonces de fermetures ou de plans sociaux dans certains centres logistiques de la région[47],[48].
Face au recul des industries lourdes, la stratégie de reconversion s’appuie de plus en plus sur les technologies de l’information, les datacenters et les services à haute valeur ajoutée. L’éco‑zoning de Tertre, par exemple, voit se développer des activités liées à l’IT, à l’intelligence artificielle et aux centres de données, dans le sillage de l’implantation de grands acteurs internationaux du numérique. Ces investissements s’accompagnent d’une montée en puissance de la formation technique et supérieure, avec des cursus spécifiques en maintenance de datacenters et en métiers du numérique proposés dans les hautes écoles et universités de la région, afin d’adapter le profil de la main‑d’œuvre locale aux besoins de ces nouveaux secteurs[47],[49].
La ville de Mons, pôle principal du Borinage élargi, joue un rôle structurant dans cette mutation. Ancien centre de la houille et de la métallurgie, elle s’oriente désormais vers le numérique, les technologies de l’information et de la communication, les biotechnologies et la recherche appliquée, notamment via le parc scientifique Initialis et l’écosystème qui gravite autour de l’Université de Mons[49]. La désignation de Mons comme Capitale européenne de la culture en 2015 a renforcé cette dynamique en stimulant les investissements dans les infrastructures culturelles, le tourisme, l’hôtellerie et la restauration, faisant de la culture un levier économique non négligeable pour l’ensemble du bassin montois et borain[49].
Le secteur public reste un pilier de l’emploi local. En tant que chef‑lieu de province, Mons concentre de nombreuses administrations et services publics, tandis que la présence d’installations militaires et d’organisations internationales à proximité, comme le quartier général de l’OTAN (SHAPE), génère des emplois directs et indirects dans les services, la sécurité, la construction et les activités de support[49],[46]. Dans les communes voisines du Borinage, les pouvoirs locaux, les intercommunales de développement économique et les agences provinciales, telles que Hainaut Développement, soutiennent la création d’entreprises, la réhabilitation de friches industrielles et l’accueil d’investisseurs dans des parcs d’activités modernisés[46],[47].
Malgré ces évolutions, la région reste confrontée à des défis socio‑économiques persistants. Le niveau de qualification moyen y est inférieur à celui d’autres régions belges, et la reconversion des travailleurs issus des secteurs traditionnels vers les métiers du numérique ou des services spécialisés s’avère complexe. Les analyses du marché du travail wallon soulignent la nécessité de renforcer la formation continue, l’accompagnement des demandeurs d’emploi et l’insertion des jeunes, particulièrement dans les communes du sillon industriel où le chômage de longue durée demeure élevé[48],[45]. La démographie du Hainaut, marquée par un vieillissement de la population et une croissance portée surtout par les migrations, ajoute une pression supplémentaire sur les politiques d’emploi et de cohésion sociale, même si la province conserve un potentiel d’attractivité résidentielle et économique à moyen terme[46].
L’économie actuelle du Borinage peut ainsi être caractérisée comme celle d’un ancien bassin minier en reconversion avancée mais inachevée, où coexistent des poches de désindustrialisation, des secteurs émergents à forte intensité technologique, un socle important de services publics et parapublics, ainsi qu’un tissu de PME et de commerces de proximité. La trajectoire future de la région dépendra largement de sa capacité à consolider les filières numériques et logistiques, à valoriser son patrimoine culturel et industriel, et à élever durablement le niveau de qualification de sa population active, afin de réduire les écarts persistants avec les autres régions belges en matière d’emploi et de revenus[47],[46].
Santé
modifierLe système de santé dans le Borinage se caractérise par une organisation hospitalière structurée autour d’un bassin de soins unifié et par une tradition ancienne de médecine sociale. Au cœur de ce dispositif se trouve le Centre hospitalier EpiCURA, issu de la fusion du Réseau Hospitalier de Médecine Sociale et du Centre Hospitalier Hornu‑Frameries. Cette fusion, motivée par la politique belge de rationalisation des bassins de soins lancée en 2006, visait à réduire la concurrence entre établissements et à garantir une offre cohérente et complète pour la population locale. EpiCURA regroupe aujourd’hui trois hôpitaux de proximité Ath, Baudour et Hornu chacun doté d’un service d’urgences, d’un bloc opératoire et d’une unité de réanimation, ainsi que plusieurs sites annexes, dont des polycliniques à Boussu, Frameries et Dour. L’ensemble mobilise environ 2 000 collaborateurs et 400 médecins, avec une priorité affirmée pour la qualité des soins, l’accessibilité financière et le respect des convictions philosophiques des patients[50].
Parallèlement à cette structure hospitalière, le Borinage s’inscrit dans l’histoire plus large du mouvement des maisons médicales, né en Belgique dans les années 1960‑1970. Ces structures de première ligne, inspirées par les mouvements sociaux progressistes et par une volonté de rompre avec une médecine strictement libérale, ont cherché à développer une approche intégrée, solidaire et accessible des soins. Leur essor s’inscrit dans un contexte marqué par la grande grève des médecins de 1964 et par les débats sur la régulation des honoraires et l’organisation démocratique de la santé. Les maisons médicales, soutenues par la Fédération créée en 1981, ont progressivement transformé la pratique de la médecine générale en Belgique, en mettant l’accent sur la prévention, la continuité des soins et l’ancrage communautaire. Elles constituent aujourd’hui un pilier important de la première ligne dans de nombreuses régions, y compris dans les anciens bassins industriels comme le Borinage, où elles répondent à des besoins sociaux et sanitaires spécifiques liés à l’histoire ouvrière du territoire[51],[52].
Dans cet ensemble, les services de santé du Borinage apparaissent comme le produit d’une double dynamique : d’une part, la consolidation hospitalière visant à garantir une offre spécialisée moderne et coordonnée ; d’autre part, l’enracinement d’un modèle de soins de proximité porté par les maisons médicales, héritières des luttes sociales et des idéaux de solidarité. Cette articulation entre hôpital et première ligne contribue à façonner un paysage sanitaire où la proximité, l’accessibilité et la prise en charge globale demeurent des valeurs centrales.
Transports
modifierLe Borinage dispose aujourd’hui d’un système de transports caractérisé par une forte présence du réseau de bus TEC, un maillage ferroviaire maintenu, et un projet structurant de Bus à Haut Niveau de Service (BHNS) destiné à moderniser les liaisons vers Mons. L’ensemble forme un paysage de mobilité en transition, mêlant infrastructures traditionnelles et innovations numériques.
Le réseau de bus constitue l’ossature quotidienne des déplacements. Les lignes du TEC, très utilisées dans les communes de l’ancien bassin minier, sont désormais suivies en temps réel grâce à des outils numériques indépendants comme Letec Finder, qui agrège la position de l’ensemble des bus circulant en Wallonie et fournit des horaires instantanés, des affichages de départ et une cartographie dynamique du réseau. Cette plateforme, référencée sur le portail national des données ouvertes, montre que la région du Hainaut dont fait partie le Borinage représente environ 16 % des bus en circulation sur le réseau wallon, ce qui illustre l’importance du transport routier dans la zone[53].
Sur le plan ferroviaire, le Borinage conserve un ensemble de petites gares locales qui jouent un rôle essentiel pour les navetteurs. Malgré des discussions nationales sur d’éventuelles fermetures, les gares de Hainin, Thulin, Masnuy-Saint-Pierre, Genly, Havré et Obourg restent officiellement maintenues dans l’offre de la SNCB. Cette décision, confirmée par le ministre chargé des Transports en 2026, garantit la continuité du service ferroviaire dans une région où les alternatives restent limitées pour certains villages[54].
L’évolution la plus marquante concerne toutefois le déploiement d’un Bus à Haut Niveau de Service (BHNS) entre Mons et le Borinage. Ce « tram sur pneus », circulant en site propre ou sur route avec priorité, vise à décongestionner la N51, axe majeur représentant près de 30 % du trafic automobile vers Mons. Prévu pour 2026, ce BHNS offrira une fréquence de 5 à 10 minutes en heure de pointe, un fonctionnement à l’électricité ou à l’hydrogène, et un aménagement complet d’un tronçon de 7 km entre les gares de Mons et de Saint-Ghislain. Le budget d’infrastructure atteint plus de 50 millions d’euros, avec une concertation annoncée auprès des habitants et commerçants pour accompagner les travaux et les réorganisations de stationnement[55].
Enfin, l’ensemble de ces dispositifs s’inscrit dans un environnement régional où la Wallonie développe simultanément des outils de mobilité plus larges : informations routières en temps réel, réseau RAVeL, covoiturage, et infrastructures de recharge électrique. Ces services complètent indirectement les déplacements dans le Borinage en facilitant les mobilités alternatives et la multimodalité à l’échelle du territoire[56].
Tourisme
modifierLe tourisme dans le Borinage, région wallonne située à l’ouest et au sud-ouest de Mons, s’articule autour d’un patrimoine industriel exceptionnel, d’une mémoire ouvrière profondément ancrée et d’une reconquête paysagère qui transforme aujourd’hui les anciens sites miniers en espaces culturels, naturels et muséaux. Héritier d’un bassin charbonnier parmi les plus importants d’Europe continentale, le Borinage attire les visiteurs par la singularité de ses terrils, la richesse de ses anciens charbonnages, la présence d’artistes majeurs comme Vincent van Gogh et la vitalité de ses institutions culturelles contemporaines[57],[58].
Le territoire, longtemps marqué par une monoculture industrielle, conserve de nombreux vestiges de son passé houiller : terrils reconquis par la végétation, galeries minières abandonnées, cités ouvrières et infrastructures d’extraction. Ces éléments constituent aujourd’hui un réseau de lieux de visite, souvent accessibles à pied ou à vélo, permettant de comprendre l’évolution du paysage et de la société boraine. Les itinéraires touristiques proposés, comme ceux reliant le terril de l’Héribus à Mons ou le terril Saint-Antoine à Boussu, offrent des panoramas remarquables et une immersion dans l’histoire sociale et technique de la région[57].

Parmi les sites majeurs, le Grand-Hornu, vaste complexe minier du XIXe siècle, se distingue comme un exemple rare d’architecture industrielle néoclassique. Restauré et classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, il abrite aujourd’hui un centre d’art contemporain et de design, faisant du Borinage un pôle culturel d’envergure internationale. D’autres lieux emblématiques, tels que la Maison Van Gogh à Cuesmes ou à Colfontaine, rappellent le séjour du peintre entre 1878 et 1880, période durant laquelle il fut profondément marqué par la condition des mineurs[59],[60].
Le tourisme mémoriel occupe également une place importante, notamment grâce à des sites comme le Rieu du Cœur à Quaregnon, ancien charbonnage restauré et transformé en espace d’exposition, de témoignages et de promenade. Ce lieu met en valeur l’histoire des « gueules noires » et la vie quotidienne des travailleurs, tout en offrant un parcours paysager mêlant jardins ouvriers reconstitués et zones naturelles[61].
La région propose aussi des expériences culturelles variées : musées, festivals, patrimoine religieux, maisons du peuple de style Art nouveau, ainsi que des institutions muséales de Mons, ville voisine et centre urbain du Borinage. Le Beffroi de Mons, classé à l’UNESCO, ou encore le Musée du Doudou, complètent l’offre touristique pour les visiteurs souhaitant élargir leur découverte[62],[63].
Enfin, la transformation écologique des terrils et des anciennes friches industrielles attire un public intéressé par la randonnée, l’observation de la faune et la découverte de paysages atypiques. La végétation spontanée, les zones humides et les panoramas élevés confèrent au Borinage une dimension naturelle inattendue, contrastant avec son passé industriel[57].
- La Maison Van Gogh de Cuesmes.
Sport
modifierLe sport dans le Borinage s’inscrit dans une longue tradition populaire héritée de la sociabilité ouvrière qui caractérisait cette ancienne région charbonnière. Dès le XIXe siècle, les cités minières voient apparaître des sociétés de gymnastique, des clubs de balle pelote et des associations cyclistes, souvent fondés autour des maisons du peuple ou des coopératives, lieux centraux de la vie communautaire. Cette structuration sportive accompagne l’essor du mouvement ouvrier et reflète une culture locale où l’effort physique, la solidarité et l’esprit collectif occupent une place essentielle[58].
Au XXe siècle, la fermeture progressive des charbonnages transforme profondément le paysage, mais les pratiques sportives se réinventent en s’appuyant sur les nouveaux espaces disponibles. Les terrils, autrefois symboles de l’industrie lourde, deviennent des terrains d’entraînement pour la randonnée, le VTT ou la course à pied, profitant d’une reconquête végétale qui a métamorphosé ces reliefs artificiels en zones naturelles accessibles. Plusieurs itinéraires balisés, comme ceux reliant le terril de l’Héribus à Mons ou le terril Saint-Antoine à Boussu, sont aujourd’hui utilisés pour des activités sportives de plein air, intégrant le patrimoine minier dans une dynamique contemporaine de loisirs actifs[57].
Le cyclisme occupe une place particulière dans la région, tant pour la pratique quotidienne que pour les événements populaires. Les parcours traversant les anciens sites industriels, les réserves naturelles et les villages ouvriers constituent un terrain apprécié des amateurs de ravel et de vélo route. Des initiatives locales, telles que les promenades organisées à travers les vignobles du Mons-Borinage, témoignent de l’intégration du sport dans une offre touristique renouvelée, où l’activité physique devient un moyen de redécouvrir le territoire[64].
- Le Royal Francs-Borains est le club de football phare de la région.
- Le Royal Albert Quévy-Mons est né à la suite de la fusion entre le RAEC Mons et le petit club de Quévy.
Personnalités
modifier- Salvatore Adamo (né en 1943) : chanteur auteur-compositeur italo-belge, a grandi à Jemappes.
- Arthur Bastien (1855-1918 ) : né à Ghlin, homme politique socialiste wallon du POB.
- Isabelle Blume (1892-1975) : née à Baudour, deuxième femme parlementaire, militante fémininste, antifascite. Socialiste (exclue du parti socialiste en 1951), parlementaire indépendante rejoint le parti communiste en 1964, conseillère communale communiste d'Hornu en 1965.
- Alphonse Brenez (1862-1933) : né à Hornu, homme politique et syndicaliste socialiste wallon.
- Modeste Carlier (1820-1878) : né à Wasmuel, peintre belge, lauréat du prix de Rome belge de peinture en 1850.
- Georges Cordier (1901-1941) : né à Boussu, homme politique et syndicaliste communiste wallon, membre du Parti communiste de Belgique.
- Walter Dauge (1907-1944) : originaire de Flénu, homme politique belge, proche du trotskisme.
- Alfred Defuisseaux (1843-1901) : né à Mons, avocat et un homme politique socialiste et républicain.
- Joseph Dufrane dit Bosquétia (1833-1906) : né à Frameries, écrivain belge d'expression picarde.
- Jules Dufrane (1848-1935) : né à Frameries, homme politique socialiste belge.
- Freddy Deghilage (1943-2011) : né à Hornu, homme politique belge, membre du Parti socialiste.
- Eugène Degorge, (1825-1907) : né à Boussu, homme politique libéral belge.
- Stanislas Dotremont (1893-1969) : né à Boussu, écrivain catholique belge de langue française.
- Jacques Dupuis (1914-1984) : né à Quaregnon, architecte belge.
- Paul Hankar (1859-1901) : né à Frameries, architecte et designer belge, un des principaux représentants de l’Art nouveau.
- Juvénal Gandibleux (1900-1969) : né à Quaregnon, homme politique et syndicaliste wallon, membre du Parti communiste de Belgique.
- Jules Godart (1877-1909) : né à Quaregnon, un chanteur lyrique belge.
- Jules Guérin (1801-1886) : né à Boussu, médecin belge, fondateur de l’Institut orthopédique de Paris.
- Françoise Houdart (née en 1948 à Boussu) : écrivaine belge d'expression française.
- Jean Huard (1928-2002) : né à Boussu, 99e évêque du diocèse de Tournai.
- Albert Liénard (1938-2011) : né à Quaregnon et mort à Frameries, homme politique belge, membre du cdH.
- Constant Malva (1903-1969) : né à Quaregnon, mineur et écrivain prolétarien belge.
- Désiré Maroille (1862-1919) : né à Frameries, homme politique socialiste wallon du Parti ouvrier belge (POB).
- Camille Moury (1873-1924 ) : né et mort à Dour, homme politique socialiste wallon du POB .
- Henri Roger (1861-1917) : mort à Quaregnon, homme politique du Parti Ouvrier Belge.
- Louis Piérard (1886-1951) : né à Frameries, homme politique belge et un militant wallon.
- François Pirette (né en 1963) : humoriste belge, est né à Mons et a grandi à Jemappes
- Auguste Toubeau (1855-1912) : né à Frameries, syndicaliste professionnel et socialiste.
- Henri Tournelle (1893-1959) : né à Quaregnon, dramaturge auteur, notamment, de nombreuses pièces en borain.
- Philibert Verdure (1857-1939) : né et mort à Mons, journaliste et homme politique socialiste wallon du POB.
Notes et références
modifier- 1 2 Mons-Borinage, portail de l'arrondissement de Mons.
- 1 2 Une région de tradition industrielle : Mons - Borinage, Myriam Honorez, Bulletin de la Société Géographique de Liège, 1994, p. 85.
- 1 2 3 4 5 Maurice-Aurélien Arnould, « L'histoire du Borinage : Revue annuelle de la Commission royale belge de folklore », Tradition wallonne, Bruxelles, Jean-Pierre Ducastelle, vol. 6 « Le Hainaut », , p. 24-26
- 1 2 3 Gonzalès Decamps, Mémoire historique sur l'origine et les développements de l'industrie houillère dans le bassin du Couchant de Mons, Dequesne-Masquillier, (lire en ligne), p. 98
- ↑ V. de Bauffe, « Carte figurative levée á la vue, ayant pris les justes distances de l'un des objets à l'autre, et marquée de différents projets des chaussées pour le transport du charbon de terre de Mons à Tournay par Ath; dressée par le colonel V. de Bauffe, dans la première moitié du XVIIIe siècle », sur www.cartesius.be (consulté le )
- ↑ Jean Cahen, Edmond Bruet, Carrières, plâtrières, ardoisières, Paris, Librairie J.B. Baillière et Fils, , p. 79
- ↑ Louis Chambaud, Nouveau Dictionnaire François-Anglois & Anglois-François, t. 1, Londres, Cadell & Davies, (lire en ligne)
- 1 2 3 Arthur Dinaux, Archives historiques et littéraires du Nord de la France et du Midi de la Belgique, Valenciennes, Bureau des Archives, rue de la Nouvelle Hollande, 7 bis, , 569 p. (lire en ligne), p. 127
- ↑ Eman Martin, « Ce que veut dire Borinage et d'où dérive ce mot », Le Courrier de Vaugelas, , p. 5 (lire en ligne)
- ↑ Luc Courtois, Les noms de rue de Louvain-la-Neuve : une ville nouvelle en Wallonie : modernité et enracinement, Fondation wallonne Pierre-Marie et Jean-François Humblet, (ISBN 2-9600072-2-0 et 978-2-9600072-2-0, OCLC 52004366, lire en ligne)
- ↑ Gabriel Antoine Joseph Hécart, Dictionnaire rouch-français, Valenciennes, Lemaître, libraire, rue du Quesnoy, n° 30,
- ↑ Patrick Lefèvre, Histoire politique de la région Mons-Borinage. Intérêts économiques et idéologies 1830-1870, Analectes d'histoire du Hainaut, tome XVIII, Hannonia, Mons, 2022, p.6.
- ↑ « Géoportail », sur www.cartesius.be (consulté le )
- ↑ Pierre Ruelle, « Le patois borain », Revue de l'Institut de Sociologie Solvay, vol. 2-3, , p. 309-310
- ↑ Jacques Bourdon, Le Borinage : Etude de géographie humaine, Mons, Institut de Recherches Economiques du Hainaut, , p. 10
- 1 2 Jean Puissant, L'évolution du mouvement ouvrier socialiste dans le Borinage, Académie Royale de Belgique, (lire en ligne), p. 30
- ↑ René Marlière, « Aspect géographique du Borinage », Revue de l'Institut de Sociologie de Solvay, vol. 2-3, , p. 64
- ↑ Maurice-Aurélien Arnould, « Histoire du Borinage », Revue de l'Institut de Sociologie Solvay, vol. 2-3, , p. 71
- ↑ Claude Feltz et Magali Kummert, Les territoires paysagers de Wallonie, (ISBN 2-87401-167-3 et 978-2-87401-167-2, OCLC 914249018, lire en ligne)
- ↑ Castiau, La Haine et la Sambre (CPDT)., Institut du Patrimoine Wallon, (ISBN 978-2-8056-0099-9 et 2-8056-0099-1, OCLC 838449758, lire en ligne), p. 151
- ↑ Alain Jouret, 1914-1918 dans la région de Mons-Borinage. En patois et en images, Saint-Ghislain, 2018, 512 p. (Publication extraordinaire du Cercle d'histoire et d'archéologie de Saint-Ghislain et de la région, 17).
- ↑ Idem
- ↑ « St. Ghislain, Belgium – Data Centers – Google », sur www.google.nl (consulté le )
- ↑ Adriaan Linters, Architecture industrielle en Belgique, Industriële architectuur in België, Industria architecture in Belgium, Pierre Mardaga, Liège, 1986, (ISBN 2-87009-284-9)
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 Jean Puissant, L'évolution du mouvement ouvrier socialiste dans le Borinage, Bruxelles, Académie royale des sciences, des lettres et des beaux-arts de Belgique, , 712 p. (ISBN 978-2-8031-0112-2), p. 83
- ↑ Henri Pirenne, Histoire de Belgique, Tome VII, Maurice Lambertin, Bruxelles, 1948, p. 319.
- ↑ Aimé Nicolas Leroy, Arthur Dinaux, André Joseph Ghislain Le Glay, Archives historiques et littéraire du Nord de la France, et de Midi de la Belgique, Volume 7 ;Volume 13, p.128
- 1 2 Émile Michel Braekman, Histoire de l'Église protestante de Dour, Bruxelles, R. Leys, , p. 8-13, 131
- ↑ Sjraar van Heugten, Marije Vellekoop, Leo,. Jansen et Bart Moens, Van Gogh au Borinage : la naissance d'un artiste : [exposition, Musée des Beaux-Arts de Mons, 25 janvier au 17 mai 2015], Fonds Mercator, dl 2015, cop. 2015 (ISBN 978-94-6230-067-5 et 94-6230-067-4, OCLC 904959981, lire en ligne)
- 1 2 Émile Michel Braekman, Le protestantisme belge au 17e siècle, Carrières-sous-Poissy, La Cause, , p. 51-57
- ↑ Rolande Delguste-Devismes, Canterbury, refuge des protestants de Picardie. Les registres de l'église wallonne de Canterbury de 1580 à 1739
- ↑ Robert Collinet, Histoire du protestantisme en Belgique au XVIIe et XVIIIe siècles, Bruxelles, Libraire des Éclaireurs Unionistes, , p. 42-44
- ↑ Roland Crahay, La tolérance civile, Bruxelles, , p. 22-29
- ↑ L. Honnoré, R. Plisnier, C. Pousseur, P. Tilly (dir.), 1000 personnalités de Mons et de la région, Mons, p. 295-296
- 1 2 3 4 5 6 Laurence Druez, Inventaire des archives de l'Église protestante de Dour. 1788-2001, Bruxelles, Archives générales du Royaume, , p. 11, 13
- ↑ Ed. Roland, « L'organisation du culte protestant dans le département de Jemappes (1802-1805) », Annales de la Fédération Archéologique et Historique de Belgique, 33e session, Tournai 1949, t. 2, , p. 57-59
- ↑ Caroline Sägesser, Cultes et laïcité, Bruxelles, CRISP, , p. 13-15
- ↑ Émile Michel Braekman, Histoire du Protestantisme en Belgique au XIXe siècle, p. 114-121
- 1 2 3 (fr-BE) « folklore », sur La culture Boraine (consulté le )
- ↑ http://www.sonuma.be/archive/le-circuit-de-la-mort-au-borinage
- ↑ http://www.fr.universcine.be/films/la-presence-desolee
- 1 2 3 [PDF] Clotilde Cantamessa et Isabelle Decuyper, « Carl Norac et Emmanuelle Eeckhout : le Noir Quart d'heure, tradition boraine », in Lectures n°194, janvier-février 2016.
- ↑ Pierre Farla, Pierre Farla, architecte et urbaniste : itinéraire, , 295 p. (ISBN 978-2-87009-826-4, lire en ligne), p. 272.
- ↑ « Administration communale de Frameries », sur frameries.be (consulté le ).
- 1 2 « Taux d'activité, taux d'emploi et taux de chômage par commune calibrés sur l'enquête sur les forces de travail », sur Iweps (consulté le )
- 1 2 3 4 5 « Le Hainaut en cartes et en chiffres 2026 », sur Hainaut Développement (consulté le )
- 1 2 3 4 5 « Fermeture d'entreprises : la fin de l'industrie chimique à Mons-Borinage ? | Tele MB », sur www.telemb.be, (consulté le )
- 1 2 (fr-BE) « Chiffres », sur Le Forem (consulté le )
- 1 2 3 4 « L’emploi, l’économie & les commerces – Mons en mieux » (consulté le )
- ↑ arcadmin, « EpiCURA : qualité des soins et proximité au service de la population d’Ath et du Borinage », sur Architecture Hospitalière - Belgique, (consulté le )
- ↑ « Accueil », sur Fédération des maisons médicales (consulté le )
- ↑ « 1945-1990 : maisons médicales, semailles et germination - Politique », sur www.revuepolitique.be, (consulté le )
- ↑ « Letec Finder - Suivez vos bus TEC! », sur letecfinder.be (consulté le )
- ↑ « pas de suppression de 6 petites gares à Mons Borinage | Tele MB », sur www.telemb.be, (consulté le )
- ↑ « Un Bus à Haut Niveau de Service pour relier le Borinage à Mons | Service public de Wallonie », sur spw.wallonie.be (consulté le )
- ↑ « Mobilité et infrastructures », sur www.wallonie.be (consulté le )
- 1 2 3 4 Quentin Rombaux, « 51 – Itinéraires d’un ancien bassin charbonnier : le Borinage », sur srbg.be, (consulté le )
- 1 2 (fr-BE) « Le Borinage », sur La culture Boraine (consulté le )
- ↑ « Le Grand-Hornu | Grand Hornu », sur www.grand-hornu.eu (consulté le )
- ↑ « Maison Van Gogh », sur Pôle muséal Mons (consulté le )
- ↑ « Rieu du Coeur | Patrimoine Minier Wallon – Quaregnon, Hainaut », sur Rieu du Coeur (consulté le )
- ↑ « Site du beffroi », sur Pôle muséal Mons (consulté le )
- ↑ « Musée du Doudou », sur Pôle muséal Mons (consulté le )
- ↑ Vincent Gallez, « info-mons.be : actualités, agenda et reportages photo à Mons & Borinage », sur info-mons.be (consulté le )
Sources
modifier- Jean-Marie Laurent, Dictionnaire Borin-Français, Édition du Sablier, Ghlin, 1996
Annexes
modifierBibliographie
modifier- Collectif, Boussu, Hensies et Quiévrain, Mardaga, 1999 (ISBN 2870098804)
- Maurice Arnould, L'Histoire du Borinage, Librairie encyclopédique, Bruxelles, 1951 (OCLC 67061254)
- Alain Audin, Mons-Borinage, Paul Legrain, Bruxelles, 1989 (OCLC 23007100)
- Paul-Marie Boulanger et André Lambert, « La Dynamique d'un développement non durable : le Borinage de 1750 à 1990 », Espace, populations, sociétés, vol. 19, no 3, , p. 311-324 (lire en ligne, consulté le )
- Marcel Capouillez, Les charbonnages du Borinage, Catalogue d'exposition, Grand Hornu, 1994.
- Guillaume Jacquemyns, La Vie sociale dans le Borinage houiller : Notes, statistiques, monographies, Bruxelles, Libraire Falk fils, , 490 p.
- Alain Jouret, La grève des mineurs borains de 1912, dans Revue belge d’histoire contemporaine, t. 14, 1983, p. 421-460.
- Alain Jouret, 1914-1918 dans la région de Mons-Borinage. En patois et en images, Saint-Ghislain, 2018, 512 p. (Publication extraordinaire du Cercle d'histoire et d'archéologie de Saint-Ghislain et de la région, 17).
- Alain Jouret, Révolution industrielle et « tenages bon » à Elouges : les grèves au charbonnage de Belle-Vue (1825-1828), dans Mémoires et publications de la Société des sciences, des arts et des lettres du Hainaut, t. 90, 1990, p. 99-120, ill.
- Alain Jouret, Un aspect méconnu de l’histoire sociale du Borinage : catastrophes dans les charbonnages de 1795 à 1956, réactions philanthropiques ou politiques et interventions officielles, dans Annales du Cercle d’histoire et d’archéologie de Saint-Ghislain et de la région, t. 7, 1995, p. 89-202.
- Alain Jouret, Un symptôme de la prolétarisation des mineurs borains avant 1830 : les grèves dites « tenages bon », dans Revue belge d’histoire contemporaine, t. 19, no 3-4, 1988, p. 655-695.
- Alain Jouret, Une conséquence du vote de la loi sur la réparation des accidents du travail (24 décembre 1903) : la création de « l’Hôpital de Warquignies », à Boussu, au lendemain de la première guerre mondiale, dans Annales du Cercle d’histoire et d’archéologie de Saint-Ghislain et de la région, t. 7, 1995, p. 203-220.
- Patrick Lefèvre, Histoire politique de la région Mons-Borinage. Intérêts économiques et idéologies 1830-1870, Analectes d'histoire du Hainaut, tome XVIII, Hannonia, Mons, 2022, 730 p.(http://www.hannonia.be/a-paraitre.html).
- Jean Puissant, « Les Origines de la presse régionale socialiste dans le Borinage », Revue belge d'histoire contemporaine, t. V, nos 3-4, , p. 493-546 (lire en ligne, consulté le ).
- Jean Puissant, L'Évolution du mouvement ouvrier socialiste dans le Borinage, Bruxelles, Palais des Académies, , 694 p. (ISBN 2-8031-0031-2, lire en ligne).
- Jean Puissant, « Foi et Engagement politique : Quelques réflexions sur la signification sociale du réveil protestant dans le Borinage », Problèmes d'histoire du christianisme, Bruxelles, Éditions de l'Université de Bruxelles, vol. 11, , p. 9-26 (lire en ligne, consulté le ).
- Pierre Ruelle (Communication à la séance mensuelle du 10 mars 1984), « Le Borinage de 1925 à 1935 : Un paysage intellectuel oublié », Bulletin de l'Académie royale de langue et de littérature françaises, vol. XLII, no 1, , p. 52-69 (lire en ligne, consulté le ).
- Pierre Tilly, Les Italiens de Mons-Borinage : une longue histoire, EVO, Bruxelles, 1996 (ISBN 9782870033180)
Ouvrage jeunesse
modifier- Carl Norac, illustrations d'Emmanuelle Eeckhout, Le Noir Quart d'heure, Pastel, L'École des loisirs, 2015
Liens externes
modifier- Histoire, folklore, le passé minier de Wasmes et du Borinage
- On est Borégne !, chanson populaire du Borinage (sur le site Jemappes et son Histoire)