Louis Jean Baptiste Simonet de Maisonneuve
Louis Jean Baptiste Simonet de Maisonneuve, né le à Paris et mort le à Paris 11e, est un dramaturge français.
| Naissance | |
|---|---|
| Décès | |
| Nom de naissance |
Jean Baptiste Louis Simonet de Maison Neuve |
| Nationalité | |
| Activité | |
| Rédacteur à |
Biographie
modifierFils d’un père marchand, dont la famille jouissait dans le commerce d’une notabilité de plus de deux siècles, Maisonneuve a fait ses études au collège des Oratoriens de Soissons. Ayant terminé, à l’âge de seize ans, ses humanités, après deux années de philosophie, il étudie les mathématiques, avant d’entrer, selon le vœu de ses parents, dans la profession de commerçant[1].
À dix-huit ans, son travail le plus assidu lui a rapidement fourni une autonomie financière, lui permettant de se réserver assez de liberté pour aller quelquefois au spectacle. Le Théâtre-Français, alors au sommet de sa splendeur, concentrait des talents exceptionnels. Ce théâtre ayant bientôt capté toute son attention, il s’est laissé complètement emporter par l’attrait irrésistible qu’il exerçait[1]. De 1764 à 1763, sans cesser ses activités commerciales, il compose cinq grands ouvrages dramatiques et un grand nombre de poésies de différents genres, sans autre guide ou conseils, que les représentations des les œuvres des grands maitres.
En 1770, âgé d’à peine vingt-cinq ans, il lit sa première tragédie, Roxelane et Mustapha, au Théâtre-Français. Reçue à l’unanimité par Le Kain, Brizard, Préville, Molé, Dumesnil, Saint-Val, etc. La pièce de Simonet, indifférent aux pressions et peu soucieux de l'avenir de ses créations, dormira quinze ans dans les archives du théâtre[1]. En 1785, Simonet, qui avait depuis longtemps perdu tout espoir de la voir représenter, apprend que Roxelane et Mustapha est enfin à l’étude. Chamfort avait alors donné, en 1777, Mustapha et Zéangir, tragédie sur le même sujet, qui avait déjà obtenu plusieurs prix académiques, et dont la réception était postérieure à la sienne, mais Chamfort avait des protecteurs puissants, et un fauteuil à L’Académie lui était promis, tandis que Maisonneuve n’était pas un « auteur de métier[1]. »
Comme Roxelane et Mustapha était une œuvre de jeunesse, Maisonneuve, craignant son inexpérience apparaisse dans cette œuvre de jeunesse, il tente sans succès de la retirer. Bien lui en prend car, contrairement à ses craintes, Roxelane a obtenu un très grand succès (1785)[2]. « On y trouve, dit Grimm, un mérite réel, les élans d’une âme douce et sensible, des mouvements et des effets d’une conception vraiment dramatique. »
Dans Odmar et Zulna (1788), Grimm signale[Où ?] les vers suivants, d’une heureuse inspiration et d’une touche ferme :
Puisqu’il fut malheureux, il doit être sensible...
En cessant d’être roi, j’appris à me connaître...
Un monarque est puissant quand son peuple est heureux...
Il n’a point encor vu les larmes d’une mère...
Maisonneuve voulait encore retirer son ouvrage avant la première représentation. Plus tard, il racontait avec bonhomie qu’il avait dit aux acteurs : « Je viens d’écouter la pièce avec attention ; eh bien ! elle m’a ennuyé moi-même[2]. »
Vers le commencement de l’année 1792, il est vivement sollicité de faire représenter le Siège de Rouen, tragédie pleine de ferveur nationale et de témoignages de loyauté, de dévouement et d’affection des Français pour leurs monarques, composée en 1765, à l’époque du succès éclatant du Siège de Calais de Belloy. Plusieurs répétitions de la pièce, mise à l’étude, avaient eu lieu, mais la chute de la monarchie, le , l’a obligé a retirer son ouvrage, dont la représentation aurait pu s’avérer funeste pour lui et les comédiens. Le cinquième acte de la tragédie de Narsèsn’a pas été retrouvé dans ses manuscrits, soit qu’il ait négligé d’achever la pièce, soit qu’insatisfait du dénoûment, il ait jugé à propos de n’en conserver aucune trace[1].
La comédie de l’Homme sensible et l’Insouciant a été représentée le , sous le titre du Faux Insouciant, à contrecourant de l’actualité politique du moment. N’ayant eu qu’un faible succès, cette comédie a été bientôt retirée par l’auteur[1]. On lui doit encore : le Droit de mainmorte aboli dans les domaines du roi, poème (Paris, 1781, in-8º); Lettre d’Adélaïde de Lussan au comte de Comminges, héroïde (Paris, 1781, in-8º). Il a, en outre, édité la Nouvelle bibliothèque de campagne (Paris, 1777, 24 vol. in-12), collaboré à l’Almanach parisien vers 1784, et publia quelques vers dans l’Almanach des Muses[2].
Également désintéressé qu’indifférent à la gloriole littéraire, éloigné des hommes de coterie[3], les excès de la Révolution, qu’il n’approuvait pas, l’ont également amené à vivre dans l’obscurité et l’oubli. Pour cette raison, il s’était toujours refusé à faire imprimer ses ouvrages, en dépit des succès éclatants, qu’ils avaient obtenu[4]. Il faudra attendre 1824, pour disposer d’une édition en un vol. in-8º, comprenant, outre des poésies diverses, épitres, odes, stances, les deux tragédies intitulées : Roxelane et Mustapha, Odmar et Zulma ; l’Homme sensible et l’insouciant ou le Faux insouciant, comédie, avec le portrait de l’auteur, de ses Œuvres, éditée par François Chéron[5].
Œuvre
modifier- Roxelane et Mustapha, .
- Odmar et Zulma, .
- Le Siège de Rouen.
- Le Faux insouciant.
- Narsès.
Éditions en ligne
modifier- François Chéron (éd.), Œuvres de L. J. B. de Maisonneuve, Paris, Claude-Joseph Trouvé (éd.), , xliv, 406 p., port. 21 cm (OCLC 1323052484, lire en ligne).
Notes et références
modifier- 1 2 3 4 5 6 François Chéron, « Notice sur la vie et les ouvrages de M. de Maisonneuve », dans Simonet de Maisonneuve, François Chéron, Œuvres, Paris, Claude-Joseph Trouvé (éd.), , xliv, 406 p., port. 21 cm (OCLC 1323052484, lire en ligne), i-.
- 1 2 3 « Louis Jean Baptiste Simonet de Maisonneuve », dans Pierre Larousse, Grand dictionnaire universel du XIXe siècle, Paris, Administration du grand dictionnaire universel, 15 vol., 1863-1890 [détail des éditions]..
- ↑ Victor Du Bled, « Les Comédiens français pendant la Révolution et l’Empire 1789-1815 », Revue des deux mondes, Paris, vol. 124, no 3, , p. 618-49 (ISSN 0750-9278, lire en ligne sur Gallica).
- ↑ « Nécrologie », Le Conservateur, Paris, Le Normant fils, t. 3, , p. 231 (ISSN 1246-6131, lire en ligne sur Gallica).
- ↑ « Il paraitra… », La Quotidienne, Paris, no 293, , p. 4 (lire en ligne sur Gallica).
Liens externes
modifier- Ressource relative au spectacle :