Louise De Hem
Louise De Hem ou Dehem, née à Ypres le et morte à Forest le , est une artiste-peintre belge pastelliste, portraitiste, peintre de natures mortes et de scènes de genre.
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Biographie
modifierLouise Marie Antoinette Dehem, née à Ypres en 1866, est la fille d'Henri Dehem, négociant, et d'Eulalie Bartier. Elle est la benjamine d'un fratrie de huit enfants. En 1876, sa sœur Hélène épouse le peintre de genre Théodore Cériez. En 1908, Louise épouse, à quarante-deux ans, l'ingénieur Frédéric (ou Fritz) Lebbe, âgé de quarante-neuf ans[1].
À l'école des filles d'Ypres elle se distingue par son jeu au piano et la qualité de ses travaux pratiques, elle montre dès le plus jeune âge beaucoup de goût et d'application pour l'art du dessin. La porte des académies étant à cette époque fermée aux femmes en Belgique, c'est son beau-frère, Théodore Cériez qui lui sert de maître, puis, à Bruxelles en 1886, elle s'applique à copier des tableaux de grands maîtres flamands[2].
Dans les années 1887-1891, elle se forme à Paris. Elle y fréquente l'atelier de Fernand Cormon. En contact avec le milieu pictural belge, elle est remarquée par Alfred Stevens qui la forme et encourage son penchant pour le pastel et les natures mortes[1]. De 1889 à 1891, elle travaille selon modèle à l'Académie Julian où elle suit l'enseignement des portraitistes Benjamin-Constant et Jules Lefebvre[2].
En 1891, elle retourne vivre à Ypres où elle partage l'atelier de son beau-frère Cériez. Cette même année, elle travaille pendant quelques mois en plein air, et obtient sa première commande avec un portrait.
Elle varie ensuite les sujets (portraits, natures mortes et scènes de genre), exposant en Belgique et à Paris, au Salon des Artistes français. Elle acquiert une notoriété internationale, participant aux expositions universelles de Chicago (1893) Bruxelles (1897 et 1910), Paris (1900) et Saint-Louis (1904). Elle y reçoit de nombreuses médailles et récompenses. En 1904, elle décroche des médailles d'or, au Salon de Paris avec La Poupée japonaise, au salon de Lille en 1902 avec un tableau intitulé Indigence et à la Women's Exhibition à Londres[2].
Elle a beaucoup de succès comme portraitiste mondaine avec ses œuvres souvent intimistes aux tonalités lumineuses et chatoyantes et au dessin gracile, recevant de nombreuses commandes[réf. nécessaire].
Après la mort de Cériez en 1904, elle s'installe avec sa mère et sa sœur Hélène à Forest où elle continue sa carrière de portraitiste. En 1904, elle fait construire au 11 rue des Barnabites[3] à Forest (actuellement 15, rue Darwin), d'après les plans qu'elle aurait dressés elle-même, et qui selon Franco Borsi (en) sont « inspirés et presque plagiés de Blerot »[4],[5],[6]. Cette belle maison de maître mélange d'Art nouveau et de rococo, jouxtant un vaste et lumineux atelier aux lignes plus sobres, témoignant de la réussite d'une artiste femme, comme du rôle important que les beaux-arts jouaient alors dans la société.
Elle expose une dernière fois en 1915.
Le , elle décède à Forest d'une courte maladie et est inhumée au cimetière de Forest[7].

En 1927, sa sœur Hélène fait don de 49 œuvres à la commune d'Ypres, noyau d'une nouvelle collection pour le musée de cette ville[1].
Sélection d'œuvres
modifier- Les Huîtres, huile sur toile, salon de Spa, 1885.
- Fillette des champs, pastel et huile sur toile, 1891.
- Retour d'une procession en Flandre, pastel, 1891.
- La Poule égarée, pastel, 1891.
- Portrait du chevalier Émile Hynderick, huile sur toile, salon de Gand 1892.
- Portrait d'Emma et Léon Osterrieth, pastel, 1899.
- Devant le calvaire, 1900.
- Indigence, huile sur toile, salon de Lille, 1902.
- Vieille de l'Yser, 1915.
Hommages et distinction
modifierTous les cinq ans, la ville d'Ypres organise le Prix national de peinture Louise De Hem.
Une « Rue Louise De Hem » perpétue sa mémoire à Forest ainsi qu'une « Dehemlaan » (avenue Dehem) à Ypres.
Louise De Hem s'est vu décerner l'ordre de la Couronne par Albert Ierde Belgique :
Chevalier de l'ordre de la Couronne en 1911.
Bibliographie
modifier- J. Dewilde et A. Vandenbilcke, Een charmante kijk op de Belle Epoque : Louise De Hem (1866-1922), Ypres, 1992.
- (en) « Belgian Women Painters », sur Women's Art at the World's Columbian Fair & Exposition, Chicago 1893 (consulté le ).
Œuvres
modifierNotes
modifier- 1 2 3 Catherine Jacques, Valérie Piette, Jean-Pierre Nandrin, Éliane Gubin, Jean Puissant, Marie-Sylvie Dupont-Bouchat, Dictionnaire des femmes belges : XIXe et XXe siècles, Bruxelles, Racine, (lire en ligne)
- 1 2 3 Jan De Wilde, Nouvelle biographie nationale - volume 5, Bruxelles, Académie royale des sciences, des lettres et des beaux-arts de Belgique, (lire en ligne), p. 93-95
- ↑ Explication des ouvrages de peinture, sculpture, architecture, gravure, dessins, modèles, Paris, 1905 : "De Hem (Louise-Marie-Antoinette), née à Ypres (Belgique), élève de Benjamin-Constant et de MM. Stevens et Jules Lefebvre. - A Bruxelles-Forest, rue des Barnabites, 11 (avenue Brugmann)."
- ↑ Franco Borsi, Bruxelles 1900, Rizzoli, 1977, p. 70 : "Louise de Hem, qui avait construit pour elle une maison et un atelier inspirés et presque plagiés de Blerot".
- ↑ Beaucoup d'auteurs attribuent actuellement cette construction à Ernest Blerot lui-même.
- ↑ Le catalogue complet des œuvres de Blerot repris dans : Musée des Archives d'architecture moderne. Collection, Bruxelles, 1986, p. 90, ne lui attribue toutefois pas cette création.
- ↑ « Nécrologie », Le Soir, , p. 4 (lire en ligne
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