Lucien Maréchal
Lucien Maréchal, né à Saint-Servais le et mort à Liège le , est un écrivain belge de langue wallonne. Il est l'un des quatre fondateurs et le premier secrétaire du cercle littéraire dialectal Lès Rèlîs Namurwès.
Biographie
modifierLucien Maréchal est né à Saint-Servais le , dans une famille d'origine liégeoise. Celle-ci déménage rapidement à Jambes, où Lucien fréquente l'école primaire communale. C'est là qu'il apprend le wallon namurois, au contact de ses condisciples[1]. Il poursuit ensuite sa scolarité à l'Athénée royal de Namur où son père, Alphonse Maréchal (1856-1936), est professeur de latin et de grec[2].
Après ses études secondaires, étant exempté de service militaire, il entre directement à l'Administration des Finances, où il obtient le un poste de receveur intérimaire. Il est alors affecté aux villages situés aux alentours de Namur[2].
Après la Première Guerre mondiale, il exerce la fonction de vérificateur au sein de l'Administration des douanes et accises, à Liège. Il termine sa carrière comme chef de bureau[2]. Dans cette ville, où il emménage en prenant ses fonctions, il s'investit au sein du Musée de la vie wallonne et du Royal Caveau liégeois[3].
Lucien Maréchal meurt le à son domicile, au 1 rue des Éburons à Liège. Il lègue sa bibliothèque à la Ville de Namur et l'association Le Vieux-Liège[4].
Rôle au sein des Rèlîs Namurwès
modifierLe , alors qu'il fréquente l'Athénée royal de Namur, en classe de poésie (5e année de l'enseignement secondaire belge), Lucien Maréchal cofonde avec trois camarades — Georges Pelouse, Auguste Demil et Télesphore Lambinon — le cercle littéraire dialectal Lès Rèlîs Namurwès. Son frère ainé, Paul Maréchal, le rejoint rapidement dans cette entreprise[5] et il obtient également un appui de leur père, qui est passionné de dialectologie et déjà à cette époque membre titulaire de la Société de langue et de littérature wallonnes[6]. C'est par l'entremise de ce dernier que les Rèlîs obtiennent du préfet un local où organiser leurs réunions[7]. Lucien Maréchal est nommé secrétaire du cercle, une fonction qu'il assume, à quelques mois près, durant cinquante ans[7].
De 1910 à 1912, après avoir collaboré avec les autres membres du cercle au journal local Li Couarneû, il s'investit grandement dans l'édition du titre Li Ban Cloke (« La Cloche du Ban »), produit par l’imprimeur-éditeur namurois Émile Chantraine en collaboration avec les Rèlîs Namurwès. Il est à la fois le rédacteur en chef et le principal rédacteur de ce périodique[7],[8].
En 1964, année de son décès, il coorganise encore une exposition intitulée Deux siècles de littérature dialectale à Namur, qui draine plus de 2 000 visiteurs durant ses deux semaines d'ouverture, du au [9].
Il est considéré comme le « principal animateur » du cercle[7]. Selon Félix Rousseau, il est « vraiment l'incarnation du Cercle, sa cheville ouvrière, son âme »[10].
Carrière de littérateur
modifierLes premières œuvres wallonnes de Lucien Maréchal sont publiées sous le pseudonyme Vèrdasse[11],[7].
Dès 1911, il reçoit un deuxième prix au concours de la Société de langue et de littérature wallonnes pour son recueil de poésie Djon.nias[12].
Il collabore à plusieurs reprises avec son frère Paul, pour des articles sur l'histoire, les métiers ou le folklore locaux. En 1909, leur étude La Meunerie au Pays de Namur leur vaut une médaille d'or au concours de la Société de langue et de littérature wallonnes[12],[11]. En 1930, ils publient également de concert leur Anthologie des Poètes Wallons Namurois, dont Lucien est le principal rédacteur[12].
Après l'aventure du Ban Cloke, il collabore encore à plusieurs périodiques : Sambre et Meuse, Le Guetteur wallon, La Vie Wallonne, Enquêtes du Musée de la Vie wallonne[4], Les Cahiers wallons[12], L'Opinion wallonne (paraissant à Paris)[13], Le Vieux Liège[3]… Il est aussi l'auteur d'une demi-douzaine de pièces de théâtre en wallon, la plupart en collaboration avec d'autres membres des Rèlîs Namurwès[14].
En 1932, Lucien Maréchal est admis à la Société de langue et de littérature wallonnes, où il rejoint son père Alphonse, reçu en 1906[12]. En 1950, le prix biennal du Gouvernement lui est octroyé pour Monsieû li R'civeû, un roman de mœurs villageoise qui s'inspire de sa première carrière[4],[15].
Au long de ta carrière carrière littéraire, il obtient au total une médaille d'or, trois médailles d'argent, trois troisièmes prix et huit mentions aux concours de la Société de langue et de littérature wallonnes[4]. Il reçoit aussi la Gaillarde d'Argent du Comité Central de Wallonie lors des lors des Fêtes de Wallonie 1958[12].
En 1979, il fait partie des auteurs sélectionnés par Maurice Piron pour son Anthologie de la littérature dialectale de Wallonie.
Autres engagements
modifierEn aout 1918, Lucien Maréchal est membre du comité de la Ligue de Défense wallonne[13].
De 1932 à 1935, il siège au jury du Grand Prix du Roi Albert 1er[14].
Œuvres
modifierN.B. : une liste des œuvres de Lucien Maréchal, incluant ses ouvrages inédits, a paru dans un numéro spécial des Cahiers wallons dévolu à la bibliographie des Rèlîs Namurwès[16].
En tant qu'auteur
modifier- (wa) Moûse, Namur, éd. Chantraine G., 1925.
- (wa) Monsieû li R'civeû, Gembloux, éd. J. Duculot, 1952.
- (wa) Tot à l' doûce, (préf. Joseph Calozet), numéro spécial des Cahiers wallons, année 1965, no 6-8, juin-septembre-.
En tant qu'anthologiste
modifier- (wa) Anthologie des Poètes wallons namurois (codirigée avec Paul Maréchal), Namur, Imprimerie E. Dubois & Fils, 1930, 267 p.
- (wa) Po nos Scolîs, Gembloux, Imprimerie J. Duculot, coll. « Les Cahiers wallons, 1re série » (no 35), , 50 p. (lire en ligne
).
Études
modifier- « La Meunerie au Pays de Namur : Vocabulaire technologique » (coécrite avec Paul Maréchal), Bulletin de la Société liégeoise de littérature wallonne, t. 54, , p. 153-198 (lire en ligne
[PDF]). - « Vingt-cinq années d'activité wallonne du Cercle Royal Littéraire “Les Rèlis Namurwès” », Le Guetteur Wallon, nouvelle série no 43, , p. 129-155 (lire en ligne
). - « Cinquante années d'activité wallonne du Cercle Royal Littéraire “Les Rèlis Namurwès” », Les Cahiers wallons, 2e série, , p. 107-149 (ISSN 2030-6091, lire en ligne
).
Récompenses et distinctions
modifierPrix littéraires
modifierNotes et références
modifierRéférences
modifier- ↑ Paul Gilles et Lès Rèlîs Namurwès, Qué bia bouquèt ! : Anthologie sonore du wallon namurois, Namur, Lès Rèlîs Namurwès, (ISBN 978-2-96033-400-5), p. 251.
- 1 2 3 Dewez et al. 2015, p. 66.
- 1 2 George 2003, p. I.
- 1 2 3 4 Joseph Calozet, « Lucien Maréchal : 1892-1964 », préface à Tot à l' doûce, numéro spécial des Cahiers wallons, année 1965, no 6-8, juin-septembre-octobre 1965, p. 139-140.
- ↑ Dewez et al. 2015, p. 15.
- ↑ Dewez et al. 2015, p. 66-67.
- 1 2 3 4 5 Dewez et al. 2015, p. 68.
- ↑ Dewez et al. 2015, p. 332.
- ↑ George 2003, p. IV.
- ↑ Félix Rousseau, « Propos d'un Archiviste sur l' histoire de la Littérature Dialectale à Namur : IIe partie : 1880-1965 », Les Cahiers wallons, 2e série, année 1965 nos 1-2-3, janvier-février-mars 1965, p. 82 (ISSN 2030-6091, lire en ligne
). - 1 2 Fernand Pieltain, « Lucien Maréchal », dans Lucien et Paul Maréchal, Anthologie des Poètes wallons namurois, Namur, Imprimerie E. Dubois & Fils, , p. 191.
- 1 2 3 4 5 6 Dewez et al. 2015, p. 69.
- 1 2 Dewez et al. 2015, p. 70.
- 1 2 George 2003, p. III.
- ↑ George 2003, p. II.
- ↑ « MARECHAL Lucien (Vèrdasse) », Les Cahiers wallons, 2e série nos 7-8-9 « Bibliographie des travaux des “Rèlîs namurwès” », , p. 194-195 (ISSN 2030-6091, lire en ligne
). - ↑ « Distinctions », Vers l'Avenir, 19e année no 99, , p. 5 (lire en ligne
).
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier
: document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.
- Victor George, « Lucien Maréchal : 24 avril 1892 - 26 novembre 1964 », Wallonnes, Liège, Société de langue et de littérature wallonnes, nos 1/2003, 1er trimestre 2003, p. I-IV (ISSN 1374-9412).

- Joseph Dewez, Bernard Louis et Axel Tixhon, Les Kriegscayès : La Grande Guerre des Rèlîs Namurwès, Namur, Société archéologique de Namur, coll. « Namur. Histoire et Patrimoine », , 448 p. (ISBN 978-2-87502-055-0).
