Lucrezia Gonzaga
Lucrezia Gonzaga (née à Gazzuolo le et morte à Mantoue le ) est une écrivaine[1] et noble italienne.
Biographie
modifierEnfance et éducation
modifierElle nait au château de Gazzuolo, de Pirro Gonzaga, seigneur de Gazzuolo, membre de la branche cadette de la maison de Gonzague de Sabbioneta et Bozzolo, et de Camilla Bentivoglio, issue des seigneurs de Bologne[2]. Elle passe son enfance à la cour de son père, où elle manifeste très tôt une grande familiarité avec la culture littéraire, musicale et picturale. Gazzuolo était fréquenté par des hommes de lettres et des esprits brillants tels que Jean Pic de la Mirandole[3], Baldassare Castiglione et Mathieu Bandello[4].
Elle perds ses parents en 1529, et est confiée à sa grand-mère, Antonia del Balzo. Au printemps 1538[5], elle déménage à Castel Goffredo, à la cour de son oncle, le marquis Louis-Alexandre de Castiglione, où elle est confiée à l'éducation de Ginevra et Costanza Rangoni, ainsi qu'à celle de son cousin Lodovico Pico della Mirandola, chargé de lui enseigner les sciences physiques[6].
Elle reçoit également l'enseignement de Matteo Bandello, poète accueilli à la cour et secrétaire de Cesare Fregoso[7],[8]. Il lui enseigne les mathématiques, l'astronomie, la rhétorique et la logique, et compose des poèmes en son honneur, réunis dans les Canti XI delle lodi della signora Lucrezia Gonzaga di Gazuolo (Onze chants à la louange de dame Lucrezia Gonzaga de Gazzuolo).
Mariage et descendance
modifierÀ la mort de Ginevra Rangoni, en 1540, la seconde épouse de son oncle, Caterina Anguissola, ne souhaite plus l'avoir à sa cour[réf. nécessaire]. À l'âge de 18 ans, Lucrezia est donc mariée à Giampaolo Manfrone. Elle prend le nom de Lucrezia Gonzaga Manfrona. Le mariage est célébré à Mantoue, avec l'accord du cardinal Ercole Gonzaga, évêque de la ville
Giampaolo Manfrone est un condottiere au service de la république de Venise. Le couple s'installe donc à Fratta Polesine[9], dans le palais familial, après son mariage. Lucrezia y créé une petite cour et devint une amie proche et ambitieuse de Luigi Groto, Girolamo Ruscelli et Ortensio Lando. Outre la poésie et la littérature, elle étudie la rhétorique et la philosophie, et apprends également la musique.
En juillet 1546, Giampaolo Manfrone est accusé de conspirer contre le duc de Ferrare, qui le fait arrêter et condamner à mort. Grâce à l'intervention de sa femme auprès de plusieurs princes italiens ainsi qu'auprès du duc de Ferrare, Hercule II d'Este, la condamnation est commuée en emprisonnement à perpétuité. Les demandes répétées de Lucrezia pour obtenir la libération de son mari ne sont toutefois pas entendues, et Manfrone meurt à la prison de Ferrare le 9 février 1552.
Lucrezia et Giampaolo ont eu quatre enfants dont [10] :
Dernières années
modifierLucrezia s'installe à Mantoue après la mort de son mari. Elle y rencontre l'homme de lettres Luca Contile, et consacre le reste de sa vie à la poésie, à l'astronomie ainsi qu'à l'étude de la littérature classique grecque et latine[12]. Avec l'écrivain Giovanni Maria Bonardo, elle fonde, vers 1555, l'Accademia dei Pastori Fratteggiani ( Académie des Pasteurs Fratteggiani)[13].
Restée fidèle à la mémoire de son époux défunt, elle refuse toutes les propositions de mariage qui lui sont faites. Elle adopte comme emblème la figure d'une biche, accompagnée de la devise Nessun mi tocchi (Que personne ne me touche)[14].
Elle mourut à Mantoue en 1576.
Hommages
modifierLucrezia a été célébrée par de nombreux poètes et hommes de lettres, parmi lesquels : Le Tasse, Girolamo Ruscelli, Lodovico Paterno, Diomede Borghesi, Orazio Toscanella et Domenico Veniero. Elle a été également célébrée par l'Accademia degli Invaghiti de Mantoue, fondée par César Ier de Guastalla[15].
Le poète Matteo Bandello lui a dédié la nouvelle XXI (Le sixième Tarquin viole Lucrèce et est chassé de Rome) de la deuxième partie de ses Novelle, publiée en 1554[16].
Œuvres
modifier- Lettere della molto illustre sig. la s.ra donna Lucretia Gonzaga da Gazuolo con gran diligentia raccolte, & a gloria del sesso feminile nuouamente in luce poste. Venice, 1552 (rassemblées par Ortensio Lando?)
- Lucrezia Gonzaga, Lettere. Vita quotidiana e sensibilità religiosa nel Polesine di metà ‘500, a cura di Renzo Bragantini e Primo Griguolo, Minelliana, Rovigo, 2009.
Ascendance
modifierNotes et références
modifier- ↑ (it) Ambrogio Levati, Dizionario biografico cronologico: diviso per classi degli uomini illustri di tutti i tempi e di tutte le nazioni, vol. 2, N. Bettoni, (lire en ligne)
- ↑ « Genealogia Gonzaga di Bozzolo »
- ↑ (it) Vincenzo Devit, Dell'illustre donzella Issicratea Monti Rodigna, Tip. del Seminario, , 32 p. (lire en ligne)
- ↑ (it) Matteo Bandello, Novelle, vol. 2., G. Silvestri, (lire en ligne)
- ↑ (it) Lucrezia Gonzaga, Renzo Bragantini (ed.) et Primo Griguolo (ed.), Lucrezia Gonzaga lettere. Vita quotidiana e sensibilità religiosa nel Polesine di metà ’500, Rovigo, Minelliana, (ISBN 9788865660201)
- ↑ (it) Rosalia Amari, Calendario di donne illustri italiane, Florence, Bencini, (lire en ligne), p. 41
- ↑ (it) « Centro Studi Matteo Bandello e la Cultura Rinascimentale » [archive du ]
- ↑ (it) Piero Gualtierotti, Matteo Bandello alla corte di Luigi Gonzaga, Mantoue,
- ↑ (it) « Da Fratta Polesine il ritratto di una nobildonna del '500. » [archive du ]
- ↑ « Associazione Culturale Minelliana »
- ↑ « Treccani.it. Lucrezia Gonzaga. »
- ↑ Amari 1857, p. 42.
- ↑ (it) « Fratta e il Rinascimento. » [archive du ] (consulté le )
- ↑ (it) « Copia archiviata » [archive du ] (consulté le )
- ↑ (it) Ezio Maria Simini, « Lucrezia Gonzaga e il tramonto dei Manfron », Quaderni di storia e di cultura scledense, Schio, no 16,
- ↑ (it) La seconda parte de le Novelle, In Lucca, per il Busdrago, (lire en ligne)
Annexes
modifierBibliographie
modifier- « Lucrezia Gonzaga », dans Pierre Larousse, Grand dictionnaire universel du XIXe siècle, Paris, Administration du grand dictionnaire universel, 15 vol., 1863-1890 [détail des éditions].
- (en) Meredith K. Ray, « Lucrezia Gonzaga (1522–1576). Epistolary Icon and Religious Dissident », dans Meredith K. Ray, Twenty-Five Women Who Shaped the Italian Renaissance, London, Routledge, (ISBN 9781003081807).
Liens externes
modifier- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :