Luigi Guelpa
Luigi Guelpa, né le à Biella (Piémont) et mort le dans la même ville, est un avocat, enseignant, syndicaliste, journaliste, historien et homme politique italien.
| Luigi Guelpa | |
Buste de Luigi Guelpa à Biella. | |
| Fonctions | |
|---|---|
| Député du royaume d'Italie | |
| – (4 ans, 4 mois et 28 jours) |
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| Élection | 23 novembre 1890 |
| Réélection | 6 novembre 1892 |
| Circonscription | Novare II (it) (1890-1892) Cossato (it) (1892-1895) |
| Législature | XVIIe, XVIIIe |
| Groupe politique | Extrême gauche |
| Prédécesseur | Vincenzo Ricci (it) |
| Successeur | Federico Garlanda (it) |
| Biographie | |
| Date de naissance | |
| Lieu de naissance | Biella (Piémont) |
| Date de décès | (à 67 ans) |
| Lieu de décès | Biella (Piémont) |
| Nationalité | Sarde (1843-1861) italienne (1861-1911) |
| Profession | Avocat, enseignant |
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Proche des idées de Giuseppe Mazzini, il est député à la Chambre des députés du royaume d'Italie de 1890 à 1895.
Biographie
modifierJeunesse
modifierLuigi Guelpa naît le dans une famille bourgeoise de Biella, chef-lieu de la province éponyme, au nord du Piémont. Il est scolarisé au séminaire, où il s'intéresse à l'histoire et à la philosophie, puis étudie le droit à Turin. Il suit les cours d'histoire de la philosophie de Domenico Berti, député et ministre libéral, à l'Université de Rome. Ils le marquent profondément, et influencent certainement sa vision giobertienne de l'histoire de l'Italie et de sa primauté humaniste[1].
Carrière
modifierIl devient professeur d'histoire et de géographie au lycée de Biella. Il y publie en 1875 l'ouvrage Il classicismo e l'ufficio degli studi classici nella storia della civiltà (« Le classicisme et le rôle des études classiques dans l'histoire de la civilisation »), dans lequel il défend l'importance éducative des études humanistes, en faisant référence entre autres aux penseurs catholiques Terenzio Mamiani, Cesare Balbo et Vito Fornari (it). Il greffe à sa pensée des apports mazziniens et s'éveille à la question sociale et à la lutte des classes en observant les conditions de vie et de travail des ouvriers de la région de Biella, qui font grève en 1877. En tant qu'avocat, il défend des ouvriers agricoles grévistes qui encourent des peines de résidence surveillée. Il devient porte-parole du mouvement mazzinien et se lie au mouvement des coopératives de Biella, dont il fonde la fédération en 1888. Politiquement, il prône une collaboration entre capital et travail pour atteindre l'élévation morale et matérielle du travailleur et maintenir paix sociale. Il rallie Felice Cavallotti, meneur de l'extrême gauche historique à la Chambre des députés[1].
Il expérimente le journalisme à l'université puis devient directeur de la section littéraire de L'Eco dell'industria di Biella (« L'Écho de l’industrie de Biella »). En 1881, il fonde le bimensuel La Sveglia (« Le Réveil »), organe des démocrates de la ville. Il tient une ligne ouvrière jusqu'en 1885 puis radicale de 1885 à 1886, tandis que Luigi Guelpa, lui, se dit « cavallottien oui, mais radical jamais » (« cavallottiano sì, ma radicale mai »). Il se distingue par un discours tenu devant l'Association démocratique subalpine à Turin le sur Giordano Bruno, le Risorgimento et l'anticléricalisme, dans une réadaptation mazzinienne de Berti. En 1886, il salue Benedetto Cairoli, venu à Biella pour y inaugurer un monument à Giuseppe Garibaldi, comme « le sauveur du plus chevaleresque, du plus loyal des rois, d'Humbert Ier notre souverain bien-aimé » (« il salvatore del più cavalleresco, del più leale dei Re, di Umberto I nostro amatissimo Sovrano »), montrant que son mazzinisme ne transparait pas vraiment au delà des questions sociales. Après la fondation de La Sveglia, Luigi Guelpa s'implique plus en politique, faisant de son journal un lieu de rassemblement pour l'extrême gauche de la ville, des radicaux aux anarchistes[1].
Député
modifierIl se présente aux élections législatives de 1890 dans la circonscription de Cossato. Le , il est élu en deuxième position avec plus de 10 000 voix. À la chambre des députés, il débat et interpelle le gouvernement pour demander l'amélioration des conditions des travailleurs. Le , il interpelle le gouvernement pour demander s'il prévoyait de légiférer en matière de social. Il effectue une série de propositions sur la responsabilité de l'employeur en matière d'assurance. Il réclame d'urgence la reconnaissance du droit de la classe ouvrière à la satisfaction de ses besoins primaires en matière de logement, alimentation, éducation, santé, sécurité, sécurité sociale, etc. Il met en garde la Chambre face à l'avancée des classes ouvrières qui, sans ces droits, endommagerait la paix sociale et favoriserait la division du pays. Le gouvernement et les députés refusent le texte . Luigi Guelpa propose alors la création d'une « commission du travail ». Le , lors d'un discours à Rome, il évoque un organe similaire, une « chambre du travail », dont il impulse la constitution le . Il est présent lors de la signature du pacte fédératif[1].
En , il réunit à Biella les représentants de vingt-deux sociétés ouvrières pour qu'elles se coordonnent et qu'elles nomment leurs délégués au congrès socialiste qui se tient les et suivants à Gênes. Réformiste et démocrate, il s'oppose aux anarchistes. Par crainte d'un retour au pouvoir de Francesco Crispi, il se rapproche du gouvernement de Giovanni Giolitti, de la gauche historique modérée. Néanmoins, le , il exhorte Giolitti à élargir sa majorité à gauche. Faute d'avoir pu concilier la gauche réformiste et l'extrême gauche radicale, il est battu lors des élections législatives du . Il déclare alors dans une lettre aux électeurs de la circonscription de Cossato : « Je représentais un élément de conciliation entre capital et travail ; la succession revient maintenant à un jeune adepte des doctrines de Karl Marx »[1].
Dernières années
modifierRedevenu avocat, il défend des accusés touchés par les mesures répressives du gouvernement Crispi, tels que le socialiste Oddino Morgari (it) en 1897. Il reprend ses recherches historiques sur le Risorgimento. Il est l'auteur d'une étude historique sur la bataille de Mentana parue en 1889 à Novare et rééditée à Rome en 1891. Dans ses dernières années, sa réflexion historico-politique se concentre sur la perpetuation de la tradition mazzinienne en opposition avec le marxisme. En 1902, il tient à l'université de Gênes un cours de vingt-et-unes sur « L'esprit, la doctrine et l'œuvre de Giuseppe Mazzini dans l'histoire de la civilisation du siècle » (édité en un livre la même année à Biella). La dernière leçon est dédiée à l'opposition entre le mazzinisme et le matérialisme et l'internationalisme marxiste. Dans la même université, le , il fait une conférence intitulée « Dieu, l'humanité, patrie, comme éléments complémentaires de la pensée politique de Giuseppe Mazzini », édité à Gênes l'année suivante dans le livre Mazzini du comité pour la célébration du centenaire de sa naissance. Il y explique que« le matérialisme est la philosophie des époques de décadence, tandis que l'idéalisme est la philosophie des époques d'initiative et de grandeur des individus, des peuples, de l'humanité »[1].
Il meut le à Biella. Le syndicaliste Rinaldo Rigola lui rend hommage, disant « s'il avait été plus accommodant, il lui aurait été facile de passer au socialisme tempéré, à l'heure où la démocratie bourgeoise se tournait vers le coucher du soleil [...]. Mais il ne l'a pas fait par fidélité à son idéalisme mazzinien »[1].
Publications
modifier- (it) Icanti di Stefano Mina. Studio critico [« Icanti de Stefano Mina. Étude critique »], Turin, .
- (it) Notes sur l'esprit du médecin Bartolomeo Sella et sur l'œuvre caritative qu'il a créée, [« Appunti sulla mente del medico Bartolomeo Sella e sull'opera di beneficenza da lui istituita »], Rome, .
- (it) Le classicisme et le rôle des études classiques dans l'histoire de la civilisation [« Il classicismo e l'ufficio degli studi classici nella storia della civiltà »], Biella,
- (it) La légende à Noli [Série d'articles pour le supplément littéraire à l'Écho de l'industrie] [« La leggenda in Noli [serie di articoli per il supplemento letterario all'Ecodell'industria] »], Biella, .
- (it) Les bienfaiteurs de la municipalité de Cossato. Discours [« I benefattori del Comune di Cossato. Discorso »], Biella, .
- (it) Caisse de tempérance [« Cassa di temperanza »], Biella, .
- (it) Épithalame [pour le mariage Bellia-Faà] [« Epitalamio [per nozze Bellia-Faà] »], Biella, .
- (it) Contribution à l'étude de la théorie de la population agricole. Relation [« Contributo allo studio della teoria sulla popolazione agricola. Relazione »], Turin, .
- (it) Sur les causes de l'émigration excessive de la population agricole vers les villes et sur les remèdes les plus appropriés pour éviter le dépeuplement des campagnes et la densification excessif des villes. Relation [« Sulle cause dell'eccessiva emigrazione della popolazione agricola nelle città e sui rimedi più opportuni per evitare lo spopolamento delle campagne e l'eccessivo addensamento nelle città. Relazione »], Turin,
- L'esprit, la doctrine et l'œuvre de Giuseppe Mazzini dans l'histoire de la civilisation du XIXe siècle [« La mente, la dottrina e l'opera di G. Mazzini nella storia della civiltà del sec. XIX. Sommario »], Biella, .
- (it) Pour les biellesi tombés dans les batailles de la patrie. Commémoration tenue le 26 juin 1904 [« Per i biellesi caduti nelle battaglie della patria. Commemorazione tenuta il 26 giugno 1904 »], Biella,
- (it) Dieu, l'humanité, patrie, comme éléments complémentaires de la pensée politique de Giuseppe Mazzini [« Dio, umanità, patria, quali elementi integratori del pensiero politico di G. Mazzini »], Gênes,
Résultats électoraux
modifierÉlections législatives
modifierRéférences
modifier- 1 2 3 4 5 6 7 Giuseppe Monsagrati, « Guelpa, Luigi », Dizionario biografico degli Italiani, vol. 60, (lire en ligne)
Annexes
modifierBibliographie
modifier- Rinaldo Rigola, Commemorazione di Luigi Guelpa in Crocemosso il 24 marzo 1912, .
- Angelo Stefano Bessone, , Uomini tempi ambienti operai che hanno preparato Oreste Fontanella, Biella, , p. 84-103.
Liens externes
modifier- Ressources relatives à la vie publique :