Luigi Riccoboni

acteur italien

Luigi ou Louis Riccoboni, dit Lélio, né le |à Modène et mort le à Paris, est un comédien et écrivain italien.

Luigi Riccoboni
Rôle de Mezzetin, détail de la gravure de Cochin père d’après l’Amour au théâtre italien de Watteau.
Biographie
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Biographie

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Riccoboni est un comédien connu au théâtre sous le pseudonyme de Lélio, nom de l'un des masques de la commedia dell'arte. Fort jeune encore (1698), il se met à la tête d’une troupe itinérante en Italie. Comme auteur, il rédige alors des tragi-comédies à l'espagnole pour son répertoire. Il a aussi traduit Britannicus et Andromaque de Racine[1].

En 1716, appelé à Paris par le Régent, Philippe d'Orléans, pour renouveler la troupe royale italienne fermée par Louis XIV en 1697, il installe sa troupe dans l'ancien théâtre de l'hôtel de Bourgogne. Au début, il tente sans succès d'y faire jouer ses adaptations en italien du grand répertoire, mais il revient rapidement à la commedia dell'arte, ou commedia all'improvviso, théâtre largement improvisé à partir de canevas, interprété par des comédiens jouant toujours un même emploi sous un nom de convention. Rapidement, il renonce à cette pratique au profit de comédies, dont les personnages étaient interprétés par des acteurs spécialisés dans un rôle spécifique, comme l'inévitable Arlequin, qui menait le plus souvent le jeu dramatique. Il abandonne également l’usage de la langue italienne incomprise du public parisien, qui avait fini par déserter le théâtre de l’Hôtel de Bourgogne[2]. Jacques Autreau est le premier à avoir fait parler les acteurs italiens en français, dans Le Naufrage au Port-à-l'Anglois[3].

À la demande du duc Antoine Farnèse, il se rend à Parme à la fin de 1730, où il devient "contrôleur général des menus plaisirs et inspecteur des théâtres", mais, rapidement, la mort de son protecteur, jointe à des scrupules religieux que l’on verra se développer dans son livre De la réformation du théâtre (Paris, 1743), le déterminent à revenir à Paris en et à renoncer à l’art dramatique. Il continue cependant à écrire sur l'art de la scène, dont il critiquait maintenant le manque de sens moral et il polémique sur sa conception de l'art dramatique avec le marquis Scipione Maffei reçu par lui à Paris en 1736 et auteur à succès de la tragédie Mérope[4].

On lui doit, entre autres, une importante Histoire du Théâtre italien depuis la décadence de la comédie latine, Paris, 1728-31, 2 vol. in-8º ; Observations sur la Comédie et le génie de Molière, 1736 ; Le Nouveau Théâtre italien, Paris, 1753, 10 vol. (recueil des pièces de théâtre jouées par sa troupe depuis 1716) ; un poème Dell’Arte rappresentativa, Londres et Paris, 1728, in-8º, sur l'art de jouer ; Pensées sur la déclamation, 1737, in-8º ; Réflexions historiques et critiques sur les différents théâtres de l'Europe, 1738, in-8º, etc[1].

Il a eu de sa femme Elena Balletti, actrice sous le genre de Flaminia, et femme de lettres, un fils lui aussi comédien, Antoine-François Riccoboni, qui a épousé, en 1735, Marie-Jeanne Laboras de Mézières, romancière connue sous le nom de Marie-Jeanne Riccoboni[5].

Notes et références

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  1. 1 2 Xavier de Courville, Un apôtre de l'art du théâtre au XVIIe siècle : Luigi Riccoboni dit Lélio, Paris, Librairie théâtrale, (OCLC 470502388).
  2. Alessia Gennari, « Pratique et réception du jeu italien à Paris au commencement du XVIIIe siècle : (1716-1718) », dans Julie Vatain-Corfdir, La Scène en version originale, Paris, Presses de l’université Paris-Sorbonne, , 31-38 p. (lire en ligne).
  3. Napoléon-Maurice Bernardin, La Comédie italienne en France et les théâtres de la foire et du boulevard (1570-1791), Paris, Éditions de la Revue bleue, , 235 p., illustr. ; in-16 (OCLC 740659, lire en ligne), p. 183.
  4. Gustave Vapereau, « Riccoboni (Louis) », dans Dictionnaire universel des littératures, Paris, Hachette, , xvi, 2096 p., 2 vol. in-8º (OCLC 3117725, lire en ligne sur Gallica), p. 1731.
  5. Louis de Bonafous de Fontenai, « Riccoboni (Louis) », dans Dictionnaire des artistes : ou Notice historique et raisonnée des architectes, peintres, graveurs, sculpteurs, musiciens, acteurs & danseurs, imprimeurs, horlogers & méchaniciens, t. 2, Paris, Vincent, (lire en ligne), p. 449.

Bibliographie

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  • Xavier de Courville, Luigi Riccoboni dit Lélio, Paris, Librairie théâtrale puis L'Arche, 1958-1969, 3 vol.
  • Sarah Di Bella, L’Expérience théâtrale dans l’œuvre théorique de Luigi Riccoboni. Contribution à l’histoire du théâtre au XVIIIe siècle, suivie de la traduction et l’édition critique de Dell’Arte Rappresentativa de Luigi Riccoboni. Éditions Honoré Champion, 2009.
  • Scipione Maffei, Merope, a cura di Stefano Locatelli, Pisa, ETS, 2008.
  • François Moureau, Le Goût italien dans la France rocaille. Théâtre, musique, peinture (v. 1680-1750), Paris, PUPS, 2011.
  • Luigi Riccoboni, Pensées sur la déclamation, éd. critique de Sabine Chaouche dans Sept Traités sur le jeu du comédien et autres textes. De l'action oratoire à l'art dramatique, 1657-1750, Paris, Honoré Champion, 2001.

Liens externes

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