Léon Sultan
Léon René Sultan (arabe : ليون سلطان), né le à Constantine (Algérie française) et mort le à Casablanca (Maroc) est un juriste franco-algérien et le fondateur du Parti communiste du Maroc[2],[3],[4],[1].
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Avocat, homme politique, militaire |
Biographie
modifierIssu d’une famille judéo-algérienne de Constantine, où il vit le jour en 1905, il était le huitième enfant d’une fratrie nombreuse[2],[5]. Il bénéficiait de la citoyenneté française en vertu du décret Crémieux[2]. Son père exerçait son activité au sein des arsenaux municipaux[2].
Carrière
modifierIl effectua ses études juridiques à la Faculté de droit d'Alger. Par la suite, il œuvra au sein de son propre cabinet d’avocat à Constantine, de 1925 à 1929[2]. En 1929, il transféra son exercice professionnel à Casablanca, au Maroc. En ce lieu, il s’associa à de jeunes militants socialistes et fréquenta assidûment les communautés musulmane et juive locales[2]. Il maîtrisait de manière courante la langue arabe et la langue française[4].
Il fut radié du tableau de l'ordre des avocats par les autorités du régime de Vichy, en application de sa législation antisémite[1].
Activités communiste
modifierSous l'égide du gouvernement du Front populaire, l'année 1936 marqua l'affranchissement légal de l'activisme communiste sur le territoire français[3]. Dans ce sillage, une antenne du Parti communiste français est instituée au sein du protectorat marocain, fixant son siège à Casablanca sous la direction de Léon Sultan, lequel en devint le secrétaire[3]. Cette formation, au contingent restreint, se composait de manière quasi exclusive d'une élite intellectuelle[3]. Sultan y exerçait une activité de publiciste, consignant ses analyses dans les colonnes de La Clarté, périodique hebdomadaire dont le groupe assurait la vocation[3]. Toutefois, cette existence légale fut oblitérée dès 1939 : à l'instar de la structure métropolitaine, l'organisation marocaine fut frappée d'interdiction par les autorités, conséquence directe de la signature du pacte germano-soviétique[3].
L'année 1943 fut témoin d'une résurgence de l'activité communiste au Maroc. C'est à cette époque que Léon Sultan fut désigné pour occuper la fonction de premier secrétaire général du Parti communiste marocain[3].
Service militaire
modifierIl s’enrôla comme volontaire au cours de la Seconde Guerre mondiale pour combattre les forces nazies[1]. Affecté au titre de lieutenant au 5ᵉ régiment de tirailleurs marocains[1], il prit part aux opérations militaires en Alsace, le long du Rhin, dans la forêt palatine, ainsi qu’au Wurtemberg, en Bavière et en Autriche. Il fut atteint d’une blessure au front le [1]. Néanmoins, il maintint son engagement à la tête de sa section jusqu’à la cessation des hostilités, et ne fut évacué vers un hôpital que le [1].
Mort
modifierIl regagna Casablanca au mois de juin, où il devait parachever sa convalescence[1]. Son retour fit l’objet de manifestations organisées par le Parti communiste et diverses organisations démocratiques[1]. Il décéda le de manière subite, des suites d’un accident vasculaire cérébral survenu comme complication de sa blessure, à l’hôpital militaire de la ville[3],[1].
Notes et références
modifier- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 (en) « Le Petit Marocain », Gallica, (consulté le )
- 1 2 3 4 5 6 « SULTAN Léon-René [Dictionnaire Algérie] - Maitron », maitron.univ-paris1.fr (consulté le )
- 1 2 3 4 5 6 7 8 (en) Donald F. Busky, Communism in History and Theory: Asia, Africa, and the Americas, Greenwood Publishing Group, (ISBN 978-0-275-97733-7, lire en ligne)
- 1 2 Sultan, Léon René (DOI 10.1163/1878-9781_ejiw_sim_000782)
- ↑ Alma Heckman, “Sultan, Léon René”, in: Encyclopedia of Jews in the Islamic World, Executive Editor Norman A. Stillman. Consulted online on 26 December 2023 http://dx.doi.org/10.1163/1878-9781_ejiw_SIM_000782
Liens externes
modifier- Ressource relative aux militaires :