Une machine-outil est un équipement mécanique destiné à exécuter un usinage, ou autre tâche répétitive, avec une précision et une puissance adaptées. Elle imprime à un outil, qu'il soit fixe, mobile, ou tournant, un mouvement permettant d'usiner ou de déformer une pièce ou un ensemble fixés sur un plateau mobile ou non.
Machine-outil
Première exposition internationale de machines-outils, en 1898 par l'A.C.F. (aux Tuileries).
Le tour et notamment le tour à métaux a joué un rôle de premier plan au cours de la révolution industrielle[1]. C'est la machine élémentaire de la mécanique industrielle, celle sans laquelle aucune autre machine ne peut voir le jour.
En 1751, Vaucanson invente son célèbre «tour à charioter à bâti métallique» aujourd'hui exposé au Musée national des techniques du Conservatoire national des arts et métiers (CNAM). La principale innovation de ce tour, dont le châssis est constitué de barres de fer boulonnées, réside dans le chariot porte-outil, qui se déplace parallèlement à l'axe des pointes et son guidage prismatique. Le chariot permet l'usinage de pièces pouvant atteindre 1 m de long et 30 cm de diamètre, avec une grande précision.
La même année 1751, Nicolas Focq invente la machine à raboter le fer, puis la machine à aléser.
La création des premières machines-outils est généralement due aux travaux des ingénieurs français du XVIIIesiècle. Les motivations sont doubles.
Certains y voient la possibilité de réaliser mécaniquement des opérations que les techniques artisanales ne peuvent assurer avec précision. Dans cet esprit, les ingénieurs anglais - à la suite de Wilkinson et Maudslay - vont contribuer au perfectionnement et à l'essor de la machine-outil.
D'autres, comme Frédéric Japy - lequel dépose un brevet en 1799 pour une dizaine de machines -, sont animés par le souci d'une meilleure productivité. La description du brevet indique que les machines sont «propres à simplifier et à diminuer la main d'œuvre de l'horlogerie»[2]: «machine à couper le laiton, découpoir, tour à tourner les platines de montres, machine à tailler les roues, machine pour faire les piliers ronds ou carrés, machine à faire le balancier, machine pour percer droit, machine à river les piliers des cages de montres, machine à refaire l'entrée du lardon de potence, machine à fendre les vis»,etc.. Grâce à ses inventions, Japy obtient un prix de revient des ébauches de montres au tiers du prix traditionnellement sorti par les artisans.
L'expansion considérable de ces «machines à faire les machines» et leur précision toujours croissante sont depuis cette période un élément majeur du machinisme industriel.
Les machines peuvent, si aucune mesure de prévention n'est prise, présenter des risques pour les opérateurs et tierces personnes amenés à les côtoyer.
Dans l’Union européenne, d'un point de vue réglementaire, la conception et l’utilisation d’une machine-outil doivent être conformes, entre autres:
à la directive "Machines" 2006/42/CE[3] pour la conception,
à la directive 2009/104/CE[4] qui s’adresse aux utilisateurs de machines.
Les fabricants de machines-outils peuvent s'appuyer sur la norme internationale ISO 12100:2010 "Sécurité des machines — Principes généraux de conception — Appréciation du risque et réduction du risque" qui décrit les principes généraux de conception des machines[5]. Les sujets de la prévention des risques mécaniques et de la sécurité intégrée dans la conception des systèmes de commande font aussi l'objet de publications à leur destination, notamment de la part de l'INRS[6],[7].
Un employeur utilisateur au sein de l'UE a l’obligation de maintenir la machine en état de conformité, selon l'article 4.2 de la directive européenne 2009/104/CE.