Madeleine Roubenne

résistante française

Madeleine Roubenne, aussi connue sous le nom de Madeleine Aylmer-Roubenne, née le à Paris et morte le dans la même ville, est une résistante française. Engagée avec son époux au sein de l'Organisation civile et militaire, elle est arrêtée par la Gestapo et est déportée au camp de concentration de Ravensbrück en Allemagne nazie. Elle y donne naissance à une fille, Sylvie, avec qui elle parvient à s'échapper en .

Biographie

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Madeleine Roubenne, née Llusca-Guignard, voit le jour le dans le 10e arrondissement de Paris[1]. Elle est la fille unique de Guillaume Llusca, négociant, et de Suzanne Guignard. Sa mère refuse qu'elle poursuive ses études et la pousse à aller travailler dans une librairie. Elle se met en couple avec Jean Aylmer[2],[3].

Résistance

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Pendant la Seconde Guerre mondiale, qu'elle passe en zone occupée, elle transporte des messages codés pour la Résistance, alors que Jean Aylmer est arrêté en tentant de rejoindre les Forces françaises libres à Londres. Elle est approchée par Christian Pineau et s'engage comme agent P1 avec le grade de sous-lieutenant en au sein de l'Organisation civile et militaire. Après l'évasion de Jean Aylmer, à qui elle fournit des faux papiers, le couple s'installe dans un hôtel à Versailles. Ils aident alors les aviateurs anglais ou américains en fuite. Le couple se marie sous un faux nom en [3].

Déportation

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Le , Madeleine Aylmer et son époux sont arrêtés par la Gestapo à la suite du vol par ce dernier d'armes à l’intendance militaire de Versailles[3]. Elle est séparée de Jean Aylmer et est incarcérée à Fresnes. Elle ne dénonce aucun de ses camarades malgré les mauvais traitements. Elle est rapidement condamnée à la déportation[2].

Le , elle est amenée gare de l'Est où elle rejoint un convoi de 102 femmes à destination du camp de concentration de Ravensbrück. Elle est identifiée par le matricule 61162[3]. Elle est d'abord emmenée au camp de concentration de Natzweiler-Struthof en Alsace annexée avant d'arriver à Ravensbrück, un camp réservé aux femmes. Son époux est déporté à Nordhausen-Dora[2].

Camp de concentration de Ravensbrück

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Madeleine Aylmer donne naissance le à une fille, Sylvie. La direction allemande du camp tolère les accouchements s'ils ont lieu cachés. Elle est alors accompagnée par une sage-femme allemande qui s'est procuré du matériel médical à l'infirmerie[4]. Elle parvient à s'enfuir du camp avec sa fille en en intégrant un convoi de la Croix-Rouge mené par Folke Bernadotte. Elle est rapatriée le par la Suède, puis rejoint Paris. Jean Aylmer est lui porté disparu[2],[3].

Après-guerre

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Elle se remarie en 1948 avec Roger Roubenne, un homme d'affaires proche du Parti communiste français[2]. Le couple a deux autres filles, Sophie en 1949 et Sonia en 1953, et un garçon, Emmanuel, en 1955[3]. Elle adhère au PCF en 1951 et se présente au comité de la section de Champigny[5].

Madeleine Roubenne travaille jusqu'à sa retraite comme secrétaire au Ministère de l'Éducation nationale. Elle témoigne de sa déportation dans J'ai donné la vie dans un camp de la mort. Elle réside à partir de 2003 au sein de l'Institution nationale des Invalides[2], où elle rencontre Jacques et Bernadette Chirac lors de leur visite en 2004[6]. Elle meurt à l'âge de 88 ans le aux Invalides à Paris. Ses obsèques sont célébrées le à la cathédrale Saint-Louis-des-Invalides[3].

Ouvrage

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Reconnaissance

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Postérité

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L'écrivaine Valentine Goby s'inspire de l'histoire de Madeleine Roubenne dans son livre Kinderzimmer, qui retrace l'histoire d'une déportée qui donne naissance à un enfant dans le camp de concentration de Ravensbrück[7].

Distinctions

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Notes et références

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  1. « La résistante Madeleine Roubenne est morte », Libération, (lire en ligne)
  2. 1 2 3 4 5 6 « Décès de la résistante Madeleine Roubenne, qui avait eu un bébé à Ravensbrück », Le Monde, (lire en ligne)
  3. 1 2 3 4 5 6 7 Gérard Larue, « LLUSCA Madeleine, Jeanne, Marie, épouse de Jean, André AYLMER », Le Maitron, (lire en ligne)
  4. « The miracle babies who survived Ravensbruck », France 24, (lire en ligne)
  5. Paul Boulland, Acteurs et pratiques de l’encadrement communiste à travers l’exemple des fédérations PCF de banlieue parisienne (1944-1974), t. I (Thèse de doctorat d'Histoire), , 963 p. (lire en ligne), p. 233
  6. « Jacques Chirac a visité l'Institution nationale des Invalides », Agence France-Presse,
  7. Nathalie Ségeral, « (Re)Claiming Motherhood in the Wake of the Holocaust in Chava Rosenfarb’s ‘Little Red Bird’ and Valentine Goby’s Kinderzimmer », The Journal of Holocaust Research, vol. 34, no 2, , p. 112 (ISSN 2578-5648, DOI 10.1080/25785648.2020.1742497, lire en ligne)
  8. 1 2 3 4 Marc Fineltin, « Roubenne Madeleine », sur Les amis de la Fondation de la Résistance

Voir aussi

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