Madmoizelle
Madmoizelle est un tout en ligne de la presse féminine revendiquant une orientation féministe, édité entre 2005 et 2025.
| Madmoizelle | |
| Création | 20 juillet 2005 |
|---|---|
| Dates clés | : rachat du site par Humanoid : licenciement de la quasi-totalité de la rédaction |
| Disparition | Février 2025 |
| Fondateurs | Fabrice Florent |
| Forme juridique | Société par actions simplifiée |
| Siège social | Paris |
| Activité | Presse en ligne Production audiovisuelle |
| Société mère | Humanoid, elle-même filiale de Crédit mutuel via le groupe EBRA |
| SIREN | 483344107 |
| Site web | www.madmoizelle.com |
| Chiffre d'affaires | 1 268 000 € (2016) |
| Résultat net | 149 000 € (2016) |
| modifier - modifier le code - voir Wikidata | |
S'il reste longtemps un média rentable, il est cédé en 2020 au groupe Humanoid, qui ne parvient pas à le redresser économiquement alors qu'il connaît une exploitation de plus en plus déficitaire. La quasi-totalité de la rédaction est finalement licenciée en , avant que le site ne s'arrête complètement en .
Historique
modifierLe site est fondé à Lille en 2005 par Fabrice Florent[1],[2],[3],[4] et est une propriété de la société Alj Agency[5], à destination des femmes de 15 à 30 ans, à une époque à laquelle selon lui « il n'y avait pas grand-chose pour les lectrices de cet âge[4] ».
En , la rédaction se déplace à Paris, et lance une campagne de financement participatif en juin. En novembre, elle se dote d'une régie publicitaire interne[2].
Fin 2016, Fabrice Florent abandonne le poste de rédacteur en chef et passe la main à Clémence Bodoc[6]. Il reste cependant toujours à la direction du magazine. À la suite de tensions internes, Clémence Bodoc est licenciée en et dès lors remplacée par Mymy Haegel, sa vice-rédactrice en chef[7].
En 2020, Fabrice Florent cède la société ALJ Agency, et donc le site, à la société Humanoid — qui sera elle-même rachetée par le groupe EBRA en 2022. Il est remplacé par Marine Normand à la direction générale et par Mélanie Wanga à la direction des rédactions[8].
Madmoizelle adopte une nouvelle identité graphique en [9].
Après plusieurs restructurations internes — et, d'après Arrêt sur images, un fléchissement vers une ligne éditoriale moins militante et plus consensuelle[10] — qui échouent à faire de Madmoizelle un média rentable, Humanoid licencie en la quasi-totalité de la rédaction du titre afin de le transformer en une « vitrine » existant uniquement à travers des vidéos sur les réseaux sociaux[11],[12],[13].
Faute de recettes, le média cesse cependant complètement l'ensemble de ses activités en [14], la direction d'EBRA indiquant qu'il a cumulé deux millions d'euros de perte entre 2021 et 2023. Un conflit social émerge alors entre le groupe et les anciens pigistes de Madmoizelle, ces derniers réclamant, au titre de la loi Cressard, d'être indemnisés de la perte de travail résultant de l'arrêt du média — indemnités qui leur étaient toujours refusées par la direction à la fin du mois de [15].
Caractéristiques
modifierCible
modifierContenu
modifierLe site produit notamment des contenus consacrés à la culture[4] et notamment à la culture pop, au cinéma, à la littérature, aux séries télé, à la musique, mais aussi aux jeux vidéo ou aux sorties high tech qui sont d'habitude peu présents dans la presse féminine[1][source insuffisante].
Il produit régulièrement des contenus, parfois politiquement engagés[17], sur des sujets touchant à la vie quotidienne des femmes[4], à la sexualité, au corps féminin[18],[17] et la santé, aux représentations des femmes dans les produits culturels, à la culture du viol[19],[20], au harcèlement[21],[22], et au féminisme auquel est consacré une rubrique[23]. Il traite aussi des sujets moins politiques comme la cuisine[réf. nécessaire], la mode ou encore les produits de beauté. En , un article de L'Obs qualifie Madmoizelle de « site féministe jeune et cool »[3].
Madmoizelle comporte également un forum[24],[2]. Le site se décline en une application pour smartphones et tablettes, et dispose d'une chaîne YouTube[25].
Un mémoire de 2019 note que le contenu de la chaîne YouTube Madmoizelle est contraint à la fois par un environnement relativement hostile aux femmes et par sa proximité avec le magazine féminin revendiquant un positionnement féministe tout en restant très grand public pour des raisons de marketing. Les vidéos produites oscillent en permanence entre le rappel des stéréotypes assignés aux femmes, et des tentatives de s'en démarquer par différentes méthodes, dont le recours à l'humour ou à la parodie[17].
Audience
modifierFabrice Florent revendique 4,3 millions de visites en 2013[1]. Selon l’étude Net Observer-Harris Interactive, il est le cinquième site préféré des Français sondés en dans la catégorie « Féminins[2] ». En , Le Figaro rapporte que le site compte 6 millions de visites mensuelles, « un chiffre stable depuis trois ans[8] ».
Collaboratrices
modifierUne partie de la rédaction participe à La Nuit originale de , une table-ronde de vidéastes fondée par Thomas Hercouët[26].
La comédienne Marion Seclin, qui réalise plusieurs chroniques vidéo pour Madmoizelle[27],[28], est régulièrement victime de harcèlement en ligne. En particulier, une vidéo sur le harcèlement lui vaut des menaces de mort en 2016[17].
Léa Bordier est vidéaste chez Madmoizelle pendant plus de trois ans, avant de se faire connaître par sa série Cher Corps[29],[30].
Polémiques
modifierFin , des internautes volent des photos de nus publiées sur un forum privé du site Madmoizelle et les diffusent sur des forums de Jeuxvideo.com. L'éditeur de Madmoizelle réplique alors par des menaces de poursuites[31],[32].
En , le compte Twitter SaferBlueBird accuse Fabrice Florent de harcèlement sexuel, de harcèlement au travail et d'abus de pouvoir, en relayant des témoignages anonymes d'anciennes salariées[33],[3],[34]. Les témoignages affirment entre autres que Madmoizelle licencie ses employées sans préavis quand elles ont des enfants ou sont considérées comme trop vieilles pour correspondre à l'image du magazine ; que l'entreprise incite ses collaboratrices à se mettre en statut d'auto-entrepreneuriat afin d'éviter de leur payer des cotisations sociales ; et qu'elle incite ses rédactrices à afficher leurs poitrines sur la « Seinte Fresque » — un projet body positive permettant à toute femme de déposer sur Madmoizelle une photo de sa poitrine de manière anonyme et sécurisée (selon Madmoizelle[35]) et de voir les photos déposées par d'autres, afin de ne plus être complexées par les poitrines idéalisées et souvent retouchées qui sont présentées dans les médias, films, etc.[3]. Le fondateur du site nie toutes ces accusations[36].
En , un article publié sur le site, titré « Le clip avec Natalie Portman enceinte jusqu'aux yeux qui a horrifié la moitié de la rédac' », critique un clip du chanteur britannique James Blake dans lequel apparaît Natalie Portman. Il évoque la « fascination » et le « dégoût » que provoquerait « le plan sur la peau distendue de la mère où l'enfant commence à gigoter » qui ne serait « pas fait pour les yeux de tous/toutes ». Le site est alors accusé par certains internautes du « body shaming » et de déprécier les femmes enceintes. Un hashtag #Badmoizelle apparaît alors momentanément sur Twitter[16]. Quelques heures plus tard, la rédaction présente ses excuses, affirmant avoir « fait une erreur[37] ».
Notes et références
modifier- Cet article est partiellement ou en totalité issu de l'article intitulé « Humanoid (entreprise) » (voir la liste des auteurs).
- 1 2 3 4 « Madmoizelle, un magazine web créé à Lille... qui n’est pas celui que vous croyez », La Voix du Nord, (consulté le ).
- 1 2 3 4 Cécilia Di Quinzio, « Fabrice Florent (Madmoizelle.com), éternel damoiseau », Stratégies, (consulté le ).
- 1 2 3 4 Renée Greusard, « Avis de tempête sur le site féministe MadmoiZelle », sur L'Obs, Le Nouvel Obs, (consulté le ).
- 1 2 3 4 La rédaction de TF1info, « MadmoiZelle.com, la succes-story à l'accent Ch'ti », sur lci.fr, TF1 Info, LCI, (consulté le ).
- ↑ « ALJ AGENCY (LILLE) Chiffre d'affaires, résultat, bilans sur SOCIETE.COM - 483344107 », sur Societe.com (consulté le ).
- ↑ « Clémence Bodoc devient la nouvelle rédactrice en chef de madmoiZelle », sur madmoizelle.com, (consulté le ).
- ↑ « Mymy devient la rédactrice en chef de madmoiZelle », sur madmoizelle.com, (consulté le ).
- 1 2 Chloé Woitier, « Le site féminin Madmoizelle acquis par l'éditeur de Numerama », sur Le Figaro, (consulté le ).
- ↑ Thomas Moysan, « Une nouvelle identité pour Madmoizelle »
, sur CB News, (consulté le ). - ↑ Margaux Verdonckt, « "Madmoizelle", deux rachats… et moins d'articles engagés ? »
, sur Arrêt sur images, (consulté le ). - ↑ « Le média Madmoizelle envisage de licencier l'intégralité de ses journalistes »
, sur La Lettre, (consulté le ). - ↑ Coline Clavaud-Mégevand, « "Madmoizelle", de média pop féministe à "vitrine pour contenus" »
, sur Arrêt sur images, (consulté le ). - ↑ Emma Poesy, « “Causette”, “Madmoizelle”… La presse féministe en zone de turbulences »
, sur Télérama, (consulté le ). - ↑ Lola Bondu, « EBRA : Fin de partie pour Madmoizelle »
, sur OUR(S), (consulté le ). - ↑ Aude Dassonville, « Les pigistes de « Madmoizelle » réclament toujours leur licenciement »
, sur Le Monde, (consulté le ). - 1 2 « Natalie Portman: un clip la montrant enceinte accouche d'une polémique », L'Express, (consulté le ).
- 1 2 3 4 Constance Marée, « Quelque part entre féminité traditionnelle et féminisme… Analyse des stéréotypes genrés au sein de la chaîne YouTube Madmoizelle », sur handle.net, Faculté de philosophie, arts et lettres de l'Université catholique de Louvain, (consulté le ).
- ↑ « Madmoizelle rétablit la vérité sur le sexe féminin après la polémique autour du livre de Michel Cymes », sur Le Nouvel Obs, L'Obs, (consulté le ).
- ↑ Clemence Bodoc, « Je veux comprendre… la culture du viol », sur madmoizelle.com, (consulté le ).
- ↑ Vincent Manilève, « Quel regard portent les spectateurs sur le film «Gangsterdam»? », sur Slate, (consulté le ).
- ↑ Sandra Lorenzo, « À Rock en Seine, un stand pour lutter contre les agressions sexuelles », sur Le Huffington Post, Le HuffPost, (consulté le ).
- ↑ Jean-Baptiste Roch, « Le harcèlement sexuel, véritable fléau des festivals de musique - Musiques », Télérama, (consulté le ).
- ↑ « Section « Féminisme » », sur madmoizelle.com (consulté le ).
- ↑ « Forums Madmoizelle », sur forums.madmoizelle.com (consulté le ).
- ↑ « Cuisine, courts-métrages, sexualité : 5 chaînes YouTube à suivre en août 2017 », sur Numerama , (consulté le ).
- ↑ Clément Arbrun, « Rencontre avec le créateur de "La Nuit Originale", le plus long podcast de France », Les Inrockuptibles, (ISSN 0298-3788 et 2491-4002, BNF 13175558, lire en ligne, consulté le ).
- ↑ Lucien Chenu, « Le docu qui met en avant les femmes sur YouTube », sur StreetPress, (consulté le ).
- ↑ Fanny Marlier, « Du web à France 2, Marion Seclin ose le féminisme », Les Inrockuptibles, (ISSN 0298-3788 et 2491-4002, BNF 13175558, lire en ligne, consulté le ).
- ↑ « Cher Corps Léa Bordier », sur madmoiZelle.com (consulté le ).
- ↑ https://www.femmesdaujourdhui.be/bien-etre/cher-corps-la-serie-de-lea-bordier-qui-prone-lacceptation-de-soi/
- ↑ Benoit Le Corre, « Vol de photos en ligne : quand les machos se déchaînent », Rue89, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ Florian Reynaud, « Jeuxvideo.com, les trublions du Web français », Le Monde, Paris, Société éditrice du Monde (d), Louis Dreyfus et Jérôme Fenoglio, (ISSN 0395-2037, 1284-1250 et 2262-4694, OCLC 1758539, BNF 11870490, lire en ligne, consulté le ).
- ↑ « Le site MadmoiZelle accusé de harcèlement au travail », sur Grazia, Grazia, (consulté le ).
- ↑ « « Girlboss », ou l'hypocrisie de certaines entreprises revendiquées « féministes » », sur Slate, (consulté le ).
- ↑ Miquette, « Nique tes complexes et participe à la Seinte Fresque ! », sur Madmoizelle, (consulté le ).
- ↑ Renée Greusard, « Avis de tempête sur le site féministe MadmoiZelle », sur L'Obs, Le Nouvel Obs, (consulté le ).
- ↑ « L'article qu'on aurait dû publier sur notre rapport à la grossesse, révélé par le clip de James Blake avec Natalie Portman », sur madmoizelle.com, (consulté le ).
Liens externes
modifier- Site officiel
- « Chaîne YouTube officielle », sur YouTube (consulté le )