Malqata
Malqata (également écrit Malqatta, Malkata) est un lieu situé dans la zone désertique au sud de Médinet Habou, sur la rive occidentale du Nil, face à Louxor en Égypte. C'est à cet endroit qu'était construit le palais[1] d'Amenhotep III.
| Malqata | ||
| Site d'Égypte antique | ||
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Palais de Malqata (vue aérienne en regardant vers le nord). | ||
| Noms | ||
| en arabe | الملقطة | |
| Autre nom | Malqatta, Malkata | |
| Localisation | ||
| Région | Haute-Égypte | |
| Coordonnées | 25° 42′ 55″ nord, 32° 35′ 28″ est | |
| Géolocalisation sur la carte : Égypte
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Village royal
modifierOn y trouve diverses structures, notamment plusieurs palais résidentiels, un temple d'Amon, une salle de fête, des villas de prestige, des maisons pour les proches de la famille royale, des appartements pour le personnel et un autel du désert appelé Kôm el-Samak, tous construits en briques de terre crue[2].
Palais d'Amenhotep III
modifier| Aton l'Éblouissant | |||||||||
| Pn-ṯḥn-Jtn |
Le palais royal fut construit au XIVe siècle av. J.-C. et son nom antique était Per-Hai, « Domaine de la Réjouissance » ou Per-Tjéhen-Aton (Pn-ṯḥn-Jtn), « Palais d'Aton l'Éblouissant », l'une des épithète d'Amenhotep III. Bâti principalement en briques de terre crue, il fut la résidence d'Amenhotep III et de sa cour durant la dernière décennie de de son règne. Sa construction débuta vers la 29e année de son règne. Une fois achevé, il fut la plus grande résidence royale d'Égypte.
À l'est du palais, un vaste lac cérémoniel fut creusé. Le domaine palatial était relié au Nil par un système de canaux qui aboutissaient à un grand port ou quai, aujourd'hui appelé Birket Habou. Lors des fouilles de Birket Habou, les égyptologues David O'Connor et Barry Kemp ont découvert des fragments d'enduit peint provenant d'une construction antérieure qu'ils ont nommé « Site K ». Cette construction avait apparemment été démolie lors de l'agrandissement du lac, durant la dernière décennie du règne d'Amenhotep III. Ces fragments de décoration peinte sont importants car leur style artistique ressemble fortement à celui de la civilisation minoenne, similaire à celui découvert dans le palais thoutmôside de Tell el-Dab'a, plus ancien, dans le delta du Nil[3]. Le Birket Habou fut un élément central des fêtes-Sed d'Amenhotep III, dès la 30e année de son règne ; il servait également de voie de communication majeure, étant relié au Nil. Le port artificiel permettait le transit des marchandises et le transport vers Malqata[2].
Plan du palais
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Le palais comprenait de nombreuses salles d'audience, des salles centrales, des cours, des villas, des palais plus petits pour la famille royale et des appartements pour les fonctionnaires. Le port et le canal reliaient le palais au Nil, facilitant ainsi la traversée du fleuve jusqu'à Thèbes, située sur la rive orientale. Il ne reste aujourd'hui que les fondations du palais.

Les appartements royaux comprenaient une chambre, un vestiaire, une salle d'audience privée et un « harem » qui, après le règne d'Amenhotep III, servit uniquement d'entrepôt. Le palais s'organisait autour d'une cour centrale, et en face des appartements du roi se trouvaient ceux de ses enfants. Son épouse royale, Tiyi, possédait peut-être son propre palais, plus petit, en diagonale de celui du pharaon. Le domaine du palais comprenait des jardins et un grand lac d'agrément.
Au nord du palais, à l'intérieur du complexe, subsistent les vestiges d'un temple d'Amon. Un autel du désert a également été mis au jour à la périphérie des ruines. Les vestiges d'un temple dédié à la déesse Isis se trouvent au sud du complexe palatial principal.
Malqata était administrée par une véritable armée de serviteurs et de personnel. Des vestiges de cuisines et de quartiers de domestiques ont été mis au jour près de la chambre royale. Le palais ressemblait à une véritable ville, avec des fonctionnaires responsables de différentes sections, comme les jardins et les divers appartements et dépendances.
Décorations du palais
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Des fragments de peintures murales enduites ont permis aux archéologues d'entrevoir la décoration du palais. Diverses peintures de la déesse vautour Nekhbet ornaient le plafond de la chambre royale. Le plafond, les sols et peut-être les murs étaient décorés de scènes de la vie sauvage : fleurs, roseaux et animaux des marais, ainsi que de motifs géométriques, notamment des rosaces. Des colonnes en bois richement décorées, peintes à l'image de fleur de lotus, soutenaient les plafonds. De rares traces de peintures murales originales sont encore visibles sur le site, malgré l'état de délabrement avancé des murs en briques crues.
Histoire du palais
modifierLa construction du palais semble avoir été initiée par Amenhotep III au début du XIVe siècle av. J.-C., et le site fut occupé jusqu'au règne d'Aÿ, entrecoupé d'une période d'abandon pendant une partie du règne d'Akhenaton puis celui de Néferféferouaton. Malqata était très certainement la résidence principale d'Amenhotep près de Thèbes, la capitale de l'Égypte antique, et donc probablement son palais principal dans tout le pays. Des vestiges d'autres palais plus petits ont été découverts à Thèbes et dans d'autres villes d'Égypte, mais aucun n'était aussi vaste que le palais d'Amenhotep à Malqata.
Malqata fut abandonnée par Akhenaton, fils et successeur d'Amenhotep III et qui avait grandi dans ce palais : en effet, il transféra la capitale vers sa nouvelle ville d'Akhetaton, peut-être afin de contrer l'influence des puissants prêtres du temple d'Amon. Cependant, il semble que la cour royale ait abandonné Akhetaton et ait réoccupé le site de Malqata à partir de la troisième et dernière année de règne de Néfernéferouaton, lorsque la religion et la capitale traditionnelles furent rétablies et que les prêtres du temple retrouvèrent leur influence au sein du système religieux et politique étroitement lié de l'Égypte antique.
Le successeur de Toutânkhamon, Aÿ, a probablement habité brièvement le palais. Il semble avoir été abandonné, cette fois définitivement, pendant le règne d'Horemheb[4], moins d'un siècle après sa construction. Le centre de gravité du pays se déplaça par la suite dans la partie est du delta, avec notamment la construction du palais de Ramsès II à Pi-Ramsès.
Fouilles
modifierLes ruines du palais ont été redécouvertes en 1888 par Georges Daressy[5], puis par le Metropolitan Museum of Art en 1910-1920, puis par l'université Museum de Pennsylvanie dans les années 1970. Depuis 1985, le site de fouilles est en concession à la mission archéologique de l'université Waseda.
De nouvelles fouilles ont été entreprises en 2016[6]. Elles visent à établir de la manière la plus précise possible le plan du palais.
En , une autre ville jouxtant Malqata est dégagée au nord de la cité. Elle aurait été réalisée à l'instigation du roi Amenhotep III et aurait fonctionné jusqu'au règne d'Aÿ.
Malqata aujourd'hui
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À côté du site, il y a un village moderne. Il y a aussi une minuscule église et un monastère dédié à Théodore le Stratilate.
Notes et références
modifierBibliographie
modifier- Georges Daressy, « Le palais d'Aménophis III et le Birket Habou », dans Annales du Service des antiquités de l’Égypte, Le Caire, Institut français d'archéologie orientale, (lire en ligne) ;
- (en) Joann Fletcher, Egypt's Sun King: Amenhotep III, Duncan Baird Publishers, (ISBN 978-1900131094) ;
- Agnès Cabrol, Amenhotep III : Le Magnifique, Editions du Rocher, , 480 p. (ISBN 978-2-2680-3583-3) ;
- (en) Barry Kemp, « The Discovery of the Painted Plaster Fragments at Malkata », dans Alexandra Karetsou, Κρήτη Αίγυπτος, Athènes, Kapon, , 45-46 p. ;
- (en) Dieter Arnold, The Encyclopaedia of Ancient Egyptian Architecture, I.B. Tauris, (ISBN 978-1860644658) ;
- (en) Arielle P. Kozloff, Aménophis III: Egypt's radiant pharaoh, New York, Cambridge University Press, (ISBN 978-1-107-01196-0) ;
- Thierry-Louis Bergerot et Franck Monnier, Le grand palais d'Amenhotep III : Histoire d'une renaissance, Marseille, Égypte, Afrique et Orient, (ISSN 1276-9223).