Mamadou Dagra

Juriste et politicien nigérien

Mamadou Dagra, né en 1953 à Kaoutchouloum (Niger), est un juriste et homme politique nigérien.

Mamadou Dagra
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Ministre
Biographie
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Kaoutchouloum (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
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Biographie

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Jeunesse

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Mamadou Dagra appartient au groupe ethnique kanouri, dont l'aire de peuplement principale au Niger se situe dans l'est du pays[1]. Il effectue ses études primaires à Kellé, puis fréquente de 1965 à 1972 le Lycée national de Niamey, dans la capitale. Il poursuit ensuite, en plusieurs étapes (1972–1976, 1978–1980, 1986–1987), des études de droit à l'université de Dakar, où il obtient une licence ès lettres puis un doctorat d'État en droit public[2].

Débuts de carrière

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De 1976 à 1977, Dagra dirige le département Europe du ministère des Affaires étrangères à Niamey. Il exerce ensuite jusqu'en 1978 comme conseiller d'ambassade à la Mission permanente du Niger auprès des Nations unies à New York. À partir de 1980, il enseigne à la faculté des sciences économiques et juridiques de l'université de Niamey, d'abord comme assistant, puis comme doyen de la faculté de 1981 à 1985, avant de devenir maître-assistant en 1987[2]. Entre 1984 et 1989, il préside également le conseil d'administration de l'École Nationale d'Administration, l'école administrative de l'État à Niamey[1].

Mamadou Dagra compte parmi les théoriciens de la « société de développement », modèle sociétal promu par le régime du Conseil militaire suprême, au pouvoir de 1974 à 1989, et argumente en ce sens contre un système multipartite libéral, au profit d'une démocratie participative à instaurer[3]. Il forge l'expression de « régime d'exception » pour désigner ces années de pouvoir militaire au Niger, qui ne s'appuyaient sur aucune constitution[4].

Première expérience gouvernementale

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Sous la Deuxième République, sous la présidence d'Ali Saïbou et le régime du parti unique, le Mouvement National pour la Société de Développement (MNSD), Mamadou Dagra se voit pour la première fois confier des fonctions politiques. Il est d'abord, à partir de 1989, directeur de cabinet du Premier ministre Mamane Oumarou[2], avant d'être appelé au gouvernement, fin 1989, comme ministre de l'Éducation nationale. Il change de portefeuille en 1990 pour devenir ministre de la Fonction publique, du Travail et de la Formation[5]. Dagra perd ce poste ministériel en 1991 et retourne, avec l'instauration du multipartisme au Niger, à l'enseignement et à l'administration universitaires à Niamey.

Retour à l'université et à la vie publique

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De retour à la vie universitaire, Dagra s'impose comme le principal juriste du pays après Abdourahamane Soli. Il publie notamment des travaux consacrés à la diplomatie et s'emploie, avec un soutien étranger, notamment de l'Institut danois des droits de l'homme, à redynamiser les revues juridiques nigériennes. En 1996, il est employé comme conseiller spécial au cabinet du Premier ministre Amadou Cissé[1].

Ministre de la Justice

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Le président Mamadou Tandja rappèle Mamadou Dagra au gouvernement en 2007, sous la Cinquième République. Dagra exerce pendant deux ans comme ministre de la Justice[6]. Il assume la présidence du Conseil des ministres de l'Organisation pour l'harmonisation en Afrique du droit des affaires (OHADA)[7]. Sur le plan intérieur, il défend un durcissement de la législation antiterroriste face à la menace que représente le Mouvement des Nigériens pour la justice[8]. Il soutient par ailleurs une campagne de sensibilisation visant à doter d'actes de naissance un million d'enfants, en particulier dans les régions rurales[9]. En 2009, Dagra quitta le ministère de la Justice pour devenir ministre de la Formation Professionnelle et Technique[6].

Il compte parmi les soutiens du président Tandja lorsque celui-ci cherche, par le référendum constitutionnel contesté de 2009, à instaurer la Sixième République afin de s'assurer un troisième mandat présidentiel non prévu par la constitution de la Cinquième République. Mamadou Dagra est vice-président de la commission de cinq membres chargée de rédiger la nouvelle constitution[10]. Lui et Tandja partagent une origine ethnique et régionale commune. Le président et son gouvernement sont renversés en 2010[1].

Retour à l'université et missions internationales

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Après cette chute du régime, Dagra retourna à l'université[1]. Il dirige la mission d'observation électorale de l'Union africaine lors des élections législatives tchadiennes du 13 février 2011[11].

Cour constitutionnelle

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Sous la présidence de Mohamed Bazoum, Mamadou Dagra est nommé juge à la Cour constitutionnelle en 2023[12],[13].

Publications

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  • «La démocratie participative au Niger: allier l'idéal au fonctionnel», Bulletin du Comité National de Développement, n° 16, septembre 1985, p. 12–16.
  • La politique extérieure du Niger (1974–1987). Contribution à l'étude des structures diplomatiques et de la politique africaine d'un État sahélien, thèse pour le doctorat d'État, université Cheikh-Anta-Diop, Dakar, 1987 (PDF).
  • «Le Code Électoral Nigérien du 16 avril 1996: facteur de renouveau démocratique et de stabilité?», Revue Nigérienne de Droit, n° 1, mars 1999, p. 15–51.
  • «L'État et la coopération internationale. De quelques aspects de la coopération bilatérale du Niger», dans Kimba Idrissa (dir.), Le Niger. État et démocratie, L'Harmattan, Paris, 2001, (ISBN 2-7475-0303-8), p. 173–224.
  • Justice constitutionnelle et processus de démocratisation en Afrique de l'Ouest francophone: rapport national Niger (= Judicial review and democratization in francophone West Africa), Franz von Liszt Institute working paper n° 6, Franz von Liszt Institute for International and Comparative Law, Giessen, octobre 2014 (PDF).

Voir aussi

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Références

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  1. 1 2 3 4 5 Abdourahmane Idrissa et Samuel Decalo, Historical Dictionary of Niger, 4e éd., Scarecrow, Plymouth, 2012, (ISBN 978-0-8108-6094-0), p. 158.
  2. 1 2 3 « Élection de membres de la commission de conciliation et de bons offices chargée de rechercher la solution des différends qui naîtraient entre États parties à la convention concernant la lutte contre la discrimination dans le domaine de l'enseignement », Conférence générale, 26e session, Comité des candidatures, point 12.5 de l'ordre du jour provisoire, annexe III, UNESCO, 19 octobre 1991, p. 6 (PDF, consulté le 17 septembre 2018).
  3. ↑ Benedetta Rossi, From Slavery to Aid: Politics, Labour, and Ecology in the Nigerien Sahel, 1800–2000, Cambridge University Press, New York, 2015, (ISBN 978-1-107-11905-5), p. 243.
  4. ↑ Aboubacar Maidoka, « Esquisse d'une typologie des régimes militaires nigériens », dans Kimba Idrissa (dir.), Armée et politique au Niger, CODESRIA, Dakar, 2008, (ISBN 2-86978-216-0), p. 220.
  5. ↑ « Gouvernements du Président Ali Chaïbou », Présidence de la République du Niger, archivé le 27 septembre 2007, consulté le 17 septembre 2018.
  6. 1 2 « Le gouvernement nigérien », IZF.net, archivé le 26 février 2017, consulté le 25 mars 2023.
  7. ↑ « Compte rendu de la réunion spéciale du Conseil des ministres de l'OHADA, Niamey – Niger, 26 au 27 juillet 2007 », Journal officiel de l'Organisation pour l'Harmonisation en Afrique du Droit des Affaires, n° 19, 1er octobre 2009, p. 4 (PDF, consulté le 17 septembre 2018).
  8. ↑ Abdoulaye Massalatchi, « Niger adopts anti-terror law », Reuters, 20 avril 2008, consulté le 17 septembre 2018 (en anglais).
  9. ↑ « Niger: a national campaign to provide one million children with birth certificates », UNICEF, 15 mai 2009, consulté le 17 septembre 2018 (en anglais).
  10. ↑ « Le président Tandja crée un Comité de rédaction d'une nouvelle Constitution », RFI, 2 juin 2009, consulté le 17 septembre 2018.
  11. ↑ « Mission d'observation de l'Union Africaine pour les élections législatives du 13 février 2011 en République du Tchad », Commission de l'Union africaine, 10 février 2011, consulté le 17 septembre 2018.
  12. ↑ « Deux nouveaux membres de la cour constitutionnelle, Dagra Mamadou et Boubé Ibrahim, prêtent serment devant le Président de la République », ActuNiger, 24 mars 2023, consulté le 25 mars 2023.
  13. ↑ « Prestation des nouveaux membres de serment à la cour Constitutionnelle : Dagra Mamadou et Ibrahim Boubé intègrent la plus haute juridiction en matière constitutionnelle et électorale », Le Sahel, consulté le 21 août 2025.