Manassès Ier l'Ancien

comte bourguignon

Manassès Ier (mort probablement le ) est un comte bourguignon, premier des comtes héréditaires de Chalon (894), qui exerce son autorité sur la région frontalière entre Mâcon et Langres avec notamment le contrôle des comtés d'Autun, Mâcon, Chalon, Dijon et Atuyer-Oscheret (887). Il est également avoué de l'abbaye Saint-Bénigne de Dijon.

Manassès Ier l'Ancien
Fonction
Avoué
Abbaye Saint-Bénigne de Dijon
jusqu'en
Titres de noblesse
Comte (Pays d'Oscheret)
-
Prédécesseur
Successeur
Comte de Chalon
-
Prédécesseur
Successeur
Comte de Troyes
-
Prédécesseur
Successeur
Comte de Langres
jusqu'en
Successeur
Comte de Dijon (d)
Biographie
Naissance
Date inconnueVoir et modifier les données sur Wikidata
Décès
Nom dans la langue maternelle
Manassès de VergyVoir et modifier les données sur Wikidata
Activité
Famille
Père
Manasses I (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Mère
E d'Autun (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Fratrie
Conjoint
Ermengarde de Provence (d) (?)Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfants

Manassès est surnommé l'Ancien, parfois de Vergy, de Chalon ou le Vieil[1], ainsi que de preux[2],[3].

Biographie

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Origines

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Manassès ou Mainier — Chaume (1925) parlait de « Mainier, plus connu sous le nom biblique de Manassès l’Ancien » et annotant « « biblification » du nom de Maginharius, Mainerius »[4] — est issu d'une famille de l’aristocratie carolingienne originaire de Lotharingie[5]. Maurice Chaume (1925) mentionnait « Issu de cette remuante et intraitable maison des Gilbert et des Renier »[6]. Celle-ci accompagne leurs proches alliés les Bosonides Bivinides en Bourgogne.

Son frère Wallon (Walo) est évêque d'Autun[7],[8],[9]. Son autre frère Rainard, Renaud ou Renard est vicomte d'Auxerre[7],[8],[9].

Comte bourguignon

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Manassès contrôle une région frontalière de la Bourgogne, entre Mâcon et Langres[10]. Il exerce son autorité sur cinq comtés : Autun, Mâcon, Chalon, Dijon et Atuyer-Oscheret[10]. À la fin du IXe siècle, il est en possession de Langres, Beaune (Beaunois) et du pays d'Ouche ou comté d'Atuyer-Oscheret[11],[12]. Ce dernier est obtenu vers 887, à la suite du départ (fuite ?) d'Anschier/Anschaire Ier pour l'Italie[2]. Il est également avoué de l'abbaye Saint-Bénigne de Dijon[12].

Manassès est le compagnon d'armes du duc Richard le Justicier[3],[9]. Il participe avec son frère, vicomte d'Auxerre, dans l'affirmation du pouvoir du duc dans les cités septentrionales — Langres, Autun, Sens, et Troyes — de son duché où dominait l'influence française.

Aux côtés du duc, il combat les Normands qui remontant la Loire atteignent la Bourgogne[13],[3],[14]. Il participe aux batailles victorieuses de Saint-Florentin et d’Argenteuil contre les Normands en 888[13],[9]. Il participe à la défaite du seigneur viking Rollon, le , lors de la bataille de Chartres[15],[14]. Il occupe notamment Châtel-Censoir, Avallon, Entrains et Donzy[9].

Fin de vie et mort

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Sur la fin de sa vie, en tant que comte de Beaune, il fonde le monastère Saint-Vivant , sur ses terres de Vergy, sur les conseils de son épouse Ermengarde et de son fils Hervé, évêque d'Autun (920 à 929)[16]. En ce lieu il permet l'installation des moines de Biarne qui fuyaient les Normands d'Astings (ou Austin ou encore Hasting) qui, vers 886, après le siège de Paris, s'avançaient vers la Bourgogne.

Selon Maurice Chaume (1925) ou Pierre Lévêque (2005), il meurt le [17],[3]. Le projet Internet Medieval Lands indique 925 ou après[18]. Son corps est inhumé dans le prieuré de Saint-Vivant[3],[18].

Famille

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Manasses épouse une Hermengarde/Ermengarde[7],[19],[18].

Georges de Manteyer (1899) considérait que celle-ci pourrait être la veuve du comte de Troyes Adalelme/ Alleaume († v. /96)[20]. Il aurait ainsi récupéré, du chef de sa femme, le comté de Troyes. La disparition du dernier représentant de la famille comtale de Troyes permet aussi à Manassès de s'implanter à la tête des pagi de Chalon et de Beaune[21].
Plusieurs généalogistes[9], dont Maurice Chaume[19], Jean Marilier[11] ou le projet Medieval Lands[22], avancent l'hypothèse qu'elle puisse être la fille de Boson, roi de Bourgogne.

Le couple a au moins cinq enfants[7],[19],[12],[3],[9] :

Notes et références

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  1. ↑ Duchesne 1625, p. 33.
  2. 1 2 Maurice Chaume, Recherches d'histoire chrétienne et médiévale : mélanges publiés à la mémoire de l'historien avec une biographie, Dijon, Académie des sciences, arts et belles-lettres, , 350 p. (lire en ligne), p. 263.
  3. 1 2 3 4 5 6 Pierre Lévêque, Histoire de Chalon-sur-Saône, Éditions Universitaires de Dijon, coll. « Art et patrimoine », , 313 p. (ISBN 2-915552-37-1, lire en ligne), p. 35-36.
  4. ↑ Chaume 1925, p. 350.
  5. ↑ Christian Settipani, La préhistoire des Capétiens (481-987), tome II, Villeneuve d’Ascq, collaboration de P. Van Kerrebrouck, .
  6. ↑ Chaume 1925, p. 364-365.
  7. 1 2 3 4 Georges de Manteyer, Les origines de la maison de Savoie en Bourgogne (910-1060), Genève, Mélanges d’archéologie et d’histoire publiés par l’École française de Rome, 19, (lire en ligne), p. 446-448.
  8. 1 2 Chaume 1925, p. 365.
  9. 1 2 3 4 5 6 7 Paul-Camille Dugenne, Dictionnaire biographique, généalogique et historique de l'Yonne, t. VI : V - Z, Société généalogique de l'Yonne, , p. 1903 -1904.
  10. 1 2 (de) Reinhold Kaiser, « Bischofsherrschaft zwischen Königtum und Fürstenmacht. Studien zur bischöflichen Stadtherrschaft im westfränkisch-französischen Reich im frühen und hohen Mittelalter », Pariser historische Studien, vol. 17,‎ , p. 339.
  11. 1 2 Jean Marilier, Le Monastère de Saint-Vivant de Vergy, , 53 p. (lire en ligne), p. 3.
  12. 1 2 3 Christian Settipani, « Les origines maternelles du comte de Bourgogne Otto-Guillaume - Nouvelle synthèse », Annales de Bourgogne, t. 66, nos 261-263,‎ , p. 5-63 (lire en ligne [PDF])(lire sur academia.edu).
  13. 1 2 Chaume 1925, p. 351-354.
  14. 1 2 (en) Timothy Venning, A Chronology of Early Medieval Western Europe. 450 - 1066, Taylor & Francis, , 632 p. (ISBN 978-1-35158-916-1, lire en ligne), p. 131.
  15. ↑ Chaume 1925, p. 355-357.
  16. ↑ André Duchesne, Histoire généalogique de la maison de Vergy justifiée par chartes, tiʆtres, arrests, & aultres bonnes & certaines preuves, Paris, Sébastien Cramoisy, (lire en ligne), p. 23-33.
  17. ↑ Chaume 1925, p. 389.
  18. 1 2 3 MedLands, p. Manasses.
  19. 1 2 3 Chaume 1925, p. 549, tableau XIII.
  20. ↑ Georges de Manteyer, Les origines de la maison de Savoie en Bourgogne (910-1060), Genève, Mélanges d’archéologie et d’histoire publiés par l’École française de Rome, 19, (lire en ligne), p. 458.
  21. ↑ Raphaël Bijard, « La construction de la Bourgogne Robertienne (936 - 1031) », sur Academia, , p. 13-14.
  22. ↑ MedLands, p. Ermengarde.

Voir aussi

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Bibliographie

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  • Maurice Chaume, Les origines du duché de Bourgogne : Partie 1, Dijon, Académie des sciences, arts et belles-lettres de Dijon, (lire en ligne).

Articles connexes

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Liens externes

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