Manvendra Singh Gohil

prince, héritier de Rajpipla

Le prince Manvendra Singh Gohil (né le ) est un prince indien, l'héritier du maharaja de Rajpipla au Gujarat. Il est considéré comme le premier prince du monde ouvertement gay[1],[2],[3]. Dans les années 1990, il devient militant pour les droits LGBT et fonde, en 2000, The Lakshya Trust pour sensibiliser la population indienne au virus du sida et venir en aide aux personnes LGBT.

Manvendra Singh Gohil
Titre de noblesse
Prince
Biographie
Naissance
Nationalité
Domicile
Formation
Bombay Scottish School (en)
Université de BombayVoir et modifier les données sur Wikidata
Activités
Mère
Rukmini Devi, Princesse Héritière de Rajpipla (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Membre de
Gohil dynasty (en)Voir et modifier les données sur Wikidata

Biographie

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Jeunesse (1965-1990)

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Manvendra Singh Gohil, de son nom complet Yuvraj Shri Manvendra Singh Raghubir Singhji Sahib[4], aussi connu sous le nom de Manvendra Gohil naît à Ajmer le 23 septembre 1965[5]. Son père, Maharana Shri Raghubir Singhji Rajendrasinghji Sahib est maharaja de Rajpipla depuis 1963. Il a une sœur[6] mais est le seul fils du roi[7]. Son arrière grand-père, le dernier maharaja de Rajpipla qui gouverne réellement, est connu pour son opulence personnelle et les routes et l'électricité qu'il fait construire dans la région[8].

En 1971, les rois provinciaux héritiers des maharajas perdent les privilèges accordés par le gouvernement indien[9],[6]. Malgré tout, les titres royaux sont toujours utilisés en Inde et ceux qui les portent restent sujets aux mêmes attentes qu'avant 1971 : ce sont des figures publiques admirées par la population[6]. La famille Gohil transforme son palais en attraction touristique pour continuer son mode de vie sans l'aide de l'État et développer leur propre richesse[6].

Manvendra, en tant que prince héritier, est cloîtré dans les grandes maisons de sa famille et ne côtoie pas d'autres enfants avant d'entrer à l'École écossaise de Bombay[5],[6]. Il est élevé par une gouvernante et voit rarement ses parents[4],[6].

Au début de l'adolescence, Manvendra réalise qu'il n'aime pas les filles, mais les garçons. Cependant, comme il grandit dans un milieu conservateur, il ne parvient pas à comprendre qu'il est homosexuel[9],[8].

Il étudie l'économie à l'Université de Bombay, sur le campus de Vile Parle[5].

Découverte de l'homosexualité (1991-2005)

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En 1991, alors qu'il a 25 ans, Manvendra Singh Gohil épouse la princesse Chandrika Kumari, sur la demande de ses parents et selon la tradition[7],[9],[2]. La consommation du mariage n'a pas lieu et la princesse le questionne sur son orientation sexuelle[2]. L'année suivante, elle demande le divorce et promet de garder son secret[9],[2].

Dans la suite des années 1990, Manvendra côtoie la communauté homosexuelle dans le cadre d'actions humanitaires et apprend à accepter sa sexualité[9].

Le prince s'éloigne de sa famille, devient dépressif et est hospitalisé en 2002[7],[9],[2]. Un des médecins qui le suit révèle son homosexualité à ses parents, qui l'acceptent mais veulent qu'elle reste cachée du grand public[9],[2]. Ils essaient par la suite de trouver des praticiens qui pourraient rendre leur fils hétérosexuel[8], et Manvendra accepte tous les traitements proposés, dont des séances d'électrochocs dans le cadre d'une thérapie de conversion[9],[6]. Les parents de Manvendra abandonnent cette voie après avoir contacté des médecins américains qui leur apprennent que l'homosexualité n'est pas une maladie, et qu'il est donc impossible de la soigner[10].

Coming out et militantisme (2006-)

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En 2006, la journaliste Chirantana Bhatt le contacte à propos de rumeurs au sujet de son orientation sexuelle, alors qu'elle est encore secrète[2]. Contre l'avis de ses parents, Manvendra accepte l'interview et fait son coming out[2]. Le 14 mars 2006, il fait les gros titres des journaux du pays, ce qui provoque une vague d'homophobie en Inde. Vanity Fair rapporte que « les portraits du prince sont brûlés à Rajpipla, sa ville natale, et lors de sa première apparition publique après son coming out, il est hué dans les rues. Toute la famille est moquée »[2]. Sa famille le déshérite en juin 2006[2],[4],[5],[6] puis se réconcilie avec lui publiquement la même année[5],[7], même s'il ne redevient jamais proche de sa mère[6].

Bien que ses parents l'acceptent difficilement, d'autres figures parentales soutiennent Manvendra, comme sa grand-mère qui, sur son lit de mort, lui avoue qu'elle est heureuse pour lui[6]. Une de ses anciennes enseignantes participe avec lui à une marche des fiertés alors qu'elle a 91 ans[6]. Manvendra remarque que les anciennes générations sont plus tolérantes que celle de ses parents, et se rappelle que suite à son coming out, une association d'Anciens le félicite pour sa sincérité dans une lettre[6].

En Occident, dès 2007, son coming out est salué par la BBC dans le documentaire The Gay Prince of Rajpipla[11], et il est invité sur le plateau d'Oprah Winfrey dans le cadre d'une émission sur l'homosexualité dans le monde[2],[6]. Le passage chez Oprah lui permet de redorer son image en Inde et donc, de continuer à développer des projets d'aide aux populations LGBT et aux malades du sida[9]. Il est de nouveau invité dans l'émission en 2011 et 2014[4].

En 2008, il annonce publiquement qu'il souhaite adopter un enfant dans le but de faire perdurer les traditions de la famille royale[5],[12].

En 2009, il participe incognito à une émission de téléréalité intitulée Undercover Princes de la BBC pour « trouver l'amour »[13],[14]. En 2013, il se marie aux États-Unis[9] avec DeAndre Richardson, un citoyen américain qu'il rencontre via les réseaux sociaux en 2009[6],[15].

En 2017, Manvendra participe à l'émission de téléréalité des Kardashian[16]. En 2021, la documentariste Cheryl Allison produit Pieces of Us, un film sur les victimes de la haine anti-LGBT et invite Manvendra à y participer[17].

Activité militante

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Contexte indien et héritages coloniaux

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En Inde, les relations homosexuelles sont dépénalisées en 2018[14], mais les tabous et l'homophobie existent toujours. La discrimination envers les personnes LGBT est un héritage de la colonisation britannique[8] et la culture indienne traditionnelle voit d'un bon œil l'homosocialité[6]. Manvendra précise que le Kamasutra inclut l'homosexualité, et qu'il existe en Inde des temples recouverts d'art représentant des scènes homoérotiques[8]. La variance de genre fait également partie de la culture indienne puisque les textes sacrés parlent de Hijra ou Kinner, des divinités qui conseillent les rois, bénissent les mariages et ne sont ni des hommes, ni des femmes[9],[8].

Traditionnellement, les Hijras sont des guerriers exceptionnellement doués, notamment utilisés sous l'empire mongol[9]. Selon Manvendra, l'article 377 du code pénal, qui condamne l'homosexualité jusqu'en 2018, est promulgué par l'empire britannique spécifiquement pour marginaliser les Hijras qui sont nommés parmi les forces rebelles de la révolte des cipayes[9]. Depuis, les Hijras vivent souvent dans des structures sociales propres, en marge de la société, et vivent de la prostitution, du spectacle et de la mendicité[9].

Manvendra est critique de l'homophobie importée par les Britanniques, ainsi que l'idée reçue en Inde que l'homosexualité serait un élément de la culture occidentale[1]. Il déplore l'ignorance des Indiens en ce qui concerne l'histoire culturelle du pays et son acceptation historique des personnes trans et homosexuelles[8]. Il cite comme principe fondateur de son militantisme une expression sanskrite : « le monde entier appartient à la même famille » (vasudhaiv kutumbakam)[8]. Il porte quotidiennement les vêtements traditionnels indiens[18].

En 2015, l'Inde est le troisième pays du monde en terme de personnes contaminés par le VIH, selon les Nations unies[1]. En 2017, l'Organisation nationale de contrôle du sida (NACO) estime qu'il y a au moins 2.5 millions d'hommes homosexuels en Inde[2].

Lakshya Trust et VIH

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Dans les années 1990, Manvendra rencontre le militant Ashok Row Kavi (en). Il l'aide à accepter son homosexualité et l'inspire assez pour qu'il fonde, en 2000, The Lakshya Trust[5],[9], une association qui travaille avec les « hommes ayant des rapports sexuels avec d'autres hommes »[note 1]. La fondation se concentre sur la prévention du VIH[9]. Dès sa création, elle reçoit l'aval du gouvernement[9]. Pourtant, le travail de sensibilisation se heurte à « l'obstruction constante des forces de police » qui s'acharnent sur les militants et les personnes qu'elles imaginent être homosexuelles[1].

La Lakshya Trust distribue des préservatifs dans plusieurs villes indiennes dans le but de prévenir la propagation du VIH[9]. À ses débuts, l'association dépose des boîtes de préservatifs dans les toilettes et les parcs connus pour être des lieux de rencontre[1]. Ses moyens deviennent plus sophistiqués et elle lance même, en coopération avec l'AIDS Healthcare Foundation (en), un site internet qui permet de donner et acheminer des préservatifs à New Dehli[9].

La fondation produit des campagnes de sensibilisation et d'information à destination de la population[1]. Elle agit auprès des professionnels de santé pour les pousser à traiter les patients séropositifs dès le dépistage de la maladie, de façon à limiter la propagation du virus[9]. Elle soutien également les cliniques spécialisées dans le traitement de maladies sexuellement transmissibles[5].

En 2017, la Lakshya Trust obtient du gouvernement la reconnaissance et l'interdiction de la discrimination envers les personnes séropositives, et l'amélioration de la détection du virus grâce à des méthodes de test plus rapide et des campagnes de dépistage dans tout le pays[9].

Manvendra est un ambassadeur de l'AIDS Healthcare Foundation[9] et travaille en coopération avec l'AIDS Control Society de l'état de Gujarat[19].

Information et sensibilisation

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Dans le cadre de son activité militante, Manvendra intervient dans les universités indiennes et participe à des rencontres avec les dirigeants d'État du monde entier pour promouvoir la cause LGBT en Inde et dans le monde[8]. Son objectif est de rendre la lutte pour les droits LGBT mainstream[8].

En 2011, Manvendra lance le premier magazine gay indien intitulé Fun[20]. Les premiers numéros sont un grand succès[21].

En 2014, il lance la campagne grassroots « Free Gay India » dans le but de sensibiliser les Indiens aux droits LGBT dans le pays[3].

Créations de lieux spécifiques pour les personnes LGBT

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En 2011, Manvendra construit une maison de retraite pour les personnes LGBT, et un hospice pour les patients du sida en phase terminale[20].

Il explique à l'International Business Times[8] qu'en Inde, tout le monde est encouragé à vivre auprès de ses parents à l'âge adulte, ce qui rend dépendant financièrement de sa famille. Il arrive qu'après un coming out, les parents déshéritent leur enfant[2],[8]. En 2017, il annonce qu'il veut remédier à cette situation en transformant son palais en centre d'accueil pour les Indiennes et Indiens LGBT rejetés par leurs parents[2],[18]. L'objectif est qu'ils puissent bénéficier « de leur propre système de sécurité sociale. Leur déshéritement n'y changera rien »[2],[8].

Dans le cadre de ce projet, Manvendra veut construire des espaces d'hébergement, mais aussi utiliser son palais pour faire intervenir des professionnels de santé dans des séminaires d'éducation sexuelle[8]. Il planifie également un service d'aide à l'insertion sociale et professionnelle, de façon à ce que les personnes LGBT qui risquent l'exclusion puissent devenir indépendants financièrement[8]. L'administration du lieu est structurée selon les principes grassroots d'organisation par le bas, c'est-à-dire par la communauté LGBT elle-même[8].

Lutte et prises de position pour les droits LGBT

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Depuis son coming out, Manvendra demande l'abrogation de la section 377 du code pénal indien, la loi qui criminalise les relations homosexuelles[1],[8]. En 2018, cette section du code pénal est réécrite pour que l'homosexualité n'apparaisse plus comme un acte réprimandé.

En 2021, il travaille aux côtés d'Amar Singh, membre de la famille royale Kapurthala, pour éradiquer les thérapies de conversion, toujours légales en Inde et au Royaume-Uni[6]. Il s'exprime sur la question dans la presse en racontant sa propre expérience dans les années 1990[10].

En 2023, il milite auprès du gouvernement pour la légalisation du mariage homosexuel en Inde[19]. Il cite la Constitution pour justifier qu'au nom des droits de l'homme, les couples homosexuels devraient bénéficier des mêmes droits que les couples hétérosexuels[19].

Reconnaissance

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En 2006, le Lakshya Trust est récompensé par un Civil Society Award décerné par les Nations unies[5] pour le travail de prévention du sida effectué auprès des hommes homosexuels.

En 2008, Manvendra inaugure le festival gay Europride à Stockholm. En 2017, il est le parrain de la marche des fiertés de Port-Louis[7].

Annexes

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Liens externes

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Bibliographie

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  • (en) « TEDxSabarmati, May 28, 2011 », sur Ted.com, (consulté le )
  • (en) « India's gay prince appears on Oprah show », sur Rediff,
  • (en) Henry Chu, « Prince is out but not down », Los Angeles Times, (lire en ligne)
  • (en) Maya Salam, « Your 2020 Virtual Pride Guide », The New York Times, (lire en ligne)
  • (en) Chirantana Bhatt, « The prince comes out of closet », DNA India, 19-11-2013 (republication) (lire en ligne)
  • (en) Arabelle Sicardi, Queer Heroes: Meet 53 LGBTQ Heroes From Past and Present!, Wide Eyed Editions, (ISBN 978-1-7860-3486-1)
  • Florence Santrot, « Manvendra Singh Gohil, seul prince indien ouvertement gay », Grazia, (lire en ligne)
  • Florent Manelli, 40 LGBT+ qui ont changé le monde, Lapin, (ISBN 978-2-3775-4036-5)

Notes et références

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  1. « men who have sex with men » ou MSMs, une appellation utilisée pour désigner à la fois les hommes homosexuels et ceux qui se considèrent hétérosexuels malgré leur activité sexuelle avec d'autres hommes
  1. 1 2 3 4 5 6 7 « En Inde, un prince gay sur la ligne de front contre le sida », Le Point, (lire en ligne)
  2. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 Gabriel Piozza, « Manvendra Singh Gohil, le prince gay qui voulait changer l'Inde », Vanity Fair, (lire en ligne)
  3. 1 2 (en) « The World's First Openly Gay Prince Fights for Equal Rights in India », sur Oprah.com,
  4. 1 2 3 4 (en) Mini Dixit, « How India's first openly gay prince came out, met Oprah, and now fights for the LGBT community », India Today, (lire en ligne)
  5. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 (en) Naveen Kapoor, « When India's Prince Gohil came out », The Gay & Lesbian Review Worldwide, vol. 24, no 4, (lire en ligne Accès payant)
  6. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 (en) Andrew Bullock, « Pride and Prejudice: Indian royal Manvendra Singh Gohil on being the world’s first openly gay prince », Tatler, (lire en ligne)
  7. 1 2 3 4 5 « Marche Fiertés LGBT : le prince Manvendra Gohil et son compagnon, parrains de l’évènement », Defi Media, (lire en ligne)
  8. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 (en) Kashmira Gander, « India's only gay prince is opening his palace up to vulnerable LGBT people », International Business Times, (lire en ligne)
  9. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 Isabelle Bonsignour, « Prince Manvendra Singh Gohil : un héritier royal indien hors du commun », Le Petit Journal, (lire en ligne)
  10. 1 2 (en) Maria Noyen, « India's first openly gay prince says his parents tried to subject him to the 'torture' of conversion therapy to make him straight », Business Insider, (lire en ligne)
  11. (en) Linda Pressly, « Manvendra Singh Gohil: The Gay Prince of Rajpipla », sur BBC,
  12. (en) Yogesh Pareek, « Gujarat's gay prince to adopt child soon », Times of India, (lire en ligne)
  13. (en) « Gujarat gay prince seeks love through BBC series », Times of India, (lire en ligne)
  14. 1 2 (en) Maya Oppenheim, « India's gay prince opens his palace to LGBT people », Independent, (lire en ligne)
  15. « We are optimistic that a better future awaits same-sex couples in India : Manvendra Singh Gohil and DeAndre Richardson », Times of India, (lire en ligne)
  16. (en) « The Kardashian sisters invited India’s first openly gay prince over, and here’s what happened », Hindustan Times, (lire en ligne)
  17. (en) Trudy Ring, « New Doc Pieces of Us Honors Resilience of Those Who've Survived Hate », Advocate, (lire en ligne)
  18. 1 2 Sébastien Farcis, « Manvendra Singh Gohil, ce prince indien qui a choisi la cause des LGBT », RFI, (lire en ligne)
  19. 1 2 3 (en) Matt Fistonich, « LGBTQIA Activist ‘Gay Prince’ Calls for Legalization of Same-Sex Marriage in India », Gay Nation, (lire en ligne)
  20. 1 2 (en) Yogesh Pareek, « Latest from Manavendra : India's 1st gay mag », Times of India, (lire en ligne)
  21. (en) « Gay magazines in India hint at quiet revolution », Sify news, (lire en ligne)