Marc Verdier, né le dans le 8e arrondissement de Paris et disparu en mission aérienne le en Prusse-Orientale, est un officier et pilote de chasse français de la Seconde Guerre mondiale. Lieutenant de l'Armée de l'air, il combat en 1944 sur le front de l'Est au sein du groupe de chasse « Normandie », futur Normandie-Niémen[1]

Marc Verdier
Marc Verdier
Lieutenant Marc Verdier, pilote du Régiment de chasse Normandie en Union soviétique, en 1944.

Naissance
8e arrondissement de Paris, France
Décès (à 28 ans)
secteur de TilsitInsterburg, Prusse-Orientale, Allemagne nazie
Mort au combat
Origine Drapeau de la France France
Arme Armée de l'air
Unité Groupe de chasse Normandie
Grade Lieutenant
Années de service 1936 – 1944
Conflits Seconde Guerre mondiale
Distinctions Chevalier de la Légion d'honneur
Croix de guerre 1939-1945
Médaille des blessés de guerre
Ordre de la Guerre patriotique de 2e classe

Issu d'une famille d'industriels du textile implantée à Nanteuil-lès-Meaux et dans la région de Meaux, il quitte la France occupée en 1943, passe clandestinement en Espagne puis gagne l'Afrique du Nord avant de se porter volontaire pour combattre avec le groupe Normandie en Union soviétique[2].

Biographie

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Origines familiales et carrière militaire avant 1943

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Marc Verdier naît le 24 août 1916 dans le 8e arrondissement de Paris. Le Service historique de la Défense conserve son dossier de carrière militaire sous la cote DE 2016 ZL 120 882, où il est enregistré comme lieutenant, né le 24 août 1916 et mort ou disparu le 22 septembre 1944[3].

Il appartient à la famille Verdier, liée à l'industrie textile de la région meldoise. La Bonneterie Verdier s'installe en 1889 au quartier des Saints-Pères à Nanteuil-lès-Meaux et y produit notamment de la lingerie de luxe et les « bas Gui »[4]. La Fondation de la Résistance évoque également les usines Verdier dans l'industrie de Meaux et présente Marc Verdier comme le « fils de l'industriel »[5]. En 1935, il obtient à l'École d'électricité et de mécanique industrielles École Violet »), à Paris, le diplôme d'ingénieur électricien-mécanicien.

Selon l'historien Sergueï Dybov, Verdier effectue ensuite un service actif dans l'aviation, suit la formation des officiers de réserve, participe à la campagne de 1940, puis est démobilisé après l'armistice[2].

Évasion de France et Afrique du Nord

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En 1943, Verdier décide de reprendre le combat. Dybov rapporte qu'il tente de rejoindre les forces françaises combattantes en passant par l'Espagne, qu'il est arrêté par les autorités espagnoles et passe environ deux mois en détention avant de parvenir en Afrique du Nord[2].

La chronologie conservée dans son journal personnel précise ce parcours. Verdier quitte Paris le , passe par Lyon puis gagne Lourdes. Il quitte Lourdes à pied le à 23 heures avec un petit groupe d'évadés. Après une nuit puis une journée de marche et d'escalade dans les Pyrénées, le groupe est arrêté à la tombée de la nuit par des carabiniers espagnols dans le secteur de Sallent. Verdier est ensuite détenu pendant environ deux mois dans les prisons et camps espagnols, notamment au camp de Miranda de Ebro.

Après sa libération, Verdier passe deux jours à Madrid puis embarque le sur le paquebot Gouverneur Général Lépine, qui le débarque à Casablanca le . L'emploi du Gouverneur Général Lépine pour l'évacuation vers l'Afrique du Nord des Français libérés des prisons et camps espagnols est attesté dès mars 1943 par les archives diplomatiques américaines[6]. Des témoignages d'autres évadés confirment également l'utilisation du navire sur cette liaison pendant l'été 1943, notamment un convoi parti pour Setúbal le 18 août et arrivé à Casablanca quelques jours plus tard[7]. Plus généralement, les évadés libérés d'Espagne sont alors acheminés par Madrid et le Portugal avant de gagner Casablanca, notamment à bord du Sidi-Brahim et du Gouverneur-Général-Lépine[8].

De Casablanca, Verdier gagne Alger. Après quatre années d'interruption de pilotage, il est envoyé à l'école de pilotage de Marrakech avant de se porter volontaire pour rejoindre le groupe de chasse « Normandie ».


Engagement dans le groupe Normandie et voyage vers l'Union soviétique

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Après son passage par Marrakech, Verdier se porte volontaire pour renforcer le groupe de chasse français combattant aux côtés de l'aviation soviétique. Le pilote Roger Sauvage le mentionne parmi les hommes effectuant le long voyage vers l'Union soviétique, notamment lors du passage par Téhéran et Astrakhan, avant l'arrivée à Moscou à la fin du mois de décembre 1943[9].

Verdier rejoint le groupe à Toula le [10]. Il est affecté à la 2e escadrille, dite « Le Havre », commandée durant la campagne de 1944 par le capitaine Yves Mourier[11].

Le mécanicien soviétique Igor Iline, lui aussi affecté à la 2e escadrille, est principalement chargé de l'entretien de l'appareil de Verdier jusqu'à la disparition de celui-ci[12].


À Toula, les nouveaux pilotes suivent un entraînement destiné à reconstituer une unité fortement éprouvée par la campagne de 1943. Verdier fait partie des quatorze pilotes annoncés en renfort le 7 janvier 1944 ; l'entraînement se poursuit notamment sur Yak-7 puis Yak-9[13]. Le 20 mai, le général Ernest Petit inspecte le régiment avant son retour au front. Le 25 mai, les escadrilles quittent Toula pour Borovskoïe, point de départ de la seconde campagne de 1944[13].

Campagne de 1944

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Verdier participe avec le groupe Normandie aux opérations de 1944 qui accompagnent la progression soviétique vers l'ouest. À partir de la fin mai, l'unité reprend le combat en Biélorussie, puis progresse en Lituanie et jusqu'aux approches de la Prusse-Orientale. Le ministère français des Armées situe le retour du régiment sur le front à la fin du mois de mai et souligne sa participation aux offensives de Biélorussie puis de Lituanie[14].

À partir d'août 1944, le groupe abandonne progressivement ses Yak-9 pour recevoir des chasseurs Yakovlev Yak-3. Les premiers vols sur les nouveaux appareils ont lieu le 19 août[13]. Verdier vole sur ce type d'appareil au cours de la dernière partie de sa campagne[2]. Le 21 août, lors d'une mission de chasse libre avec Robert Delin dans le secteur Insterburg–Augustów, les deux pilotes mitraillent des véhicules au sol ; Clarke rapporte qu'un camion et un véhicule léger finissent dans un fossé[13].

Le , il effectue sa dernière mission dans le secteur de Tilsit et Insterburg, villes alors situées en Prusse-Orientale allemande. Le Mémorial Normandie-Niémen le donne comme « disparu en mission aérienne » entre les deux villes[1].

Disparition

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Le 22 septembre, Verdier décolle à 7 h 5 avec Robert Delin pour une mission offensive[13]. Après une reconnaissance du secteur, ils attaquent une locomotive circulant sur la voie ferrée Tilsit–Insterburg. Delin redresse son appareil au ras des arbres puis remonte ; il ne retrouve plus Verdier[9].

Les sources divergent sur les circonstances exactes de sa disparition. Roger Sauvage estime que Verdier a probablement percuté le sol pendant l'attaque[9]. D'autres travaux consacrés au Normandie-Niémen situent la destruction de son Yak-3 dans le secteur de la gare de Blumenthal, sur la ligne Insterburg–Tilsit[15]. Faute de certitude sur la cause de la perte, la formulation officielle « disparu en mission aérienne » est généralement retenue[1].

Roger Sauvage, qui avait voyagé et combattu avec lui, décrit après sa disparition Verdier comme « un camarade si dévoué, et d'humeur toujours égale »[9].

Palmarès et distinctions

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Victoires aériennes

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Les sources ne donnent pas toutes le même total de victoires aériennes à Marc Verdier.

La publication historique Normandie-Niemen du Yak au Mirage..., réalisée par Jean-Pierre Decock et publiée en 1987 par l'EC 2/30 Normandie-Niemen, comporte un tableau intitulé « Scores personnels (victoires homologuées) » dans lequel Marc Verdier est crédité de deux victoires homologuées[16].

La notice actuellement publiée par le Mémorial Normandie-Niémen ne lui attribue en revanche qu'une victoire aérienne homologuée[1]. Les sources consultées n'expliquent pas cette différence.

Décorations

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Le Mémorial Normandie-Niémen attribue à Marc Verdier les décorations suivantes[1] :

Famille

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Famille industrielle Verdier

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La famille Verdier est étroitement liée à l'histoire économique de Nanteuil-lès-Meaux et de Meaux. Les Bonneteries Verdier y produisent notamment de la lingerie et des bas de soie à partir de la fin du XIXe siècle[4].

Parmi les membres de cette famille figurent notamment Louis Verdier-Fauvety, directeur des Bonneteries Verdier et officier aviateur de la Première Guerre mondiale. Il sert comme officier français au sein de l'Escadrille La Fayette[17].

François de Tessan, journaliste, député de Seine-et-Marne, résistant et futur déporté à Buchenwald, épouse en 1910 Suzanne Verdier, fille d'un industriel seine-et-marnais de la famille[18]. En mémoire de son engagement dans la Résistance, une colonne surmontée d'une flamme est édifiée dans le cimetière de Nanteuil-lès-Meaux[19]. Le monument se trouve sur la tombe de la famille Verdier[20].


Bernard Louchet

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L'aviateur des Forces aériennes françaises libres Bernard Robert Louchet est un cousin germain de Marc Verdier. Le lien de parenté existe par les deux branches familiales : la mère de Marc, Marguerite Alice Louchet, est la sœur de Robert Louchet, père de Bernard ; inversement, Jean Verdier, père de Marc, est le frère de Denise Verdier, mère de Bernard. Bernard Louchet naît le 13 janvier 1917 à Nanteuil-lès-Meaux et meurt en combat aérien à Fuka, en Égypte, le . Son dossier militaire est conservé au Service historique de la Défense sous la cote DE 2017 ZL 82 716[3].

Après l'armistice de 1940, Louchet cherche lui aussi à rejoindre la France libre. Avec notamment Pierre Brisdoux Galloni d'Istria et Henri Jourdain, il traverse le Sahara, le nord du Niger, le Ténéré et le Tibesti pour atteindre le Tchad. L'Ordre de la Libération décrit un trajet de plusieurs milliers de kilomètres, dont environ 400 à dos de chameau et 500 à pied, effectué en deux mois sous la menace des forces de Vichy[21].

Louchet rejoint ensuite les Forces aériennes françaises libres. Le 27 juin 1942, alors qu'il appartient au groupe de chasse « Alsace », la patrouille qu'il forme avec Brisdoux rencontre des chasseurs allemands Bf 109 près de Fuka ; Louchet est tué au cours des combats[22].


Hommages

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Stèle érigée à Poigny-la-Forêt en mémoire de Marc Verdier.


Notes et références

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  1. 1 2 3 4 5 « VERDIER Marc – Pilote de chasse », sur Mémorial Normandie-Niémen (consulté le ).
  2. 1 2 3 4 (ru) Sergueï V. Dybov, « Нормандия-Неман ». Подлинная история легендарного авиаполка, Moscou, Яуза ; Эксмо, .
  3. 1 2 « Dossiers de carrière militaires Air, 1856-1920 » [PDF], sur Service historique de la Défense (consulté le ).
  4. 1 2 « Terroir – Le passé industriel », sur Ville de Nanteuil-lès-Meaux (consulté le ).
  5. « Libération de Meaux et Montry », sur Musée de la Résistance en ligne – Fondation de la Résistance (consulté le ).
  6. (en) « The Consul General at Algiers (Wiley) to the Secretary of State, March 20, 1943 », sur Office of the Historian, U.S. Department of State (consulté le ).
  7. « Évocation de l'itinéraire, avant et après Cherchell, de Jacques Pélegrin (X 1940), entre 1943 et 1945 » [PDF], sur X-Résistance (consulté le ).
  8. Léo Palacio, « Les évadés de France par l'Espagne se rassemblent à Toulouse », Le Monde, (lire en ligne, consulté le ).
  9. 1 2 3 4 Roger Sauvage, Un du Normandie-Niémen, Givors, André Martel, .
  10. « Liste des 108 officiers ayant participé aux campagnes du « Normandie-Niémen » », sur Mémorial Normandie-Niémen (consulté le ).
  11. « La composition des escadrilles », sur Mémorial Normandie-Niémen (consulté le ).
  12. « Le dernier survivant du régiment de chasse Normandie-Niémen a rejoint ses frères d'armes », Le Fana de l'Aviation, no 665, .
  13. 1 2 3 4 5 (en) John D. Clarke, French Eagles, Soviet Heroes: The ‘Normandie-Niemen’ Squadrons on the Eastern Front, The History Press, (lire en ligne), p. 63, 71, 94 et 103.
  14. « Normandie-Niémen. Des chasseurs français sur le front de l'Est », sur Ministère des Armées et des Anciens combattants (consulté le ).
  15. « Normandie-Niemen – lieux de mémoire » [PDF] (consulté le ).
  16. Jean-Pierre Decock, Normandie-Niemen du Yak au Mirage..., EC 2/30 Normandie-Niemen, (lire en ligne), p. 37, « Tableaux de chasse ».
  17. (en) « Operational Logs of the Lafayette Escadrille », sur Smithsonian National Air and Space Museum (consulté le ).
  18. « François de Tessan, 1883-1944 » [PDF], sur Archives départementales de Seine-et-Marne (consulté le ).
  19. « Portraits seine-et-marnais de résistants – François de Tessan » [PDF], sur Archives départementales de Seine-et-Marne (consulté le ).
  20. « Nanteuil-les-Meaux, Cimetière, Monument de François de Tessan (1883–1944) », sur Wikimedia Commons (consulté le ).
  21. « Pierre Brisdoux Galloni d'Istria », sur Ordre de la Libération (consulté le ).
  22. « Le parcours de Noël Castelain » [PDF], sur Association pour la mémoire des Forces aériennes françaises libres (consulté le ).
  23. « Stèle de Marc Verdier à Poigny-la-Forêt », sur Aérostèles (consulté le ).
  24. « Memorialgenweb, les galeries intégrées en mars 2018 », sur CGMA – Maisons-Alfort, (consulté le ).
  25. « Réglementation de la circulation et du stationnement – rue Marc Verdier » [PDF], sur Ville de Pont-Sainte-Marie, (consulté le ).
  26. « Équipements sportifs », sur Ville de Lamastre (consulté le ).

Bibliographie

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  • Roger Sauvage, Un du Normandie-Niémen, Givors, André Martel,
  • Jean-Pierre Decock, Normandie-Niemen du Yak au Mirage..., EC 2/30 Normandie-Niemen, (lire en ligne)
  • (en) John D. Clarke, French Eagles, Soviet Heroes: The ‘Normandie-Niemen’ Squadrons on the Eastern Front, The History Press,
  • (ru) Sergueï V. Dybov, « Нормандия-Неман ». Подлинная история легендарного авиаполка, Moscou, Яуза ; Эксмо,

Voir aussi

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Liens externes

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