François de Tessan
François de Tessan (François-Jules-Armand-Delphin Dortet de L'Espigarié de Tessan), né le à Saint-Hilaire-du-Harcouët (Manche) et mort en déportation le à Buchenwald (Allemagne)[1], est un journaliste, homme de lettres et homme politique radical-socialiste français.
| François de Tessan | |
François de Tessan en 1936. | |
| Fonctions | |
|---|---|
| Député français | |
| – (13 ans, 11 mois et 30 jours) |
|
| Élection | 29 avril 1928 |
| Réélection | 8 mai 1932 3 mai 1936 |
| Circonscription | Seine-et-Marne |
| Législature | XIVe, XVe et XVIe (Troisième République) |
| Groupe politique | RRRS |
| Prédécesseur | Circonscription créée |
| Successeur | Circonscription supprimée |
| Sous-secrétaire d'État à la présidence du Conseil | |
| – (28 jours) |
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| Président | Albert Lebrun |
| Président du Conseil | Léon Blum |
| Ministre | Vincent Auriol |
| Gouvernement | Blum II |
| Prédécesseur | Émile Laurens |
| Successeur | Paul Baudouin (indirectement) |
| – (6 mois et 2 jours) |
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| Président | Albert Lebrun |
| Président du Conseil | Léon Blum |
| Gouvernement | Blum I |
| Prédécesseur | Marx Dormoy |
| Successeur | Jules Moch |
| Sous-secrétaire d'État aux Affaires étrangères | |
| – (8 mois et 15 jours) |
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| Président | Albert Lebrun |
| Président du Conseil | Camille Chautemps |
| Ministre | Yvon Delbos |
| Gouvernement | Chautemps III et IV |
| Prédécesseur | Pierre Viénot |
| Successeur | Auguste Champetier de Ribes (indirectement) |
| – (3 mois et 1 jour) |
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| Président | Albert Lebrun |
| Président du Conseil | Albert Sarraut Camille Chautemps |
| Ministre | Joseph Paul-Boncour |
| Gouvernement | Sarraut I Chautemps II |
| Prédécesseur | Pierre Cot |
| Successeur | André Marie |
| Sous-secrétaire d'État au Travail et à la Prévoyance sociale | |
| – (1 mois et 10 jours) |
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| Président | Albert Lebrun |
| Président du Conseil | Joseph Paul-Boncour |
| Ministre | Albert Dalimier |
| Gouvernement | Paul-Boncour |
| Prédécesseur | Maurice Foulon (indirectement) |
| Successeur | Maxence Bibié (indirectement) |
| Président du Conseil général de Seine-et-Marne | |
| – (3 ans) |
|
| Conseiller général de Seine-et-Marne | |
| – (9 ans) |
|
| Circonscription | Canton de Meaux |
| Prédécesseur | Georges Lugol |
| Biographie | |
| Nom de naissance | François-Jules-Armand-Delphin Dortet de L'Espigarié de Tessan |
| Date de naissance | |
| Lieu de naissance | Saint-Hilaire-du-Harcouët |
| Date de décès | (à 61 ans) |
| Lieu de décès | Buchenwald |
| Nationalité | Française |
| Parti politique | RRRS |
| Profession | Journaliste |
| Distinctions | Prix Montyon 1917 Mort pour la France |
| Résidence | Seine-et-Marne |
| modifier |
|
Biographie
modifierIssu d'une famille de l'aristocratie cévenole du Vigan, il est le fils d'Henri de Tessan (mort en 1913) et d'Inès Marguerite Rétif (morte en 1933). Il fait son service militaire, termine sa licence de lettres en 1903 puis part l'année suivante pour les États-Unis y réaliser une étude sur les mouvements féministes.
En 1906, il devient correspondant de presse en poste à Londres où il se lie d'amitié avec Maurice Dekobra.
En 1908, il fréquente les milieux de Montmartre et quelques-uns de ses poèmes sont mis en musique.
Grand reporter (1909-1914), il est journaliste du journal La liberté, correspondant du journal Le Matin à New-York et est alors très lié au milieu franco-américain de San Francisco[2]. En 1910, il se marie à Suzanne (Marie Françoise) Verdier (1883-1982) qui sera la dernière héritière de la City of Paris, grand magasin de San Francisco repris par le groupe Neiman Marcus[3].
Il est nommé en 1913 secrétaire général de la section française de l’Exposition Panama Pacific.
Mobilisation et aide de camp du maréchal Joffre
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Il est mobilisé comme sergent lorsqu'éclate la Première Guerre mondiale. Il la termine capitaine, démobilisé en 1919. Aide de camp du maréchal Joffre lors de la mission Viviani-Joffre en 1917, il rend compte de cette mission dans les médias français ou américains.
Proche de l'état-major du général commandant les forces américaines en France, Pershing, il est resté après guerre le porte-parole des milieux franco-américains[4].
En 1920, il repart en mission en Indochine avec le maréchal Joffre. Il devient un spécialiste des Affaires Étrangères, présent dans nombre de négociations, conférences ou traités, des régions libérées aux accords de Montreux. Comme d'autres à cette époque (Albert Sarraut, Léon Blum), ses analyses de la situation coloniale en Indochine ou Afrique du nord[réf. nécessaire] rendent compte de la nécessité de profondes réformes pour sauvegarder l'« Empire Français » dès 1919.
Homme politique et résistant : mort pour la France
modifierÉlu député du parti radical en 1928, il fait partie du groupe des « jeunes Turcs » élus cette année-là comme député de Seine-et-Marne (Meaux - 2e circonscription) (1928-1942). Il devient aussi sous-secrétaire d'État au ministère du Travail et de la Prévoyance sociale du gouvernement Paul-Boncour ( - ), sous-secrétaire d'État aux Affaires étrangères du gouvernement Sarraut I (octobre - ), sous-secrétaire d'État aux Affaires étrangères du gouvernement Chautemps II ( - ) et délégué de la France à la Société des Nations (SDN).
Sous-secrétaire d'État à la présidence du conseil du gouvernement Blum I (de à ), Président du Conseil général de Seine-et-Marne[5] (- jusqu'à sa dissolution par le gouvernement de Vichy), sous-secrétaire d'État aux Affaires étrangères du gouvernement Chautemps III ( - ), sous-secrétaire d'État aux Affaires étrangères du gouvernement Chautemps IV (janvier - ), il est sous-secrétaire d'État à la présidence du conseil du gouvernement Blum II (mars - ).
Franc-maçon initié aux États-Unis pendant son séjour en Californie en 1912[6], il rencontra lors d'une convention maçonnique américaine Franklin D. Roosevelt qui devint son ami[réf. nécessaire]. Madame Roosevelt est venue à plusieurs reprises à Nanteuil-lès-Meaux[réf. nécessaire] où résidait François de Tessan. Il fréquente nombre de clubs et de loges à Paris et à Meaux entre les deux guerres.[réf. nécessaire]
Il est parmi ceux qui dénoncent l'accord de Munich et déclare alors qu'il préfère que la France puisse un temps, s'allier à l'URSS (pourtant un État communiste et totalitaire) afin de combattre les pays fascistes, comme l'Allemagne nazie ou l'Italie.
Le 10 juin 1940, il est nommé ambassadeur de France en Australie, où il ne se rend pas. Il vote les pleins pouvoirs au Maréchal Pétain[6].
Entré en résistance en Seine-et-Marne, il est arrêté par dénonciation à Évaux-les-Bains (Creuse) fin [7]. Transféré le au camp de Compiègne-Royallieu, il est ensuite déporté seulement en en Allemagne, au camp de Buchenwald. François de Tessan, officier de la Légion d'honneur pour ses activités comme résistant, est « mort pour la France » de maladie et d'épuisement en [8].

En souvenir de ses actions de résistant, une colonne, surplombée d'une flamme symbole de l'âme, fut édifiée sur la concession de la famille Verdier dans le cimetière de Nanteuil-lès-Meaux (77).
Œuvres
modifier- Promenade au far-west, Plon, 1912
- Quand on se bat, Plon, 1916, prix Montyon 1917
- Notes d'un témoin, Les Grands Jours de France en Amérique, Mission Viviani-Joffre (Avril-Mai 1917), Paris, Plon, 1917,
- Les grands jours de France en Amérique, 1917
- Par les chemins japonais : essais sur le vieux Japon, Plon, 1918
- De Verdun au Rhin, Renaissance du Livre, 1918-1919
- « Beautés américaines » in L'ILLUSTRATION, 3 Décembre 1921
- « S.M. Kha-Dinh, empereur d'Annam » in La Revue de Paris, 29e année, no 13, 1922
- « L'éducation financière des annamites » in L'Opinion,
- Dans l'Asie qui s'éveille : essais indochinois, Paris : la Renaissance du livre, DL 1922, prix Auguste-Furtado de l’Académie française en 1924
- « Les Chinois en Indochine » in La Revue de Paris, ; in l'Asie qui s'éveille, 1923
- Le Japon mort et vif, Baudinière, 1928
- Le Président Hoover et la politique américaine, 1931
- Franklin Roosevelt, Baudinière, 1932
- Le Drame espagnol, 1936
- Voici Adolf Hitler, Flammarion, 1936
- Loti en Amérique. Bois de Dignimont, s. d.
Hommages
modifier- Une avenue de Nanteuil-lès-Meaux porte son nom.
- Une école élémentaire de Nanteuil-lès-Meaux porte son nom.
- Une école élémentaire de Dammarie-les-Lys[9] porte son nom.
- Une rue François de Tessan à Ozoir-la-Ferrière (Seine-et-Marne).
- Une place François de Tessan à Châteaudun (Eure-et-Loir).
Décorations
modifierVoir aussi
modifierNotes et références
modifier- ↑ « Arolsen Archives - International Center on Nazi Persecution », sur Arolsen Archives (consulté le )
- ↑ https://www.phonobase.org/fiche/17371
- ↑ Jean-Louis Duffet, « Sur les traces de François de Tessan 1883-1914, journaliste publiciste », Bulletin de la société historique de Meaux et sa région, (ISSN 1775-8882)
- ↑ Jean-Louis Duffet, « François de Tessan, écrivain-combattant 1914-1919 », Bulletin de la société historique de Meaux et sa région, prévu en 2019 (ISSN 1775-8882)
- ↑ « Archives de Seine-et-Marne »
- 1 2 https://shs.cairn.info/revue-humanisme-2008-1-page-14?lang=fr
- ↑ Herriot, Jouhaux, De Tessan et Borotra prisonniers politiques dans un hôtel d’Évaux-Les-bains. (New York Times, 5 déc. 1942).
- ↑ À Buchenwald, l'emplacement du baraquement où logeait Tessan (près de l'infirmerie) est l'un des rares à ne pas être matérialisé.
- ↑ « Les écoles de Dammarie-lès-Lys », (consulté le )
Liens externes
modifier- Archives conservées par : Service historique de la Défense (AC 21 P 444 484)
- Ressource relative à la littérature :
- Ressource relative aux militaires :
- Ressource relative à la vie publique :
- « François de Tessan », dans le Dictionnaire des parlementaires français (1889-1940), sous la direction de Jean Jolly, PUF, 1960 [détail de l’édition]
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