Marcillac (AOC)

région viticole

Un marcillac[note 2] est un vin rouge ou rosé français d'appellation d'origine contrôlée produit dans les vignobles du Sud-Ouest de la France, autour de Marcillac-Vallon dans l'Aveyron.

Marcillac
Image illustrative de l’article Marcillac (AOC)
Vignoble AOC marcillac à Clairvaux-d'Aveyron.

Type d'appellation(s) AOC / AOP
Reconnue depuis 1965 (VDQS) et 1990 (AOC)
Pays Drapeau de la France France
Région parente vignoble du Sud-Ouest
Sous-région(s) Massif central méridional
Localisation Aveyron
Climat océanique dégradé avec influence montagnarde et méditerranéenne
Ensoleillement
(moyenne annuelle)
2 193 heures (sur l'aéroport de Rodez)
Sol pentes de rougier (argiles rouges riches en oxyde de fer), de causse (calcaire) et dans une moindre part de ségala (schiste)
Superficie plantée 220 hectares (moyenne 2022-2024)[1]
Cépages dominants fer servadou (ou mansoi) N[note 1], cabernet sauvignon N, merlot N, prunelard N[2]
Vins produits rouges et rosés
Production 6 000 hectolitres (moyenne 2022-2024)[1]
Pieds à l'hectare minimum 4 000 ceps/ha[2]
Rendement moyen à l'hectare 27 hl/ha en rouge et 35 en rosé (en 2023)[1]

L'appellation marcillac a accédé au status d'AOC par le décret du [3]. La superficie de production est de 220 hectares (moyenne 2022-2024[1]), les vins rouges représentant 85 % du le volume de production (moyenne 2022-2024)[1]. Le cépage principal est le fer servadou N et les cépages secondaires sont le cabernet sauvignon N, le merlot N et le prunelard N[2].

Histoire

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Ce vignoble s'est développé sous les auspices de l'abbaye de Conques il y a près de 1 000 ans. D'abord prospère, la production de vin subvenait à la consommation locale. Les vins étaient prisés par la bourgeoisie et le clergé ruthénois dont les représentants avaient installé leur résidence de campagne dans le vignoble. Ils étaient aussi nécessaires pour compléter les besoins énergétiques des mineurs et travailleurs agricoles. Une crise sanitaire à la fin du XIXe siècle, des gelées au début du XXe siècle et le déclin de la mine eurent raison de la production qui se trouva au plus bas en 1965.

C'est alors qu'une poignée de producteurs décidèrent de réagir avant l'extinction complète du vignoble. En , ils obtiennent la reconnaissance de l'appellation d'origine « Vins de Marcillac » comme un « vin délimité de qualité supérieure » (VDQS)[4] afin de sortir de l'anonymat et se remotiver. Ils réaménagèrent le vignoble pour mécaniser au minimum les travaux en créant des terrasses étroites (des faisses en rouergat). Par le décret du , le marcillac devient une appellation d'origine contrôlée (AOC)[3]. Le cahier des charges de l'appellation a été publié en [5], puis a été modifié en [6] et en [2]. En 2020, l'appellation a fêté ses 30 ans.

Étymologie

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Vignoble

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Aire d'appellation

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Images externes
Carte des communes concernées
Cartes cadastrales de l'appellation
Orthophotos du parcellaire de l'AOC

Le vignoble est situé dans le Massif central méridional, dans le département de l'Aveyron, à 20 km au nord-ouest de Rodez. L'aire de production et de vinification s'étend sur onze communes[note 3] de Marcillac-Vallon, Balsac, Clairvaux-d'Aveyron, Goutrens, Mouret, Nauviale, Pruines, Salles-la-Source, Saint-Cyprien-sur-Dourdou, Saint-Christophe-Vallon et Valady.

La surface déclarée en 2004 était de 161 hectares ; elle a été de 220 hectares en moyenne entre 2022 et 2024[1]. L'aire d'appellation du marcillac est située à l'extrémité nord-est du vignoble du Sud-Ouest, à proximité des vignobles de l'estaing et de l'entraygues-le-fel.

Orographie et géologie

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Le vignoble s’inscrit dans le vallon de Marcillac, entaillé par le Dourdou et ses affluents, entre le causse Comtal à l’est et les plateaux du Ségala à l’ouest. L’érosion a mis à jour un socle ancien constitué de grès permiens, d’âge paléozoïque, de teinte rouge violacée, localement désignés sous le nom de « rougiers de Marcillac ». Ces formations sont recouvertes, en bordure de l’aire, par des calcaires jurassiques appartenant aux causses[7]. Les parcelles viticoles occupent principalement des coteaux marqués, fréquemment aménagés en terrasses[2].

Climatologie

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Climat variable au fil des saisons, les influences semi-continentales en hiver et méditerranéennes en été s'y font ressentir. Cependant, l'ensoleillement annuel se situe à un niveau notable soit environ 2 200 h/an[8]. On assiste très souvent à des hivers très rigoureux et à des étés très chauds et ensoleillés, dignes des villes du pourtour méditerranéen. La station météorologique de Rodez (sur l'aéroport de Rodez-Aveyron, à 578 mètres d'altitude : 44° 24′ 37″ N, 2° 28′ 56″ E)[9] est représentative de l'aire d'appellation par sa proximité (elle est km plus au sud).

Relevés à Rodez de 1991 à 2020
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Températures (°C)
Maximale moyenne 7,1 8,3 12,1 14,9 18,9 23 25,7 25,8 21,3 16,6 10,9 8 16,1
Moyenne 3,4 3,9 7,1 9,7 13,4 17,2 19,5 19,6 15,6 12,1 7,1 4,3 11,1
Minimale moyenne −0,2 −0,5 2,1 4,5 8 11,4 13,4 13,4 9,9 7,5 3,2 0,5 6,1
Nombre de jours avec gel 15,6 14,7 9,8 3,2 0,4 0 0 0 0 0,1 1,3 4,3 16,6
Précipitations
Hauteur (mm) 74,9 54,1 62,6 84,3 96,9 64,2 55,6 59,9 77,5 75,8 85,3 78 869,1
Ensoleillement
Heures 84,7 124,9 171,5 192,7 218,9 255,8 282,2 273,8 218,2 164,7 103,8 102 2 193
7,1
−0,2
74,9
30 mm
60 mm
90 mm
jan.
8,3
−0,5
54,1
fév.
12,1
2,1
62,6
mars
14,9
4,5
84,3
avril
18,9
8
96,9
mai
23
11,4
64,2
juin
25,7
13,4
55,6
jui.
25,8
13,4
59,9
août
21,3
9,9
77,5
sep.
16,6
7,5
75,8
oct.
10,9
3,2
85,3
nov.
8
0,5
78
déc.
Moyennes : max min °C ■ Précipitations mm

Encépagement

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Le cépage principal est le mansois, nom local du fer servadou N[note 1], qui doit représenter au minimum 90 % de l'encépagement et 80 % de l'assemblage. Les cépages accessoires sont le cabernet sauvignon N, le merlot N et le prunelard N, sans proportion particulière de représentation mentionnéer dans le cahier des charges[2].

Rendements

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Le rendement visé fixé par le cahier des charges est de 55 hectolitres par hectare et le rendement butoir est de 65 hl/ha[2].

Méthodes culturales

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Les vignes présentent une densité minimale à la plantation de 4 000 pieds par hectare, avec un écartement entre les rangs de 2,50 m maximum).

Les vignes sont conduites en taille longue (Guyot simple, avec un maximum de 17 yeux francs par pied) ou en taille courte à coursons (cordon de Royat, avec un maximum de 20 yeux francs par pied). La charge maximale est de 9 500 kilogrammes par hectare[2].

Normes analytiques

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La richesse minimale en sucre des raisins à la récolte est de 175g/l par litre de moût pour les vins rosés et de 180 g/l pour les vins rouges. Le titre alcoométrique volumétrique naturel est de 10,5 % pour les vins rosés et pour les vins rouges. Après enrichissement, le titre alcoométrique volumétrique maximal est de 13 %[2].

Volumes

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Les données de production des années récentes, telles que publiées par le service des Douanes[1], sont :

Annéemarcillac rouge marcillac rosé
superficie (ha)production (hl)rendement (hl/ha) superficie (ha)production (hl)rendement (hl/ha)
20221927 202382184441
20231975 273272690335
20241802 796163080626
Vendanges au Marcillac-Vallon, vigneron aveyronnais faisant chabrot et porteurs de raisin en 1907.

Vinification

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C'est l'ensemble des opérations nécessaires à la transformation du moût (nom du jus de raisin) et à l'élaboration du vin. Certaines de ces opérations sont nécessaires, telle la fermentation alcoolique, et d'autres permettent d'affiner le profil du vin, tant au niveau aromatique (olfactif) que gustatif (goûts).

Vinification en rouge

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Vins de Marcillac rosé et rouge au marché. Ici, une production de vigneron.

La vinification en rouge consiste à faire un pressurage après que la fermentation a commencé. Pendant toute cette phase, le moût est en contact avec les matières solides de la vendange. Celles-ci sont très riches en tanins, matières colorantes, odorantes, minérales et azotées. Ces substances vont alors se dissoudre plus ou moins dans le moût et se retrouver dans le vin[11].

C'est la cuvaison pendant laquelle les sucres se transforment en alcool (fermentation alcoolique) et le jus se voit enrichi par les composants du moût. Plus la macération est longue, plus la coloration du vin sera intense[11]. Se dissolvent également les tanins, leur taux sera aussi fonction du temps de la cuvaison. Plus elle sera longue, plus les vins seront aptes à vieillir. Durant cette phase, se produit une forte élévation de la température. Celle-ci est de plus en plus contrôlée par la technique de maîtrise des températures[12].

Vinification en rosé

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Cubitainer de marcillac rosé.

La vinification en rosé se produit par macération, limitée dans le temps, de cépages à pellicule noire avec possible ajout de cépages blancs. Le vin rosé n'a pas de définition légale. Mais ses techniques de vinification sont très strictes et n'autorisent en rien en Europe le mélange de vin rouge et blanc. Deux principes différents sont utilisés :

  • le premier consiste à extraire par écoulement une partie du jus dès l'encuvage lors de la vinification en rouge ; c'est la saignée. C'est le jus qui s'égoutte sous le poids de la vendange  au maximum entre 20 et 25 %  et qui va macérer durant 3 à 24 heures. Cette méthode produit des vins rosés à la robe soutenue, et la quantité potentielle produite dépend de la concentration recherchée pour le vin rouge produit.
  • Le second principe est le pressurage direct, qui consiste à extraire le jus en plusieurs fois, au cours de la macération, qui dure quelques heures. Les jus successivement extraits sont progressivement plus chargés en tanins provenant des peaux, et peuvent ensuite être assemblés. Une vendange bien mûre pourra colorer le jus et sa vinification se fait en blanc[13].

La maîtrise des températures est une nécessité, un vin rosé a une robe qui s'apparente à celle d'un vin rouge très clair, plus le fruit et la fraîcheur des vins blancs[14].

Gastronomie

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Aligot saucisse.

Ce vin est en général tannique et rustique, il dénote un arôme prédominant de framboise et de cassis.

Il s'accommode bien de la cuisine locale, comme le gibier, l'aligot-saucisse, les tripous, les tripous trenèls, les fourmes : bleu des Causses, roquefort, laguiole ou salers... Il accompagne également bien les viandes provenant des nombreux élevages locaux (veau, vache, bœuf, mouton, porc)

Commercialisation

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Ce vin est essentiellement commercialisé sur le lieu de production (marchés, domaines, caves et caveaux) et dans les grandes et moyennes surfaces.

Producteurs

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DomaineProducteur
Domaine de la Carolie Joël Gradels
Domaine de la mansoiseMazenc Stéphane
Domaine de LadrechLes Vignerons du Vallon
Domaine Croizat Philippe Croizat
Domaine de l'AlbinieAlain Falguières
Domaine des Costes RougesClaudine et Éric Vinas
Domaine du CrosPhilippe Teulier
Domaine du MioulaBernard Angles
Domaine DurandMichel Durand
Domaine LaurensGilbert et Michel Laurens
Domaine MathaJean-Luc Matha
Domaine RevelJean-Marie Revel
Domaine Terres d'Angles Bernard Angles

Notes et références

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  1. 1 2 Le code international d'écriture des cépages mentionne de signaler la couleur du raisin : B = blanc, N = noir, Rg = rouge, Rs = rose, G = gris. Cf. « 2de édition de la liste des descripteurs OIV – couleur de la baie » [PDF] (consulté le ), p. 41.
  2. Le nom d'un vin est un nom commun, donc ne prend pas une majuscule, cf. les références sur la façon d'orthographier les appellations d'origine ; on ne boit donc pas Marcillac, mais du marcillac. Sauf que le cahier des charges rajoute une majuscule au nom du vin, pour le différencier d'un nom générique, principe repris sur les étiquettes et les déclarations.
  3. Depuis l’adoption du cahier des charges, deux communes mentionnées ont fait l’objet d’une fusion administrative : Balsac a été intégrée à la commune nouvelle de Druelle Balsac au 1ᵉʳ janvier 2017, et Saint‑Cyprien‑sur‑Dourdou à la commune nouvelle de Conques‑en‑Rouergue au 1ᵉʳ janvier 2016.

Références

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  1. 1 2 3 4 5 6 7 « Open Data | Portail de la Direction Générale des Douanes et Droits Indirects », sur www.douane.gouv.fr (consulté le )
  2. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 « Cahier des charges de l’appellation d’origine contrôlée « MARCILLAC » » [PDF], homologué par le décret no 2015-658 du publié au JORF du .
  3. 1 2 « Décret du 2 avril 1990 définissant les conditions de production des vins à appellation d'origine contrôlée « Marcillac » », publié au JORF no 80 du .
  4. « Arrêté du 4 novembre 1965 sur les conditions d'attribution du label « Vins délimités de qualité supérieure » aux vins bénéficiant de l'appellation d'origine « Vins de Marcillac » », publié au JORF du .
  5. « Décret n° 2009-1284 du 23 octobre 2009 relatif aux appellations d'origine contrôlées « Marcillac », « Bellet » ou « Vin de Bellet », « Beaumes de Venise », « Vinsobres », « Côtes du Rhône Villages », « Vacqueyras » et « Gigondas » », publié au JORF no 0247 du .
  6. « Décret n° 2011-1347 du 24 octobre 2011 relatif à l'appellation d'origine contrôlée « Marcillac » », publié au JORF no 0249 du .
  7. « Les appellations », sur www.vinsvignesvignerons.com (consulté le )
  8. Carte de l'ensoleillement en France
  9. « 12254001 – RODEZ-AVEYRON – AERODROME DE RODEZ-AVEYRON » [PDF], sur donneespubliques.meteofrance.fr (consulté le ).
  10. « Fiche 12254001 Rodez » [PDF], sur donneespubliques.meteofrance.fr (consulté le ).
  11. 1 2 Colette Navarre, op. cit., p. 131.
  12. Colette Navarre, op. cit., p. 132.
  13. Jean-Luc Berger, op. cit., p. 77.
  14. Jean-Luc Berger, op. cit., p. 78.

Voir aussi

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Bibliographie

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  • Jean-Luc Berger, Les filières de la vinification : La vigne et le vin, Paris, Science et vie, coll. « Science et vie. Numéro hors série » (no 155), (ISSN 0151-0282, BNF 34350497), p. 72-79
  • Colette Navarre, L'œnologie, Paris, Tec et doc : J.B. Baillière, coll. « Agriculture d'aujourd'hui », , 302 p., XVI-302 p. : ill. ; 24 cm (ISBN 2-85206-431-6, ISSN 0982-2518, BNF 34976662)
  • Jean-Michel Cosson et Catherine Bex, Le vignoble de Marcillac : une oasis de pampres au cœur du pays vert, Millau, Éd. du Beffroi, , 186 p. (ISBN 2-908123-18-5, BNF 35795588)
  • Article sur l'histoire du vin de Marcillac sur le site des Cafés géographiques (2021).

Liens externes

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Articles connexes

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