Margot Lecarpentier
Margot Lecarpentier est une mixologue et féministe française.
Ancienne juriste dans l'industrie musicale, elle décide de quitter ce domaine pour devenir mixologue. Elle fonde le bar à cocktail Combat en 2017 et le bistrot Capitale en 2021.
Depuis 2023, elle est la mixologue en chef pour l'ensemble des restaurants du groupe d'Alain Ducasse.
Biographie
modifierEnfance
modifierMargot Lecarpentier naît dans le Cotentin[1], en Normandie[2]. Elle grandit à Granville, dans un milieu cultivé[3]. Sa mère est psychologue et son père professeur[1]. Durant son enfance, elle apprend à cuisiner avec sa mère et apprend à apprécier la gastronomie[3].
Toute sa famille est basée à Pirou, et elle passe ses étés à La Plancha, à Agon-Coutainville. C'est là-bas qu'elle officie pour la première fois derrière un bar. Pendant sept ans, elle va aussi chaque année au festival Jazz sous les pommiers, à Coutances[4].
Formation
modifierAprès son baccalauréat, elle prend une année pour partir améliorer son anglais, devenant assistante d'un professeur de français à Londres[4].
Margot Lecarpentier obtient une licence d'arts du spectacle à Rennes, puis étudie à l’IUT Info‑com de Caen. En 2009 elle part à la faculté de droit de Paris, où elle obtient un Master 2 spécialisé en propriété intellectuelle[1],[3],[4]. Son objectif est de travailler dans une maison de disques[3].
Dans les débuts des années , Margot Lecarpentier est une habituée des soirées rock de Paris, un univers qu'elle trouve « très masculin», «hétéronormé» ou «fermé» ». A New York, elle découvre la techno, qu'elle considère comme « une autre civilisation, plus libérée, avec des codes différents et qui [l]’affirme dans [s] on féminisme ». Elle est également une habituée des fêtes électroniques gays et lesbiennes[2].
Parcours professionnel
modifierMusique
modifierElle commence par travailler à mi-temps chez Pan European Recording[3].
En , elle part à New York chez Sony Music, pour y faire son stage de dernière année d'études[1] . En tant que juriste[2] culturelle, elle gère l'application des contrats et droits d'artistes. Elle part ensuite travailler à Brooklyn, auprès de Domino Records[3]. Durant cette période, elle sort régulièrement avec un barman travaillant pour Standard Hotel du Meatpacking District[3] ; « C’est pendant ce séjour que j’ai été éblouie par la restauration et la mixologie new-yorkaises ! »[4].
Son visa américain expiré[3], Margot Lecarpentier rentre à Paris en . Elle cherche du travail dans le secteur de la musique, sans succès. En raison du sexisme dans cette industrie, elle décide de le quitter pour rester fidèle à ses convictions féministes. Elle raconte : « Je sentais que je n’allais pas forcément m’épanouir car la progression hiérarchique pour une femme y est toujours compliquée. Avec mon caractère bien trempé, je me disais que j’allais avoir du mal à envisager ma vie professionnelle dans un pareil contexte, il fallait que j’aie ma propre barque à mener »[1].
Mixologie
modifierElle finit par travailler trois ans dans le bar L'Experimental Cocktail Club, un speakeasy du quartier Montorgueil[2],[3]. En [5], elle ouvre son propre bar à cocktails avec Elena Schmitt[6], qu'elles appellent Combat, rue de Belleville[7]. Les principes sont l’inclusion, le bien boire et le bien manger[2]. Le terme de Combat fait référence au quartier entre la place du Colonel-Fabien, les Buttes-Chaumont, Belleville, et à la lutte pour l’égalité femmes-hommes[6]. Margot Lecarpentier y propose des cocktails qui sortent des classiques habituels, en misant sur l'amertume et l'acidité ; mais aussi sur l'aspect écologique[8]. En , il est désigné meilleur bar d'auteur 2018 par le guide Le Fooding[3]. En [9], il reçoit le label de « meilleur bar responsable » par Time Out[8].
En , elle fonde le bistrot Capitale à Belleville[4]. Sur Instagram, elle démocratise la culture du cocktail sous le pseudo de Margot Combat (en lien avec l'album Combat Rock[1]). En , pendant les confinements, elle publie ses « tutopicole » : des recettes qu'elle filme pour montrer comment faire[4]. Elle souhaite démystifier l'image des bartenders et plus particulièrement, le domaine de la mixologie, qu'elle juge trop élitiste et trop marqué par les stéréotypes de genre : « Faire passer les cocktails pour quelque chose de très mystérieux, réservé aux experts, voilà bien une représentation très masculine. Je voulais montrer que tout monde peut s'amuser à en faire dans sa cuisine ! »[5].
Alain Ducasse la qui remarque[5] et en , elle collabore avec lui pour ouvrir durant l'été, un bar à cocktails, appelé Les Ombres, au musée du Quai Branly[10],[8]. Margot Lecarpentier devient ensuite la mixologue en chef pour l'ensemble des restaurants du groupe. Elle est chargée de créer les recettes et les menus de cocktails[5],[1].
Elle travaille aussi en avec Yves Saint Laurent pour le parfum Black Opium Illicite Green et conseille le groupe hôtelier Les Airelles[5].
Références
modifier- 1 2 3 4 5 6 7 Fabrice Gaignault, « Écoféministe, rock et ancienne juriste : portrait détonnant de Margot Lecarpentier, la mixologue la plus en vue du moment »
, sur Le Figaro Vin, (consulté le ) - 1 2 3 4 5 Florian Bardou, « Margot Lecarpentier : «J’aime l’excitation de penser à une soirée qu’on attend dès le réveil» », Libération, (lire en ligne [archive du ]
, consulté le ) - 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 Christel Brion, « Margot Lecarpentier, l'artiste du cocktail »
, sur Le Nouvel Obs, (consulté le ) - 1 2 3 4 5 6 Caroline Gaujard-Larson, « De la Manche à Paris, cette Normande engagée cartonne avec ses cocktails »
, sur Ouest france, (consulté le ) - 1 2 3 4 5 Barnabé Binctin, « Margot Lecarpentier, cocktail détonnant », Le Monde, (lire en ligne
, consulté le ) - 1 2 Sébastien Jenvrin, « Les femmes secouent les bars à cocktails », Le Monde, (lire en ligne
, consulté le ) - ↑ Alicia Dorey, « Les cinq cuvées coups de cœur de Margot Lecarpentier, bartender de Combat : «Je n’ai plus de souvenir du vin avant le vin nature» », sur Le Figaro Vin, (consulté le )
- 1 2 3 Annabelle Dufraigne, « Alain Ducasse et Margot Lecarpentier ouvrent un bar à cocktails au musée du Quai Branly »
, sur AD Magazine, (consulté le ) - ↑ Robin Panfili, « Pourquoi vous allez avoir (très) envie d’aller au resto en cette fin d’année », Konbini, (lire en ligne [archive du ]
, consulté le ) - ↑ Marine Lemesle, « Margot Lecarpentier, une mixologue aussi explosive que ses cocktails »
, sur actu.fr, (consulté le )