Maria Valtorta
Maria Valtorta, née à Caserte en Campanie le et morte le à Viareggio en Toscane, est une visionnaire et mystique italienne, membre du Tiers-ordre catholique des Servites de Marie et autrice d'écrits spirituels.
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Basilique de la Santissima Annunziata, Cappella del Capitolo (d) |
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L'Évangile tel qu'il m'a été révélé (d) |
À partir de 1943, elle transcrit dans des cahiers les visions et les dictées qu'elle dit recevoir. Les passages évoquant des scènes de la vie du Christ sont publiés sous le titre L'Évangile tel qu'il m'a été révélé.
Interdit de publication en 1949 par le Saint-Office, cet ouvrage est pourtant publié en Italie entre 1956 et 1959. Il est mis à l'Index des livres interdits le . Les autorités catholiques ne reconnaissent pas d'origine surnaturelle aux visions et aux dictées de Maria Valtorta.
Biographie
Joachim Bouflet note que « Maria Valtorta n'est connue, pour la plus grande partie de sa vie, que par l'autobiographie qu'elle a rédigée sur le conseil de son père spirituel [Migliorini] alors qu'elle était âgée de 46 ans »[1].
Maria Valtorta naît le à Caserte, au nord de Naples. Son père, aimant et d'une grande piété, est sous-officier de cavalerie, ce qui fait que la famille se déplace suivant ses affectations[2]. Sa mère, professeur de français et agnostique sévère, n'aime pas sa fille car celle-ci ne peut remplacer un fils mort prématurément[3]. Maria est mise en nourrice et quasiment abandonnée par sa mère[2]. De 1909 à 1913, elle est élève chez les sœurs de Marie-Enfant à Monza[4]. Sa mère lui fait interrompre ses études à l'âge de treize ans et, à deux reprises, met fin aux projets de fiançailles de sa fille, provoquant chez celle-ci une crise profonde à laquelle sa conversion met un terme en 1916[3].
En 1917, lors de la Première Guerre mondiale, Maria Valtorta s'enrôle comme infirmière à l’hôpital militaire de Milan[3]. En 1920, un délinquant la frappe violemment dans la région lombaire avec une barre de fer, ce qui est à l'origine d'une infirmité croissant au fil des années[2]. À partir de 1921, elle est également sujette à des phénomènes psychiques[2].
En 1924, établie avec ses parents à Viareggio, sur la côte toscane[2], elle s’engage dans sa paroisse comme déléguée de l’Action catholique auprès de la jeunesse féminine, mais ses souffrances augmentent. Sa santé se détériore progressivement et à partir de , elle est immobilisée chez elle[2].
En , année de la mort de son père, elle rencontre Marta Diciotti qui devient sa meilleure amie et l'assiste jusqu'à sa mort[2]. En 1942, le servite Romualdo Migliorini (1884-1953) devient son directeur spirituel et lui recommande de rédiger d'abord son autobiographie[3]. En 1943, elle devient définitivement grabataire et débute à partir de cette année la rédaction de ses visions et de paroles intérieures surabondantes, les « dictées »[3], qu'elle affirme écrire « sous la dictée du Saint-Esprit »[4].
Au cours de cette activité, très soutenue les quatre premières années puis plus modérée de 1948 à 1951, dans laquelle elle est assistée par Maria Diociotti, elle rédige environ quinze mille pages autographes réparties dans 122 cahiers[5].
Elle meurt le à l'âge de 64 ans et, à l'instigation de la Congrégation des Servites de Marie — intimement mêlée au destin de la visionnaire —, son corps est transféré dans le sanctuaire de la basilique de la Très Sainte Annonciation de Florence[3].
Écrits
Inspirations
Ses lectures d'ouvrages de mystiques sont nombreuses : Thérèse d'Avila et Jean de la Croix, Catherine de Sienne — à laquelle elle emprunte le thème du sang —, Thérèse de Lisieux — dont elle lit l'Histoire d'une âme en 1925 —, Gemma Galgani. Et surtout la mystique espagnole Marie d'Agréda, dont Maria Valtorta « reproduit la prolixité comme la modalité narrative exubérante » sans toutefois développer les fastes baroques de sa devancière qu'elle critique vigoureusement pour avoir « corrompu la pure révélation initialement reçue », dans une tentative de valoriser la légitimité de ses propres écrits[5].
Les cahiers

Les autres écrits de Maria Valtorta se présentent comme des enseignements de Jésus. Ils ont été édités dans l'ordre chronologique de leur rédaction et publiés en trois volumes : Les Cahiers de 1943, Les Cahiers de 1944 et Les Cahiers de 1945 à 1950. Son œuvre compte aussi une Autobiographie rédigée à la demande de son confesseur, des Leçons sur l'épître de saint Paul aux Romains, et le Livre d'Azarias, commentaires des textes liturgiques donnés, selon Maria Valtorta, par son ange gardien[réf. nécessaire].
D'après le témoignage de la mystique, Jésus, Marie, des saints et son ange gardien lui apparaissent comme des manifestations corporelles extérieures, en trois dimensions[6]. Au cours de ces visions, Jésus, qui lui a demandé d'enregistrer tout ce qui lui est montré, révèle à la visionnaire sa vie dans la Palestine du Ier siècle et lui présente d'innombrables scènes de sa vie comme si elles se déroulaient juste devant elle lors d'expériences si vives que Maria Valtorta décrit même les odeurs des scènes, en plus des images et des sons[6].
Les écrits de Maria Valtorta, sensiblement influencés par l'Apocalypse, décrivent avec une « précision extrême et quasi clinique […] une narration continue, pleine, de la Vie de Jésus-Christ, sans ces "blancs" qui grèvent le texte évangélique » et intègrent le discours de la science avec le problème de la création ou des localisations topographiques des évènements bibliques. Ils soulèvent rapidement un certain enthousiasme populaire[7].
Publication
Si Romualdo Migliorini est farouchement convaincu de l'origine divine des écrits de Maria Valtorta, il n'en va pas de même de ses confrères servites qui se montrent circonspects, voire hostiles, jusqu'à dénoncer la crédulité de Migliorini[8],[9]. Déconsidéré par ce soutien à Maria Valtorta, il est déplacé par ses supérieurs à Rome à la fin de l'année 1945. Il y fait la connaissance d'un jeune confrère, Corrado Berti, qu'il rallie à sa cause[9]. En quête d’approbation ecclésiale, ils forment le projet en janvier 1947 de soumettre les écrits de Maria Valtorta au pape Pie XII, ce qui est fait par l'intermédiaire de l'archiviste de la secrétairerie d’État[10].
C'est ainsi que le 26 février 1948, Pie XII reçoit les prêtres Migliorini et Corrado Berti et leur supérieur du couvent de Rome, Andrea M. Cecchin. « De cette entrevue, on ne connaît que ce qu’en a révélé le père Berti après la mort du père Migliorini ; le pape aurait dit : “Publiez l’œuvre telle quelle. Il n’y a pas lieu de donner une opinion quant à son origine, qu’elle soit extraordinaire ou non. Ceux qui liront comprendront.” » Joachim Bouflet note que « [l]es déclarations du père Berti, qui au fil des années s'est montré de plus en plus exalté pour Maria Valtorta, sont à prendre avec une extrême prudence, d'autant plus qu'au sujet de l'entrevue avec le pape, le père Cecchin a simplement déclaré que Pie XII leur a demandé de trouver un évêque pour l'imprimatur d'usage »[10].
En 1948, Berti obtient de l'évêque Barneschi, évêque titulaire de Tagaste, son imprimatur à un livret de 32 pages titré Parole di Vita Eterna (Paroles de Vie Éternelle). Parole di Vita Eterna est le précurseur de Il Poema dell'Uomo-Dio (Le Poème de l'Homme-Dieu, plus tard renommé en L'Évangile tel qu'il m'a été révélé). Cependant, puisque Barneschi n'est pas l'ordinaire du diocèse de Valtorta ou de la maison d'édition de l'ouvrage, son imprimatur n'a pas de valeur canonique[11].
Interdiction
« Les péripéties du statut canonique de l'ouvrage [Il Poema dell'Uomo-Dio], jusqu’à sa mise à l'index en 1960, relèvent pour la plupart du roman, elles ne sont pour la plus grande part attestées que par le père Berti »[12].
Le Saint-Office entend que la publication respecte toutes les procédures d'autorisation et, à partir de 1949, examine les textes circulant sous forme de liasses dactylographiées[7],[13] ; en définitive, il interdit leur publication et commande leur retrait de la circulation[14],[13].
Mise à l'Index
« [E]ntre 1956 et 1959, les révélations de Maria Valtorta sur la vie de Jésus sont publiées en quatre volumes sous le titre Il Poema dell'Uomo-Dio (Le Poème de l'Homme-Dieu), sans susciter de réaction immédiate du Saint-Office »[12]. Peu après, la publication de l'ouvrage provoque « une vive réaction du Saint-Office »[15] qui le met à l'Index le 16 décembre 1959[4]. Le décret est publié le 5 janvier 1960[16],[N 2] et expliqué le lendemain en détail, selon l'usage[17], dans un article de l'Osservatore Romano (l'organe de presse du Vatican) intitulé « Une Vie de Jésus mal romancée »[18].
Commentaire de L'Osservatore Romano
Le 6 janvier 1960 paraît un article de L'Osservatore Romano qui s'intitule « Une Vie de Jésus mal romancée »[19]. Celui-ci « affiche sa profonde perplexité quant au style et au contenu si étrangement contemporains des propos prêtés au Christ » ainsi que face au développement de sa doctrine sur Marie, présentée en co-rédemptrice au côté du Christ ou encore représentée au centre d'un triangle figurant la Trinité[7]. En outre, la confession d'une danseuse nue à la Vierge paraît choquante[17].
L'auteur de l'article souligne d'emblée le fait que « bien que traitant exclusivement de sujets religieux, ces volumes n'ont pas d'imprimatur, comme l'exige le Can. 1385, 1 n.2 C.I.C » et estime en conclusion que « cette condamnation publique de la Sainte Congrégation Suprême est donc d'autant plus opportune que la désobéissance est grave »[19].
L'auteur explique que le lecteur ne trouvera « rien d’autre qu’une longue et prolixe vie romancée de Jésus. […] Avant tout, [il] sera frappé de l’étendue des discours attribués à Jésus et à la Très Sainte Vierge, des interminables dialogues entre les nombreux personnages qui pullulent dans ces pages. Les quatre Évangiles nous présentent un Jésus humble et plein de réserve ; ses discours sont sobres, incisifs, mais d’une suprême efficacité. Au contraire, dans cette sorte d’histoire romancée Jésus est loquace à l’excès et ressemble à un propagandiste, toujours prêt à se proclamer Messie et Fils de Dieu, et à déclamer des leçons de théologie dans les mêmes termes dont se servirait aujourd’hui un professeur de théologie. […] Quelques pages sont plutôt scabreuses et font penser à des descriptions et des scènes de romans modernes. […] Les spécialistes d’études bibliques y trouveront certainement pas mal d’erreurs historiques, géographiques et autres semblables »[20]. Enfin, l’article pointe également des passages « qui ne brillent certainement pas par l'orthodoxie catholique » et la prétention de « construire une nouvelle mariologie qui dépasse facilement les bornes de la convenance »[20].
Après la mise à l'Index
Malgré la mise à l'Index, les écrits de Maria Valtorta sont à nouveau publiés en 10 volumes de 1961 à 1967 « accompagnée d'une publicité savamment orchestrée sur le thème du fruit défendu désormais accessible »[13] et sans difficulté dans la mesure où le catalogue de l'Index a été supprimé au lendemain du concile Vatican II[17]. L'ouvrage est traduit en espagnol à partir de 1976, puis en français à partir de 1979 sous le titre de L'Évangile tel qu'il m'a été révélé. C'est ce titre français qui sera adopté pour les autres traductions et pour la nouvelle édition italienne[21].
Le cardinal Joseph Ratzinger, en tant que préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi (CDF) est amené à deux reprises à émettre un avis négatif sur les écrits de Maria Valtorta. Une première fois, le où il répond à la lettre datée du adressée à la CDF par un prêtre de l’archidiocèse de Gênes concernant la position de l’Église sur l’œuvre de Maria Valtorta. Par une lettre personnellement adressée au cardinal Giuseppe Siri dont dépend le prêtre requérant, il fait ce rappel : « Certains ont considéré qu’après l’abrogation de l’Index (…) il était permis d’éditer et de diffuser l’œuvre en question (…) Bien qu’aboli, l’Index conserve toute sa valeur morale, aussi ne peuvent être considérées comme opportunes la diffusion et la recommandation d’une œuvre dont la condamnation ne fut pas prononcée à la légère, mais après une réflexion approfondie et dans le but de neutraliser les dommages qu’une telle publication peut provoquer chez les fidèles les plus crédules »[20]. Une seconde fois, le 9 septembre 1988, il fait répondre à une fidèle canadienne par son secrétaire personnel, Josef Clemens, que l'ouvrage de Maria Valtorta est « un ensemble de fantaisies enfantines, d’erreurs historiques et exégétiques, le tout présenté dans un contexte subtilement sensuel »[21].
Le , le secrétaire général de la Conférence épiscopale italienne, Dionigi Tettamanzi, demande à l'éditeur de Maria Valtorta « pour le vrai bien des lecteurs et dans l’esprit d’un authentique service à la foi de l’Église […] dans le cas d'une éventuelle réimpression des volumes, qu'il soit indiqué clairement dès les premières pages que les « visions » et les « dictées » rapportées ne peuvent être tenues pour surnaturelles, mais doivent être considérées simplement comme des formes littéraires dont l’auteur s’est servie pour raconter, à sa manière, la vie de Jésus »[22],[23].
Le , la commission doctrinale de la Conférence des évêques de France, notant que « la diffusion des écrits de Maria Valtorta s’intensifie depuis deux ans au moins » et que « des fidèles de bonne foi supposent que cette œuvre est approuvée par l’Église », publie un « bref avertissement » pour rappeler que le Magistère de l’Église n’a jamais reconnu les écrits de Maria Valtorta comme étant d’inspiration surnaturelle[22],[24],[25].
Le , le Dicastère pour la Doctrine de la foi publie un communiqué de presse dans lequel il indique recevoir « souvent des demandes de clarification, tant de la part d'ecclésiastiques que de laïcs, concernant la position de l'Église à l'égard des écrits de Maria Valtorta ». En réponse, le dicastère rappelle « que les prétendues « visions », « révélations » et « communications » contenues dans les écrits de Maria Valtorta, ou en tout cas attribuées à celle-ci, ne peuvent être considérées comme d'origine surnaturelle, mais doivent être considérées comme de simples formes littéraires utilisées par l'Auteur pour raconter, à sa manière, la vie de Jésus-Christ »[26],[27],[28].
Accusations d'antisémitisme
L'œuvre de Maria Valtorta a suscité de nombreuses critiques théologiques, historiques et littéraires. Parmi celles-ci figure l’accusation de relayer des discours relevant non seulement de l'antijudaïsme mais aussi de l'antisémitisme : une haine des Juifs à la fois raciale et religieuse serait présente dans ses textes. Ces critiques, formulées notamment dans des analyses détaillées comme celle de Sandra Miesel (en) dans le Catholic World Report (2021), mettent en évidence : des stéréotypes systématiquement négatifs, une imputation de culpabilité collective et héréditaire, une prophétie erronée concernant l’État d’Israël[29].
Dès lors que des généralités sont énoncées relatives aux Juifs ou Romains, les stéréotypes sont récurrents, toujours dans le même sens, négatifs pour les premiers, positifs pour les seconds ; ces stéréotypes physiques et moraux sont repris y compris par des personnes juives, ce qui tend à les accréditer comme des vérités établies consensuelles. Sandra Miesel (en) donne des citations précises illustrant cette présentation incriminante[30]. Maria Valtorta dote en revanche Jésus et Marie d’un physique nord-européen idéalisé : cheveux blonds, teint blanc ivoire, yeux bleu saphir, nez fin et droit. Ces traits contrastent explicitement avec ceux des Juifs environnants, présentés comme basanés. Marie renie sa judéité et se prétend « la première chrétienne » alors que chrétien (mšīḥāyā) n'apparaît en araméen qu'au troisième et quatrième siècles et qu'en qu'en grec ce mot (Χριστιανός) ne devient autodésignation qu'avec Ignace d'Antioche. Un personnage juif fictif se convertit parce que « le culte d’Israël est devenu satanisme » et rompt aussitôt le sabbat[31]. Nicodème, ayant abandonné son identité hébraïque, prévoit de sculpter une statue — le futur Saint Visage de Lucques[32]. Jésus affirme que Judas est infiniment coupable notamment comme Israélite[33]. L'origine ethnique de Marie est mise en avant pour expliquer des accès de rage, Jésus prétendant : « ... ils devraient considérer la nationalité de Marie. Race hébraïque, race orientale, et des époques très éloignées de celles d’aujourd’hui. Ainsi, l’explication de certaines amplifications verbales, qui peuvent vous sembler exagérées, découle de ces éléments[34]. ». Jésus y justifie l'oeuvre de Maria Valtorta pour corriger et critiquer les évangélistes du fait de leur origine[35] : « Combien de choses […] les évangélistes ont-ils tues, à cause de leur mentalité hébraïque indestructible, sur des épisodes qu’ils ne pouvaient pas approuver ! »
L’œuvre impute en outre aux Juifs une responsabilité collective et héréditaire dans la mort de Jésus (déicide). Les Romains ne sont quasiment pas tenus pour responsables de la Crucifixion (seul Pilate l’est partiellement). En dehors des disciples du Christ, « tout le peuple juif rassemblé à Jérusalem voulait sa mort[36]. » Toute la ville se jette à se moquer de Jésus comme des milliers de « hyènes enragées[37]. Longinus et les soldats romains tentent de minimiser ses souffrances, mais des bourreaux au « profil juif clair[38] » flagellent le Sauveur et le coincent. Jésus et Marie prononcent des malédictions éternelles contre le peuple et la terre d’Israël. Cette vision contredit frontalement la déclaration conciliaire Nostra ætate (1965) du concile Vatican II, qui affirme explicitement que la responsabilité de la Passion ne peut être imputée à tous les Juifs de l’époque, ni aux Juifs d’aujourd’hui, et rejette toute notion de culpabilité collective ou héréditaire.
Selon le texte de Maria Valtorta, la reconstitution d'un État juif prendra des millénaires et ne se produira pas avant que le peuple juif tout entier n'ait reconnu Jésus[39]. Jésus y affirme : « Car Israël, à cause de son redoutable péché, sera dispersé comme la balle saisie par un tourbillon, et répandu sur toute la terre. Et des siècles et des millénaires, l’un après l’autre et davantage, se succéderont avant qu’il soit de nouveau rassemblé sur l’aire d’Arauna le Jébuséen. » Ce passage, qui conteste la légitimité de l'existence de l'Etat d'Israël, date de 1945, et n'anticipait pas sa création en 1948, montrant par là une faible capacité prophétique.
Publications
- L'Évangile tel qu'il m'a été révélé, 10 tomes, éditions Centro Editoriale Valtortiano, 1979 et 2017, de (ISBN 88-7987-051-3) à (ISBN 88-7987-060-2) et de (ISBN 978-88-7987-263-8) à (ISBN 978-88-7987-272-0)
- Autobiographie, éditions Centro Editoriale Valtortiano, 1993 (ISBN 8879870114)
- Leçons sur l'Epître de saint Paul aux Romains, éditions Centro Editoriale Valtortiano, 1999 (ISBN 88-7987-069-6)
- Les Cahiers de 1943, éditions Centro Editoriale Valtortiano, 2002 (ISBN 88-7987-091-2)
- Le livre d'Azarias, éditions Centro Editoriale Valtortiano, 2002 (ISBN 88-7987-094-7)
- Les Cahiers de 1944, éditions Centro Editoriale Valtortiano, 2003 (ISBN 88-7987-099-8)
- Les Cahiers de 1945 à 1950, éditions Centro Editoriale Valtortiano, 2004 (ISBN 88-7987-128-5)
- Les Carnets, éditions Centro Editoriale Valtortiano, 2018 - (ISBN 8879873261)
- Lettres à Mère Teresa Maria, éditions Centro Editoriale Valtortiano, 2022 - (ISBN 8879873857) (tome 1) et (ISBN 8879873865) (tome 2)
- Correspondance avec le père Migliorini, éditions Centro Editoriale Valtortiano, 2023 (ISBN 978-8879873956)
Notes et références
Notes
- ↑ Avec pour inscription :
- Tertii Ordinis Servorum Sanctae Mariae Sodalis : membre du Tiers-Ordre des Servites de Marie (un ordre religieux marial).
- Hostia Deo grata : littéralement « hostie agréable à Dieu », c’est-à-dire « offrande acceptée de Dieu » — une expression mystique.
- Divinarum Rerum Scriptrix : « écrivaine des choses divines ».
- ↑ Traduction du texte en français (sans les superlatifs)
Actes de la Congrégation du Saint Office
Décret de l'interdiction des livres
Jeudi 16 décembre 1959
À la session générale de la congrégation du Saint Office, les éminents et révérends cardinaux préposés à la garde des choses concernant la foi et les mœurs ont condamné et mis à l'index des livres interdits, par un vote du conseil, une œuvre anonyme, en 4 volumes, dont le « poème de Jésus » (édition M.Pisani, Isola del Liri) ainsi que le « poème de l'Homme-Dieu » (Ibidem) qui ont été ajoutés au susdit index. Le vendredi 18 de ce même mois et année, le Saint Père, par la grâce de Dieu, Jean XXIII, pendant l'audience accordée au cardinal secrétaire du saint Office, a approuvé et ordonné la publication de cette résolution des éminents pères qui lui a été rapportée. Fait à Rome sous les auspices du saint Office, le 5 janvier 1960.
Sebastiano Masala, secrétaire
Références
- ↑ Bouflet 2023, p. 82.
- 1 2 3 4 5 6 7 Le Maire 1990.
- 1 2 3 4 5 6 Marxer 2013, p. 941.
- 1 2 3 René Laurentin et Patrick Sbalchiero, Dictionnaire des apparitions de la Vierge Marie, Fayard, (ISBN 978-2-213-63101-1), p. 989-990.
- 1 2 Marxer 2013, p. 942.
- 1 2 (en) Daniel Maria Klimek, Medjugorje and the Supernatural : Science, Mysticism, and Extraordinary Religious Experience, Oxford University Press, (ISBN 978-0-19-067920-0), p. 113-114.
- 1 2 3 Marxer 2013, p. 943.
- ↑ Marxer 2013, p. 942-943.
- 1 2 Bouflet 2023, p. 126.
- 1 2 Bouflet 2023, p. 128.
- ↑ Bouflet 2023, p. 128-129.
- 1 2 Bouflet 2023, p. 129.
- 1 2 3 Bouflet 2000, p. 636.
- ↑ Yves Chiron, « Un Bref avertissement de la Conférence des évêques de France contre les hérésies et la mystique sensualiste de Maria Valtorta », Aletheia, (lire en ligne).
- ↑ Bouflet 2000, p. 635.
- ↑ (la) Sebastiano Masala, secrétaire du Saint-Office, « Decretum pröscriptio [sic] Librorum », Acta Apostolicae Sedis, vol. II, , p. 60 (lire en ligne, consulté le ).
- 1 2 3 René Laurentin, « Bulletin sur la Vierge Marie », Revue des Sciences philosophiques et théologiques, vol. 58, no 1, , p. 88 (ISSN 0035-2209).
- ↑ Bouflet 2023, p. 130.
- 1 2 (en) « Library : A Badly Fictionalized Life of Jesus », sur catholicculture.org (consulté le ).
- 1 2 3 Extraits cités par Yves Chiron, « Un Bref avertissement de la Conférence des évêques de France contre les hérésies et la mystique sensualiste de Maria Valtorta », Aletheia, (lire en ligne)
- 1 2 Yves Chiron, « Le lobby valtortiste », Aletheia, (lire en ligne).
- 1 2 « Note de la Commission Doctrinale sur les écrits de Maria Valtorta », sur Diocèse de Viviers, (consulté le ).
- ↑ Guillaume Chevallier, « L’inspiration chez Maria Valtorta », Revue Charitas, (lire en ligne).
- ↑ Céline Hoyeau, « Le phénomène Maria Valtorta, entre critiques et défenses passionnées », La Croix, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ Camille Lecuit, « La mise en garde des évêques sur la mystique Maria Valtorta », Famille chrétienne, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ (it) Dicastère pour la Doctrine de la foi, « Circa gli scritti di Maria Valtorta » [« À propos des écrits de Maria Valtorta »], sur vatican.va, (consulté le ).
- ↑ Agence I.MEDIA, « Les "révélations" de Maria Valtorta ne sont pas surnaturelles, affirme le Saint-Siège », Aleteia, (lire en ligne)
- ↑ Matthieu Lasserre, « Pour le Vatican, les révélations de Maria Valtorta ne sont pas surnaturelles », La Croix, (ISSN 0242-6056, lire en ligne, consulté le ).
- ↑ (en) Sandra Miesel, « “A monument to pseudo-religiosity”: A case against The Poem of the Man-God » [« Un monument à la pseudo-religiosité » : Une affaire contre Le Poème de l’Homme-Dieu »], Catholic World Report, (lire en ligne).
- ↑ Marie Salomé qualifie les Juifs de « lâches » tout en jugeant les Romains « justes et pacifiques » (vol. V, p. 652). Marie s’emporte contre cette « tribu de tueurs » que Rome avait raison de craindre (vol. V, p. 642). Une tenancière de taverne dit que « Les utérus hébreux conçoivent de vils parjures. Les utérus romains ne conçoivent que des héros. » (vol. V, p. 790). Pour les Romains, les cadavres juifs sont « autant de serpents en moins (vol. V, p. 623). » Ponce Pilate renifle une fleur pour éloigner l’odeur de « bouc » des délégués du Sanhédrin (vol. V, pp. 557 sq.).
- ↑ Maria Valtorta, Le Poème de l’Homme-Dieu, vol. V, p. 673.
- ↑ Maria Valtorta, Le Poème de l’Homme-Dieu, vol. V, p. 903.
- ↑ EMV, volume X, chapitre 630, Texte italien : « Ed è il dannato deicida, l'infinitamente colpevole come israelita e come discepolo, come suicida e come deicida, oltre che per i suoi sette vizi capitali e ogni altra sua colpa. »
- ↑ Maria Valtorta, Le Poème de l’Homme-Dieu, vol. V, p. 947.
- ↑ Maria Valtorta, Le Poème de l’Homme-Dieu, vol. I, p. 432.
- ↑ Maria Valtorta, Le Poème de l’Homme-Dieu, vol. V, p. 293.
- ↑ Maria Valtorta, Le Poème de l’Homme-Dieu, vol. V, p. 566.
- ↑ Maria Valtorta, Le Poème de l’Homme-Dieu, vol. V, p. 563.
- ↑ Le texte principal se trouve dans L’Évangile tel qu’il m’a été révélé (ou Poème de l’Homme-Dieu), EMV 265 (ancienne édition : Tome 4, chapitre 128 ; nouvelle édition : Tome 4, chapitre 265). Il s’agit d’instructions de Jésus aux Douze Apôtres au début de leur ministère (vision datée du 28 août 1945).
Bibliographie
Études et recherche
- Joachim Bouflet, Faussaires de Dieu, Paris, Presses de la Renaissance, , 728 p. (ISBN 2-85616-697-0), p. 635-638
- Joachim Bouflet, Impostures mystiques, Éditions du Cerf, , 392 p., « Fraudes mystiques récentes – Maria Valtorta (1897-1961) », p. 79-141 (ISBN 9782204155199)
- Jean-Marie Le Maire, « Valtorta (Marie), laïque, 1897-1961 », dans Dictionnaire de spiritualité ascétique et mystique, doctrine et histoire, t. 14, Paris, Beauchesne, (lire en ligne), colonne 220
- François Marxer, « Valtorta, Maria », dans Audrey Fella (dir.), Les femmes mystiques : Histoire et dictionnaire, Paris, Robert Laffont, (ISBN 978-2221114728), p. 941-943
Bibliographie complémentaire
- P. Gabriel M. Roschini O.S.M., La Vierge Marie dans l'œuvre de Maria Valtorta, Éditions Centro Editoriale Valtortiano, (ISBN 2-920285-01-7), rééd. août 2013 (ISBN 8879871552)
- Jean Aulagnier, Maria Valtorta, qui es-tu ?, Résiac, (ISBN 978-2-85268-219-1)Annexes sur Marie d'Agréda et Anne-Catherine Emmerich
- Jean Aulagnier, Avec Jésus au jour le jour, Éditions Résiac, (ISBN 2-85268-253-2)Reconstitution pas-à-pas, à la lueur des données de calendrier, de l'agenda de Jésus dans l'œuvre de Maria Valtorta.
- Emilio Pisani, Padre Pio et Maria Valtorta, Éditions Centro Editoriale Valtortiano, , 76 p. (ISBN 9788879870733)Courte biographie de Padre Pio en liaison avec la vie de Maria Valtorta et tout ce qui les réunit.
- Valtorta et Ferri, Éditions Centro Editoriale Valtortiano, , 336 p. (ISBN 9788879871341)recueil de 447 illustrations de Lorenzo Ferri, couleurs ou bichromie
- Jean-François Lavère, L'énigme Valtorta, Éditions Rassemblement à Son Image, (ISBN 9782364630253)
- René Laurentin, François-Michel Debroise et Jean-François Lavère, Dictionnaire des personnages de l'Évangile selon Maria Valtorta, Éditions Salvator, (ISBN 978-2-7067-0961-6)Ce dictionnaire confronte les descriptifs des 700 personnages des écrits de la mystique Maria Valtorta aux données de l'Évangile et aux connaissances historiques les concernant.
- Jean-François Lavère, L'énigme Valtorta, vol. 2, Éditions Rassemblement à Son Image,
- René Laurentin et François-Michel Debroise, La Vierge des derniers temps, Éditions Salvator, (ISBN 978-2-7067-11510)
- François-Michel Debroise, Maria Valtorta et l'Église, Éditions Rassemblement à Son Image,
- François-Michel Debroise, Maria Valtorta, visionnaire et mystique pour notre temps, Éditions Maria Valtorta,
- Jean-François Lavère, Dictionnaire géographique de l'Évangile d'après Maria Valtort, Éditions Maria Valtorta / Rassemblement à Son Image,
- François-Michel Debroise, A la rencontre de Maria Valtorta : sa vie, Edition CEV, (ISBN 978-8879873352)
- François-Michel Debroise, A la rencontre de Maria Valtorta : son œuvre, Edition CEV, (ISBN 978-8879873352)
- François-Michel Debroise, A la rencontre de Maria Valtorta : sa spiritualité, Edition CEV, (ISBN 978-8879873574)
- Mitch Pacwa (en), sj, « Is the Poem of the Man-God simply a bad novel ? », 2001
- Roland Maisonneuve, Les mystiques chrétiens et leurs visions de Dieu un et trine, Cerf, (ISBN 978-2-204-06505-4)
Liens externes
- (it) « Una vita di Gesù malamente romanzata » [« Une vie de Jésus mal romancée »], L'Osservatore Romano, (lire en ligne, consulté le )Commentaire de la mise à l'Index
- (en) Traduction en anglais de L'Osservatore Romano, 6 janvier 1960
- (it) Décret d'abolition de l'Index des livres prohibés - "Notificatio de indicis librorum prohibitorum conditione" – Acta Apostolicae Sedis (AAS 58) du , l'Osservatore Romano,
- Ressource relative à la religion :
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