Marie-Cessette Dumas
Marie-Cessette Dumas est une esclave affranchie de Saint-Domingue (actuel Haïti), mère du général Thomas Alexandre Dumas, grand-mère du romancier Alexandre Dumas et arrière-grand-mère des écrivains Alexandre Dumas fils et Henry Bauër[1].
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Entre et |
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Biographie
modifierMarie-Cessette Dumas[2] était une femme d'ascendance africaine, esclave achetée par le marquis Alexandre Antoine Davy de la Pailleterie (1714-1786[3]), qui, ruiné et en délicatesse avec la justice[4], était parti à Saint-Domingue, alors colonie française, rejoindre son frère Charles, administrateur d’une importante plantation sucrière et marchand d’esclaves[5].
Sur place, il s'éprend éphémèrement d'une esclave noire, Marie-Cessette, dite « la Marie du mas » car elle tient l’intérieur du maître. En désaccord avec son frère, le marquis acquiert, sous le faux nom d’Antoine Delisle, sa propre plantation appelée la Guinaudée (ou Guindete) et située près de Jérémie, à l'extrême ouest de la colonie[5]. La tradition veut que Marie-Cessette devienne son épouse, mais Alexandre de la Pailleterie cherchant surtout à se cacher, et l'absence d'un acte de mariage retrouvé, font qu'il paraît peu vraisemblable qu'il y ait eu union[6]. Ensemble ils auront quatre enfants, deux garçons et deux filles, dont l’aîné, baptisé Thomas-Alexandre (futur général sous la Révolution et père d'Alexandre Dumas[7]), est né le 25 mars 1762.
En 1775, la plantation est ruinée et le marquis décide de rentrer en France pour récupérer son héritage, ses frères étant décédés. Il vend alors Marie-Cessette et ses quatre enfants qui, nés d’une esclave, sont eux-mêmes esclaves[8]. Toutefois, l’aîné est cédé « à réméré » (avec possibilité de rachat dans les cinq ans) sous le nom de Thomas Rétoré. En 1776, le marquis rachète Thomas, le fait rapatrier et le reconnaît comme son fils naturel. Affranchi, l’adolescent se nomme maintenant Thomas Alexandre Davy de la Pailleterie[5].
Notes et références
modifier- ↑ Claude Schopp, Biographie sur le site de la Société des amis d'Alexandre Dumas.
- ↑ Plusieurs thèses s'affrontent sur l'origine de son nom : il lui aurait été donné par des négriers ; il lui aurait été accolé car elle vivait dans un mas, c'est-à-dire une ferme ; il serait d'origine yorouba ou dahoméenne (source : Hans Werner Debrunner, Presence and prestige, Africans in Europe : a history of Africans in Europe before 1918, Afrika Bibliographien), 1979.
- ↑ Webmaster, « Alexandre DUMAS », sur www.haiticulture.ch (consulté le )
- ↑ Philippe Triay, « Le général Dumas : grandeur et déchéance du comte noir », sur Outre-mer La 1ère, (consulté le )
- 1 2 3 Alexandra Lieutaud, La paternité dans les œuvres d'Alexandre Dumas : Dans ses œuvres les plus connues et moins connues, Éditions universitaires européennes, , 120 p. (ISBN 9783841790293)
- ↑ Reiss 2013, p. 48-52
- ↑ Frédéric Régent, « La carrière brisée du général Dumas », sur L'Histoire, (consulté le )
- ↑ « Il achetais d’un certain Monsieur de Mirribielle une negresse nommée Cesette à un prix exhorbitant » ; « qu’il a vendu à son depart avec les negres cupidon, la negresse cezette et les enfants à un sr barron originaire de nantes. » Lettre de Chauvinault, ancien procureur royal à Jérémie, Saint-Domingue, adressée au comte de Maulde, 3 juin 1776 (lettre conservée par Gilles Henry).
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- Tom Reiss (trad. Isabelle D. Taudière, Lucile Débrosse), Dumas, le comte noir : Gloire, Révolution, Trahison : l'histoire du vrai comte de Monte-Cristo [« The Black Count: Glory, Revolution, Betrayal, and the Real Count of Monte Cristo »], Paris, Flammarion, , 471 p. (ISBN 978-2-0812-9528-5).
