Marie-Christine Saragosse
Marie-Christine Saragosse, née le à Philippeville (aujourd'hui Skikda) en Algérie, est une dirigeante audiovisuelle et haute fonctionnaire française.
| Présidente-directrice générale France Médias Monde | |
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| Présidente TV5 Monde | |
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Depuis 2012, elle est présidente-directrice générale de France Médias Monde (FMM).
Biographie
modifierFamille et formation
modifierNée dans une famille de pieds-noirs d'Algérie où un grand-père piémontais avait quitté l'Italie sous Mussolini[1], Marie-Christine Saragosse arrive à Cannes à l'âge de 4 ans. Son père est professeur agrégé d'éducation physique et sportive et sa mère, institutrice ; ils sont tous les deux de gauche[2]. Elle effectue sa scolarité secondaire au lycée Carnot de Cannes et obtient son baccalauréat en 1978.
Marie-Christine Saragosse poursuit ses études à Sciences Po Paris (diplôme en 1981) et obtient un DEA d'économie à l'EHESS en 1983 avant de faire l’ENA (1985-1987)[3],[4]. En parallèle, elle s'inscrit six mois au Parti socialiste, tendance rocardienne[2].
Carrière
modifierDès sa sortie de l’ENA, Marie-Christine Saragosse travaille dans le secteur public audiovisuel, notamment au service juridique et technique de l’information puis comme directrice de la gestion de RFI, et au cabinet de la ministre déléguée à la Francophonie Catherine Tasca, où elle est chargée de l’action audiovisuelle extérieure de la France[5]. De 1993 à 1997, elle est sous-directrice des opérateurs audiovisuels et de la presse puis directrice-adjointe à la direction de l'action audiovisuelle extérieure du ministère des Affaires étrangères[6].
En 1997, à l'initiative de Patrick Imhaus[5], elle devient directrice générale adjointe, puis directrice générale l'année suivante et vice-présidente, en 2001, de la chaîne de télévision francophone TV5[7],[8], fonction dont elle démissionne en 2005[4], en désaccord avec la politique et le mode de gouvernance de Jean-Jacques Aillagon[9].
De 2006 à 2008, elle dirige la coopération culturelle et linguistique au sein de la direction générale des relations culturelles, scientifiques et techniques du ministère des Affaires étrangères[6].
En , elle est rappelée à la direction générale de TV5 Monde par les partenaires francophones et le pôle audiovisuel extérieur français [3].
Présidence de France Médias Monde
modifierMandat 2012-2017
modifierLe , le Conseil supérieur de l'audiovisuel propose sa nomination comme présidente de l'Audiovisuel extérieur de la France (AEF) pour succéder à Alain de Pouzilhac, démissionnaire en juillet précédent[10],[11]. François Hollande valide ce choix le [12] et la nomination est publiée au journal officiel le [13],[4]. Dès son arrivée à la présidence du groupe, Marie-Christine Saragosse « baissera volontairement de 30 % les salaires du PDG et du directeur général, et divisera par deux ses frais généraux (véhicule, représentation, voyage) pour un total de près d'un million d’euros », dira-t-elle plus tard. Précisément, elle touche un fixe de 228 000 euros bruts, plus un bonus pouvant aller jusqu'à 32 000 euros, fixés par l'État-actionnaire[14].
Prise d'otage et assassinat de Ghislaine Dupont et Claude Verlon
modifierLa présidence de Marie-Christine Saragosse chez France Médias Monde est marquée par l'enlèvement puis l'assassinat de Ghislaine Dupont et Claude Verlon de Radio France internationale. Le , les deux envoyés spéciaux sont enlevés près de Kidal, au Nord-Est du Mali. Dans la matinée du mardi , la journaliste et l'ingénieur du son étaient arrivés à Kidal où se déroulaient dans le même temps les dernières tractations pour la libération des « otages d'Arlit » qui furent remis l'après-midi de cette même journée aux autorités nigériennes. Ghislaine Dupont et Claude Verlon préparaient alors une émission spéciale sur « la crise dans le nord du Mali et la réconciliation »[15],[16],[17],[18]. Dans le contexte de la guerre que l'État français mène pour la première fois en Afrique contre le terrorisme, la région de Kidal (fief de la rébellion touareg) est considérée comme une zone à risques élevés au moment de la validation de l'ordre de mission du reportage par la direction de la rédaction Afrique de RFI. Dès le à la suite des négociations pour la libération des « otages d'Arlit » (soit quatre jours avant leur assassinat), les questions de la responsabilité du média employeur, de l'appartenance des deux reporters à RFI et de leur sécurité ont été, de fait, soulevées[19],[20],[21],[22],[23]. Ce drame démontrant que, dans les zones de conflit, les reporters sont devenus aujourd'hui des cibles, Marie-Christine Saragosse entreprend aussitôt de mettre en place des mesures afin de mieux protéger les reporters des trois entités de France Médias Monde : France 24, RFI et Monte Carlo Doualiya[24],[25].
Le , la ministre des Armées Florence Parly déclare officiellement la mort Baye Ag Bakabo, chef du commando et membre d'Aqmi qui avait enlevé Claude Verlon et Ghislaine Dupont lors d'une opération militaire dans la région d'Aguel'hoc[26].
Candidate à France Télévisions
modifierEn mi-mandat (), elle se déclare candidate à la présidence de France Télévisions compte tenu de son parcours professionnel[27]. Elle fait figure de favorite[28] lié au fait qu'elle est une femme[29], de gauche et soutenue par le président de la République François Hollande[30]. Sa candidature n'est pas retenue par le Conseil supérieur de l’audiovisuel parmi la liste des candidats à auditionner[31]. Le 24 avril 2015, invité de L'Instant M sur France Inter, Olivier Schrameck, Président du CSA, s'en explique : « Le Conseil supérieur de l'audiovisuel l'avait désignée [Marie-Christine Saragosse] il y a deux ans et demi pour exercer la responsabilité d'une très grande entreprise, France Médias Monde, essentielle pour notre culture et notre rayonnement. A mi-mandat, on peut considérer que la poursuite de ses fonctions est une bonne nouvelle pour France Médias Monde.»[32]
En , le CSA nommera Delphine Ernotte PDG de France Télévisions[33].
Mandat 2018-2023
modifierDans un courrier interne adressé à ses salariés, elle se porte candidate pour un deuxième mandat en déclarant : « Je me dis que les choix stratégiques effectués jusqu’ici et la méthode participative et collective qui est la mienne permettent à nos médias de donner leur pleine puissance »[30]. La présidente de France Médias Monde met en avant « une gestion rigoureuse » et les audiences croissantes de France 24 et RFI, malgré un contexte social en interne fragilisé [34]. Seule candidate à sa succession, Marie-Christine Saragosse est reconduite par le CSA pour un nouveau mandat de cinq ans à compter du [35], sur la base du bilan de son premier mandat et du projet stratégique qu'elle a présenté en audition devant le collège du CSA réunion en session plénière[36]. Le CSA salue l'amélioration de la situation de France Médias Monde (FMM)[37] du fait de sa « capacité managériale » et la réussite de « l'intégration de France 24, RFI et Monte Carlo Doualiya (MCD) au sein d'une société unique »[38].
En , sa reconduction, par le CSA, à la tête de France Médias Monde est annulée par la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) car elle n'a pas fait parvenir sa déclaration de patrimoine dans les délais impartis, suite à un changement de législation[39],[40]. Dans un communiqué adressé aux employés de FMM émis le , elle déclare « Chères toutes et tous, j'ai appris aujourd'hui, avec stupéfaction, que mon mandat de Présidente-directrice générale de France Médias Monde était tombé ». N'ayant pas effectué sa déclaration de patrimoine dans les délais administratif impartis, elle déclare « J'ignorais que la procédure avait changé et que c'était de ma propre initiative que je devais désormais accomplir ces actes en ligne, et j'attendais donc en toute bonne foi d'être saisie »[41].
Le syndicat FO Médias dénonce « des situations anxiogènes qui fragilisent les salariés et les stratégies d'entreprises »[42]. Selon les statuts de FMM, la gouvernance transitoire est assurée par « le doyen du conseil d'administration nommé par le CSA », à savoir Francis Huss, un député des Français de l'étranger[43]. Jugeant cette décision « ubuesque » et « disproportionnée », des collaborateurs du groupe ont lancé une « motion de confiance » à travers une pétition[44]. À la suite d'un conseil d'administration extraordinaire, elle est nommée directrice générale chargée de la stratégie de France Médias Monde et chargée d'une mission opérationnelle afin d'« éviter toute rupture » dans les activités du groupe[45].
Le suivant, le CSA nomme à nouveau Marie-Christine Saragosse à la présidence de France Médias Monde, pour une durée de cinq ans[46],[47],[48].
La loi n°2018-727 du 10 août 2018 pour un État au service d'une société de confiance est venue corriger cette anomalie, en étendant aux principaux dirigeants d'entreprises publiques ou d'établissements publics à caractère industriel et commercial le dispositif « d'injonction », comme cela existait déjà pour les autres déclarants. Depuis cette modification législative, tout dirigeant, s'il ne procède pas aux déclarations à la HATVP dans les deux mois suivant sa nomination, reçoit une injonction de l'Autorité aux fins de régularisation de sa situation dans le délai d'un mois, permettant ainsi d'instaurer un dialogue avec le déclarant qui serait en retard au lieu d'annuler sa nomination, ainsi que ce fut le cas pour Marie-Christine Saragosse[49].
Le second mandat de Marie-Christine Saragosse est notamment marqué par le développement de projets majeurs pour le groupe : lancement de France 24 en espagnol en 2017[50], dont la diffusion 24h/24 en espagnol intervient en 2021 ; renforcement des langues africaines de RFI avec le lancement de RFI en mandenkan en 2015[51], puis de RFI en fulfulde en 2020[52] ; développement de la stratégie numérique du groupe ; renforcement de la coopération avec Deutsche Welle autour du lancement d'offres communes (InfoMigrants en 2017[53], puis ENTR à destination des jeunes Européens en 2021[54]) ; etc.
Mandat 2023-2028
modifierLe , l'Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (ARCOM) décide de nommer Marie-Christine Saragosse pour un nouveau mandat de cinq ans à la tête de France Médias Monde à compter du , indiquant faire le choix « de privilégier l'expérience acquise à la tête du groupe »[55].
Le troisième mandat de Marie-Christine Saragosse à la présidence de France Médias Monde est marqué notamment par la poursuite de la transformation numérique du groupe, ainsi que sa stratégie de proximité (géographique, linguistique) qui consiste à produire certaines offres ou certaines langues au cœur de leur bassins d'audience. A partir de 2024, France Médias Monde perçoit pour la première fois un financement direct de l'aide publique au développement du Ministère de l'Europe et des Affaires étrangères pour conforter cette stratégie, qui permet au groupe de lancer un « hub » Proche et Moyen-Orient à Beyrouth, avec une rédaction arabophone 100% numérique produisant pour France 24 en arabe et Monte Carlo Doualiya[56]. En 2025, France Médias Monde lance également ZOA, offre 100% numérique panafricaine, produite à Dakar « par et pour » les jeunes Africains francophones[57].
En 2025, en réponse au désengagement des États-Unis dans le champ informationnel avec le démantèlement des médias publics internationaux américains (rassemblés sous l'égide de l'U.S. Agency for Global Media) et sous l'impulsion de Marie-Christine Saragosse, France Médias Monde et son homologue allemand Deutsche Welle élaborent un projet conjoint de Bouclier pour l'information, soutenu par la France et l'Allemagne. De premières actions d'urgence sont menées dès 2025 à destination de la Moldavie (avec le lancement d'une offre spécifique produite par RFI Roumanie) et le renforcement de RFI en russe[58]. En 2026, France Médias Monde lance une nouvelle offre de RFI en arménien[59].
Controverses
modifierLa gestion de Marie-Christine Saragosse à la tête de France Médias Monde (France 24, RFI, Monte Carlo Doualiya) est marquée par plusieurs tensions autour de la gouvernance, l'utilisation des fonds publics et la ligne éditoriale du groupe[60].
Contestation lors de son renouvellement (2023[61])
En , la reconduction de Marie-Christine Saragosse pour un troisième mandat a été contestée par trois des quatre candidats évincés (Sylvain Attal, David Hivet et Pierre-Étienne Pommier)[62], qui ont officiellement demandé à l'Arcom de rendre publics le nombre de tours de vote - s'il y en a eu plusieurs - et la répartition des suffrages entre les différents candidats[63],. Les plaignants ont dénoncé une procédure "opaque", estimant "légitimes que les modalités précises de désignation soient connues"[64]. Selon le journal Le Monde, « en cas de fin de non-recevoir, les auteurs de la lettre se réserv[aient] la possibilité de recourir à la Commission d'accès aux documents administratifs, voire de lancer une procédure en contentieux », sans que cela n'ait été suivi d'effet[62].
Erreurs de gestion et indemnités de départ [65]
Le 21 juin 2024, la Cour des comptes a infligé 8 000€ d'amendes au total à trois dirigeants de France Médias Monde pour des manquements aux règles de la commande publique. Marie-Christine Saragosse a quant à elle été relaxée. Cette décision a été prise après une audience en avril de la même année devant la chambre du contentieux de la Cour, portant sur la gestion du groupe audiovisuel public entre 2013 et 2019 qui avait fait l'objet d'un contrôle de la Cour en 2021. Dans son communiqué publié dans la foulée du jugement, la Cour indique qu'il a « été établi que des marchés avaient été passés à diverses reprises en méconnaissance des règles de la commande publique, ce qui constitue une grave faute gestion », mais que « le préjudice financier en résultant » n'a pu être « estimé de façon probante »[66],[67].
Lors de son audition devant la Commission d’enquête sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public à l' Assemblée nationale, Marie-Christine Saragosse a rappelé que la condamnation de ses collaborateurs relevait de « défauts de procédure, non d'enrichissement personnel ou de conflits d'intérêts », qui s'expliquent « par le fait que le contrôle de la Cour des comptes, publié en 2021, portait sur la période 2013-2019, au début de laquelle la fusion ayant abouti à la création de France Médias Monde, qui n'a existé qu'en juin 2013, était une fusion de papier. (...) Il n'y avait aucune procédure interne harmonisée. Il y avait une fusion juridique des sociétés, et rien d'autre. Il a donc fallu un peu de temps, ce que le Contrôle général économique et financier reconnaît lui-même. On ne met pas sur pied en un claquement de doigts une société aussi importante, avec des procédures budgétaires, des procédures ressources humaines et un accord d'entreprise. Il n'y avait absolument rien quand j'ai pris mes fonctions. » S'agissant des condamnations des trois directeurs, elle a souligné que « le directeur général de l'époque a été condamné notamment parce que le contrôleur général économique et financier a estimé qu'il aurait dû être saisi sur des décisions de recrutement plus en amont. Il s'agit de l'oubli d'une saisine, que le directeur général a reconnu. Il a également omis de saisir le contrôleur pour des primes concernant des salaires dépassant le seuil de saisine, soit 85 000 € par an. Ce même directeur général avait fait économiser 900 000€ de primes qui étaient à la main unilatérale de la direction quand nous sommes arrivés. » ; tandis que les deux autres directeurs ont été condamnés en raison d'une mauvaise interprétation « des seuils de computation » des achats. A ce jour, le taux de conformité des commandes publiques de France Médias Monde au droit des marchés publics dépasse 99%[68].
S'agissant de certaines indemnités de départs jugées « excessives », la direction de France Médias Monde a par ailleurs pu rappeler, devant la commission d'enquête, qu'elles s'inscrivaient dans le respect de la réglementation applicable, conformément au droit social en vigueur[69].
Accusations de complaisance envers un discours « antifrançais [70]»
La ligne éditoriale des chaînes du groupe fait également parfois l'objet de critiques, notamment concernant son influence internationale[71].
Critiques diplomatiques
L’ambassadrice Anne-Sophie Avé a affirmé au Sénat en 2024, devant la commission d'enquête sur les politiques publiques face aux opérations d'influences étrangères, que certains éditorialistes de FMM tenaient des discours alignés sur la « propagande antifrançaise », rendant la tâche des diplomates difficile auprès des chefs d'État étrangers, notamment en Afrique[72]. Marie-Christine Saragosse a fermement rejeté ces accusations, minimisant la parole de l'ambassadrice en précisant qu'elle n'était pas la voix officielle du Quai d'Orsay, et que les représentants du Ministère de l'Europe et des Affaires étrangères dans la gouvernance de l'entreprise (secrétaire général, directrice générale de la mondialisation) « ne sont absolument pas sur cette ligne » [68],[73]. Dans leur rapport, les sénateurs ont également « salué l'action menée par France Médias Monde en matière de désinformation » et « le rayonnement de la France, qui ne dépend pas uniquement des narratifs développés par les autorités françaises mais aussi de notre audiovisuel extérieur, porté en toute indépendance du gouvernement par FMM, assumant une véritable mission de service public international ». S'agissant des propos d'Anne-Sophie Avé et de sa « vision d'un audiovisuel extérieur portant un "contre-narratif" plus affirmé », le rapport du Sénat indique au contraire « partage[r] la position selon laquelle la liberté et l'indépendance de l'audiovisuel extérieur constitue la meilleure arme à opposer aux stratégies d'influence agressives. France 24 ou RFI, par leur indépendance et leur respect du pluralisme, sont des miroirs inversés de RT, Sputnik ou CGTN. »[74]
Violences sexistes et sexuelles
En mars 2025, un rapport interne sur les violences sexistes et sexuelles élaboré sur la base d'un questionnaire anonyme envoyé à l'ensemble des salariés du groupe par le SNJ a révélé une situation alarmante au sein de France Médias Monde. Environ un tiers des salariés interrogés - parmi 245 répondants, sur les près de 2 000 salariés que compte le groupe - affirment avoir subi des violences sexistes et sexuelles, tandis qu'une proportion encore plus large rapporte en avoir été témoin. Le document met en avant « une série de situations qui ne sont jamais parvenues à la connaissance de la direction car celles-ci n'ont majoritairement pas été signalées. » En réponse à ce rapport, la direction du groupe a précisé que les faits évoqués dans le rapport du SNJ ont été « signalés anonymement dans le cadre de cette enquête et ne désignent pas d'individu. » Le groupe a indiqué également « qu'en découvrant ces faits présumés, la Présidente-directrice générale [Marie-Christine Saragosse] a immédiatement procédé à un signalement auprès du Procureur de la République, conformément à l'article 40 du code de procédure pénale. » La direction de l'entreprise a par ailleurs rappelé qu'« en dix ans, treize cas [de violences sexistes et sexuelles] » leur ont été signalés et que « tous ont donné lieu à des enquêtes suivies de mesures proportionnées, allant de la formation au licenciement. » Immédiatement après la publication de ce rapport, un communiqué interne de la direction a été envoyé aux équipes afin d'annoncer le renforcement des dispositifs en vigueur dans l'entreprise contre les violences sexistes et sexuelles, avec notamment la mise en place d'une campagne d'affichage dans l'entreprise, un accompagnement juridique et psychologique externe pour les salariés le nécessitant, le renforcement de la formation de l'encadrement à la prévention des violences sexistes et sexuelles, et l'ouverture à deux représentants du personnel des fonctions de référent du CSE auprès des élus des salariés pour la prévention des risques de harcèlement sexuel et d'agissement sexiste[75].
Plus généralement, France Médias Monde - sous l'impulsion de Marie-Christine Saragosse - se présente comme « un groupe très engagé en faveur de l'égalité entre les femmes et les hommes », tant sur ses antennes qu'en interne dans le cadre de sa politique RH[76]. Le journal La Croix soulignait en 2020 l'action de Marie-Christine Saragosse dans ce domaine, indiquant que « comme à TV5 Monde, les effectifs se sont vite féminisés du sommet à la base, les écarts de salaires se sont resserrés, et les femmes expertes ont été encouragées à l'antenne. »[77] En 2025, le groupe comptait 46% de femmes sur ses antennes en français et 51% d'intervenantes internes (présentatrices, chroniqueuses)[76]. Le groupe a conservé en 2025 son score de 99/100 à l'index de l'égalité professionnelle entre les femmes et les hommes, avec un point en moins en raison d'écarts de salaires en faveur des femmes[78].
Distinctions
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Chevalière de la Légion d'honneur, nommée le [79].
Officière de l'ordre national du Mérite, promue à ce grade le [80].
Commandeure de l'ordre des Arts et des Lettres, promue à ce grade le [81]
Notes et références
modifier- ↑ Christophe Quirion, « Marie-Christine Saragosse – La directrice de TV5MONDE répond à nos questions » (Best of), LePetitJournal.com, 31 mars 2011
- 1 2 Anne Fulda, « Marie-Christine Saragosse, une voix de la France », Le Figaro, « Le Figaro et vous », samedi 31 janvier / dimanche 1er février 2015, page 34.
- 1 2 Cécile Barbière, « Marie-Christine Saragosse, très sport », Stratégies, 11 novembre 2010
- 1 2 3 Daniel Psenny, « Marie-Christine Saragosse : la candidate normale » Le Monde, 2 octobre 2012
- 1 2 « Marie-Christine Saragosse », Femmes Monde à la Coupole
- 1 2 « Direction de la coopération culturelle et du français : Marie-Christine Saragosse succède le 1er septembre 2006 à Michel Lummaux »
- ↑ Yelkoussan Bertrand Some, Raogo Hermann Ouedraogo, UACO : « L’audiovisuel francophone face aux mutations technologiques », LeFaso.net, 29 septembre 2004
- ↑ Axel Gyldèn, « Mais à quoi sert la francophonie? », L'Express, 22 novembre 2004
- ↑ « Du rififi à TV5 Monde » - 20minutes.fr, 3 mars 2006
- ↑ Paule Gonzales, « Marie-Christine Saragosse choisie pour présider l'AEF », Le Figaro, 6 septembre 2012.
- ↑ Emmanuel Berretta, « AEF : après Pouzilhac, ce sera Marie-Christine Saragosse », Le Point, 6 septembre 2012.
- ↑ « Hollande propose Saragosse pour l'AEF », Le Figaro, 11 septembre 2012
- ↑ « Marie-Christine Saragosse officiellement nommée à la tête de l'AEF », Le Monde/AFP, 7 octobre 2012
- ↑ « Quand l'Etat prive de bonus le patron de France 24 », sur bfmbusiness.bfmtv.com, (consulté le ).
- ↑ « Ghislaine Dupont et Claude Verlon, deux passionnés d'Afrique tués en reportage » sur le site du journal Le Monde
- ↑ « Deux journalistes français assassinés au Mali »(Archive.org • Wikiwix • Google • Que faire ?) sur le site de Reporters sans frontières
- ↑ « Journalistes tués au Mali : ce que l'on sait » sur le site de Libération
- ↑ « Journalistes tués au Mali : l'hommage des confrères maliens » sur le site du journal Le Monde
- ↑ « Assassinat de journalistes au Mali: après la stupeur, les questions » sur le site de BFM TV
- ↑ Kidal, "ville de tous les dangers" pour les journalistes sur le site de Le Monde
- ↑ « Mali : une cérémonie funéraire corporatiste » sur le site de Arrêt sur images
- ↑ « Meurtre des journalistes français au Mali : À qui la faute ? Ghislaine Dupont et Claude Verlon ont été envoyés au casse-pipe » sur le site de Causeur
- ↑ Focus: « Tuez-moi, je suis journaliste ! » sur le site de 5minutesinfos
- ↑ « Soigner les plaies à l'âme des reporters de guerre » sur le site de Slate
- ↑ « Interview exclusive de Marie-Christine Saragosse : Bientôt une rédaction de RFI en mandingue à Bamako » sur le site de Maliweb
- ↑ « Assassinat de Ghislaine Dupont et Claude Verlon: le chef du commando tué par l'armée française », sur RFI, (consulté le ).
- ↑ « Présidence de France Télévisions : Huit candidats déclarés dont Marie-Christine Saragosse » sur le site de pure médias by OZAP
- ↑ « France Télévisions : Marie-Christine Saragosse, la favorite recalée », sur nouvelobs.com (consulté le ).
- ↑ « France Télévisions : les aspirants à la présidence se dévoilent » sur le site de L'Humanité
- 1 2 « France Télévisions: Hollande aux avant-postes » sur le site de L'Express
- ↑ « Opération lessivage parmi les candidats (4/5) », sur L'Opinion, .
- ↑ France Inter, « Olivier Schrameck : "Le CSA est-il affaibli ? Certainement pas !" »
[vidéo], sur Dailymotion, (consulté le ) - ↑ « Le CSA nomme Delphine Ernotte Cunci à la présidence de France Télévisions »(Archive.org • Wikiwix • Google • Que faire ?), sur csa.fr, .
- ↑ « Grève à France 24, perturbation des antennes en français et en anglais », sur lexpress.fr, .
- ↑ « Marie-Christine Saragosse reconduite à la tête de France Médias Monde », sur lemonde.fr, .
- ↑ Conseil supérieur de l'audiovisuel, « Décision n° 2017-364 du 28 juin 2017 portant nomination à la présidence de la société en charge de l'audiovisuel extérieur de la France »
, sur Journal officiel, (consulté le ) : « "Sur le fondement de l'article 47-4 de la loi du 30 septembre 1986, le Conseil supérieur de l'audiovisuel, réuni en séance plénière le 28 juin 2017, décide de nommer Mme Marie-Christine Saragosse en qualité de présidente de France Médias Monde, la société en charge de l'audiovisuel extérieur de la France, pour une durée de cinq ans à compter du 5 octobre 2017.
Conformément aux termes de la loi, le conseil s'est fondé, pour apprécier la candidature de Mme Saragosse, sur des critères de compétence et d'expérience, au vu de son projet stratégique et du bilan de son premier mandat. En application de sa décision du 30 mars 2017, le conseil a auditionné Mme Saragosse afin de discuter des orientations de son projet et d'apprécier sa motivation à exercer un deuxième mandat." » - ↑ « Marie-Christine Saragosse reconduite à la tête de France Médias Monde », Le Monde.fr, (ISSN 1950-6244, consulté le )
- ↑ « Le CSA valide la prolongation de Marie- Christine Saragosse », sur La lettre de l'audiovisuel, .
- ↑ « France Médias Monde : Saragosse n’est plus présidente à cause d’un oubli administratif », sur lemonde.fr, (consulté le ).
- ↑ « France Médias Monde : Saragosse n’est plus présidente à cause d’un oubli administratif », sur france24.fr, .
- ↑ « FMM: après un imbroglio administratif, M.-C. Saragosse n'est plus PDG », sur RFI, .
- ↑ « Inquiétude des syndicats de France Médias Monde après l'annulation surprise du mandat de leur PDG », sur lejdd.fr, (consulté le ).
- ↑ « Fin du mandat de Marie-Christine Saragosse à France Médias Monde : « C’est ubuesque ! » », sur la-croix.com, .
- ↑ « France Médias Monde : une motion de confiance pour M. C. Saragosse », sur /blogs.mediapart.fr, (consulté le ).
- ↑ « France Médias Monde : Saragosse nommée DG pour "éviter toute rupture" », sur figaro.fr, .
- ↑ « Décision n° 2018-210 du 18 avril 2018 portant nomination à la présidence de la société en charge de l’audiovisuel extérieur de la France - CSA - Conseil supérieur de l’audiovisuel », sur csa.fr (consulté le ).
- ↑ « Marie-Christine Saragosse rempile à France Médias Monde », sur lalettre.pro, (consulté le ).
- ↑ « France Médias Monde retrouve sa dirigeante Marie-Christine Saragosse », sur europe1.fr, (consulté le ).
- ↑ Jean-Yves Leconte, « Avis de la commission des lois sur le projet de loi de finances pour 2019 ; Tome X ; Direction de l'action du Gouvernement, publications officielles et information administratrive »
[PDF], sur Sénat, (consulté le ) : « "Enfin votre rapporteur se félicite que la loi n° 2018-727 du
10 août 2018 pour un État au service d'une société de confiance ait étendu
aux principaux dirigeants d’entreprises publiques ou d’établissements
publics à caractère industriel et commercial le dispositif d’injonction comme
cela existe déjà pour les autres déclarants. Désormais le dirigeant, s’il ne
procède pas aux déclarations dans les deux mois de sa nomination, reçoit une injonction de la HATVP aux fins de régularisation de sa situation dans le
délai d’un mois. Cela permet d’instaurer un dialogue avec le déclarant qui
serait en retard au lieu d’annuler sa nomination ainsi que ce fut le cas pour
Mme Marie-Christine Saragosse à la tête de France Médias Monde." » - ↑ France 24, « France 24 en espagnol, c'est parti ! »
[article], sur France 24, (consulté le ) - ↑ RFI, « RFI en mandenkan, paroles d'auditeurs »
[reportage], sur RFI, (consulté le ) - ↑ RFI, « RFI développe sa diffusion en langue fulfulde et en mandingue »
[article], sur RFI, (consulté le ) - ↑ Le Monde avec AFP, « Trois médias européens lancent InfoMigrants, un site d’information pour les migrants »
[article], sur Le Monde, (consulté le ) - ↑ La Croix, « ENTR, un nouveau média pour parler d’actualité aux jeunes »
[article], sur La Croix, (consulté le ) - ↑ « Décision n° 2023-05 du 11 janvier 2023 portant nomination à la présidence de la société nationale de programme en charge de l'audiovisuel extérieur de la France (France Médias Monde) », Journal officiel de la République française, .
- ↑ France Médias Monde, « France Médias Monde inaugure son «hub» régional à Beyrouth »
[article], sur France Médias Monde, (consulté le ) - ↑ France Médias Monde, « Lancement de ZOA : un média panafricain, par de jeunes Africains, pour de jeunes Africains, 100% numérique »
[article], sur France Médias Monde, (consulté le ) - ↑ Sénat, « Audition de Mme Marie-Christine Saragosse, présidente-directrice générale de France médias monde, devant la Commission des affaires étrangères et de la défense du Sénat »
, sur Sénat, (consulté le ) : « Le troisième point concerne le bouclier pour l'information. Cette initiative a été lancée avec la Deutsche Welle le jour où nous avons compris que les Américains engageaient le retrait de USA Global Media. Nous nous sommes alors associés à la Deutsche Welle et nous avons fait une cartographie de ce que nous possédions, car nous nous sommes dit qu'ensemble, nous touchons 600 millions de téléspectateurs, auditeurs et internautes chaque semaine. Nous sommes des groupes de services publics déjà européens, nous sommes présents mondialement et nous avons les mêmes valeurs en matière d'information. De plus, nous savons déjà travailler ensemble, puisque nous produisons Inter et InfoMigrants conjointement, et nous avons mené d'autres opérations communes. Nous avons donc décidé de construire un plan ensemble. » - ↑ France Médias Monde, « Lancement de RFI en arménien: une nouvelle offre d’information 100% numérique pour les jeunes en Arménie »
, sur France Médias Monde, (consulté le ) - ↑ « La gestion de Marie-Christine Saragosse jugée par la Cour des comptes », sur lalettre.fr
- ↑ « France Médias Monde : trois candidats éconduits demandent de la transparence », sur lemonde.fr
- 1 2 « France Médias Monde : trois candidats éconduits demandent de la transparence »
- ↑ Le Monde, « France Médias Monde : trois candidats éconduits demandent de la transparence »
- ↑ « France Médias Monde: 3 postulants veulent de la «transparence» sur la reconduction de Saragosse », sur lefigaro.fr
- ↑ « France Médias Monde : trois responsables sanctionnés et la PDG, Marie-Christine Saragosse, relaxée », sur lefigaro.fr
- ↑ Cour des comptes, « Communiqué de presse de la Cour des comptes : affaire n°860 France Médias Monde (FMM) »
, sur Cour des comptes, (consulté le ) : « Bien qu’il eût été établi que des marchés avaient été passés à diverses reprises en méconnaissance des règles de la commande publique, ce qui constitue une grave faute de gestion, les infractions visées aux articles L. 131-9 et L. 131-10 du code des juridictions financières n’étaient pas constituées dès lors que le préjudice financier en résultant n’avait pu être estimé de façon probante. » - ↑ Le Figaro, « France Médias Monde : trois responsables sanctionnés et la PDG, Marie-Christine Saragosse, relaxée »
, sur Le Figaro, (consulté le ) - 1 2 Assemblée nationale, « Compte-rendu de l'audition de Marie-Christine Saragosse devant la commission d'enquête sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l'audiovisuel public »
, sur Assemblée nationale, (consulté le ) - ↑ Assemblée nationale, « Compte-rendu de l'audition des dirigeants de France Médias Monde devant la commission d'enquête sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l'audiovisuel public »
, sur Assemblée nationale, (consulté le ) : « Lorsqu’on doit se séparer de quelqu’un – et j’imagine que dans d’autres entreprises publiques, nos collègues sont confrontés à la même situation –, il y a toujours le risque que cela se fasse dans des conditions conflictuelles qui conduisent à aller devant un tribunal. Les avocats évaluent donc les risques qu’on encourt devant les juridictions. Le droit social français étant ce qu’il est – je ne porte aucun jugement –, ces risques sont élevés. Les transactions que l’on peut être amenés à faire portent donc sur des montants parfois élevés. » - ↑ « RFI et France 24 : France Médias Monde ou la propagande antifrançaise »
- ↑ « Neutralité et financement de l’audiovisuel public : Représentants de France Médias Monde (FMM), de Radio France Internationale (RFI) et de France 24 »
- ↑ « Neutralité et financement de l’audiovisuel public : Représentants de France Médias Monde (FMM), de Radio France Internationale (RFI) et de France 24 »
- ↑ « RFI, une voix démocratique »
- ↑ Sénat, « Lutte contre les influences étrangères malveillantes. Pour une mobilisation de toute la Nation face à la néo-guerre froide - Rapport »
, sur Sénat, (consulté le ) - ↑ « Un rapport dévoile des faits supposés de violences sexistes et sexuelles au sein de France Médias Monde », sur Libération,
- 1 2 « Égalité femmes-hommes », sur France Médias Monde (consulté le )
- ↑ La-Croix.com, « Marie-Christine Saragosse, capitaine de média », sur La Croix, (consulté le )
- ↑ France Médias Monde, « Score de France Médias Monde à l'index de l'égalité professionnelle entre les femmes et les hommes 2025 »
[PDF], sur France Médias Monde, (consulté le ) - ↑ « Décret du 31 décembre 2012 portant promotion et nomination ».
- ↑ « Marie-Christine Saragosse / F2M : remise des insignes d'officier de l'ordre national du Mérite, le 13 avril »(Archive.org • Wikiwix • Google • Que faire ?), sur satellifax,
- ↑ « Nomination dans l'ordre des Arts et des Lettres – été 2021 », sur culture.gouv.fr (consulté le ).
Voir aussi
modifierArticles connexes
modifierBibliographie
modifier- Les élèves étrangers des lycées français : un enjeu pour l’enseignement supérieur français, 2006 En téléchargement
- Temps ensoleillé avec de fortes rafales de vent (roman), Érick Bonnier, 2012 (ISBN 978-2-36760-000-0)
- Mer belle à forte au large (roman), Calmann-Lévy, 2026