Marie-Thérèse Auffray

artiste peintre et résistante française

Marie-Thérèse Auffray, née le à Saint-Quay-Portrieux (Côtes-d'Armor) et morte le à Échauffour (Orne), est une artiste peintre française et résistante de la Seconde Guerre mondiale.

Marie-Thérèse Auffray
La peintre et résistante Marie-Thérèse Auffray.
Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Nationalité
Domiciles
Activités
Conjoint
Noëlle Guillou (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Parentèle
Monique Tarin (d) (cousine)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Propriétaire de
Le Bateau ivre (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Membre de
Conflit
Genres artistiques
Distinction
Plaque commémorative.
Vue de la sépulture.

Elle est connue pour ses œuvres expressionnistes et sa volonté de rester indépendante du marché de l'art, dont elle a toujours rejeté les codes mercantiles[1].

Biographie

modifier

Les années parisiennes

modifier

Marie-Thérèse Auffray quitte Saint-Quay-Portrieux, sa ville de naissance[2], pour Paris peu avant 1920, date du décès de son père[3]. Elle devient pupille de la Nation[4]. Douée pour les arts, elle intègre rapidement le milieu artistique parisien du quartier Montparnasse et fréquente les ateliers rue d'Alésia dans le 14e arrondissement[3]. À partir de 1933, elle vit de la réalisation d'affiches publicitaires et d'illustrations d'ouvrages pour la jeunesse. En 1940, elle occupe un atelier au 11 rue d'Alésia[2].

L'engagement dans la Résistance

modifier

Dès 1940, elle intègre la Résistance intérieure, rejoignant le réseau Ceux de la Libération[5].

En 1942, elle s'installe dans son propre atelier, no 21 rue Gazan, qu'elle partage avec sa cousine, la résistante Monique Tarin[3]. Ses missions l'emmènent régulièrement à Échauffour où elle rencontre une autre jeune résistante, Noëlle Guillou qui tient une auberge.

En 1944, elle s'installe définitivement[5] chez sa compagne Noëlle. Elle conserve néanmoins son atelier parisien. Elle s'illustre en Normandie, dans des actions héroïques en exfiltrant des parachutistes alliés et sauve l'aviateur américain Arnold Pederson[6]. Le président Dwight D. Eisenhower lui rendra hommage pour cet exploit[7].

Son atelier au 21 rue Gazan à Paris.

Après-guerre

modifier

En 1944, Marie-Thérèse Auffray s'affirme officiellement peintre en participant au Salon d'Automne dit "Salon de la Libération" à Paris, où sont exposés entre autres Picasso et Soutine[8].

En 1945, Marie-Thérèse Auffray expose à la galerie Drouant-David[2] et à la galerie Lucy Krohg, à Paris[9].

En 1947, dans l'Orne, elle ouvre à côté de l'auberge de Noëlle Guillou un dancing, Le Bateau ivre[10], fréquenté par la jeunesse locale et parisienne.

De 1948 à 1958, elle est liée par une profonde amitié[11] avec le peintre Maurice de Vlaminck qu'elle admire. Elle rend visite au maître et à sa famille et échange des courriers. Cette relation s'interrompt brutalement en mai 1958 lorsque Noëlle tombe malade et doit être soignée à Paris[8].

Ses œuvres ont été dispersées après son décès[12]. L'Association MTA[13] (acronyme de son nom) a contribué à sa redécouverte. Plusieurs rétrospectives lui ont été consacrées: en 2016 à Échauffour (Orne), en 2017 à Paris à l'Orangerie du Sénat, et en 2018 à Alençon et à Saint-Quay-Portrieux[2].

Marie-Thérèse Auffray est inhumée avec sa compagne, "Sa Noëlle", au cimetière d'Échauffour (Orne).

Hommages publics

modifier

Expositions

modifier

Publications

modifier
  • Jean-Marie Corsaire, Une belle histoire à colorier, texte et illustrations de Marie-Thérèse Auffray, Paris, Éditions Willeb, 1943.
  • Marie-Thérèse Auffray, Fabliaux du Moyen Âge, Paris, Éditions Willeb.

Notes et références

modifier
  1. Tendance Ouest, « Auffray, peintre et résistante de l'Orne, exposée à Alençon », sur tendanceouest.com (consulté le ).
  2. 1 2 3 4 « Le Télégramme - Saint-Quay-Portrieux - Expo. Pleins feux sur Marie-Thérèse Auffray », sur www.letelegramme.fr (consulté le ).
  3. 1 2 3 « Repères biographiques de M.-T. Auffray », sur Marie-Thérèse AUFFRAY, (consulté le )
  4. « Association Nationale des Pupilles de la Nation, Orphelins de Guerre ou du Devoir »
  5. 1 2 « Sur les traces de Marie-Thérèse Auffray, une personnalité marquante d'Échauffour dans l'Orne », sur actu.fr (consulté le )
  6. « Association MTA : émouvante rencontre à Échauffour entre Mary Behrends-Pederson et Janine Barbey », sur actu.fr (consulté le ).
  7. « Marie-Thérèse Auffray, héroïne de la Résistance ».
  8. 1 2 Julie Blouet, « De la place des artistes demeurés en seconde ligne : l’exemple de Marie-Thérèse Auffray (1912-1990) », theses.fr, Paris 10, (lire en ligne, consulté le )
  9. « Les expositions de Marie-Thérèse Auffray », sur Marie-Thérèse AUFFRAY, (consulté le )
  10. « Echauffour | CDC des Vallées d'Auge et du Merlerault », sur www.cdcvam.fr (consulté le )
  11. 1 2 France 3 Normandie, « LOCB : exposition Marie-Thérèse Auffray », (consulté le ).
  12. gus, « Marie-Thérèse AUFFRAY peintre.1912 1990 », sur Le blog de Guylène Robert Delisle (consulté le ).
  13. mariethereseauffray.wordpress.com « L’Association MTA » sur mariethereseauffray.wordpress.com.
  14. « Marie-Thérèse Auffray à l'honneur à Echauffour », sur actu.fr, (consulté le )
  15. « Exposition au Sénat », sur Marie-Thérèse AUFFRAY, (consulté le )
  16. « Exposition de Saint-Quay-Portrieux », sur Marie-Thérèse AUFFRAY, (consulté le )
  17. « Beaux-Arts de Rennes : la célébration de l'art féminin avec l'exposition "Les Créatrices" », sur France 3 Bretagne, (consulté le )
  18. « Avec le Département de l’Orne, les œuvres de l’artiste Marie-Thérèse Auffray à découvrir à Paris du 18 au 29 mars 2023 | Conseil départemental de l'Orne », sur www.orne.fr (consulté le )

Annexes

modifier