Marie de la Marche (comtesse de Sancerre)
Marie de la Marche[1] (v. 1265-ap.1312) est une noble poitevine de la maison de Lusignan. Elle devient comtesse de Sancerre par son second mariage avec Étienne II de Sancerre (1252-), seigneur de Charenton.
| Comtesse de Sancerre |
|---|
| Naissance |
V. 1265 |
|---|---|
| Décès |
Ap. 1312 |
| Autres noms |
Marie de Lusignan |
| Époque | |
| Famille | |
| Père | |
| Mère | |
| Fratrie |
Yolande de Lusignan Hugues XIII le Brun Inconnu Jeanne de la Marche Isabelle de la Marche Guy Ier de Lusignan |
| Conjoint | |
| Enfant |
Sans postérité |
| Grands-parents |
|---|
Biographie
modifierFamille
modifierMarie est une fille cadette d'Hugues XII de Lusignan (av. 1241-), comte de la Marche, d'Angoulême, seigneur de Lusignan (1250-1270), et de Jeanne de Fougères (av. 1242-ap. 1273), dame de Fougères et de Porhoët (1256-ap. 1273).
Homonyme
modifierMarie ne doit pas être confondue avec sa tante, une autre Marie de Lusignan (1242-ap. 1266), fille d'Hugues XI le Brun (v. 1221-1250) et de Yolande de Bretagne (1218-1272) ; mariée à Robert III de Ferrières (1240-1279), 6e comte de Derby[2].
Cession des possessions familiales
modifierEn 1308, à la suite de la mort successive de ses deux frères, les comtes Hugues XIII le Brun et Guy Ier de Lusignan, Marie devient l'une des héritières des possessions mélusines dont le comté de la Marche[3]. Marie de mande au roi de France d'être admise à recevoir l'héritage familial[4].
Cependant, elle est contrainte de céder ses droits sur le comté de la Marche au roi de France, Philippe IV le Bel, en , contre une rente de 1 000 livres tournois transmissible à ses héritiers, une autre rente viagère du même montant, le versement d'une somme de 10 000 livres tournois et l'hôtel parisien d'Hugues XIII le Brun[5],[6],[7],[8].
Les 1 000 livres de rente promises lui sont assignées en sur des domaines appartenant à Enguerrand de Marigny, notamment à Provins et à Saint-Leu. Marie les donne finalement à ses beaux-frères, Thibaut et Louis de Sancerre[9],[7].
Les comtés de la Marche et d'Angoulême sont annexés au domaine royal. Le , Philippe IV le Bel donne le comté de la Marche en apanage à son fils, le futur roi de France, Charles IV le Bel[10],[11].
Décès
modifierÀ la suite de cet acte du mois de [9], Marie disparait de la documentation.
Mariages
modifierJean de Vescy
modifierJean de Vescy (1244-) est un seigneur anglais, fils aîné de Guillaume de Vescy (♰ 1253) et d'Agnès de Ferrières (♰ 1290)[12],[13]. Marie épouse Jean en 1279[14], dont elle semble se séparer[15]. Leur union reste sans postérité.
Jean de Vescy épouse en secondes noces Isabelle de Beaumont[16],[15]. Il décède sans enfant et son frère, Guillaume (av. 1250-1297), lui succède[17].
Étienne II de Sancerre
modifierEn secondes noces, Marie épouse le Étienne II (1252-), seigneur de Charenton, de Meillant et comte de Sancerre[18],[19],[20],[21]. Il est le fils aîné de Jean Ier de Sancerre et de Marie de Vierzon[22],[23]. Leur union reste sans postérité[19],[24].
Douaire
modifierLe douaire initial de Marie prévoit une maison à Baile-sous-Sancerre et une rente de 700 livres[18],[25]. Veuve, Marie se voit attribuer, par son beau-frère Jean II de Sancerre, pour son douaire les châteaux de Meillant et de Charenton[26]. Durant son veuvage, Marie réside au château de Meillant, jusqu'en [5],[9].
Sceaux et armoiries
modifierSceaux
modifierSceau [1309]
modifierSceau appendu à une attestation de la ratification par Marie de la Marche de l'accord conclu en son nom par Thibaut de Sancerre avec le roi de France (Meillant, )[27].
Avers : Navette, 55 × 35 mm[28],[29].
Description : Dame debout, de face, portant une robe ample et un manteau doublé de vair. Elle tient l'attache de son manteau de la main droite et porte un faucon de la gauche. À sa gauche, un écu aux armes des Lusignan.
Légende : Détruite.
Sceau [1312]
modifierSceau appendu à un don de la comtesse Marie à ses [beaux-]frères, Thibaut de Sancerre, archidiacre de Bourges, et Louis de Sancerre (Meillant, )[30].
Avers : Navette, 55 × 35 mm[31],[32],[33].
Description : Dame debout, vêtue d'une cotardie serrée à la taille et d'un manteau. La main droite à la cordelière du manteau. À sa droite, un écu à la bande accompagnée de deux doubles cotices potencées et contre-potencées (Sancerre).
Légende : Détruite
Armoiries
modifierArmoiries
modifier| Blasonnement :
Écu burelé d'argent et d'azur de douze pièces
Commentaires : Blason de Marie de la Marche d'après les empreintes d'un sceau de 1309. |
Armoiries [1312]
modifier| Blasonnement :
Écu d'azur, à une bande d'argent, accompagnée de deux doubles cotices potencées et contre-potencées d'or
Commentaires : Blason de Marie de la Marche d'après l'empreinte d'un sceau de 1312 (Sancerre). |
Notes et références
modifier- ↑ Nom attesté dans les chartes : Maria de Marchie (1289), Maria de Marchia (1309), Marie de la Marche (1312).
- ↑ Clément de Vasselot de Régné, Le "Parentat" Lusignan (Xe – XIVe siècles) : structures, parenté vécue, solidarités et pouvoir d’un lignage arborescent, vol. 1 : Texte (Thèse de doctorat en histoire médiévale, sous la direction de John Tolan et de Martin Aurell), Université de Nantes, (lire en ligne [PDF]), L'onomastique : mécanisme de la reconnaissance, p. 636.
- ↑ Clément de Vasselot de Régné, Le "Parentat" Lusignan (Xe – XIVe siècles) : structures, parenté vécue, solidarités et pouvoir d’un lignage arborescent, vol. 4 : Annexes 7 à 10 - Bibliographie (Thèse de doctorat en histoire médiévale, sous la direction de John Tolan et de Martin Aurell), Université de Nantes, (lire en ligne [PDF]), Annexe 10 : Tableaux de filiation et schémas, chap. 52 (« La succession de Guy de Lusignan, comte de la Marche (1308-1316) »), p. 211.
- ↑ (en) George W. Watson, « The families of Lacy, Geneva, Joinville and La Marche », The Genealogist, New Series, vol. 21, , p. 234-236 (lire en ligne [PDF]).1309, 1er janvier, Paris : Le roi de France, Philippe le Bel, a reçu une demande de Marie de Lusignan, comtesse de Sancerre, qui revendiquait d'être admise comme héritière de son frère, Guy de Lusignan, pour les comtés de la Marche et d'Angoulême et la terre de Fougères. Elle lui a offert de faire hommage, de payer le rachat et de rendre le service. Toutefois, le roi a refusé ses propositions car les terres en questions ont été confisquées parce que Guy aurait dissimulé puis brûlé un codicille du testament de son frère, Hugues [XIII] le Brun par lequel il léguait certains de ses biens au roi de France, au temps de sa vie, il avait traîtreusement formé une conspiration contre le roi, l'honneur du royaume et la majesté royale et avait mis son projet criminel à exécution autant qu'il lui avait été possible, et parce qu'il devait payer des grandes amendes et des rachats dont le montant s'élevait à 120 000 livres tournois. Marie de Lusignan a donc envoyé au roi maître Thibaut de Sancerre, archidiacre de Bourges pour demander une composition amiable. Les négociations aboutissent à l'accord suivant : Marie abandonne tous ses droits sur les comtés de la Marche et d'Angoulême, sur les seigneuries de Fougères et de Lusignan et tous les autres châteaux ainsi que sur les 600 livres annuelles qu'elle percevait sur le trésor royal et les revenus de la sénéchaussée de Poitou et les 200 livres qu'elle recevait sur les revenus des comtés en échange de quoi le roi lui assigne 1000 livres de revenu en terres avec un château et une maison-forte qui ne seraient pas comptés dans l'évaluation du revenu, avec droits de haute et basse justice, que Marie et ses successeurs tiendraient en fief du roi et qui seraient exemptes de tout rachat et de toute obligation à l'exception de l'hommage et dont les bois et forêts auraient été évalués. Le roi lui fera également un paiement de 10000 livres et lui abandonne la maison de Saint-Marcel qui avait été à son frère, Hugues [XIII], tout en lui promettant une compensation s'il est prouvé que ses sœurs ont également des droits sur la maison. Il accorde également à Marie une rente, viagère, de 1000 livres.
- 1 2 La Marche : 1199-1321 (parchemin, original), Paris, AnF, coll. « Trésor des Chartes / J//270/B » (no 27), (présentation en ligne).1309, 18 janvier, Meillant : Marie de Lusignan, veuve, comtesse de Sancerre, en présence de l'official de la cour de Bourges, du gardien du sceau de la prévôté de Bourges, de Jean Permiclerc, clerc de la prévôté, entend le rapport de Thibaut de Sancerre, archidiacre de Bourges, son procureur et beau-frère, et de Guillaume de Dun, professeur de droit, chanoine de Bourges et procureur du roi [Philippe IV le Bel] a entendu lecture de la procuration du roi en faveur de Guillaume de Dun datée du 9 janvier 1309 et de la lettre du roi datée du 1er janvier 1309 en réponse à sa demande d'être admise comme héritière de son frère, Guy de Lusignan, pour les comtés de la Marche et d'Angoulême et la terre de Fougères par laquelle le roi refuse ses propositions car les terres en questions avaient été confisquées parce que Guy aurait dissimulé puis brûlé un codicille du testament de son frère, Hugues [XIII] par lequel il léguait certains de ses biens au roi de France, qu'il avait traîtreusement formé une conspiration contre le roi, l'honneur du royaume et la majesté royale et avait mis son projet criminel à exécution autant qu'il lui avait été possible et parce qu'il devait payer des grandes amendes et des rachats dont le montant s'élevait à 120 000 livres tournois. Il disait accepter une composition amiable selon laquelle Marie abandonnait tous ses droits sur les comtés de la Marche et d'Angoulême, sur les seigneuries de Fougères et de Lusignan et tous les autres châteaux ainsi que sur les 600 livres annuelles qu'elle percevait sur le trésor royal et les revenus de la sénéchaussée de Poitou et les 200 livres qu'elle recevait sur les revenus des comtés en échange de quoi le roi lui assignait 1000 livres de revenu en terres avec un château et une maison-forte qui ne seraient pas comptés dans l'évaluation du revenu, avec droits de haute et basse justice, que Marie et ses successeurs tiendraient en fief du roi et qui seraient exemptes de tout rachat et de toute obligation à l'exception de l'hommage et dont les bois et forêts auraient été évalués et le roi lui ferait également un paiement de 10000 livres et lui abandonnerait la maison de Saint-Marcel qui avait été à son frère, Hugues [XIII], tout en lui promettant une compensation s'il était prouvé que ses sœurs ont également des droits sur la maison. Il accordait également à Marie une rente, viagère, de 1000 livres. Ces lettres exhibées et lues, une traduction en a été faite dans la langue maternelle de Marie pour qu'elle puisse mieux comprendre leur contenu, après quoi, elle a ratifié l'accord.
- ↑ Frédéric Morvan, « Les seigneurs de Fougères du milieu du XIIe au milieu du XIVe siècle », Bulletin et Mémoires de la société d'histoire et d'archéologie du Pays de Fougères, vol. XLI, , p. 33 (lire en ligne [PDF]).
- 1 2 Clément de Vasselot de Régné, Le "Parentat" Lusignan (Xe – XIVe siècles) : structures, parenté vécue, solidarités et pouvoir d’un lignage arborescent, vol. 1 : Texte (Thèse de doctorat en histoire médiévale, sous la direction de John Tolan et de Martin Aurell), Université de Nantes, (lire en ligne [PDF]), p. 940.
- ↑ Clément de Vasselot de Régné, « Un succès méconnu des derniers Capétiens : l’annexion des domaines des Lusignan et l’usage du concept de lèse-majesté (1308-1327) », Revue historique, no 692, , p. 833-858 (lire en ligne).
- 1 2 3 Comtes de la Marche et d’Angoulême : 1224-1400 (parchemin, original), Paris, AnF, coll. « Trésor des Chartes / J//374 » (no 12), (présentation en ligne).
« A touz ceus qui ces presentes lettres verront, Marie de la Marche, contesse de Sancerre, salut. Sachent tuit que comme pour certaine composicion ou transaction faite aveques les genz le roy nostre seigneur de nostre procureur en non de nous et pour nous, la quele composicion ou transaccion nous eusmes et avons agre ferme et estable de tout le droit que nous avoyens et pouyens avoir per quelque cause et per quelque meniere que ce fust ne a nous peust appertenir an contez de la Marche et de Engolesme ou chastel de Lezignen en la terre de Fougieres et en chateaus et en chatelenies et aus appertenances des contez et des terres dessus dites, li roys nostres sires fust tenuz a nous assoir mil livres de rante aveques jutise et seignorie et avec un chastel cor la maison de saint Marteau qui jadis fut nostre cher seigneur et frere le conte de la Marche a perpetuel heritage ou une maison fort si comme il est plus pleinement contenu en unes lettres seelees dou seel le roy nostre seigneur en cire vert. Et nous les dites mil livres de rante avec le chastel ou maison fort et avec la dite maison de saint Marteau ayens donne a perpetual heritage a nos chiers et amis freres monseigneur Thibaut et monseigneur Loys de Sancerre freres et en ayens requis le roy nostre seigneur que il les en receust en foy si comme il apert plus pleinement en unes lettres seelees dou seel le roy nostre seigneur de la prevoste de Bourges et li roys nostres sires ala requeste de nos diz freres leur hait ballie et assis en payement et enli acquittant des dites mil livres de rante et dou chastel ou maison fort les terres qui estoient de noble homme monseigneur Enguerrant, sire de Marigny, chevalier et chambellent dou dit le roy nostre seigneur c'est asavoir le Plessie au Braba, coffrains les maisons que il havoit a Provins le Codray Genenray, Maines, Cours, Bourdoysel, Saint-Lou, Cone, avons le dit bailli et assise faites a nos diz freres des terres et des lieus dessus diz et per la cause et raison dessus dites en tant comme a nous toyche et peut appertenir, avons agre ferme et estable et en quittons le roy nostre seigneur et ses hoirs et ses successors et prometons en bonne foy pro nous ou per autre non venir encontre ou temps avenir. Et pour ce que ce soit ferme et estable nous obligons nous, nos hoirs et nos successors et nos biens meubles et non meubles presens et avenir ou que il soient ou tesmoing de la quele chose nous avons seele ces lettres de nostre seel. Donne a Mellant, lan de grace mil trois cenz et douze ou mois de Juignet. »
1312, juillet, Meillant : Marie de Lusignan, comtesse de Sancerre, donne à ses beaux-frères, Thibaut, archevêque de Bourges et Louis de Sancerre, la rente de mille livres, le château et la maison forte que devait lui attribuer le roi de France, Philippe [IV] le Bel, en compensation pour ses droits à l'héritage de son frère, Hugues [XIII], comte de la Marche et d'Angoulême. - ↑ Antoine Thomas, Le comté de la Marche et le Parlement de Poitiers (1418-1436), Paris, Honoré Champion, (lire en ligne), p. XV-XVI.
- ↑ Clément de Vasselot de Régné, « Un succès méconnu des derniers Capétiens : l’annexion des domaines des Lusignan et l’usage du concept de lèse-majesté (1308-1327) », Revue historique, no 692, , p. 833 (lire en ligne).
- ↑ (en) Calendar of Inquisitions Post Mortem and other analogous documents preserved in the public record office (éd. Henry Maxwell Lyte), vol. II : Edward I (1272-1291), Londres, , 445-447 p. (lire en ligne), no 723 : John de Vescy.
- ↑ Clément de Vasselot de Régné, Le "Parentat" Lusignan (Xe – XIVe siècles) : structures, parenté vécue, solidarités et pouvoir d’un lignage arborescent, vol. 4 : Annexes 7 à 10 - Bibliographie (Thèse de doctorat en histoire médiévale, sous la direction de John Tolan et de Martin Aurell), Université de Nantes, (lire en ligne), Annexe 10 : Tableaux de filiation et schémas, chap. 23 (« Les Lusignan dans le réseau aristocratique des îles britanniques »), p. 182.Agnès de Ferrières : fille de Guillaume III de Ferrières (1193-1254), comte de Derby, et de Sybille le Maréchal (♰ 1238). Agnès est également la sœur de Robert III de Ferrières (1240-1279), époux d'une autre Marie de Lusignan (1242-ap. 1266), fille d'Hugues XI le Brun (v. 1221-1250) et de Yolande de Dreux (1218-1272).
- ↑ Lettres de rois, reines et autres personnages des cours de France et d'Angleterre depuis Louis VII jusqu'à Henri IV tirées des archives de Londres par Bréquigny (publ. Jacques-Joseph Champollion-Figeac), t. I : de l'année 1162 à l'année 1300, Paris, Imprimerie royale, (lire en ligne), CCLVIII : Lettre de Gui de Lusignan, seigneur de Cognac et d'Archiac, à Édouard I, roi d'Angleterre, p. 346-347.1279, janvier (vers) : Guy de Lusignan, seigneur de Cognac et d'Archiac, écrit au roi d'Angleterre, Édouard [Ier], qu'il a reçu la visite du seigneur Jean de Vescy, chevalier, et que, selon ce que le roi lui avait dit dans ses lettres, il lui a fait contracter un mariage per verba de presenti avec sa très chère nièce, [Marie de Lusignan], soeur du comte de la Marche [Hugues XIII] et a fait célébrer le mariage. Il lui apprend également qu'il est presque en bonne santé et qu'il se trouve quotidiennement entre les mains des médecins.
- 1 2 Clément de Vasselot de Régné, Le "Parentat" Lusignan (Xe – XIVe siècles) : structures, parenté vécue, solidarités et pouvoir d’un lignage arborescent, vol. 1 : Texte (Thèse de doctorat en histoire médiévale, sous la direction de John Tolan et de Martin Aurell), Université de Nantes, (lire en ligne), p. 877 :
« Jean de Vescy contracte en 1279 un mariage "per verba de presenti" avec Marie de Lusignan, sœur d'Hugues XIII, sous la houlette de Guy de Cognac. Neuf ans plus tard, en décembre 1288, Hugues XIII négocie un nouveau contrat de mariage entre Marie et Étienne II de Sancerre. Par ailleurs, son testament de 1283 demande qu'elle reçoive le revenu qui lui avait été attribué dans celui de leur père. Cette clause, qui ne concerne que Marie, laisse penser qu'elle est alors célibataire. Or, quand Jean de Vescy meurt le 10 février 1289, il est marié à Isabelle de Beaumont. L'absence d'informations supplémentaires nous amène à supposer une séparation intervenue très tôt entre les deux époux. »
- ↑ (en) Calendar of Inquisitions Post Mortem and other analogous documents preserved in the public record office (éd. Henry Maxwell Lyte), vol. II : Edward I (1272-1291), Londres, , 446 p. (lire en ligne), no 723 : John de Vescy.
« John and Isabel his wife »
- ↑ (en) Calendar of Inquisitions Post Mortem and other analogous documents preserved in the public record office (éd. Henry Maxwell Lyte), vol. II : Edward I (1272-1291), Londres, , 446 p. (lire en ligne), no 723 : John de Vescy.
« He died without heir of his body. William his brother, aged 39 and more, is his next heir. »
- 1 2 La Marche : 1199-1321 (parchemin français, original), Paris, AnF, coll. « Trésor des Chartes / J//270/B » (no 22), (présentation en ligne) :
« Nous Hugues li Bruns, cuens de la Marche et nous Estienes, cuens de Sanceurre fesons savoir a touz ceus qui ces lettres verront que nous on traitie du mariage de nous Estiene desus dit et de noble damoisele Marie de la Marche sereur de nous Hugue devant dit avons eu et convenancie sollempnelment les convenances qui sensuivent. C'est a savoir que nous li diz Hugues, cuens de la Marche avons donne et ottroions en mariage au dit Estiene conte de Sancerre la dite Marie nostre sereur, et en non de mariage et pour le dit mariage avons donne aveques la dite Marie sis cenz livres tournois de rente perpetuel en deniers quites et deliveres de touz fais, charges liens et obligacions et deuz a nous conte de la Marche et a noz hoirs perpetuelement de nostre seigneur le roy de France pour reson dun don que li cuens de Poitiers Anfons fist a nostre ayeul monseur Hugue le Brun a prendre a avoir et apartenoir dudit Estiene conte de Sancerre de la dite Marie et des hoirs qui istront daus chascun an paisiblement aus termes qui sensuivent : c'est a savoir a chascune feste de la nativite saint Jehan baptistre trois cenz livres et a la feste de Nativite nostre seigneur trois cenz livres aussit en deniers nombrez, les quels sis cenz livres, nous, Hugues de la Marche teniens en fie de nostre seigneur le roy de France. Et avons promis a faire et procurer a recevoir paisiblement le dit conte de Sancerre en la foy le dit nostre seigneur le roy des dites sis cenz livres de rente. Derechief, nous Hugues desus diz avons volu, ottroie et donne avecques les dites sis cenz livres de rente au diz Estiene, Marie et leur hoirs pour reson du dit mariage deus cenz livres de rente en heritage perpetuel en deniers a prendre chascun an le jour de feste saint Andrieu lapostre au Temple a Paris tantoust empres nostre deces a avoir et a parcevoir chascun an paisiblement des diz Estiene, Marie et leur hoirs et a paier de celui qui sera tenanz nostre contee de la Marche empres nostre deces sus poinne de vint solz tournois chascun jour que li diz nostre successeur tenant la contee defaudroit de paie des dites deus cenz livres pour touz pour mises et pour despenz a parer au diz Estienne, Marie et leur hoirs ensamble le principal avet la poinne. Des quels deus cenz livres de rente li diz cuens de Sancerre, la dite Marie et li hoir daus feront homage a noz hoirs tenanz la contee de la Marche. Et nous Estienes desus diz pour les dites huit cenz livres avons quite au dit Hugues conte de la Marche et aus siens pour nous, pour noz hoirs et pour noz successeurs tout le partage et le droit et la succession que nous porions avoir par reson de la dite Marie envers le dit Hugues, conte de la Marche et ses hoirs en toute la terre, leritage et les biens de par pere et de par mere ou dautre partie, sauve et retenu a nous et a la dite Marie et aus hoirs qui steront de nous le droit et la reson que la dite Marie devroit avoir en la terre et es biens dudit Hugues, conte de la Marche se li diz cuens moroit sanz hoirs descendant de son cors, en tele maniere que non contreestanz les convenances de ceste lettre li diz cuens pourra ordener de ses biens et de son heritage en vie et a mort a sa volente. Et avons promis a faire ferme et estable de la dite Marie ceste quitance le mariage acompli et a donner au dit conte de la Marche pour nous e a faire et a curer que la dite Marie donra a la requeste du dit conte de la Marche souffisant lettre seellee du seel nostre seigneur le roy de la quittance del heritage de par pere et de par mere en la maniere desus dite. Et avons donne et ottroie en doayre a la dite Marie nostre meson du Baile dessous Sancerre, et deus cenz livrees de terre a tournois a parfaire et a asseoir au plus pres de la dite meson et avec ces deus cenz, cinc cenz livres de rente a tournois a prendre, a recevoir et a avoir en nostre terre de la Ferte de la Lopiere, et se la terre de la Ferte ne pooit souffire a parfaire et a acomplir les dites cinc cenz livrees nostre hoir seroient tenu a parfaire au plus pres des lieuz dessus nommez. Et avons octroie que se il avenoit que noble dame Marie contesse de Sancerre nostre mere moroit avant que la dite Marie de la Marche, la dite Marie de la Marche seroit doee et la prometons a doer deu chastiau de Meillant et de la moitie de toute la terre que nous tandron et auron ou tans avenir par succession de pere et de mere et par autre reson excepte le chastiau de Sancerre et li premiers doyre dessus diz soroit nus. Et nous li dit Hugues avons promis et prometons a garantir parmenablement les dites huit cenz livres de rente aus diz conte de Sancerre, Marie et leur hoirs contre touz, a noz couz et de noz hoirs. Et nous Estienes desus diz, le dit doayre a la dite Marie, contre touz aus touz de nos hoirs. Et quant a toutes les choses dessus dites et chascune par soi fermement tenir et garder et de non venir encontre, nous, diz Hugues, cuens de la Marche, et Estienes, cuens de Sancerre, avons obligie li uns a lautre, nous, noz hoirs, et noz biens et les biens de noz hoirs presenz et avenir a painne de deus mile mars dargent. Les convenances demoranz fermes et estables soit que la dite painne fust commise et paiee de luns partie a lautre. Et renoncons a toutes barres et excepcions de fet et de droit qui pourroient estre obiviees encontre ce present instrument. Et soupplions a nostre chier seigneur le roy de France que il toutes ces convenances desus dites vueille confermer souz la teneur de son seel en la fourme et en la maniere dite. Et pour ce que ces choses soient fermes et establies, nous Hugues et Estienes desus diz avons seellees ces presentes lettres de noz seaus. Donnees lan de grace mil deus cenz quatre vinz et huit ou mois de decembre. »
1288, décembre : Hugues [XIII] le Brun, comte de la Marche, traite du mariage de sa sœur, Marie de Lusignan, avec Étienne, comte de Sancerre. Elle reçoit en dot 600 livres de rente dues à lui et à ses successeurs par le roi de France en raison d'un don que le comte de Poitiers, Alphonse avait fait à leur grand-père, Hugues [XI] le Brun, lesquelles sont tenues en fief du roi de France. Le comte de la Marche s'engage à faire recevoir le comte de Sancerre dans la foi du roi. Elle reçoit également 200 livres de rente à prendre chaque année, à la Saint-André, au Temple de Paris, et payables après la mort du comte de la Marche, par ses successeurs à ce comté. Le comte de Sancerre et ses héritiers devront l'hommage des 200 livres au comte de la Marche. De son côté, le comte de Sancerre, au nom de sa future épouse, donne quittance au comte de la Marche de tous les droits que sa femme pouvait avoir aux successions de ses père et mère, et s'engage, une fois le mariage accompli, à procurer pareille quittance de sa femme. Il se réserve seulement les droits de sa femme à la succession de son frère, le comte de la Marche, si celui-ci venait à décéder sans enfants. Enfin, il assigne le douaire de sa future femme de la manière suivante : il lui donne sa maison de Baile-sous-Sancerre, avec 200 livres de terre au plus près de cette maison. Il assigne une rente de 500 livres sur sa terre de la Ferté de Lopière, et, au cas où cette terre ne serait pas d'un produit suffisant pour fournir cette rente, ses héritiers devraient y ajouter le surplus nécessaire. Enfin, sa mère, Marie, comtesse de Sancerre, venait à décéder avant sa femme, il ajouterait au douaire de celle-ci le château de Meillant et la moitié de tous ses domaines à l'exception du château de Sancerre. - 1 2 Vincent Poupard, Histoire de la ville de Sancerre, Bourges, Bernard Just, , 2e éd. (1re éd. 1777) (lire en ligne), § V, p. 44.
- ↑ Gaspard Thaumas de La Thaumassière, Histoire de Berry, vol. 2 : Livres IV-VII, Bourges, Revue du Berry, (lire en ligne), V : Etienne II du nom, Comte de Sancerre, chap. XXIII, p. 258-260.
- ↑ Bélisaire Ledain, Histoire d'Alphonse, frère de Saint Louis et du comté de Poitiers sous son administration (1241-1271), Poitiers, Henri Oudin, (lire en ligne), no 5, p. 107-110.1289, 20 avril : Marie de la Marche, épouse d’Étienne, comte de Sancerre, reconnaît avoir reçu de son frère, Hugues [XIII] le Brun, comte de la Marche et d'Angoulême, à l'occasion de son contrat de mariage, trois chartes d'Alphonse, comte de Poitiers, comprenant : une convention de 1249 passée entre Alphonse et Hugues [XI] le Brun, relative au service militaire qu'il doit faire pendant la croisade, un engagement d'Alphonse à lui servir une rente de 600 livres et une quittance donnée en 1250 par Alphonse à Guy de Lusignan. Elle promet de faire restituer les pièces originales si elle décède sans enfants et envoie à son frère cette lettre avec la copie des trois documents vidimée par le doyen d'Angoulême.
- ↑ Vincent Poupard, Histoire de la ville de Sancerre, Bourges, Bernard Just, , 2e éd. (1re éd. 1777) (lire en ligne), § IV, p. 42.
- ↑ Gaspard Thaumas de La Thaumassière, Histoire de Berry, vol. 2 : Livres IV-VII, Bourges, Revue du Berry, (lire en ligne), IV : Jean I du nom, Comte de Sancerre, Seigneur de Châtillon, de Meillant, Menetou-Salon, et Soêsmes, chap. XXII, p. 256-258.
- ↑ Gaspard Thaumas de La Thaumassière, Histoire de Berry, vol. 2 : Livres IV-VII, Bourges, Revue du Berry, (lire en ligne), V : Etienne II du nom, Comte de Sancerre, chap. XXIII, p. 259.
- ↑ Clément de Vasselot de Régné, Le "Parentat" Lusignan (Xe – XIVe siècles) : structures, parenté vécue, solidarités et pouvoir d’un lignage arborescent, vol. 1 : Texte (Thèse de doctorat en histoire médiévale, sous la direction de John Tolan et de Martin Aurell), Université de Nantes, (lire en ligne [PDF]), fig. Les douaires dans la famille de Lusignan, p. 884.
- ↑ Notice sur Meillant, Saint-Amand, Destenay, (lire en ligne), p. 3-4.
- ↑ Attestation de la ratification par Marie de la Marche de l'accord conclu en son nom par Thibaut de Sancerre avec le roi de France (parchemin, original), Paris, Archives nationales, coll. « J / 270/B » (no 27), , larg. 595 mm x haut. 708 mm, dont 46 mm de repli, scellé des sceaux de la cour de Bourges, de la prévôté de Bourges et de Marie de Lusignan, comtesse de Sancerre, en cire jaune, sur double queue de parchemin, marque d'Hervé Guidomar, notaire.
- 1 2 Sigillographie du Poitou jusqu'en 1515 : étude d'histoire provinciale sur les institutions, les arts et la civilisation d'après les sceaux (éd. François Eygun), Poitiers, Société des Antiquaires de l'ouest, , no 454, p. 226 & pl. XVII.
- 1 2 Clément de Vasselot de Régné, Le "Parentat" Lusignan (Xe – XIVe siècles) : structures, parenté vécue, solidarités et pouvoir d’un lignage arborescent, vol. 3 : Annexes 3 à 6 (Thèse de doctorat en histoire médiévale, sous la direction de John Tolan et de Martin Aurell), Université de Nantes, (lire en ligne), Annexe 4 : Catalogue des sceaux de la famille de Lusignan, chap. X (« Filles / Marie de Lusignan / sceau [1309-1312] »), p. 350-351.
- ↑ Don de la comtesse Marie à Thibaut de Sancerre, archidiacre de Bourges, et Louis de Sancerre (parchemin, original), Paris, Archives nationales, coll. « J / 374 » (no 12), , larg. 349 mm x haut. 268 mm, dont 27 mm de repli, scellé du sceau de Marie de Lusignan, en cire verte, sur double queue de parchemin.
- 1 2 Inventaires et documents publiés par ordre de l'Empereur : Collection de sceaux (éd. Louis Douët d'Arcq), t. I, Paris, Henri Plon, (lire en ligne), no 440 : Marie, Femme du précédent (1312), p. 332.
- 1 2 Inventaire des sceaux du Berry antérieurs à 1515, précédé d’une Étude de sigillographie et de diplomatique (éd. René Gandilhon), Bourges, , no 200.
- 1 2 SIGILLA : base numérique des sceaux conservés en France, « Marie de la Marche - sceau - 1312 », sur sigilla.irht.cnrs.fr, Cnrs / IRHT.
- ↑ Inventaires et documents publiés par ordre de l'Empereur : Collection de sceaux (éd. Louis Douët d'Arcq), t. I, Paris, Henri Plon, (lire en ligne), no 842 bis : Hugues XII, Comte de la Marche et d'Angoulême (1259) / contre-sceau, p. 399.
- ↑ Sigillographie du Poitou jusqu'en 1515 : étude d'histoire provinciale sur les institutions, les arts et la civilisation d'après les sceaux (éd. François Eygun), Poitiers, Société des Antiquaires de l'ouest, , no 424, p. 220 & pl. XIV.
- ↑ Clément de Vasselot de Régné, Le "Parentat" Lusignan (Xe – XIVe siècles) : structures, parenté vécue, solidarités et pouvoir d’un lignage arborescent, vol. 3 : Annexes 3 à 6 (Thèse de doctorat en histoire médiévale, sous la direction de John Tolan et de Martin Aurell), Université de Nantes, (lire en ligne [PDF]), Annexe 4 : Catalogue des sceaux de la famille de Lusignan, chap. II (« Comtes de la Marche et d'Angoulême / Hugues XII de Lusignan, sceau [1257] »), p. 288-290.
- ↑ SIGILLA : base numérique des sceaux conservés en France, « Hugues XII de Lusignan - sceau du secret - 1257 », sur sigilla.irht.cnrs.fr, Cnrs / IRHT.
Sources et bibliographie
modifierSources sigillographiques
modifier- Inventaires et documents publiés par ordre de l'Empereur : Collection de sceaux, éd. Louis Douët d'Arcq, t. I, Paris, Henri Plon, 1863. [lire en ligne]
- SIGILLA : base numérique des sceaux conservés en France, « Marie de la Marche », sur sigilla.irht.cnrs.fr, Cnrs / IRHT [lire en ligne]
- Sigillographie du Poitou jusqu'en 1515 : étude d'histoire provinciale sur les institutions, les arts et la civilisation d'après les sceaux, éd. François Eygun, Poitiers, Société des Antiquaires de l'ouest, 1938, no 454, p. 226 & pl. XVII.
Bibliographie
modifier- Gaspard Thaumas de La Thaumassière, Histoire de Berry, vol. 2: Livres IV-VII, Bourges, Revue du Berry, 1865. [lire en ligne]
- Clément de Vasselot de Régné, Le "Parentat" Lusignan (Xe – XIVe siècles) : structures, parenté vécue, solidarités et pouvoir d’un lignage arborescent, Thèse de doctorat en histoire médiévale, sous la direction de John Tolan et de Martin Aurell, Université de Nantes, 4 vol., 2 797 p., . [lire en ligne]
- Clément de Vasselot de Régné, « Un succès méconnu des derniers Capétiens : l’annexion des domaines des Lusignan et l’usage du concept de lèse-majesté (1308-1327) », Revue historique, no 692, 2019, p. 833-858. [lire en ligne]
Articles connexes
modifier- Marie de Lusignan

- Maison de Lusignan
- Liste des seigneurs de Lusignan
- Armorial de la maison de Lusignan
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