Marins de la Garde impériale
Les Marins de la Garde impériale sont une unité de marine intégrée à la Garde impériale de Napoléon Ier. Créé en 1803 et dissous en 1815, ce corps assume un rôle logistique tout en participant aux campagnes napoléoniennes, notamment en Espagne, en Russie, en Allemagne et en France.
| Marins de la Garde impériale | |
Marins de la Garde impériale en grande tenue. Illustration d'Hippolyte Bellangé. | |
| Création | 1803 |
|---|---|
| Dissolution | 1815 |
| Pays | |
| Allégeance | |
| Branche | Grande Armée |
| Type | Bataillon |
| Effectif | 1 136 |
| Fait partie de | Garde impériale |
| Surnom | « Hussards de la Marine » |
| Guerres | Guerres napoléoniennes |
| Batailles | Siège de Dantzig Bataille de Bailén Bataille de Wagram Bataille de Leipzig Bataille de Waterloo |
| Commandant | François Henri Eugène Daugier (1805) Pierre Baste (1809) Honoré Joseph Antoine Ganteaume (1811) |
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Organisation
modifierCréation du bataillon
modifierLors de sa formation le (7 frimaire de l'an VIII), la Garde consulaire ne possédait pas de marins dans ses rangs. Mais avec la création du Camp de Boulogne et le débuts des préparatifs pour un débarquement en Angleterre, l'idée d'une unité de matelots destinée à protéger et à transporter le Consul, son état-major et la Garde consulaire en vue d'un débarquement prit forme. C'est pourquoi le (30 fructidor de l'an XI), par un arrêté à Saint-Cloud, le Premier consul Napoléon Bonaparte forme un nouveau corps sous le nom de Bataillon des Matelots de la Garde consulaire[1]. Six jours plus tard, le , Bonaparte transmet des ordres à son ministre de la Marine Denis Decrès de commencer le recrutement de marins à partir de matelots stationnés dans les ports. Les recrues devaient être jeunes, d'une taille minimum de 5 pieds et 3 pouces (environ 1,70 m), des plus habiles, dévoués, des mieux constitués, de bonne conduite et lettrés[2].
L'organisation du bataillon à sa formation est la suivante : le bataillon est composé de cinq équipages, chaque équipage est formé de cinq escouades. Les grades sont ceux de la marine et non ceux de l'armée. L'état-major se constituent d'un capitaine de vaisseau à la tête du bataillon, d'un lieutenant de vaisseau comme adjudant-major, d'un quartier-maître trésorier, d'un lieutenant d'artillerie, chargé de l'habillement ainsi qu'un chirurgien-major. Le reste du bataillon se compose de cinq capitaine de frégate ou lieutenant de vaisseau à la tête des équipages, 25 lieutenants de vaisseau ou enseignes à la tête des escouades et 625 matelots soit 125 par équipage et 25 par escouade. Chaque escouade est également accompagnée par un maître d'équipage, un contre-maître et un quartier-maître, soit 25 de chaque pour le bataillon. Cinq trompettes sont également présentent avec un par équipage, amenant à un effectif totale de 737 hommes[note 1][3].
Les premiers marins de la Garde sont amenés à Courbevoie pour y être entrainés, par les grenadiers à pied présents, à l'exercice de l'infanterie. L'armement du bataillon était séparé entre les tiers de l'unité : un tiers du bataillon recevait un sabre, le second tiers une hache et le troisième tiers une pique. Tous les matelots portaient le pistolet à la ceinture, assez rapidement leurs armements est changé au profit de fusils. Des chevaux furent affectés aux officiers ainsi qu'à ses fourgons[4]. Le recrutement des matelots a été exécuté à la hâte, ainsi de nombreux marins ne répondaient pas à la rigueur attendue par la Garde et de nombreux ont été renvoyés à la marine[5]. Tout de même, à la fin de l'année 1803, les rangs du bataillon furent au complet.
Sous l'Empire
modifierLe , 3 jours après la Constitution de l'an XII, instaurant le Premier Empire et Napoléon comme Empereur, le bataillon comptait 719 hommes dont 7 officiers et 25 matelots était stationnés à Paris. Les 27 officiers et 660 matelots restant étaient stationnés dans différents ports, on aperçois donc que le bataillon n'est plus au complet et qu'il manque 20 matelots, seulement 9 mois après sa formation[6].
Par un décret du 10 thermidor an XII (), Napoléon transforme sa Garde Consulaire en Garde Impériale, le Bataillon des Matelots de la Garde consulaire devient ainsi le Bataillon des Marins de la Garde Impériale[note 2]. L'organisation du bataillon change légèrement, le lieutenant d'artillerie ne fait plus partie de l'état-major, chaque équipage est maintenant assigné un fourrier et le musicien peur être un tambour ou une trompette. De plus, le bataillon obtient un maître cordonnier, un maître tailleur et un maître armurier. L'article 24 détaille la formation d'un dépôt à Paris pour maintenir les équipages au complet. Il est composé d'un maître, de deux contre-maîtres, de trois quartiers-maîtres et de 60 matelots. L'obligation des marins pour l'Empereur y est définie, par un décret précédent, comme ayant l'exclusivité de la garde de son bateau[7].
Lorsque Napoléon est sacré empereur le 2 décembre 1804, l'effectif du bataillon des Marins de la Garde Impériale est sur papier de 818, mais en réalité il manque 73 hommes sans prendre en compte les 18 à l'hôpital[8]. Au le bataillon manque 97 hommes et 7 sont à l'hôpital[9]. Puis le , les rangs du bataillon accusent un manquent de 87 hommes[10].
Au , l'effectif est de 25 officiers et 625 marins[11]. Par la suite, les marins voient leur nombre diminuer, notamment à cause de la guerre d'Espagne et surtout de la campagne de Russie, d'où seulement 85 marins reviennent.
Les marins ont de nombreuses aptitudes : ils peuvent être marins, bien sûr, mais aussi artilleurs (ils ont été formés au tir sur les navires de guerre), fantassins et remplissent aussi quelques-unes des missions du génie (cela est dû à l'expérience qu'ils ont acquise au camp de Boulogne en aidant à construire les bateaux entre 1803 et 1805).
« Ils ont été de bons marins, puisqu'ils ont été les meilleurs des soldats. Et ils ont tout fait : soldats, artilleurs, sapeurs, tout ![12] »
— Napoléon Ier.
Guerres napoléoniennes
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Du camp de Boulogne à la bataille de Friedland
modifierAprès leur entraînement au fusil et au manœuvre d'infanterie terminée, ils leur furent assignés la tâche d'entraîner à leur tour l'infanterie au manœuvre de l'aviron. Les matelots de la Garde étaient également chargés de constituer les équipages de bâtiments au port du Havre et au camp de Boulogne[13]. Les matelots étaient aussi ordonnés de faire transiter les barges de débarquement des ports de l'Atlantique et de la Manche vers Boulogne-sur-Mer. Ils participeraient à de nombreuses réponses aux attaques anglaises avec le but d'interférer avec le projet du Consul notamment à Wimereux et à Dieppe, aucune canonnière où des marins de la Garde se trouvaient ne fut coulée ou capturée. Le , une division navale anglaise arriva au Havre pour bombarder le port, mais ils furent forcés à se retirer par les marins sous les ordres du capitaine de frégate Pierre Baste, qui deviendra le commandant des marins de la garde en 1809[14].
La guerre de la Troisième Coalition change les plans d'invasion d'Angleterre, les mettent en pause. Bonaparte ordonne de faire partir tout les hommes de la Garde Impériale de Boulogne pour se rassembler à Strasbourg en vue de la campagne d'Allemagne. Reste à Boulogne le bataillon des Marins, 15 000 matelots et trois régiments d'infanterie de ligne. Mais en septembre, juste avant le début de la Campagne d'Ulm, l'empereur demande l'envoi de 120 marins de la garde vers Strasbourg pour rejoindre sa campagne. Ils assistent aux batailles Ulm et d'Austerlitz, mais ils n'ont pas combattu lors de cette campagne. Le rôle assigné aux marins était le transport des approvisionnements de la garde[15]. Après la bataille de Trafalgar, qui détruit les chances d'un débarquement en Angleterre, les Marins sont stationnés à Paris et dans les ports.
En 1806, 102 marins participent à la campagne de Prusse et de Pologne, ils étaient présents à Iéna et ont parader avec l'Empereur dans Berlin. Leur devoir était toujours celui de transport des vivres, mais un nouveau rôle de pontonnier les étaient également donnés. Ils assistent, encore, à la bataille d'Eylau et leurs mission de transport deviennent vitale pour l'armée dans le froid de l'hiver polonais. Au siège de Dantzig, où ils font partie du génie sous le commandement de Chasseloup-Laubat et après la reddition de la ville les marins étaient chargés d'armer les bateaux du port. Ils suivent la Grande Armée à la Bataille de Friedland, où ils n'y prennent pas part. Mais ils ont l'honneur de former l'équipage du canot de l'Empereur lors de l'entrevue avec Alexandre Ier sur le Niemen[16].
Le désastre de Bailén et la réorganisation du corps
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Après la paix de Tilsit, le bataillon doit initialement retourner en France avec la Garde Impériale, mais il est envoyé en Poméranie suédoise pour participer au siège de Stralsund. Leur présence était d'une grande importance vu qu'il se chargerait du transport des troupes vers l'île de Rügen. Ils arrivent à Stettin le , Stralsund est abandonnée par les Suédois le lendemain, ceux-ci se retirant sur l'île de Rügen. Mais avant que les marins aient eu le temps de finir les préparatifs du débarquement, l'île se rend et les Suédois quittent la Poméranie[17].
Le bataillon est envoyé à Hambourg, puis retourne à Stralsund avant d'arriver à Paris vers le début de l'année 1808. Il est envoyé peu après en Espagne. Le bataillon arrive à Bayonne le , puis à Vitoria-Gasteiz huit jours plus tard et à Burgos le 15, où il est passé en revue par le Maréchal Murat qui dit des Marins, dans une lettre à l'Empereur : « Les Marins sont bien fatigués. ». Enfin, le bataillon entre dans Madrid le , il assiste au soulèvement du Dos de Mayo, le capitaine de frégate Kervéguen y est blessé, mais le bataillon ne prend pas part à la répression qui s'ensuit.
Le , le général Belliard, chef d'état-major de l'armée d'Espagne, transmit au général Dupont l'ordre de partir pour Cadix. Puis le 18, de Bayonne, Bonaparte ordonne le départ des Marins de Madrid pour se joindre au général Dupont. Dans ce mouvement, Napoléon envisage de les faire embarquer sur les bâtiments à Cadix, le Santa Anna et le San Carlos.
Ils participent activement à la bataille de Bailén, où le tiers des marins présents est mis hors de combat. Le reste est fait prisonnier et envoyé à Cadix sur les pontons, où certains restent détenus jusqu'en 1814. Anéanti, le bataillon est recréé par décret en , mais seulement sous la forme d'un équipage de 150 hommes. Ce petit corps participe à la bataille de Wagram sous les ordres du capitaine de vaisseau Baste, où ils servent surtout en tant qu'artilleurs.
L'effectif des marins remonte brusquement en , où il leur est adjoint huit équipages, portant le nombre de soldats à 1 136 officiers, sous-officiers et marins. La campagne de Russie fait néanmoins de nouveaux ravages dans les rangs des marins de la Garde. Engagée dans de nombreuses batailles, décimée par le froid et le gel, l'unité ne compte plus que 85 soldats lorsqu'elle arrive en Allemagne. Réorganisés et complétés par de nouvelles recrues, les marins de la Garde affrontent les coalisés à Leipzig au sein de l'infanterie de la Jeune Garde.
En 1814, le bataillon participe également à la campagne de France, notamment à la défense de Paris, où ils combattent face aux troupes ennemies. Un petit détachement de 21 marins accompagne l'Empereur en exil[18]. En 1815, un équipage de 150 hommes (94 au départ) est recomposé[19]. Il participe aux batailles de Ligny et surtout de Waterloo, ils seront 107, 3 officiers et 104 matelots[20] sous les ordres du capitaine de frégate Taillade, et où les marins couvrent la retraite française avec les 1er régiment de grenadiers à pied de la Garde impériale et des chasseurs à pied de la Garde impériale.
Onze jours après Waterloo, les marins de la Garde comptent encore 4 officiers et 118 hommes[21]. Le corps est définitivement licencié le [22].
Uniformes
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L'uniforme des marins de la Garde impériale est composé d'une veste bleu avec tresses et nœuds à la façon d'un dolman avec épaulettes à écailles. Chaque manche a un parement écarlate nommée Caraco. La coiffure consiste en un shako à cordons et raquettes surmonté d'un plumet écarlate et orné d'un aigle en laiton sur une ancre de marine. Le pantalon large est bleu avec soutaches et trèfles à la hongroise, et les chaussures noires. La ceinture est celle de la cavalerie légère, tout comme la giberne noire. Les buffleteries, quant à elles, sont noires. Les musiciens ont un uniforme bleu clair. Les épaulettes pour la troupe sont métallique pour rappeler l'origine de l'unité. Des uniformes de marins de la garde sont présentés dans le parcours permanent du musée de l'Armée et dans son annexe en région le musée de l'Empéri.
Chefs de corps
modifierHistorique des batailles de l'unité
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- Campagne d'Autriche (1805)
- Campagne de Prusse et de Pologne
- Guerre d'indépendance espagnole
- Campagne d'Allemagne et d'Autriche (1809)
- Campagne de Russie (1812)
- Bataille de Vilna
- Bataille de la Moskowa
- Bataille de la Bérézina
- Campagne de Saxe
- Campagne de France (1814)
- Troyes
- Bataille de Paris (1814)
- Campagne de Belgique de 1815
Articles connexes
modifierNotes et références
modifierNotes
modifier- ↑ Ce chiffre ne semble pas faire compte du quartier-maître trésorier, du lieutenant d'artillerie et du chirurgien-major, malgré ces positions étant attribués. Le nombre augmente à 739 dans le livre, mais cela laisse toujours un des officiers de l'état-major non pris en compte.
- ↑ Les termes Marins de la Garde Impériale et Matelots de la Garde Impériale sont employé de façon interchangeable dans les documents d'époque.
Références
modifier- ↑ Lomier 1905, p.1-2.
- ↑ Lomier 1905, p.4-5.
- ↑ Lomier 1905, p.3.
- ↑ Lomier 1905, p.8-9.
- ↑ Lomier 1905, p.11.
- ↑ Lomier 1905, p.22.
- ↑ Lomier 1905, p.29-36.
- ↑ Lomier 1905, p.55.
- ↑ Lomier 1905, p.78.
- ↑ Lomier 1905, p.88.
- ↑ Rigo 2007, p. 25.
- ↑ Haythornthwaite 2004, p. 7.
- ↑ Lomier 1905, p.15.
- ↑ Magazine Cols Bleus N° 3087, p.46
- ↑ Lomier 1905, p.82-83.
- ↑ Lomier 1905, p.123.
- ↑ Lomier 1905, p.127-128.
- ↑ Houssaye 1921, p. 148
- ↑ Chartrand 1990, p. 18.
- ↑ « Les Uniformes pendant la campagne des Cent Jours - Belgique 1815 », sur centjours.mont-saint-jean.com (consulté le )
- ↑ Lachouque 1956, p. 866.
- ↑ Chartrand 1990, p. 19.
- ↑ « The Garde Imperiale and Its Commanders during the Period 1804 � 1815 », sur napoleon-series.org (consulté le ).
Bibliographie
modifier- Henry Houssaye, 1815, Paris, Perrin et cie, , 566 p. (OCLC 796388989, lire en ligne)

- Philip Haythornthwaite (ill. Richard Hook), La Garde impériale, DelPrado & Osprey Publishing, coll. « Osprey / Armées et batailles » (no 1), , 63 p. (ISBN 2-84349-178-9).

- Henry Lachouque (préf. Maxime Weygand), Napoléon et la Garde impériale, Paris, Bloud et Gay, , 1114 p.
- Rigo, « Les marins de la Garde, 1803-1815 (1re partie) », Tradition Magazine, no 229, , p. 23-30 (ISSN 0980-8493).
- (en) René Chartrand (ill. Francis Back), Napoleon's Sea Soldiers, Osprey Publishing, coll. « Osprey / Men-at-Arms » (no 227), , 47 p. (ISBN 0850459982).
- Eugène Lomier (ill. Gabriel Amoretti), Le bataillon des marins de la Garde, 1803-1815, Imprimerie E. Lefebvre, , 499 p.

