Martin Sellner

personnalité politique autrichienne d’extrême droite

Martin Michael Sellner, né le à Vienne, est un activiste et théoricien autrichien d'extrême droite et figure majeure de la mouvance identitaire européenne. En 2012, il co-fonde le Mouvement identitaire d'Autriche (IBÖ), branche autrichienne de Génération identitaire, qu'il dirige jusqu'en 2023. Il promeut la remigration, concept d'expulsion et de déportation forcée des immigrés et des citoyens qu'il estime non-assimilés, transformant une idée émise dans les cercles identitaires en programme politique que l'AfD adopte à partir de 2024. Ses positions racistes, antisémites et islamophobes font écho à son engagement dans des mouvements néonazis durant sa jeunesse. Après l'attentat de Christchurch, plusieurs enquêtes sont ouvertes, en lien avec sa proximité avec Brenton Tarrant. Plusieurs pays lui ont interdit l'entrée sur leur territoire : le Royaume-Uni et les États-Unis en 2019, l'Allemagne et la Suisse en 2024 et la France en 2026.

Martin Sellner
Martin Sellner en 2019.
Biographie
Naissance
Voir et modifier les données sur Wikidata (37 ans)
VienneVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Université de Vienne (licence de philosophie (d))Voir et modifier les données sur Wikidata
Activités
Conjoint
Brittany Pettibone (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Idéologie
Right-wing extremism (d), autoritarismeVoir et modifier les données sur Wikidata
Membre de
Site web

Biographie

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Militantisme

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Martin Sellner en 2017.

Durant sa jeunesse, il fait partie d'un mouvement néonazi et colle des affiches ornées de croix gammées sur des synagogues à l'âge de 17 ans[1].

En 2012, Martin Sellner participe à la fondation du Mouvement identitaire d'Autriche (en). Branche autrichienne de l'organisation d'extrême droite française Génération identitaire, Martin Sellner en est le chef[2],[1],[3]. L'organisation entretient des relations proches avec le Parti de la liberté d'Autriche[4],[5],[6].

Proche de l'organisation d'extrême droite allemande PEGIDA, il est orateur lors de plusieurs de leurs événements[7],[8].

Le , il organise une manifestation contre l'immigration à Spielfeld, à la frontière entre l'Autriche et la Slovénie. En , il se hisse avec d’autres identitaires sur le toit du Burgtheater de Vienne pour protester contre la représentation d'une pièce d'Elfriede Jelinek[9].

Durant la pandémie de Covid-19, son mouvement s'oppose aux mesures politiques de restriction durant la pandémie en Autriche[10].

En , il participe au lancement de la structure identitaire transnationale Action radar Europe[2].

En , il présente lors d'une réunion secrète à Potsdam un plan d'expulsion massive des Allemands d'origine étrangère « non-assimilés » et des étrangers vivant en Allemagne, y compris les réfugiés politiques. Le projet implique le déplacement d'environ 2 000 000 de personnes en Afrique du Nord. Des membres de l'Alternative pour l'Allemagne participent à cette réunion secrète, notamment les députés Roland Hartwig (de) et Gerrit Huy[11],[12],[13]. Cet événement provoque des manifestations antifascistes massives en Allemagne[14].

Prises de position et positionnement

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Il appartient à la mouvance identitaire[15],[16],[17]. Watson le décrit comme xénophobe, raciste, et le positionne comme néonazi et Le Monde le décrit comme « nostalgique du régime nazi »[3],[10].

Martin Sellner milite pour le renvoi et la déportation[18] des migrants et des Allemands d'origine étrangère qu'il juge « non-assimilés » dans leur pays d'origine et l'application d'un système d'assimilation par la force[11],[19]. Pourfendeur de l'islam et défenseur de la théorie du grand remplacement de Renaud Camus[20], il avance que la culture européenne serait menacée par la natalité mondiale[21],[22].

Selon les services de renseignement autrichiens, l’un des objectifs principaux du mouvement de Martin Sellner est l’établissement d’un État autoritaire, ce qu'il nie[23].

Affaires judiciaires

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Il est arrêté en même temps que sa petite amie, Brittany Pettibone, en , à la frontière britannique et quelques jours avant la mise en détention préventive de la militante Lauren Southern[24].

En , il est mis en examen pour « formation d'une organisation criminelle »[25]. Il est acquitté en [26].

Après les attentats de Christchurch de , l'Office fédéral pour la protection de la Constitution et la lutte contre le terrorisme lance une enquête sur lui en raison de sa proximité avec le terroriste Brenton Tarrant, qui a fait des dons au Mouvement identitaire d'Autriche en [27],[28]. En 2020, un rapport d'enquête détermine que les dons totalisent 5 000 euros[29]. L'enquête révèle également que Martin Sellner a remercié Brenton Tarrant par e-mail puis a entretenu une correspondance avec lui et l'a invité à venir le rencontrer à Vienne. Brenton Tarrant s'est effectivement rendu en Autriche du 26 novembre au 4 décembre 2018, 3 mois avant de commettre les assassinats terroristes de Christchurch. Martin Sellner affirme ne l'avoir jamais rencontré. Lors de l'enquête concernant les liens de Martin Sellner avec Brenton Tarrant, il n'est pas permis d'établir s'il y a eu rencontre ou non. Cependant, lors de la perquisition de son domicile, Martin Sellner efface ses email 40 minutes avant l'arrivée de la police et met 12 minutes avant d'ouvrir sa porte. L'opposition autrichienne demande des comptes, affirmant qu'il a été prévenu de la perquisition[30].

L'enquête pour « participation à une organisation terroriste » est abandonnée en 2020[31], faute de preuves[30]. Une autre enquête, liée à la proximité entre Martin Sellner et Breton Tarrant, pour détournement de fonds est également abandonnée[32].

Interdictions de territoires

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En juin 2019, Martin Sellner est définitivement interdit d'entrée au Royaume-Uni, pour des questions de sécurité intérieure[33].

En 2024, il est interdit d'entrer et de circuler en Allemagne[14]. La même année, il est interdit d'entrée en Suisse et au Liechtenstein par la FedPol, qui analyse la nature des opinions exprimées, leur diffusion, les liens directs avec des groupes violents ainsi que des indices d'appels à la violence[34].

Références

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  1. 1 2 Bruno Struys (trad. Dominique Jonkers), « Quand Dries Van Langenhove rassemble l’extrême droite européenne à Bruxelles » Accès libre, sur DaarDaar, (consulté le )
  2. 1 2 « En Europe, les identitaires s'unissent » Accès payant, sur Libération, (consulté le )
  3. 1 2 Jean-Baptiste Chastand, « Qui est vraiment… Martin Sellner, l’identitaire qui inspire les extrêmes droites européennes » Accès payant, sur Le Monde, (consulté le )
  4. ↑ Rodrigue Akpadji, « Stratégies discursives de l’extrême droite sur la nation et l’identité nationale en Autriche », Matériaux pour l’histoire de notre temps, vol. N° 139-142, no 1,‎ , p. 38–43 (ISSN 0769-3206, DOI 10.3917/mate.139.0038, lire en ligne Accès libre, consulté le )
  5. ↑ (de) Stefan Schocher, « FPÖ in Österreich: Nähe zu den Identitären » Accès libre, sur Neues Deutschland, (consulté le )
  6. ↑ (de) « AfD, FPÖ und die Gefahr der "Identitären" » Accès libre, sur ZDF, (consulté le )
  7. ↑ (en-US) « ‘Super Sunday’ of demonstrations in Dresden: The right-wing populist Pegida movement celebrates its five-year anniversary - Populism in Central and Eastern Europe » (consulté le )
  8. ↑ (en) Sabine Volk, « Under lockdown, Germany’s PEGIDA goes to YouTube » Accès libre, sur openDemocracy, (consulté le )
  9. ↑ Benjamin Reuter, « Comment les jeunes d'extrême droite, qui se disent "hipsters de droite", progressent en Autriche », Huffington Post, 21 mai 2016.
  10. 1 2 Christoph Bernet (trad. Jah), « Le chef d'un mouvement raciste collecte des dons via Postfinance » Accès libre, sur Watson, (consulté le )
  11. 1 2 (de) « Geheimplan gegen Deutschland » Accès libre, sur Correctiv, (consulté le )
  12. ↑ « En Allemagne, un sulfureux rassemblement avec des néonazis plonge l’AfD dans l’embarras » Accès libre, sur L'Express, (consulté le )
  13. ↑ « En Allemagne, un projet de « remigration » d’étrangers présenté lors d’une réunion d’extrémistes » Accès libre, sur L'Obs, (consulté le )
  14. 1 2 « L’Allemagne interdit à l’extrémiste de droite autrichien Martin Sellner d’entrer sur son territoire - Le Temps », www.letemps.ch,‎ (ISSN 1423-3967, lire en ligne, consulté le )
  15. ↑ Baptiste Huguet et Isabelle Le Page, « Allemagne: la 'majorité silencieuse' dans la rue contre l'extrême droite » Accès libre, sur TV5 Monde, (consulté le )
  16. ↑ Marine Buisson, « Martin Sellner, un hipster d’extrême droite en Autriche » Accès libre, sur Le Soir, (consulté le )
  17. ↑ (en) Mohamed, « IntelBrief: The Far Right Seeks to Normalize Its Ideology » Accès libre, sur The Soufan Center, (consulté le )
  18. ↑ [vidéo] « Terrorisme d'ultradroite (1/2) - Regarder le documentaire complet | ARTE » (consulté le )
  19. ↑ « En Autriche, il ne fait pas bon être musulman », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le )
  20. ↑ (de) Hasnain Kazim, « Martin Sellner: Anführer der österreichischen Identitären sieht sich als Opfer - DER SPIEGEL - Politik », der Spiegel,
  21. ↑ « Autriche. Martin Sellner, l’homme au cœur du réseau identitaire », sur Courrier international, (consulté le )
  22. ↑ (de) Liane Bednarz, « Wie das Netzwerk der Neuen Rechten radikales Denken in die Gesellschaft trägt », Huffington Post, 30 mai 2016.
  23. ↑ Vianey Lorin, « Martin Sellner, l’identitaire qui inspire les extrêmes droites européennes », sur Mediapart, (consulté le )
  24. ↑ (en) Mark Townsend, « Anti-Muslim campaigners denied entry to UK at border », sur the Guardian,
  25. ↑ (en) « Austria indicts leaders of far-right Identitarian Movement » Accès libre, sur The Vancouver Sun, (consulté le )
  26. ↑ (en) « Austrian court acquits 17 defendants in far-right trial » Accès libre, sur Associated Press, (consulté le )
  27. ↑ (en) Joel MacManus, « Austrian Far-Right leader invited accused Christchurch gunman to meet up » Accès libre, sur Stuff, (consulté le )
  28. ↑ « L'assaillant de Christchurch a eu des contacts avec les identitaires autrichiens » Accès libre, sur La Presse, (consulté le )
  29. ↑ (de) « Christchurch-Attentäter spendete mehr an Identitäre als bislang bekannt » Accès libre, sur Der Standard, (consulté le )
  30. 1 2 [vidéo] « Terrorisme d'ultradroite (2/2) - Regarder le documentaire complet | ARTE » (consulté le )
  31. ↑ « Abandon de l’enquête en Autriche concernant l’attentat de Christchurch » Accès libre, sur Le Journal de Montréal, (consulté le )
  32. ↑ (en) Gordan Akrap et Vedran Matošić, « Transnational linkages between violent right-wing extremism, terrorism and organized crime - case of Croatia » Accès libre, sur National Security and the Future, (consulté le )
  33. ↑ (en-GB) Ben Quinn et Jason Wilson, « Anti-Islamic extremist permanently excluded from entering UK », The Guardian,‎ (ISSN 0261-3077, lire en ligne, consulté le )
  34. ↑ « Un activiste d'extrême droite autrichien interdit d'entrée en Suisse », sur rts.ch, (consulté le )

Liens externes

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