Martinet noir

espèce d'oiseaux apodiformes de la famille des apodidae

Apus apus

Apus apus
Description de cette image, également commentée ci-après
Martinet noir en vol en France.
Classification COI
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Sous-embr. Vertebrata
Classe Aves
Ordre Apodiformes
Famille Apodidae
Genre Apus

Espèce

Apus apus
(Linnaeus, 1758)

Répartition géographique

Description de l'image Apus_apus_distribution_map.png.
  • Présence en période de nidification.
  • Présence en période d'hivernage.

Statut de conservation UICN

( LC )( LC )
LC  : Préoccupation mineure

Le Martinet noir (Apus apus) ou parfois simplement martinet est une espèce d'oiseaux de la famille des Apodidae.

Morphologie

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Cet oiseau mesure de 16 à 17 cm de longueur pour une envergure de 42 à 48 cm et une masse de 31 à 56 g[1]. Les arcades sourcilières sont proéminentes[2].

Pouvant être confondu avec l'hirondelle, le Martinet noir s'en distingue aisément par ses ailes en forme de faucille, son corps plus effilé et plus grand, une coloration générale bien plus foncée et, mise à part sa gorge, l'absence de zones blanches. De même les grandes troupes qu'ils forment et les cris perçants qu'ils poussent sont caractéristiques. Ces poursuites stridentes, dans lesquelles à partir de la mi-mai on observe beaucoup de jeunes adultes non nidificateurs, marquent les limites de la colonie de martinets[réf. souhaitée].

Longévité

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Le Martinet noir vit généralement plus de vingt ans[3]. Sa longévité maximale est de 31 ans[réf. souhaitée].

Comportement

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Locomotion

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Groupe de Martinets noirs en vol.
Vidéo de Martinets noirs en vol, Tomaszow Mazowiecki, Pologne.

Excepté en période de couvaison ou de nourrissage, le Martinet noir passe l'intégralité de sa vie en vol, y compris pour se nourrir et pour dormir[1],[4]. Les martinets noirs peuvent ainsi voler dix mois consécutifs, ne se posant qu'en de très rares occasions[5]. Cela en fait la plus longue durée connue chez les oiseaux, devant le Martinet à ventre blanc (Tachymarptis melba) et la Frégate du Pacifique (Fregata minor)[5],[6].

Sa vitesse en croisière est de 35 km/h[2]. Excellent voilier, le Martinet noir peut atteindre des vitesses de 200 km/h sur de courtes distances[7], ce qui en fait l'un des animaux les plus rapides. Extrêmement précis, il est capable de rejoindre son nid via un petit orifice de quelques centimètres de diamètre, sans diminuer son allure.

Le Martinet noir est l'un des rares oiseaux qui apprennent à voler et à se nourrir sans l'aide de leurs géniteurs, lesquels peuvent entamer leur migration sans attendre que leur progéniture soit autonome[réf. souhaitée]. Au bord de leur nid, bien agrippés avec leurs serres, ils entraînent leurs ailes en battements rapides. Cela peut durer plusieurs jours. Ils quittent le nid dès qu'ils se sentent prêts, vers les 42 jours et il semble qu'ils entament immédiatement leur première migration vers le grand Sud, même s'il est très probable que certains restent encore un certain temps autour de leur colonie[réf. souhaitée].

Alimentation

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Le Martinet noir se nourrit de plancton aérien (insectes, araignées) pendant qu'il vole[1]. Il capture plusieurs centaines d'espèces différentes d'arthropodes qu'il est capable de reconnaître en vol dans les couches inférieures de la troposphère. Ses principales proies sont les aphides, les hyménoptères, les coléoptères et les diptères[1]. Abeilles et guêpes ne font pas partie de ses proies. Pour nourrir sa nichée, il consomme jusqu'à 20 000 proies par jour[2].

Si les conditions météorologiques ne permettent pas une alimentation suffisante, le Martinet noir peut changer de région.

Sommeil

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Il dort en volant en groupe de façon circulaire ou au gré de courants aériens en recherchant des zones d'inversion de température à environ 1 500 mètres d'altitude. Le suivi par radar de ces oiseaux[8] a montré qu'ils peuvent voler de nuit jusqu’à 2,5 km d'altitude, et qu'au crépuscule et à l'aube ils effectuent des vols ascensionnels qui semblent ne pas faire partie de leur cycle de sommeil, mais qui pourraient selon des scientifiques néerlandais leur servir « à récolter des informations sur les conditions atmosphériques », peut-être pour prédire la météo de la nuit et des jours à venir afin de savoir où chasser[9].

Reproduction

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Œufs de Martinet noir — Muséum de Toulouse.

Les Martinets noirs construisent leur nid à plat dans des anfractuosités de falaises ou de murs[1]. Ils sont en général fidèles à leur nid qu'ils réutilisent chaque année. Celui-ci est constitué de toutes sortes de matériaux légers (plumes, brins d'herbes ou feuillettes) recueillis au gré des vents et agglomérés par de la salive[1]. On y retrouve parfois même des papillons, des demoiselles, ou des petits bouts de plastique. La maturité sexuelle est atteinte à partir de la 3e année, même si certains individus ne se reproduisent pas avant leur 4e ou 5e année.

Vers mai-juin, la femelle pond deux ou trois œufs qui sont couvés pendant 19 à 27 jours[1]. Mâle et femelle se relaient pendant la période de couvaison et de nourrissage. Les adultes stockent les insectes qu'ils capturent dans leur gorge, ce n'est que lorsque cette balle atteint 1 ou 2 g qu'ils reviennent nourrir leurs petits. Ceci leur permet de nicher en ville et d'aller chasser à une distance plus ou moins grande du site de nidification, exploitant ainsi les ressources en nourriture de façon optimale. Par mauvais temps, les jeunes Martinets noirs peuvent subsister plusieurs jours sur leurs réserves de graisse, période pendant laquelle ils entrent dans une léthargie. Un nouveau-né peut ainsi rester en vie sans nourriture au moins pendant 48 heures. Des oisillons un peu plus âgés peuvent survivre à des périodes de disette de plusieurs jours. À l'issue de la période de nourrissage (37 à 56 jours), les jeunes quittent le nid et deviennent aussitôt indépendants[1].

En temps normal, la croissance des jeunes est marquée par deux périodes d'amaigrissement, au moment de la formation du plumage et au moment de l'envol. Il n'est pas rare qu'à cette date les parents aient déjà commencé leur migration vers l'Afrique. Les jeunes se débrouillent tout seuls pour apprendre à chasser. Sauf exception, ils passeront près de deux ans sans se poser[réf. souhaitée].

Répartition et habitat

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Martinet en vol.

Le Martinet noir est le seul martinet présent dans presque toute l'Europe, de la fin du printemps à la fin de l'été[2].

L’aire de reproduction de cette espèce s’étend de l’Afrique du Nord à l’Asie centrale. Elle atteint 70° de latitude nord en Norvège et 68° en Russie. Deux sous-espèces ont été décrites:

Parasites

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Un ectoparasite fréquent du Martinet noir est un diptère hématophage, la « cratérine du martinet » ou anapère pâle (Crataerina pallida), qui peut l'épuiser s'il survient par grand nombre en temps de disette[réf. souhaitée]. La cratérine passe la mauvaise saison sous forme de pupe. Elle est présente partout où le martinet se reproduit, sauf en Laponie où elle ne survit pas aux rigueurs de l'hiver.

Systématique

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L'espèce a été décrite par le naturaliste suédois Carl von Linné en 1758, sous le nom initial de Hirundo apus[11].

Synonymes

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  • Hirundo apus Linnaeus, 1758[12]
  • Cypselus niger Dumont, 1823[12]
  • Cypselus vulgaris Dumont, 1823[12]
  • Brachypus melanogaster Palmer, 1836[12]
  • Cypselus murarius Sclater, PL, 1866[12]

Taxonomie

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Selon la classification de référence du Congrès ornithologique international (version 15.2, 2026)[13], le Martinet noir est représenté par deux sous-espèces (ordre phylogénétique) :

  • Apus apus apus (Linnaeus, 1758) — niche de l'ouest de l'Europe et du nord de l'Afrique au centre de la Sibérie ;
  • Apus apus pekinensis (Swinhoe, 1870) — niche du nord de l'Iran au nord de la Chine et en Mongolie.

Le Martinet noir et l'Homme

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Raréfaction des martinets

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On constate, depuis quelques décennies — comme pour les hirondelles et de nombreuses autres espèces insectivores — un effondrement général de populations du Martinet noir sur une grande partie de son aire potentielle de répartition[réf. souhaitée]. Le Martinet noir est classé quasi menacé dans la liste rouge d'espèces menacées[2].

Parmi les explications figure la raréfaction de ses proies en raison d'un usage massif et croissant des insecticides ; en 1962, la biologiste américaine Rachel Carson publia le livre Printemps silencieux (Silent Spring) accusant le DDT d'être cancérigène et reprotoxique (il empêche la bonne reproduction des oiseaux en amincissant la coquille de leurs œufs[14]). Ce livre créa un véritable tollé et fut à l'origine de divers mouvements écologiques. Il a encouragé des évaluations écotoxicologiques qui ont conduit — à partir des années 1970 — à peu à peu interdire le DDT dans certains pays. Ailleurs, son utilisation s'est poursuivie pour combattre des vecteurs de maladie, mais elle reste controversée (en tant que POPs, polluant persistant, et pour ses effets écosystémiques) ; 50 ans après l'appel de Rachel Carson, une étude d'histoire environnementale a analysé au Canada une couche de guano de martinets accumulé dans un dortoir utilisé par ces oiseaux de 1940 à nos jours. Elle a confirmé que le DDT a effectivement eu un impact considérable sur les oiseaux insectivores, en détruisant un grand nombre des insectes dont ils se nourrissent (coléoptères notamment, leurs proies les plus nourrissantes)[15],[16].
De plus, les constructions urbaines modernes offrent de moins en moins de sites de nidification favorables à cette espèce originellement inféodée aux falaises et qui avait trouvé dans les constructions humaines traditionnelles (tours, clochers, bâtiments élevés en pierres) des sites favorables (dessous de toit, trous entre les pierres, trous de boulin, etc.)[réf. souhaitée]. La nidification sous les tuiles expose les jeunes à la canicule[2].

Il existe aussi quelques phénomènes conjoncturels tels que des dépressions océaniques provoquant des périodes de mauvais temps continu au moment de la nidification, susceptibles certaines années de décimer les colonies de Martinets noirs (adultes reproducteurs et poussins). Seul le comportement particulier des jeunes adultes, qui consiste en une délocalisation massive vers des régions plus clémentes, peut les sauver[réf. souhaitée].

Impact des éoliennes

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Selon la Ligue pour la protection des oiseaux, le Martinet noir fait partie des trois oiseaux que l’on retrouve le plus fréquemment mort au pied des éoliennes en France[17].

Nichoir

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Il est possible d'installer un nichoir à plus de 5 mètres de hauteur, sous le toit ou sur une façade abritée, avec une ouverture ovale de 64 × 32 mm. Il est recommandé d'installer plusieurs nids, possiblement vers une colonie existante[18].

Philatélie

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Le Martinet noir a été présenté dans des émissions de quelques pays européens : Belgique (2007), Italie[réf. souhaitée].

Notes et références

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  1. 1 2 3 4 5 6 7 8 Laurent Spanneut, « Martinet noir »(Archive.orgWikiwixGoogleQue faire ?), sur INPN, (consulté le ).
  2. 1 2 3 4 5 6 Thierry Creux, Ouest-France, « Cet oiseau fascinant passe presque toute sa vie en l’air : six choses à savoir sur le martinet » Accès libre, sur MSN, (consulté le ).
  3. Oiseaux.net, consulté le .
  4. Jean-Luc Goudet, « Pour mieux voler, inspirons-nous du martinet qui déforme ses ailes ! » Accès libre, sur Futura, (consulté le ).
  5. 1 2 (en) Anders Hedenström, Gabriel Norevik, Kajsa Warfvinge et Arne Andersson, « Annual 10-Month Aerial Life Phase in the Common Swift Apus apus », Current Biology, vol. 26, no 22, , p. 3066–3070 (ISSN 1879-0445, PMID 28094028, DOI 10.1016/j.cub.2016.09.014, lire en ligne Accès libre, consulté le ).
  6. AFP, « Le martinet noir bat le record de vol non-stop: 10 mois sans se poser », sur La Presse, (consulté le ).
  7. Gilbert Blaising, « Champion de l'air - Le Martinet noir » Accès libre, sur oiseaux.net, (consulté le ).
  8. « IRM - Des martinets noirs dans les données radar : une découverte étonnante! » Accès libre, sur Institut royal météorologique de Belgique (consulté le ).
  9. (en) Adriaan M. Dokter, Susanne Åkesson, Hans Beekhuis et Willem Bouten, « Twilight ascents by common swifts, Apus apus, at dawn and dusk: acquisition of orientation cues? », Animal Behaviour, vol. 85, no 3, , p. 545–552 (ISSN 0003-3472, DOI 10.1016/j.anbehav.2012.12.006 Accès libre).
  10. « Martinet noir » Accès libre, sur oiseaux-birds.com (consulté le ).
  11. (la) Carl von Linné, Systema Naturae per regna tria naturæ, secundum classes, ordines, genera, species, cum characteribus, differentiis, synonymis, locis, Tomus I. Editio decima, reformata. Holmiæ: impensis direct., Stockholm, Laurentii Salvii, 824 p. (lire en ligne Accès libre), p. 192.
  12. 1 2 3 4 5 Avibase, consulté le .
  13. Congrès ornithologique international, version 15.2, 2026.
  14. Rachel Louise Carson (trad. de l'anglais par Jean-François Gravrand), Printemps silencieux Silent Spring »], Paris, Plon, , 287 p. (ISBN 978-2918490180).
  15. (en) Joseph J. Nocera, Jules M. Blais, David V. Beresford, Leah K. Finity, Christopher Grooms, Lynda E. Kimpe, Kurt Kyser, Neal Michelutti, Matthew W. Reudink et John P. Smol, « Historical pesticide applications coincided with an altered diet of aerially foraging insectivorous chimney swifts », Proceedings of the Royal Society, b, vol. 279, no 1740, , p. 3114-3120 (DOI 10.1098/rspb.2012.0445 Accès payant).
  16. Yves Miserey, « La preuve des ravages du DDT sur les oiseaux », sur lefigaro.fr, .
  17. Pierrick Levirois, « Cet oiseau serait la principale victime des éoliennes en France, selon la LPO » Accès libre, sur lefigaro.fr, (consulté le ).
  18. Bird Life, « Nichoir pour martinet noir – plan de montage » Accès libre [PDF], sur Birdlife.ch, (consulté le ).

Voir aussi

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Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie

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  • (en) P. Chantler, « Family Apodidae (Swifts) », dans Josep del Hoyo, Andrew Elliott et Jordi Sargatal, Handbook of the Birds of the World, vol. 5 : Barn-owls to Hummingbirds, Barcelone, Lynx edicions, , 760 p. (ISBN 978-84-87334-25-2, lire en ligne Inscription nécessaire), p. 452 & planche 43 p. 450.
  • Lionel Frédéric (préf. Gérard Gory), Le martinet noir, Saint-Yrieix, Éveil, coll. « Approche », , 72 p..
  • B. Genton et M. S. Jacquat, Martinet noir : entre ciel et pierre., La Chaux-de-Fonds, Éditions de la Girafe, Musée d'histoire naturelle, , 192 p. (ISBN 2-88423-073-4).
  • La Hulotte, no 78 « Le Martinet noir : l'Arbalétrier (I) »,  .
  • La Hulotte, no 79 « Les Cent-jours du Martinet (II) »,  .

Liens externes

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