Martyrs de Tacubaya

Les « martyrs de Tacubaya » (espagnol : Mártires de Tacubaya) sont des militaires et civils du camp libéral fusillés à la suite de leur défaite lors de la bataille de Tacubaya face au camp conservateur, le pendant la guerre de réforme au Mexique.

Martyrs de Tacubaya
Lithographie illustrant l'exécution (1870).
Présentation
Type
Groupe d'humains (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Localisation
Localisation

Histoire

modifier

Contexte

modifier

En 1855, la révolution d'Ayutla (ou plan de Tacubaya) renverse la dictature d'Antonio López de Santa Anna. Le nouveau régime, d'idéologie libérale, promulgue les premières lois de réforme et, par la convocation d'un Congrès constituant, adopte la Constitution fédérale des États Unis mexicains de 1857. Ces nouvelles politiques, outre la suppression des privilèges civils accordés aux militaires et aux religieux, visaient à instaurer la séparation de l'Église et de l'État au Mexique. La société mexicaine, profondément catholique, se trouve divisée entre libéraux radicaux ou purs, libéraux modérés et conservateurs, ces derniers rejetant énergiquement la nouvelle Constitution. Après plusieurs affrontements et manifestations, le plan de Tacubaya conduit à la destitution du président du Mexique, marquant ainsi le début de la guerre de réforme[1].

Bataille de Tacubaya

modifier

Le , les troupes du général conservateur Leonardo Márquez arrivent à Mexico. Márquez décide de se diriger vers Tacubaya ; au cours de sa marche, il passe par Popotla, Tacuba, l'hacienda des Morales, Las Lomas et Santa Fe, avant de se positionner sur la Loma del Rey pour diriger son attaque[2]. Les rumeurs d'un affrontement militaire imminent parvinrent aux oreilles des libéraux et de leurs sympathisants ; comme l'armée libérale ne dispose pas de suffisamment de médecins, plusieurs jeunes étudiants se portent volontaires pour soigner les blessés.

Les pertes sont importantes dans les deux camps, mais la victoire revient aux conservateurs. Le général libéral Santos Degollado est contraint d'ordonner la retraite de ses troupes[3].

Exécutions

modifier

À la fin des combats, plusieurs chefs et officiers libéraux furent faits prisonniers. Les blessés, incapables de s'échapper, continuèrent d'être soignés par les médecins et les volontaires qui s'étaient rendus à Tacubaya. Entre-temps, le général conservateur Miguel Miramón arrive à Mexico et se rend immédiatement à Tacubaya. Dans l'après-midi, il se réunit au couvent de San Diego avec Leonardo Márquez, Tomás Mejía et le colonel Joaquín Orihuela. Après avoir reçu le rapport de guerre, Miramón a ordonné l'exécution des officiers prisonniers[4].

« Général en chef de l'armée nationale (sic). – Son Excellence : Cet après-midi même, et sous votre stricte responsabilité, vous ordonnerez que tous les prisonniers de la catégorie des officiers et des chefs soient passés par les armes, en me communiquant le nombre de ceux qui auront subi ce sort. -Dieu et la loi.- Mexico, le . »

 Général Miguel Miramón

Le premier à être fusillé dans le jardin de l'archevêché est le général Marcial Lazcano, suivi des colonels Genaro Villagrán et José María Arteaga, du capitaine José López et du lieutenant Ignacio Sierra[5]. Le professeur Feliciano Chavarría et le colonel Bello réussissent à s'échapper. Le médecin militaire Francisco Montes de Oca (es) a la chance de ne pas être fusillé. La Française María Couture, veuve de Gourgues, s'illustre en tentant en vain de sauver la vie des médecins. N'ayant pas atteint son objectif, elle exauce les dernières volontés des condamnés en conservant leurs effets personnels, mais elle est dépouillée par les soldats conservateurs. Le , le Congrès de l'Union, en reconnaissance de son action, l'exonère à vie du paiement de ses impôts municipaux et fédéraux[6].

Ce massacre cruel est connu dans tout le pays et à l'étranger. Dès lors, Leonardo Márquez est surnommé « le Tigre de Tacubaya » ou « le boucher de Tacubaya ». Interrogé sur les excès de violence commis, il invoque la loi sur les complots pour justifier son action[2].

Notes et références

modifier
(es) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en espagnol intitulé « Mártires de Tacubaya » (voir la liste des auteurs).
  1. (es) « Muerte de los Martyrs de Tacubaya », sur cndh.org.mx (web.archive.org) (consulté le ).
  2. 1 2 (es) « 11 de abril de 1859 muerte de los mártires de Tacubaya », sur Secretaría de la Defensa Nacional (web.archive.org) (consulté le ).
  3. (es) Raúl González Lezama, « Los mártires de Tacubaya, 11 de abril de 1859 », sur Instituto Nacional de Estudios Históricos de las Revoluciones de México (web.archive.org) (consulté le ).
  4. Zarco 1993, p. 250.
  5. Zarco 1993, p. 251.
  6. Zarco 1993, p. 254-255.

Annexes

modifier

Bibliographie

modifier
  • (es) Francisco Zarco, El Siglo Diez y Nueve de Francisco Zarco y su pensamiento liberal, Mexique, Universidad Nacional Autónoma de México, , 245-260 p. (ISBN 968-36-3436-2, lire en ligne [PDF]), « Las matanzas de Tacubaya ».

Liens externes

modifier