Massacre d'Uborak et de Sutina

Le massacre d'Uborak et de Sutina désigne le meurtre de 114 civils Bosniaques et Croates de Bosnie commis le dans les environs de Mostar, en Bosnie-Herzégovine. Les victimes sont tuées sur deux sites : à proximité du cimetière de Sutina et à la décharge municipale d'Uborak[1],[2]. Selon les éléments de preuve examinés par le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY), les forces serbes, notamment des unités de l’Armée populaire yougoslave (JNA), des unités paramilitaires et des volontaires connus sous le nom d’« hommes de Šešelj », ont participé à la détention, aux mauvais traitements et au meurtre de civils non serbes à Uborak et à Sutina.

Massacre d'Uborak et de Sutina
Date  
Lieu Mostar, Bosnie-Herzégovine
Victimes Civils Bosniaques et Croates de Bosnie-Herzégovine
Type Massacre, crime de guerre 
Morts 114 (85 Bosniaques, 29 Croates de Bosnie)
Auteurs Forces serbes de Bosnie , membres de l’Armée populaire yougoslave (JNA), réservistes et groupes paramilitaires
Coordonnées 43° 20′ 36″ nord, 17° 48′ 29″ est
Géolocalisation sur la carte : Bosnie-Herzégovine
(Voir situation sur carte : Bosnie-Herzégovine)
Massacre d'Uborak et de Sutina 
Géolocalisation sur la carte : Yougoslavie
(Voir situation sur carte : Yougoslavie)
Massacre d'Uborak et de Sutina 

Arrestations et détentions

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Au cours de l'été 1992, des civils bosniaques et croates sont arrêtés dans plusieurs localités situées au nord de Mostar, ainsi que dans les quartiers de Carina et de Zalik. Ils sont conduits au stade de football FK Lokomotiva, à Vrapčići, où ils sont détenus dans les vestiaires et soumis à des interrogatoires et à des mauvais traitements[3]. D'autres détenus sont conduits dans des bâtiments situés à proximité du cimetière de Sutina, où ils sont également détenus. Selon le TPIY, environ 90 personnes sont soumises à des actes de torture et à des traitements cruels dans les vestiaires du stade de Vrapčići[4].

Massacres d'Uborak et de Sutina

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Le 13 juin 1992, les civils détenus sont conduits vers différents lieux d'exécution[5]. Des membres de la JNA, des réservistes et des membres de groupes paramilitaires serbes, avec l'aide de Serbes locaux selon des témoignages présentés lors des procédures judiciaires, participent aux meurtres. À Uborak, au moins 40 civils, pour la plupart musulmans bosniaques, ainsi qu'un Croate handicapé, sont tués par des soldats rattachés à la Défense territoriale de Zalik et par des « hommes de Šešelj ». À Sutina, au moins sept civils sont tués dans le bâtiment de la morgue municipale par des membres de la Défense territoriale de Zalik et des unités paramilitaires[4].

Au total, 114 victimes sont retrouvées dans deux fosses communes[6]. Vingt-six corps sont découverts au cimetière de Sutina en juin 1992, tandis que 88 corps sont retrouvés deux mois plus tard dans une fosse commune située à la décharge municipale d'Uborak, à environ cinq kilomètres de Sutina[1]. La plupart des victimes retrouvées à Uborak ont été tuées par arme à feu, plusieurs ayant reçu une balle dans la tête[1].

Découverte des fosses communes

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La première fosse commune est découverte au cimetière de Sutina en juin 1992. Elle contient les restes de 26 civils de Mostar. En août de la même année, une seconde fosse est découverte à la décharge municipale d'Uborak. Elle contient les restes de 88 civils[1]. Les exhumations sont effectuées alors que les combats se poursuivent dans la région. Selon un inspecteur de police ayant participé aux opérations à Uborak, les travaux sont rendus difficiles par les bombardements provenant de positions contrôlées par la JNA. Des survivants des massacres permettent également aux enquêteurs de recueillir des témoignages sur les arrestations, les détentions et les exécutions[7].

Responsabilités et poursuites judiciaires

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Les événements d'Uborak et de Sutina ont notamment été examinés par le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie dans l'affaire Šešelj. Le Tribunal a établi que des crimes avaient été commis à Uborak et Sutina par des forces serbes. Il a notamment constaté le meurtre d'au moins 40 civils à Uborak et d'au moins sept civils à Sutina, ainsi que des actes de torture et des traitements cruels infligés à des détenus à Vrapčići[4]. L'acte d'accusation dans l'affaire Šešelj mentionnait également la participation de volontaires appelés « hommes de Šešelj » aux détentions et aux meurtres commis à Uborak et Sutina[3].

Cependant, aucun auteur direct des meurtres des civils enterrés à Uborak et Sutina n'a été condamné spécifiquement pour ces crimes selon les sources disponibles[8],[9],[10].

À l'époque des massacres, les unités de la JNA présentes dans la région étaient placées sous le commandement du général Momčilo Perišić. Celui-ci a par la suite été poursuivi devant le TPIY, mais les crimes d'Uborak n'étaient pas inclus dans son acte d'accusation[11].

Mémoire

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Un mémorial est installé sur le site de la décharge d'Uborak en mémoire des victimes[12],[13]. Les familles et les associations de victimes commémorent régulièrement les personnes tuées à Uborak et Sutina[14].

Notes et références

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  1. 1 2 3 4 (en) « Uborak and Sutina  », sur Mass Graves Database 
  2. ↑ (en) « Mostar’s Mass Graves: Unpunished Atrocities of the Bosnian War », sur BIRN,
  3. 1 2 Le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie, « Le Procureur contre Vojislav Seselj, troisième acte d’accusation modifié », , p. 13, 14, 38
  4. 1 2 3 TPIY, « Le Procureur c/ Vojislav Šešelj, jugement , tome1 », , p. 62, 63
  5. ↑ TPIY, « Le Procureur c/ Vojislav Šešelj, Mémoire en clôture de l’accusation », , p. 161-163
  6. ↑ (bs) « Zločin u Hercegovini i prve masovne grobnice », sur BOSNA, .
  7. ↑ (en) « Mostar’s Unpunished Massacres, Part 1: Eyewitnesses Tell the Story », sur BIRN, 24/10 /2022
  8. ↑ (en) « Mostar’s Unpunished Massacres, Part 1: The Campaign for Justice », sur BIRN, 25/10 /2022
  9. ↑ (bs) « Uborak, Sutina, Zalik - Zaboravljeni zločin », sur dw.com, .
  10. ↑ (bs) « Uborak i Sutina – Najveći masovni zločini u Hercegovini »,
  11. ↑ (bs) Rijad Durkić, « 26 godina čekanja na pravdu: U Uborku i Sutini nastradali od komšijske ruke », sur Klix.ba, .
  12. ↑ (en) « Mostar’s Unpunished Massacres, Part 3: The Long Wait for a Memorial », sur BIRN, 26/10 /2022
  13. ↑ (en) « The Memory of civilian Victims of the War could unite Mostar », sur sarajevotimes.com, 03/05 /2022
  14. ↑ (bs) « Na Uborku i Sutini obilježena 32. godišnjica ubojstva 114 Bošnjaka i Hrvata Mostara », sur dnevnik.ba, .

Voir aussi

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