Massacre de Zaklopača
Le massacre de Zaklopača désigne l'exécution de 63 à 83 civils bosniaques dans le village de Zaklopača (Milići), près de Vlasenica, le , durant la guerre de Bosnie-Herzégovine. Il s'inscrit dans la campagne de violences et de nettoyage ethnique menée contre la population bosniaque dans la région de Vlasenica et de la vallée de la Drina.
| Massacre de Zaklopača | |||
| Date | |||
|---|---|---|---|
| Lieu | Zaklopača (Milići), municipalité de Milići, près de Vlasenica, Bosnie-Herzégovine | ||
| Victimes | Civils bosniaques | ||
| Type | Exécution de masse, nettoyage ethnique | ||
| Morts | 63 à 83 civils bosniaques | ||
| Auteurs | Forces serbes de Bosnie (armée, police, unités locales et paramilitaires) | ||
| Coordonnées | 44° 10′ 13″ nord, 19° 00′ 42″ est | ||
| Géolocalisation sur la carte : Bosnie-Herzégovine
Géolocalisation sur la carte : Yougoslavie
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Contexte
modifierAu début des années 1990, l'éclatement de la République fédérative socialiste de Yougoslavie s'accompagne de la montée des nationalismes. Selon plusieurs historiens, les dirigeants nationalistes serbes, sous la conduite de Slobodan Milošević, poursuivent l'objectif de regrouper les territoires peuplés de Serbes au sein d'un même État, en s'appuyant notamment sur la JNA, qui passe progressivement sous le contrôle des autorités serbes[1].
La vallée de la Drina, qui longe la frontière entre la Bosnie-Herzégovine et la Serbie, constitue un objectif stratégique de cette politique. À partir du printemps 1992, de nombreuses municipalités de la région sont prises par la JNA, appuyée par des forces de police serbes et des groupes paramilitaires. La population bosniaque est alors victime d'une campagne de nettoyage ethnique marquée par des expulsions forcées, des internements dans des camps de détention et des massacres.
La municipalité de Vlasenica est occupée en avril 1992, avant même la création de l'Armée de la république de Bosnie-Herzégovine (ARBiH). La population bosniaque, faiblement armée, n'est pas en mesure d'opposer une résistance significative. Dans les semaines qui suivent, les villages environnants sont attaqués, pillés et incendiés, tandis que de nombreux civils sont tués ou expulsés, principalement lors d'opérations menées par des formations paramilitaires serbes[2].
Déroulement des événements
modifierZaklopača est un petit village majoritairement peuplé de Bosniaques, situé dans la municipalité de Milići, à proximité de Vlasenica. Après la prise de Vlasenica par les forces serbes en avril 1992, les habitants remettent aux autorités serbes les rares armes qu'ils possèdent, conformément aux ordres qui leur sont donnés. Malgré cela, le 16 mai 1992, des forces serbes composées de soldats, de policiers et de membres de groupes paramilitaires pénètrent dans le village à bord de véhicules militaires.
Les habitants sont rassemblés ou interceptés dans leurs maisons.
Des familles entières sont exécutées, parmi lesquelles des femmes, des enfants et des personnes âgées[3].
Les opérations se poursuivent dans les jours suivants, au cours desquels les survivants et les habitants qui tentent de fuir sont recherchés et tués. Selon les sources, entre 63 et 83 civils bosniaques perdent la vie[4],[2],[5], dont 11 enfants[6]. Les victimes sont enterrées dans une fosse commune.
Après la guerre, les enquêtes menées grâce aux témoignages de survivants permettent la découverte de plusieurs fosses communes et fosses secondaires, où les corps avaient été déplacés afin de dissimuler les crimes[7].
Qualification et poursuites judiciaires
modifierLes crimes commis à Zaklopača ont été examinés dans plusieurs procédures devant le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) et les juridictions de Bosnie-Herzégovine. Les jugements qualifient ces actes de meurtres, de persécutions, d'attaques dirigées contre des civils et de transfert forcé de population, constitutifs de crimes contre l'humanité commis dans le cadre de la campagne de nettoyage ethnique menée dans la région de Vlasenica.
Plusieurs responsables militaires et policiers serbes de Bosnie ont été poursuivis et condamnés pour leur participation aux crimes commis dans la région, notamment dans le cadre des affaires Karadžić, Mladić et Krajišnik. Toutefois, l’identification et la poursuite de nombreux exécutants directs restent partielles.
Notes et références
modifier- ↑ (en) James Gow, The Serbian Project and Its Adversaries: A Strategy of War Crimes, McGill-Queen's University Press, , 1–13 p. (ISBN 978-0773523852)
- 1 2 (en) James Gow, The Serbian Project and Its Adversaries: A Strategy of War Crimes, McGill-Queen's University Press, , 133–134 p. (ISBN 978-0773523852)
- ↑ (bs) Husein Omerović, Zrtve genocida na području Vlasenice 1992-1995, Univerzitet u Sarajevu, Institut za istraživanje zločina protiv čovječnosti i međunarodnog prava, (ISBN 978-9958028151), p. 118-126
- ↑ Reporters sans frontières, Le livre noir de l'ex-Yougoslavie : Purification ethnique et crimes de guerre, Arléa, (ISBN 978-2869591646, lire en ligne), p. 58-61, 66, 263-266
- ↑ TPIY, « Momčilo Krajišnik, Jugement, IT-00-39-T », , p. 282
- ↑ (en) « War crimes in Bosnia-Heregovina », sur hrw.org, , p. 50-55
- ↑ (en) « Zaklopaca », sur masgravesmap.balkaninsight.com